LNDT: @639. Constance, ou le bonheur d’être inconstante

Un podcast de Radio France (43′)

Comédienne, autrice, humoriste, Constance est de retour, sur scène, avec un magnifique éloge de l’inconstance, des creux, des bosses, des failles, peut-être, d’où peut surgir l’intelligence…

« Au centre, on écrit beau, on écrit droit, on écrit bien – enfin, c’est ce qu’on croit. Ah, on met des points sur les i, oh non, des ronds, c’est plus joli. La marge, c’est pour les ratures, pour les fêlures, pour les bavures, c’est pour l’accroc dans le tableau, et c’est la tache dans le décor : on raye, on barre, encore, encore… En Marge, il y a ce qu’on n’est pas : pas hétéro, pas blanc, pas beau, au centre la vierge effarouchée, et vire-moi donc toutes ces traînées, trans-gressives et têtes brûlées, inconséquentes, impertinentes, inconscientes ou pire… Inconstantes. C’est le coup de canif dans le conte de fée, allez, allez, on les efface, surtout, qu’elles ne laissent aucune trace.

Au centre horizon dégagé, c’est clair, c’est net, c’est bien rangé, et je te le dis par A+B, que c’est bon la binarité… »

La vérité ? C’est un peu plus complexe que ça.

La vocation de comédienne de Constance

Constance a toujours voulu être comédienne, mais ce n’était pas pour être connue, pour avoir de l’argent, pas pour avoir du succès, c’était pour être heureuse. Très jeune, elle avait déjà ce discours-là. Elle explique : « En fait, quand on est sur scène, on peut être qui on veut, on peut faire ce qu’on veut, on peut dire ce qu’on veut. C’est magnifique en fait, c’est une ouverture vers l’absolu, vers l’infini. Il n’y a pas de limite. Et il n’y a pas besoin de faire des grandes études, il n’y a pas besoin de choses compliquées. Il faut une scène, de la lumière, quelques bouts de tissu, il faut raconter une histoire, et des gens qui viennent écouter. C’est hyper simple, en même temps, c’est génial. »

Lors de ses premiers castings, ça ne marche pas vraiment. Elle tente les écoles de théâtre privées, mais ça ne fonctionne pas non plus. Un jour, elle ouvre la porte des cafés-théâtres, et elle se sent au bon endroit. Elle écrit, joue et enchaîne les « seul en scène ». En 2008, premier seul en scène, « Je suis une princesse bordel ». En 2012, « Les mères de famille se cachent pour mourir ». Et puis un jour, elle commence à participer à l’émission de Laurent Ruquier, « On ne demande qu’à en rire ».

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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