LNDT: @169. Regarde les hommes changer

Un reportage de Radio France de 28′

Ils sont rares, les hommes qui parlent de sexe entre eux de manière tendre et décomplexée. Sylvain et Guillaume lèvent un peu le voile sur les vagins étroits, les érections fragiles, les fantasmes virilistes et stériles et les plaisirs inattendus. Deux cheminements difficiles, mais libérateurs.

Au-delà de la pénétration

Quand Sylvain revient sur sa première expérience sexuelle, treize ans plus tard, c’est de la douleur qui lui revient : « Je ne jouissais jamais », se souvient-il. Le plaisir est toujours amoindri par l’exigence de performance, et par le manque de communication. Les problèmes liés à l’érection et à l’orgasme masculin sont quasiment tabous : « Même avec des potes qui ont aujourd’hui quarante balais, tu mets toujours huit verres d’alcool et une heure avant de commencer à se libérer et à en parler, c’est pas dicible. », explique-t-il.  Le seul mot dont dispose Sylvain à l’époque pour parler de sa sexualité, c’est l’expression “avoir une panne”. Tout tourne autour de la pénétration, et de l’éjaculation, conçue traditionnellement comme une fin en soi.

Un jour, Sylvain décide de parler de la pression qu’il ressent avec sa partenaire, qui réagit de manière très bienveillante. A partir de là, il découvre une nouvelle sexualité, détendue, joyeuse, plus légère : la pénétration devient non plus l’objectif, l’élément principal de la sexualité, mais un moyen parmi d’autres d’éprouver du plaisir. Les possibilités s’ouvrent, et Sylvain se sent beaucoup mieux.

« J’ai compris un truc pendant cette relation : la différence entre jouir, éjaculer, et avoir un orgasme, avoir vraiment du plaisir. » Sylvain

La sexualité non-pénétrative est de plus en plus explorée comme une manière à la fois de déconstruire des schémas virilistes et d’accéder à des modes de relations plus féministes. C’est en tout cas la thèse de Martin Page, auteur de l’essai Au-delà de la pénétration. Pour lui, la pénétration est souvent liée au plaisir exclusivement masculin et contribue à couper la communication entre les partenaires, parce qu’elle est une exigence, une fin en soi, et parfois une source de douleurs. Elle représente aussi selon l’auteur la domination masculine sur le corps de la femme. Martin Page propose ainsi dans son essai de mettre de côté ce qu’on croit être le passage obligé d’un rapport sexuel, hétérosexuel ou non, et de déconstruire les normes établies. Il invite le lecteur à s’interroger, à remettre en cause les injonctions sexuelles, en bref, à se poser les mêmes questions que celles qu’évoque Sylvain, dans le but de rendre la sexualité « plurielle », un terme qu’utilise également le jeune homme.

LNDT: @168. Sea, Sex and Sun : mythe ou réalité ?

Un reportage de Radio France de 55′

Sea, sex and sun mythe ou réalité ? Nous allons voir avec nos invités pourquoi l’été fait un bien fou à notre libido et vous verrez, la chaleur n’est pas la seule responsable…Dans tous les cas cela nous fait du bien alors profitons-en !

Lorsque Serge Gainsbourg a écrit ce triptyque estival en 1978, pensait-il à cette réalité sociologique avérée : les Françaises et les Français feraient bien plus l’amour pendant l’été !

La libido, qui fait référence au désir sexuel, pourrait être en effet influencée par différents facteurs et notamment le changement de saison.

Mais pour quelles raisons l’été est une période propice à l’épanouissement de cette libido ? Vous verrez, la chaleur n’est pas le seul facteur… Comment profiter de cette période pour stimuler sa libido et surtout la cultiver pour le reste de l’année ?

LNDT: @167. Journée de l’orgasme : oh oui !

Un reportage de Radio France de 45′

Pour la journée internationale de l’orgasme, le philosophe du corps Bernard Andrieu nous dit tout sur le mystère de la « petite mort ».

Avec

Le 21 décembre, c’est la journée internationale de l’orgasme.

Depuis 2006, l’association GlobalOrgasm a décrété le 21 décembre journée de la culotte arrachée, des palpitations du bas-ventre et des yeux révulsés pour lutter contre l’esprit grégaire dans le monde. Car qui dit « orgasme » dit « énergie positive », et qui dit « énergie positive » dit « sentiments de haine et violence rarifiés ».

