LNDT: @203. Comment soulager un enfant qui souffre du divorce ?

Un podcast de Radio France de 4′

Aujourd’hui, une solution pour apaiser des enfants de parents séparés ou qui vivent mal une recomposition familiale.

Des groupes de paroles d’enfants sont organisés régulièrement par le service « médiation familiale » de l’UDAF. Ils s’adressent aux enfants de 6 à 11 ans suite à un divorce, une séparation, une recomposition familiale. Bastien Blanchard de l’Union départementale des Associations Familiales encadre avec son binôme, ces groupes de paroles.

Chaque groupe de paroles dure environ 2 heures, ça commence par une météo émotionnelle, ensuite le dessin familial et puis il y a la partie conte, qui aborde les émotions.

Un groupe de paroles d’enfants bientôt à Reims

Mercredi 20 septembre 2023 il y aura une réunion d’information pour les parents, à l’UDAF 12 rue Simon (quartier St Remi à Reims) de 18h à 19h, en vue de groupes pour enfants qui commenceront le dernier mercredi de septembre.

4 séances en tout pour les enfants, les mercredis de 10h à midi, du 27 septembre au 18 octobre 2023.

Un autre groupe est prévu d’ici à fin 2023 à Châlons-en-Champagne, il est prévu pendant la première semaine des vacances de la Toussaint.

Ces ateliers sont gratuits. Ils sont financés par le REAAP, réseau d’accompagnement à la parentalité.

Témoignages dans le reportage à écouter sur cette page

Contactez l’UDAF de la Marne par mail ou au 03 26 69 47 60

LNDT: @202. Vous avez réussi votre divorce ou votre séparation !  » Faut qu’on en parle »

Un podcast de Radio France de 45′

Les années bonheur ont laissé la place à des moments moins réjouissants. L’heure de la séparation où du divorce a sonné. Mais il n’est pas question que la guerre soit déclarée. Comment avez-vous réussi à garder de bonnes relations avec votre ex ?

Elle était la personne idéale. Celle avec qui vous alliez finir votre vie. Et puis, toute la belle machine s’est dérèglée et il a fallu en arriver à la séparation, au divorce .

Si l’homme et la femme se quittait, ils restaient toujours le père et la mère des enfants. Il n’était pas question de les perturber encore plus . Même si vous avez pris des chemins différents, vous gardez un contact avec votre ex.

Mieux encore, après les tensions du début, tout s’est aplani avec le temps et vous entretenez désormais d’excellentes relations ensemble. Réunis à la même table pour les fêtes et anniversaires; mieux encore vous partez avec vos nouveaux conjoints en vacances tous ensemble. Votre ex est devenu(e) un(e) ami(e) de votre nouveau conjoint(e) ?

Si vous avez raté votre mariage, vous avez réussi votre divorce !

Margaux Cantié, psychologue, est notre invitée.

LNDT: @201. La garde d’enfants après une séparation

Un podcast de Radio France de 36′

L’affaire du père retranché sur une grue à Nantes, et le dossier de la garde d’enfants après une séparation… La justice favorise-t-elle trop souvent la mère ?

Avec

  • Eric Bocciarelli Secrétaire général du syndicat de la magistrature et juge des enfants au TGI de Nancy
  • Elodie Mulon Avocate spécialisée en droit de la famille (Cabinet Mulon Associés)
  • Olivier Besida Victime de violences conjugales et délégué de l’association SOS Papa

LNDT: @200. Le choix à tout âge ?

Un podcast de Radio France de 5′

Les enfants ont-ils trop le choix ? À cette question, Gwénaëlle a eu envie de répondre de façon lapidaire…

Oui. Voilà, j’ai juste envie de répondre oui. Et pas seulement parce que je suis une mère réac, tendance « mange ta soupe et tais-toi ! ». Non, c’est juste que le choix, revers de la liberté, est avant tout une bonne grosse source de stress.

