LNDT: @232. À quelle heure tu prends les enfants?

Un podcast de Arté Radio de 41′

« Ca fait du bien de rentrer chez soi ! »

Le dernier volet de notre trilogie sur la séparation est consacré aux enfants, à ce qui leur arrive quand le duo parental splitte pour de bon et qu’il faut inventer la vie d’après. On n’a pas forcément tous la fantaisie ni les moyens de se construire un « sépartement », un appartement commun mais séparé, comme le font Romane Bohringer et Philippe Rebbot dans leur joli film “L’amour flou” (2018), et dans la série qui a suivi.

Alors, Delphine Saltel préfère centrer cet épisode sur le mode de garde encouragé par la loi française depuis 2002 : la “résidence alternée”. La vie découpée en semaines paires ou impaires, les usines à gaz logistiques, les dilemmes éducatifs, et autres tribulations familiales en tous genres que cela entraine. Avant, lors d’une rupture conjugale, les juges aux affaires familiales confiaient la garde à l’un ou l’autre des parents. Dans la très grande majorité des cas, c’était la mère : le père, lui, avait juste un week-end sur deux. Aujourd’hui, on valorise le système plus égalitaire du « une semaine sur deux et la moitié des vacances scolaires », notamment parce qu’il permet aux enfants de garder un lien fort et régulier avec les deux parents. Ça semble mieux pour tout le monde, en tout cas sur le papier. Mais surprise, malgré ce consensus apparent, la résidence alternée n’est pas si répandue que ça. Elle est même minoritaire : d’après les chiffres du dernier recensement de 2020, 12 % seulement des enfants de couples séparés vivent en alternance chez leurs parents. Pourquoi un tel fossé entre le modèle conforme à nos idéaux et nos pratiques réelles ? Et que révèle-t-il ? Il faut aller voir ça de plus près, débusquer ce qui se cache dans les angles morts pour mieux comprendre les défis, les galères et les questions que nous pose cette nouvelle manière de faire famille…

Avec :
– Emilie Biland, sociologue
– Claude Martin, sociologue
– Benoit Hachet, sociologue 
– Irène Théry, sociologue
– Reportage dans un centre de médiation familial
– Témoignages de Stéphanie D. , mère divorcée et Mathilde G,  qui a vécu en résidence alternée dans son enfance. 

LNDT: @231. Qu’est-ce qui pourrait sauver le couple ?

Un podcast de Arté Radio de 42′

« On est malheureux parce qu’il y a une norme qui dit que pour être heureux il faut être en couple »

Avant, c’était simple : on se mariait une bonne fois pour toutes, et si on était malheureux, on attendait que l’autre meure. Au moins, c’était clair, transactionnel et bien fichu. Aujourd’hui, on se met en couple par libre choix. L’unique condition préalable, c’est l’amour. Rien que ça. Une entité sociale avec l’amour pour unique condition ? Sans rire ? Qui a eu cette idée folle ? Et comment s’est-on retrouvé à reproduire massivement le même modèle : stable, monogame, cohabitant ? On est beaucoup, en tout cas chez les hétéros, à courir après un idéal en kit et prêt à l’emploi : toi, moi, l’amour, une maison, éventuellement du cake au chocolat pour les enfants. Souvent, de plus en plus, on n’y arrive pas, alors on se quitte. Et puis on recommence. Au lieu d’amener notre vieux modèle de couple au garage, de lui ouvrir le capot et d’en dévisser les normes : les notions d’exclusivité, de fidélité, de liberté par exemple. Heureusement, il existe des gens très intelligents qui réfléchissent à tout ça. Je suis allée les voir. Dans cet épisode, une historienne, une grande sociologue, une juriste, et même un philosophe nous aident à réinventer l’amour, la vie commune, et le sexe aussi.


Avec :
– 
Bibia Pavard, historienne, maîtresse de conférences à l’université Paris II Panthéon Assas
– Eva Illouz, sociologue, directrice d’études à l’EHESS
– Marcela Iacub, juriste et essayiste
– Pierre Zaoui, philosophe
– Lisa

LNDT: @230. Trouble dans le couple

Un podcast de Arté Radio de 68′

Pourquoi lorsque l’on parle d’amour, l’idée de couple nous vient tout de suite en tête ? Comment se fait-il que celui-ci soit perçu avant tout comme un rapport entre individus, alors même qu’il s’inscrit dans un contexte anthropologique – historique, politique, familial et économique – très fort ? Au-delà des sentiments amoureux, qui existent évidemment, qu’est ce qui se joue au sein de la conjugalité ? Quels rapports de pouvoir se reproduisent ? Et que se passe-t-il lorsque l’on se sépare, ou lorsqu’on fait le choix d’être célibataire ?