LNDT: @166. Acoustique de l’érotisme

Un reportage de Radio France de 59′

Entrez dans ce labyrinthe sonore de l’érotisme, par un coup de téléphone rose. Éveil du désir d’un apiculteur isolé par les bruits du quotidien d’Eva étudiante, strip-teaseuses explorant des formes sonores, oreilles érotiques, ASMR sur la toile, kare pirô au japon …

Entrez dans ce labyrinthe sonore de l’érotisme, par un coup de téléphone rose. Éveil du désir d’un apiculteur isolé par les bruits du quotidien d’Eva étudiante, strip-teaseuses explorant des formes sonores, oreilles érotiques, Asmr sur la toile, kare pirô (彼ピロー) au japon … Thésée est venu amadouer le Minotaure, le désir pulsionnel, et le mettre à genoux, au lieu de le tuer. Dans ce labyrinthe, où les échos de la plainte du Monstre côtoient la musique, les soupirs, les halètements, les cris, les souffles, les voix des survivants des 7 garçons et 7 jeunes filles envoyés chaque année en sacrifice… Ariane le guide et l’éclaire, par sa pensée.

« L’érotique est une science individuelle»* et chacun dispose de son propre labyrinthe de fantasmes et de son éventail sensoriel qui suscitent cette affection des sens. L’ouïe, comme les autres sens, est une des sources du ravissement érotique.

Et pourtant toujours point « d’écouteurisme » dans le dictionnaire.

*De l’érotisme – Robert Desnos

Avec

Audrey Dy Na & Robin Furs

Agnès Giard  (Anthropologue spécialiste du Japon et auteur du blog « les 400 culs » sur libération.fr)

Astrid, Barbara, Marie, Anaïs  et Daniela  du Théâtre érotique « Chez Chochotte »,

Marie Lisel  (Synesthète kinesthésique, hypnotiste, acousmate, exploratrice sensorielle) et Tristan Trémeau ,

Michaël Andrieu  (Compositeur, musicien et professeur de Culture musicale au conservatoire d’Alençon)

Annie Le Brun  (Écrivain)

Texte *« * Les Cent Vingt Journées de Sodome *» * lu par Benjamin Lazar

Les extraits de

*« Time machines » de Coil, « Il n’y a pas de rapport sexuel » * de Raphaël Siboni,*« Le donjon de Maîtresse Cindy » * de Irène Omélianenko et François Teste, *« Flux» * du collectif Four Chambers*, * ‪*« * Cantique des Cantiques *»  par Alain Bashung & Chloé Mons*, « Le Minotaure » * de Barbara*, *** « H* er » * de Spike Jonze*, « Soupirs » * de Radovan Ivšić et *« La douceur » * de Dominique A_._ *

Merci à Morgan Letessier, Andres Komatsu, Meta Tshiteya, Ciné X et Polychrome, Benjamin Lazar, à plus d’un titre, ainsi qu’au boa fumant et à l’écurie à Genève et à notre Ariane : Agnès Giard.

LNDT: @165. L’orgasme au féminin : quand la sexualité ne se réduit pas seulement à la pénétration

D’après la dernière enquête IFOP sur la sexualité des françaises, 1 femme sur 4 n’a pas joui lors de son dernier rapport ; 2 femmes sur 3 simulent ; 20 à 30 % d’entre elles seulement peuvent avoir des orgasmes par stimulation vaginale uniquement et 1 sur 2 souhaitent pratiquer d’autres gestes que la simple pénétration.

Une pensée pour celles qui nous écoutent… Une pensée pleine de sororité et de concupiscence. Cela nous fait… un léger problème avec la pénétration. 

Attention : pas pour les hommes, à première vue, einh… Eux, 9 fois sur 10, ils ont joui lors de leur dernier rapport et ce, moyennant quelques allers et retours péniens, après quoi… Basta. 

LNDT: @164. Le sexe, c’est bon pour la santé !

Un reportage de Radio France de 6′

Aujourd’hui c’est scientifiquement prouvé ! Prenons le temps de nous faire plaisir, de nous câliner, de nous embrasser !

Dr Rosa Carballeda, sexologue nous accompagne chaque mercredi 

« La santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité. Elle requiert une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui soient sources de plaisir et sans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence » selon l’OMS.