Prenez le marchand de glaces… tiens au hasard, Fenoccio à Nice pour ceux qui connaissent. Bon, eh bien vous voilà devant 59 parfums de crèmes glacées, 35 parfums de sorbets soit 94 choix de parfums dont romarin, tomate-basilic, lavande ou cactus. A chaque fois, l’excitation de l’aventure, de la nouveauté (« cette fois, je tente un truc de ouf ! »)… tout ça pour finir sur la traditionnelle café ou pistache… avec la culpabilité supplémentaire de n’être qu’une adepte de la routine. Même drame au restaurant vietnamien… 45 mn à étudier une carte pléthorique… tout ça pour finir sur des nems au poulet.

Et si l’on monte d’un cran, comble de la torture, le choix d’orientation sur Parcoursup… droit ou éco ? Management du sport ou design de jeux vidéos ? Un truc artistique ? De la cuisine ? Informatique peut-être ? Comment ça, tu sais pas ? AAAh ! Bref, vous l’aurez compris, un peu de choix, ça va. Trop, c’est la cata.

Et pour les enfants, c’est pareil…

Disons que si certains choix font réellement partie de leur conquête d’autonomie (tee-shirt bleu ou rouge… Lego friends ou lego city… et à peine quelques années plus tard études d’ingénieur ou de menuiserie), si les enfants ont bien le droit d’affirmer des goûts qui leur sont personnels (après tout, vous, vous n’aimez pas les betteraves…), je suis à peu près persuadée que l’on peut leur alléger leur quotidien (et le nôtre au passage) en retirant une bonne partie des choix qu’on leur propose (et qui, d’ailleurs, au départ n’en était pas).

Sans rire, le nombre de fois où l’on commence une phrase par « veux-tu » alors que non, en vrai, on n’a pas du tout envie de savoir si il (ou elle) veut… mais juste qu’il (ou elle) fasse ce qu’on lui demande ! « veux-tu prendre ta douche ?« , « veux-tu mettre la table ?« , « veux-tu venir faire les courses avec moi ?« , « veux-tu bien aller te coucher ? » Comme si, en mettant un point d’interrogation, on était plus respectueux, alors qu’en réalité, on ne fait que les embrouiller ces pauvres gosses.

Et quand la réponse arrive (ben oui, même à 4 ans, nos bambins ont bien compris qu’une phrase qui finit par une envolée aiguë est une question qui appelle une réponse de leur part…) et que la réponse est « non« , « plus tard« , « attend… » ou « pas envie« ,… on s’étonne. « Ben si, il est l’heure de prendre ta douche ! Allez, hop hop hop… » Et là, au mieux, votre enfant se dit « ben pourquoi elle m’a posé la question vu que c’était déjà plié ?« , au pire le voilà parti dans une interminable et subtile argumentation qui mène en général par une beaucoup moins subtile gueulante.

On arrête donc les choix à tout va ?

Chacun fait bien comme il veut en fait ! Mais c’est vrai que pour choisir une glace à 3 ans, vanille, fraise ou chocolat, suffit largement pour explorer son pouvoir de décision. De même, à quoi bon proposer de faire du tennis ou du karaté… si les horaires sont au final incompatibles avec votre emploi du temps ? Donc oui, on peut déjà réduire les propositions pour rendre le choix plus aisé. Enfin, j’avoue avoir trouvé dans le best-seller « Chasseur, cueilleur, parent » de la chercheuse et journaliste américaine Michaeleen Doucleff, un truc qui m’a beaucoup interpellée, moi qui, en général dans la vie, parle beaucoup trop.

En gros, son livre compile le résultat d’observations menées sur l’éducation des enfants dans des groupes de cultures différentes des nôtres (Inuits, Maya et Hadza en Afrique de l’Est). Et cette femme a notamment remarqué que dans bon nombre de ces cultures, les parents utilisaient très peu de mots pour interagir avec leurs enfants. Oui, contrairement à nous qui usons notre salive plus que de raison, ces parents ne discutent pas avec les enfants de leur prochaine activité, ils ne débattent pas avec eux pour savoir s’ils préfèrent un sandwich au jambon ou des pâtes pour le déjeuner. Ils ne posent pas de questions commençant par “veux-tu ?”

À la place, ces parents agissent. La mère prépare des haricots noirs pour le déjeuner, le père enfile sa veste et sort faire les courses, la grand-mère va à la salle de bains et fait couler l’eau dans la baignoire. Moins de paroles engendre moins de stress. Je m’en vais donc fermer un peu ma bouche pour tenter l’aventure.

