Un podcast de Radio France (12′)
La dépendance à l’alcool serait, selon le ministère de la Santé, responsable chaque année de 49 000 décès. Mais selon une étude menée par le CHU de de Nîmes, les champignons hallucinogènes pourraient permettre de lutter contre cette dépendance à l’alcool grâce à une molécule : la psilocybine.
Le 24 juillet 2025, une étude publiée dans la revue scientifique internationale AddictionOuverture dans un nouvel onglet a démontré l’efficacité de la psilocybine, le principe actif présent dans les champignons hallucinogènes, pour accompagner les patients sujets à l’alcoolisme et à la dépression.
Un accompagnement tout au long de la procédure
Que sait-on de la façon dont les scientifiques ont procédé pour cette étude ? Lucie Berkovitch, psychiatre et chercheuse en neurosciences à l’Hôpital Saint-Anne à Paris, explique : « Il s’agit d’une étude qui porte sur trente personnes qui ont été réparties en deux groupes : un groupe qui recevait une dose importante de psilocybine, le principe actif des champignons hallucinogènes et donc qui va déclencher cette expérience psychédélique, et un groupe qui recevait une dose plus faible. »
Mais l’expérience ne consiste pas seulement à administrer les psychotropes aux participants : « L’idée, c’est d’associer ce traitement à de la psychothérapie. Il y a tout un travail qui va être fait en amont pour préparer les personnes à recevoir ces substances et à traverser cette expérience. Un accompagnement pendant la prise pour s’assurer que tout se passe bien, puisque les effets durent plusieurs heures. Et ensuite, un travail d’intégration où on va reprendre ce qui s’est passé pendant la séance.«
Des premiers résultats encourageants
Même si les premiers résultats sont encourageants, cette étude se base sur un groupe de personnes encore trop restreint : « Ça peut être représentatif, mais en tout cas, c’est un échantillon qui est petit. Il s’agit là d’une étude qu’on qualifie de faisabilité, c’est-à-dire que l’objectif, c’était de voir si c’était possible de mettre en œuvre ce type de traitement à l’hôpital et en France, c’est-à-dire si on avait les moyens humains, matériels, d’accompagner ces personnes, si ça se passait bien. Et puis, bien sûr, il y a eu quand même des mesures d’efficacité qui ont montré des résultats très prometteurs.«
Lucie Berkovitch décrit tout de même les résultats positifs de cette étude : « Il a été montré dans cette étude que plus de la moitié des personnes qui étaient dans le groupe ‘forte dose’ n’avaient pas repris l’alcool après trois mois, alors que 10% seulement du groupe qui avait reçu la petite dose avait maintenu l’abstinence. C’est des chiffres qui sont très importants, parce que pour les personnes qui sont dépendantes à l’alcool, c’est souvent compliqué de maintenir l’abstinence au décours de l’hospitalisation.«
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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