La sexualité comme facteur de longévité

  • La mortalité moins importante chez les seniors qui ont une activité sexuelle régulière
  • Une activité sexuelle conservée prévient le risque cardiovasculaire

La chimie sexuelle

  • Les hormones du bonheur :Dopamine, sérotonine, ocytocine, opioïdes, etc…
  • Elles sont sécrétées pendant l’orgasme et l’état amoureux
  • Elles jouent un rôle essentiel au niveau cérébral : elles contribuent à l’état de bonheur, à l’attachement et à l’amour
  • Elles jouent un rôle anti-cancérigène, anti-stress, antidépresseur, renforcement immunitaire, anti-douleur, dynamisant…

LNDT: @163. La senior sexytude : non il n’y a pas d’âge pour le sexe !

Un reportage de Radio France de 5′

Des rapports sexuels bien au-dessus de la moyenne des Français, quelque soit le lieu, avec des sextoys, de jour comme de nuit, ils sont 1 sur 2 à être connectés et l’amour est bien plus jouissif à cet âge-là estiment les seniors. D’après une étude de « Terre des Seniors », premier site visité par les plus de 60 ans.

Si, comme moi, vous pensez toujours qu’il a suffi que vos parents se regardent droit dans les yeux pour que, moyennant quelques péripéties d’ordre gynécologique, vous arriviez neuf mois plus tard, bouchez vous les oreilles, ça peut piquer.

Si, purs produits de la start-up nation, vous avez tendance à préférer voir végéter les séniors dans un placard, que de s’éclater dans un lupanar, et si en plus, vous êtes dotés d’un vague substrat judéo-chrétien, qui fait donc qu’au fond, tout au fond de vous, vous avez encore un petit peu de mal à dissocier sexualité et reproduction, arrêtez tout : la radio, la bagnole, le cerveau, tout. C’est bon, les autres ? On peut y aller ? 

Alors on vous rappellera, en préambule, que l’espérance de vie s’est légèrement allongée ; que le divorce existe, qu’il s’est même multiplié par neuf chez les seniors ces quarante dernières années. Et que donc ils sont un bon paquet à vouloir en profiter. 

Ceci posé, voici donc cette étude produite par « Terre des Seniors » : partant de là, voici donc un petit quiz, intégralement produit par ma pomme qui revendique, elle, un certain nombre de membres à l’intérieur de sa personne.

LNDT: @162. Les mots du sexe

Un reportage de Radio France de 28′

Zizi, zézette, faire l’amour, baiser, plaisir, jouissance, fantasmes, frustration, envie… Comment dire les choses du sexe ? Crûment ou pas ? Que disent nos mots de nos ébats ?

Jeunes oreilles sensibles et pudiques, s’abstenir…
Quels mots emploie-t-on pour désigner les choses du sexe : les relations sexuelles, le sexe féminin ou masculin, l’érection, l’orgasme ? Comment ces mots permettent de surmonter la gêne, voire le tabou, de protéger notre pudeur ou d’aiguiser le désir ? Questions posées à des femmes et des hommes de tous âges et de tous horizons.

LNDT: @161. L’orgasme est-il vraiment obligatoire pour être heureux au lit ?

Un reportage de Radio France de 51′

L’injonction à la performance de la jouissance sexuelle peut inhiber le désir et provoquer de l’anxiété sexuelle.

Une étude IFOP de février 2022 consacrée à l’harmonie sexuelle au sein du couple nous apprenait que la simulation constituait une pratique de plus en plus répandue chez les femmes interrogées. Près des deux tiers, 62 % des Françaises admettent avoir déjà feint d’atteindre l’orgasme dans leur vie, une proportion qui a quasiment doublé en 25 ans.

Toujours selon l’IFOP, la volonté de dissimuler un manque d’harmonie sexuelle au sein du couple a déjà poussé une femme sur trois à mentir à son conjoint qui posait une question du type « T’as joui ? ».

Sur la simulation, une étude anglaise publiée en 2023 montre qu’un tiers des 3 700 participants hommes britanniques âgés de 18 à 65 ans simulent presque toujours et 42 % déclarent le faire de temps en temps. 30 % de ces hommes interrogés se sentent stressés par le sexe. Aussi, ce sont les hommes de la génération Z, nés entre 1997 et 2010, qui simuleraient le plus. 41 % d’entre eux font semblant essentiellement pour ne pas blesser leur partenaire.