LNDT: @199. Faire famille

Un podcast de Radio France de 4′

Comment faire famille quand les réunions de famille, les cousinades sont une corvée ? Réponse et anecdotes de Julien Bisson.

Que vous évoque l’idée de faire famille ?

Ca m’évoque beaucoup de choses, mais en particulier un souvenir très récent. Vous allez encore dire que je raconte ma vie, mais j’ai participé au début de ces vacances à une cousinade, une réunion de famille dans le Puy-de-Dôme réunissant toutes les petites cellules éparses du grand organisme familial fondé par mes grands-parents il y a 70 ans. Aujourd’hui, ces grands-parents ne sont plus là, tout le monde est dispersé à travers la France, et si on n’arrive pas toujours à se donner des nouvelles entre frères et sœurs, vous imaginez ce que c’est avec le cousin machin et la tante Suzette !

Donc de temps en temps, on organise cette fameuse cousinade. Et il n’y a peut-être pas d’illustration plus concrète de l’idée de faire famille. Parce que pour que cette réunion ait lieu, il faut faire les réservations, faire la route, faire les courses, faire à manger, faire la vaisselle, faire le ménage. Et, à la toute fin, évidemment, faire les comptes ! Tout cela pour retrouver au milieu de l’Auvergne une cinquantaine de personnes que vous n’aviez pas recroisées pour la plupart depuis quelques années…

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Et encore ! Il s’agissait de ma propre famille. J’ai une pensée émue pour toutes les pièces rapportées qui ont passé les six heures de voiture à essayer de retenir les prénoms et les nombre d’enfants de chacun – je vous mets d’ailleurs au défi de retracer de tête l’ensemble de votre arbre généalogique, surtout si vous venez comme moi d’une famille méditerranéenne…

Mais alors pourquoi s’inflige-t-on ça ?

Évidemment, on affiche tous l’envie de se revoir, de rencontrer tous ces petits cousins, germains ou non – ah oui, germain, comme j’ai appris à mon fils, ne veut pas dire qu’ils sont allemands, mais qu’ils sont issus du même germe. Au passage, « cousin » renvoie à l’origine à l’idée de « co-sœur », et donc uniquement à la famille côté maternel, mais on n’est pas là pour faire un cours d’étymologie…

Si on s’oblige ainsi à ces efforts pour se retrouver, on le fait aussi sans doute, plus ou moins consciemment, un peu par devoir. On se dit confusément que si on ne se croise plus que pour les mariages et les enterrements, et encore, alors le lien familial risque de se rompre tout à fait, et avec lui une part de notre propre histoire. Et d’ailleurs, passé le ballet des « tu fais quoi dans la vie maintenant ? », le gros des conversations pendant le week-end sera de se souvenir des précédents moments de réunion, de cette soirée de 1995 où deux beaux-frères ont failli en venir aux mains, de cette fête de 1999 où l’un de vos oncles s’est toqué de pouvoir marcher sur les braises du méchoui, ou de cette autre réunion où tous les adolescents avaient été découverts en train de fumer des cigarettes qui font rigoler en cachette.

En creux, entre deux parties de pétanque, c’est la mémoire qui se renouvelle, la mémoire collective de la famille, avec son lot de rituels, de mythologies, de récit des origines. Et puis, plus étrangement, une sorte de mémoire individuelle, en voyant tous ces visages dont beaucoup vous ressemblent, de loin en loin : ceux qui ont dix ou vingt ans vous rappellent votre passé, ceux qui en ont soixante ou soixante-dix dessinent votre avenir. Cette famille élargie vous renvoie ainsi à tous les âges de votre vie.

Ce n’est donc pas simplement un lien au passé ?

Non, je ne crois pas. Je crois au contraire que ces réunions de famille, et notamment de famille élargie, où résonnent moins le pathos et les drames que dans la famille nucléaire, permettent de mesurer à la fois la force objective du lien sanguin, qui nous impose cette famille, mais aussi notre propre singularité au sein de l’institution. Elles nous permettent de mesurer la place que nous nous sommes construites, au fil des années, dans le tableau de famille. Elles racontent finalement moins quelque chose du groupe que de notre propre itinéraire intime, et de ce que nous allons transmettre, à notre tour, à notre progéniture.