À travers les histoires d’Eléonore, qui s’est accrochée coûte que coûte à l’idée de couple avant de déchanter, et celle d’Anna, qui n’en a jamais voulu mais a été rattrapée, cet épisode interroge le couple d’un point de vue féministe.

Avec comme toujours des éclairages de chercheuses et des lectures choisies par Charlotte Bienaimé. Avec : – Eléonore et Anna – Claire-Lise Gaillard, historienne – Mélanie Gourarier, anthropologue – Marie Bergström, chargée de recherche à l’Institut National d’Etudes Démographiques – Céline Bessière, professeur de sociologie Textes : – « Le coût de la vie », Deborah Levy, Eidtions du sous-sol, 2020. – « L’éloge du risque », Anne Dufourmantelle, Editions Rivage, 2021. Remerciements : Vx et tous les habitant.e.s de son village rencontré.e.s pour cette émission. Liens : – « Au-delà du personnel , pour une transformation politique du personnel », Corinne Monnet et Léo Vidal – « Le genre du capital », Céline Bessière et Sibylle Gollac – « Pourquoi le patriarcat ? », Carol Gilligan – « Les nouvelles lois de l’amour », Marie Bergstrom – « Apha Mâle », Mélanie Gourarier – Le genre des célibats – « Nos amours radicales », Léane Alestra, Anaïs Bourdet, Sabrina Erin Gin, Lou Eve, Axelle Jah Njiké, Sharone Omankoy, Emanouela Todorova, Nanténé Traoré – « Réinventer l’amour », Mona Chollet – Le cœur sur la table, Victoire Tuaillon

Travail, éducation, santé, écologie, sport, parentalités, sexualités, violences, discriminations…Charlotte Bienaimé invite à la réflexion sur un enjeu de société majeur. Une création de Charlotte Bienaimé Prise de son, montage, textes et voix : Charlotte Bienaimé Réalisation, mixage et musique originale : Samuel Hirsch Lectures : Estelle Clément Béalem Sélection des textes, réseaux sociaux et et accompagnement éditorial : Sarah Bénichou Illustrations : Anna Wanda Gogusey A retrouver sur : https://www.arteradio.com/son/6167364…

LNDT: @229. Soumis, la servitude érotique

Un podcast de Radio France de 60′

Par le verbe, la chair et le souffle, Beverly, Christian, Jean-Pierre et Arno expriment la façon dont le lien de soumission se noue, à quoi il engage ceux qui s’y destinent, et comment ce désir évolue au fil des années. Une Expérience proposée par Léa Racine.

Une « Expérience* »* signée Léa Racine, réalisée par Angélique Tibau

Dans l’érotisme de la contrainte, le désir se teinte de crainte légère, accepte l’inconfort, l’incertitude et la retenue, amplifiant la saveur du réconfort, du soulagement, de l’abandon. On ne s’y soumet pas pour la douleur, mais la capacité à endurer cette douleur fait partie de ce que l’on peut offrir à l’être aimé.

Beverly a prêté serment d’allégeance, offrant à son épouse « sa liberté et un support matériel, intellectuel et corporel« . Christian porte les initiales de sa Souveraine marquées dans sa chair et définit cette relation comme relevant de l’ »amour courtois : une façon de lui appartenir sans être un esclave. » Jean-Pierre recherche « la ligne de crête« , la possibilité de dépasser ses limites psychiques et physiques pour honorer sa femme.

Pour chacun d’eux, l’engagement dans une relation de soumission semble s’être posé comme une évidence, si ce n’est une nécessité. Aller vers la plus grande exigence vis-à-vis de soi-même pour satisfaire aux attentes de l’être aimé, transcender le sentiment d’une banalité de soi par l’expérience d’une soumission porteuse d’élévation ; cela « donne la paix« , au prix d’efforts consentis : « il suffit d’obéir« .

Dans sa pièce Cuir, le performer Arno Ferrera et son partenaire Gilles Polet sont parés d’un harnais de cuir fabriqué sur le modèle de ceux destinés aux chevaux de trait. Ces deux hommes se manipulent, se bousculent, se soulèvent, luttent ensemble et l’un contre l’autre.
La contrainte corporelle tout comme la douceur et l’écoute, le harnachement équin faisant écho aux cuirs et parures utilisés comme accessoires de jeu dans les milieux sadomasochistes en ce qu’ils contraignent et subliment le corps ; la matière sonore générée par leur duo est un récit en contrepoint, dont les sons viennent enserrer la parole des trois personnages.

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