Avec

Cécilia Commo psychanalyste, sexologue et thérapeute de couple.
Elle assure la prise en charge des couples et des adultes qui rencontrent des difficultés dans leur vie personnelle, leur vie sentimentale et/ou sexuelle dans son cabinet à Paris.
📖 Le couple parfait n’existe pas, Éloge de l’imperfection amoureuse – Flammarion 2022

Philippe Brenot, psychiatre, anthropologue et thérapeute de couple, il dirige les enseignements de Sexologie et Sexualité Humaine à l’université de Paris Cité et préside l’Observatoire International du Couple. Ses recherches concernent l’anthropologie, la physiologie sexuelle et le couple.

LNDT: @160. Faut-il vivre chacun chez soi pour être heureux en couple ?

Un reportage de Radio France de 39′

L’indépendance est-elle la sauvegarde du couple (jeunes, nouvelle vie, familles recomposées). Et si le bonheur conjugal résidait dans le fait de ne pas vivre en permanence sous le même toit ?

Comme le disait Giacomo Leopardi : « Il n’est au monde rien de plus rare qu’une personne que l’on peut supporter tous les jours ».

Ensemble séparément, un bel oxymore pour de plus en plus de couple, surtout quand on retrouve l’amour après une séparation ou que l’on divorce dans la deuxième partie de sa vie après 50, 60 ou 70 ans… Vivre en couple pas dans le même appart ou la même maison c’est bien sûr une question de moyen financier car tout le monde ne peut pas se le permettre.

Mais cela pose la question de la promiscuité, l’intimité quotidienne difficile à supporter pour certains. Et si vivre séparément étaient la solution pour certains couples qui connaissent des difficultés ?

Avec :

  • Cécilia Commo est psychanalyste, sexologue et thérapeute de couple. Elle assure la prise en charge des couples et des adultes qui rencontrent des difficultés dans leur vie personnelle, leur vie sentimentale et/ou sexuelle dans son cabinet à Paris. Sa chaîne YouTube : @Cecilia-Commo. Auteure de Le couple parfait n’existe pas, Éloge de l’imperfection amoureuse – Flammarion 2022
  • Philippe Brenot est psychiatre, anthropologue et thérapeute de couple, il dirige les enseignements de Sexologie et Sexualité Humaine à l’université de Paris Cité et préside l’Observatoire International du Couple. Ses recherches concernent l’anthropologie, la physiologie sexuelle et le couple. Auteur de L’Incroyable Histoire du sexe – : L’Incroyable histoire du sexe intégrale – Les Arènes 2022 ; de Pourquoi c’est si compliqué, l’amour ? – Les Arènes 2019 et Sex Story, première histoire de la sexualité en Bande dessinée (avec Laetitia Coryn) – Les Arènes BD 2016
  • Camille Rochet est psychologue, diplômée de l’École de Psychologues Praticiens de Paris. En parallèle de ces activités, Camille tient depuis 2011 le blog « Anoustous », qui traite au jour le jour de tous les sujets qui peuvent aider le couple, la famille et l’individu, dans l’optique de permettre une approche simple de la psychologie. Auteure de Les 5 croyances qui empêchent d’être heureux en couple – Larousse 2022
  • Arnaud Régnier-Loilier est directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (Ined), responsable de l’unité « Fécondité, familles, conjugalités ».

L’union non-cohabitante est plurielle et difficilement définissable

Cette notion a été formulée pour la première fois par un démographe néerlandais en 1980, mais c’est une pratique bien plus ancienne que cela en réalité. Mais autant il est relativement simple de visualiser un couple cohabitant (et encore), uni soit par le mariage, soit par le Pacs (ou pas) et/ou en union libre, qui résident dans un même lieu et qui se définissent comme étant conjoints l’un et l’autre, autant, il est très difficile de mesurer les couples non-cohabitants, selon Arnaud Régnier-Loilier : « il n’existe pas une définition univoque, puisque sujette à une part de subjectivité et d’appréciation personnelle qui va dépendre de l’ancienneté de la relation. Il n’y a pas une définition claire et univoque, et dans les enquêtes démographiques, on capte le phénomène de différentes manières, ce qui montre bien le flou qu’il peut y avoir. On peut soit demander à des personnes qui vivent seules s’ils ont une relation amoureuse stable avec quelqu’un avec qui ils ne vivent pas ; ou une autre approche qui vise à demander s’ils sont en couple avec quelqu’un qui vit dans le logement ; ou avec quelqu’un qui vit dans un autre logement ; ou qu’ils ne sont tout simplement pas en couple. Selon la définition qu’on va retenir dans les enquêtes, on va avoir des prévalences du phénomène qui vont être extrêmement variables et on va capter une pluralité de profils qui n’ont pas forcément grand-chose à voir les uns avec les autres« .