C’est peut-être pour ça qu’après tous ces efforts, quand vient le moment de la séparation, on se dit que c’était pas si mal cette raclette à 50. Et dans les bouchons, en regardant les clichés nouveaux du grand album familial, on réalise sans doute qu’on a toujours mal compris le fameux « Famille, je vous hais ! » d’André Gide, car on n’avait pas pris la peine de lire la suite dans « Les Nourritures terrestres » : « Familles, au pluriel, je vous hais ! Foyers clos ; portes fermées ; possessions jalouses du bonheur« . Allez, à la prochaine cousinade !

LNDT: @198. Pour le droit à une grossesse masculine ?

Un podcast de Radio France de 5′

Lancement Ali : Aujourd’hui, Julien, vous allez militer pour le droit à une grossesse masculine ?

Dans le film La Vie de Brian des Monty Pythons, l’un des personnages masculins, joué par Eric Idle, affirme vouloir porter un enfant, sous les risées de ses camarades. Ceux-ci s’accordent finalement à lui dire qu’il ne pourra pas le faire, faute d’utérus, mais que cela ne doit pas entamer son droit à le faire, à porter des enfants.

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Cette scène m’a toujours amusée, tant elle dit quelque chose de ce paradoxe fondamental qu’est pour un homme le fait de devenir père sans faire naître son enfant. Un paradoxe qui peut d’ailleurs tourner à l’obsession, comme on a pu le voir l’an dernier après la publication par Planning familial d’une campagne d’information qui rappelait que certains hommes trans pouvaient être enceints. Dans le scandale que ça avait pu susciter, on pouvait lire autant de haine contre les LGBT qu’une forme de fascination envers l’idée même de grossesse masculine.

La littérature, notamment féministe, d’Octavia Butler à Ursula Guin, est d’ailleurs riche en fictions qui imaginent des utérus artificiels et des sociétés agenres où les hommes pourraient allaiter. Sans même parler de la mythologie grecque, où Zeus achevait déjà dans son propre corps la gestation d’Athéna et de Dionysos. Oui, mais voilà, nous ne sommes pas Zeus. Et à moins de s’appeler Arnold Schwarzenegger dans le film Junior, – ou d’être un hippocampe -, l’expérience biologique de la grossesse reste avant tout une expérience féminine.

Relance Ali : Est-ce que vous dites cela avec un brin de jalousie ?

Je ne sais pas si jaloux est le bon mot ! J’ai déjà du mal à supporter mes premiers poils blancs dans la barbe, je ne suis pas sûr que j’aurais vécu très sereinement les bouleversements dans mon corps, prendre un peu plus que des poignées d’amour et gagner une pointure, écrasé sous mon propre poids.

Mais si je dis cela avec, un peu de mauvaise foi, c’est bien parce que je n’ai qu’une vision tronquée de la grossesse, une appréhension extérieure qui ne sait rien des bouleversements émotionnels, de la vie intérieure et du lien avec l’enfant à naître. Je me souviens plutôt d’une période très étrange, partagée entre l’impatience de voir l’enfant arriver, comme le héros de Paul Morand dans L’Homme pressé, et en même temps, une forme d’inconscience de ce qui est en train de se tramer, un décalage avec l’expérience fondamentale que peut vivre la mère de l’enfant. Face à la grossesse, les hommes se retrouvent parfois comme au spectacle, témoins d’une pièce qui se joue devant eux sans trop savoir quel rôle y prendre.

Alors on fait la préparation à l’accouchement et les séances d’haptonomie, on lit des livres et on regarde tous les films possibles sur le thème de la grossesse, on fait des recherches Internet pour savoir quelles musiques faire écouter à bébé in utero – musique qui d’ailleurs n’est pas l’album In Utero de Nirvana ! On fait des courses, on monte des meubles, on télécharge des applications. Bref, on essaye de garder le contrôle quand, au bout du compte, on reste confronté au mystère radical qui nous est opposé.

Relance Ali : Mais alors ce serait quoi, une grossesse masculine ?

Alors, pour certains, ce serait une couvade, soit le fait de reproduire les symptômes traditionnellement reliés à la grossesse féminine – nausées, brûlures d’estomac, prise de poids, anxiété. Une sorte de grossesse nerveuse qui toucherait plus d’1/4 des hommes selon une étude américaine. Mais ce n’est pas tout à fait ce que j’ai en tête.

Rétrospectivement, j’ai le sentiment que ces neuf mois devraient surtout être mis à profit pour méditer notre propre lien à la paternité, nos souvenirs d’enfance et ce que nous en avons gardé. Ces neuf mois peuvent être utiles pour comprendre le langage de l’amour avec lequel on a grandi, afin de s’assurer que c’est bien celui qu’on souhaite transmettre, ou si l’on préfèrerait en inventer un nouveau.

En anglais, l’accouchement se dit « delivery », la délivrance – je ne sais pas, d’ailleurs, à quel point c’est toujours vécu comme tel par les femmes enceintes. Mais j’ai l’impression qu’il y a peut-être là la clé d’une grossesse masculine. Dans l’idée de délivrer l’enfant qui est en nous, pour mieux mettre au monde notre propre notion de la paternité.

LNDT: @191. Mais à quoi voit-on que l’on a vieilli ?

Un podcast de Radio France de 3′

Tout juste sortie du Nouvel An, Gwénaëlle se retrouve déjà dans des abîmes de perplexité, autrement dit une année de parents de plus ! Une reflexion depuis son TGV, assise à côté d’un carré famille.

Disons que le Nouvel An étant, par principe, le moment où l’on se souhaite une Bonne année, c’est aussi en filigranes le moment où, de fait, on se souhaite à tous et à chacun… une année de plus. Et si, jusqu’à maintenant, cette idée ne m’atteignait pas trop, je dois avouer que cette année, cela m’a fait un coup. Et de fil en aiguille du seum, voilà que je me suis demandée… mais à quoi voit-on que l’on a vieilli ?

Quels sont les signes qui nous disent sans conteste que l’on est définitivement passé de l’autre côté de la barrière de corail ? Autant de questions auxquelles j’ai tenté de répondre depuis mon TGV, assise à côté d’un carré famille avec des petits de 2 ans et 4 ans…

Réflexion existentielle dans le TGV

Je pense qu’au top des signes qui te disent que tu as vieilli, c’est déjà le fait que dans le TGV, tu as très rapidement des envies de meurtre vis-à-vis de ces pauvres enfants du carré-famille d’à côté. Voilà, tu sens qu’il faut aller puiser loin dans tes souvenirs de jeune maman qui elle aussi a méga galéré dans le train sous l’œil haineux et revanchard d’anciens parents qui eux aussi avaient oublié qu’ils avaient un jour été parents de jeunes enfants intenables pour ne pas laisser paraître ton agacement et te forcer à lancer régulièrement le sourire aux lèvres, des petits « Ah ah ! ils sont drôlement mignons dites donc ! » C’est sûr, hein, à cet âge-là, ça a besoin de remuer et de crier bien sûr et de tousser en m’envoyant ses microbes, et de pleurer… Voilà, rien que là, PAF ! Plus 10 points sur ta ligne de vie !

Deuxième moment furtif où j’ai senti un bon gros coup de canif dans ma ligne de vie durant ces vacances : lorsque, à l’occasion d’un dîner avec des amis, ton pote te dit que « sa sœur va bientôt prendre sa retraite ». Là, tu balayes rapidement dans ta tête les métiers qui, pour de vrai ou dans ton imaginaire, prennent leur retraite à 40 piges ou à 52 – bref plus tôt – genre les militaires, les policiers, les contrôleurs aériens, les gardiens de prison, les égoutiers… Mais tu vois bien que rien de tout ça ne colle à la sœur en question et donc BAM, tu encaisses. Oui, tu as désormais des gens dans ton entourage qui sont concernés par les questions de retraite… Très gros coup.