Les femmes las des comportements sexistes qui structurent leur vie de couple

Chez de très nombreux couples qui finissent par ne plus habiter ensemble, Cécilia Commo commence par rappeler que la décision d’origine est souvent prise par les femmes, dans le cadre d’une relation hétérosexuelle, qui prennent enfin la décision de vivre pleinement leur indépendance après une rupture : « c’est plus une volonté qu’on retrouve chez de nombreuses femmes après une séparation, et une fois que les enfants sont autonomes. C’est une volonté de penser enfin à elles, de se libérer des codes sexistes d’une parentalité encore trop souvent réduite à la maternité. Il y a aussi le fait de vouloir enfin profiter d’une relation sentimentale stable, indépendante en restant chacun chez soi, parce qu’elles ont le sentiment que si elles vivent avec quelqu’un, elles seront presque inéluctablement remises dans la position de celle qui prend soin de l’autre, de la sphère domestique. Et ça, elles ne le veulent plus« .

Philippe Brenot a lui aussi, dans le cadre de thérapies de couple, plus souvent entendu des femmes demander de vivre séparément de leur conjoint « lesquels manifestaient au contraire plus souvent une opposition (presque toujours masculine) afin de garder le contrôle sur leur couple« .

L’option priorisée chez les familles recomposées

C’est le second grand facteur qui motive un couple à vivre séparément d’où le conflit que suscite très souvent la cohabitation avec les enfants de l’un et l’autre. Le refus de la figure beau-parentale pour ses enfants, le refus du conjoint d’avoir à s’occuper des enfants de l’autre. La question se pose ainsi le plus souvent dans une deuxième partie de la vie d’une personne qui a vécu un certain degré de recomposition familiale qui n’a pas été forcément satisfaisante. Il y a selon Cécilia Commo « un élan vital de protection vis-à-vis de ses propres enfants quand bien même on a envie d’investir un nouveau couple. Mais le fait de vivre avec quelqu’un d’autre pose énormément de questions qui viennent souvent se répercuter sur l’éducation des enfants par le beau-père, par la belle-mère. Chacun des conjoints voudra protéger ses enfants et filer d’autre part un parfait amour indépendant avec son nouveau conjoint ».

Vivre séparément coûte cher : un problème de riches ?

Tout le monde ne peut pas se permettre de se mettre à habiter seul du jour au lendemain, et Arnaud Régnier Loilier explique qu’il s’agit plutôt une solution envisagée et concrétisée par des couples qui peuvent se le permettre. C’est la raison pour laquelle cette question se pose essentiellement pour les couples les plus âgés, à un âge de la vie où on commence à acquérir une certaine aisance sociale. Aussi, le pluralisme conjugal serait plus fort dans les grandes villes et beaucoup plus faible et forcé en région : « On observe une fréquence des couples non-cohabitants plus élevée chez les cadres femmes, qui souhaitent rester maîtres de leur relation de couple, et chez les hommes seniors, souvent au chômage qui ont du mal à s’engager dans une relation cohabitante. Quand on regarde la géographie des couples, on s’aperçoit très vite que, malgré tout, c’est principalement à Paris, en Île-de-France et dans les grandes villes qu’on va trouver la fréquence la plus élevée de couples non-cohabitants« .

À l’inverse, les couples cohabitants modestes sont souvent contraints de rester ensemble lorsque arrive le moment où ils ne se supportent plus. Ils voudraient se séparer, mais n’ont pas les moyens de se séparer. Cécilia Commo estime que « beaucoup aimeraient bien vivre séparément, mais ils n’en ont pas les moyens, il faut pouvoir le faire, surtout dans les grandes villes. Vivre chacun chez soi, ça coûte très cher, c’est extrêmement compliqué et c’est la raison pour laquelle beaucoup de gens se résignent à rester ensemble« .