Tout ça est naturel, c’est le temps qui fait son œuvre…

Oui enfin, à ce que je sache, il n’y a pas si longtemps que ça…

  1. Tu ne parlais pas d’enfants parce qu’aucun de tes potes n’en avait.
  2. S’est glissée une sorte de faille spatio-temporelle durant laquelle vous et vos potes, vous vous êtes moins vus, vu que tout le monde était défoncé de fatigue et puis que franchement, la période couche culotte diversification alimentaire n’est pas celle qui remplit le plus avantageusement les conversations.
  3. En un saut de puce, vous en êtes à vous demander si ce ne serait quand même pas bien que la grande prenne la pilule, car on n’est jamais trop prudent… Qu’est-ce que t’en penses, toi ?

Et là, en un flash, tu te revois le 31 décembre de l’an 2000 dans ta colloque de potes avec une soixantaine de personnes déguisées sur le thème « fin du monde » (rapport au fameux bug de l’an 2000 que l’on attendait tous avec un mélange d’angoisse et de frénésie) à tenter de réguler une soirée déjà partie pour être ingérable, et tu te dis : elle est où l’arnaque ? Toi, t’es persuadée d’être la même à l’intérieur (et même à l’extérieur !), capable de porter des mini-jupes à paillettes et des cheveux teints en bleu pour danser All the night sur Moby ou Barbie Girl… Alors qu’en fait non, tu as juste réussi à te froisser un muscle en jouant au bowling avec tes enfants. Et maintenant, c’est ta fille qui te demande si elle peut sortir faire le jour de l’an ailleurs… et si possible en mini-jupe à paillettes.

Cette année encore, chers parents, désolée de vous décevoir : aucun de nous ne pourra arrêter le temps. Mais les enfants ont un pouvoir magique : celui de nous aider à le suspendre, le temps d’un câlin, d’un « Je t’aime » ou de la lecture collé-serré d’une histoire. Alors profitons-en sans limites, avant que ça ne s’échappe pour de bon !

LNDT: @190. Quand les enfants changent votre monde

Un podcast de Radio France de 6′

Est-ce que la vision du monde de Julien Bisson a changé depuis qu’elle est devenue parent ? Entre l’angoisse viscérale qui leur arrive quelque chose, les nuits de sommeil intermittentes, les questions existentielles autour de leurs jeux favoris, les goûters d’anniversaire…

Il n’y a pas que ma vision du monde d’ailleurs. Il y a aussi la vision que les autres ont de moi-même. Vous voyez les petits poils blancs dans ma barbe, les cernes sous les yeux, les golfes temporaux qui se creusent, ça n’y était pas avant ! Bon, je ne vais pas non plus tout lui mettre sur le dos, mais il n’empêche, si nos enfants nous apprennent beaucoup de choses utiles, qu’ont très bien évoquées vos invités – l’enthousiasme, la curiosité, la nouveauté, la capacité à explorer nos émotions ou à nous amuser – il y d’autres petites choses qu’on aurait peut-être préféré qu’ils ne nous apprennent pas…

Eh bien par exemple, je pense que j’aurais préféré ne pas apprendre qu’on pouvait survivre pendant six mois sans faire une nuit complète, et que même six ans plus tard, on pouvait conserver l’art du sommeil sentinelle – un type tousse dans la rue et je me réveille. J’aurais préféré tout ignorer de mon indifférence à la saleté et au désordre, après quelques années avec un enfant en bas âge. J’aurais voulu éviter de savoir que j’étais tout à fait capable de manger quelque chose qu’il avait recraché, sans en être pour autant dégoûté. J’aurais voulu ne pas connaître le sens des termes « méconium », « bronchiolite », ou « pieds-mains-bouche ». J’aurais aussi voulu ne jamais apprendre par cœur les règles du Quoicoubeh, les différentes couleurs des cartes Pokémon ou le générique de la Pat’ patrouille, qui vous reste bien vissé le crâne pendant toute la journée.

Et il y a toutes ces expériences que j’aurais tout aussi bien pu esquiver sans m’en porter plus mal, comme les goûters d’anniversaire à vingt gosses hurlant, shootés au sucre. Avec une mention spéciale pour ce goûter où les jeux prévus ont pris du retard, et où en plus du bruit et de l’agitation, il vous faut faire la conversation avec trois autres parents qui ont tous eux aussi envie de rentrer chez eux, un dimanche soir à 19h30. Pour ça, on a envie de dire à nos gosses : merci, mais pas merci !

Ce n’est pas bien grave, et on s’en remet vite. Ce dont on se remet un peu moins, en réalité, c’est la façon dont les enfants vous apprennent des vérités sur vous-mêmes que vous auriez parfois préféré ignorer. Par exemple que vous ressembliez davantage à vos propres parents que vous ne vouliez le croire, et que malgré vos grands discours, vous aviez les mêmes réactions dans les mêmes situations. « Finis tes légumes, il y a des gosses qui meurent de faim en Afrique », vous ne pensiez vraiment pas le dire un jour, hein ? Bah c’est raté !

J’aurais aussi voulu continuer à me croire capable d’être toujours patient, toujours disponible, jamais excédé à l’idée de partager un jeu ou un moment d’attention. J’aurais préféré ne pas apprendre que j’étais plus fragile que je ne le pensais, que je pouvais me montrer aussi sévère et le regretter amèrement ensuite.

Mais surtout, ce qu’on découvre avec la naissance de nos enfants et qui ne nous quittera plus jamais, c’est la peur, cette peur viscérale de les perdre, qui vous fait bondir dès que vous entendez un cri, qui vous fait penser à eux dès que vous êtes témoin d’un accident ou que vous entendez parler d’un fait divers. Vous avez peur qu’ils se fassent mal, vous avez peur qu’on leur fasse mal, dans la rue, à l’école, sur les réseaux sociaux, et il vous faut apprendre à vivre avec, parce que vous savez que vous ne pouvez pas toujours les protéger.

Et même si c’était le cas, même si vous pouviez toujours les protéger du monde extérieur, il y a une dernière peur qui arrive, la plus terrible d’entre elles peut-être : la peur de les perdre émotionnellement. C’est la peur qu’un jour, ils ne vous aiment plus, qu’un jour ils ne pardonnent pas vos erreurs, vos manquements, vos oublis, vos ratés. C’est la peur que je n’avais pas anticipée, et avec laquelle j’aurais préféré ne pas apprendre à vivre. Mais cette peur, c’est aussi la preuve de cet amour dingue avec lequel on n’avait pas encore composé, elle est à la hauteur de ce qui nous remplit et qu’on redoute de perdre. Et pour ça, on a envie de leur dire : pas merci, mais, merci les enfants !

LNDT: @189. Une petite liste de mensonges

Un podcast de Radio France de 4′

Ali : Alors comme ça, Gwénaëlle, c’est aujourd’hui votre dernière chronique…

Ben, je sais pas… disons que ça n’était pas prévu comme ça, je pensais vaquer avec vous tranquillou-Bilou jusqu’à l’été mais, sans se mentir (comme on dit aujourd’hui), vous pensiez à quoi Ali, en m’envoyant ce sujet ? Le mensonge dans le couple… Je fais quoi moi, avec ça ? Je me mets à faire la liste de tous mes petits secrets non avoués à mon mari et je les balance mine de rien devant les millions d’auditeurs ? ça se passe comment ? Je lui passe quand même un petit coup de fil avant pour lui dire que non, vraiment chéri, c’est pas la peine d’écouter la chronique aujourd’hui… c’est tout pourri, c’est sur l’homéopathie… ou les graines de chia, je sais plus.. bref, ça va pas t’intéresser… en plus t’as une réu super importante à ce moment-là, non ??? et puis cherche pas, le replay, les podcasts, tout ça, ça marche pas bien à Radio France en ce moment… je sais pas pourquoi… ptet l’arrivée de Rachida Dati au ministère de la Culture, je sais pas, j’demanderai…

Ali : Bon, mais en bonne professionnelle, vous avez quand même une petite idée sur la question, un conseil pour les parents…

Ben, non mais ok, ok, je suis solidaire, je suis courageuse, je suis professionnelle et je me lance. Car peut-être qu’avant moi (je ne sais pas, je ne les ai pas encore entendus quand j’écris cette chronique), des sexologues ou thérapeutes de couple brillants ont dit à ce micro qu’il fallait éviter les mensonges au sein du couple et que la confiance était le ciment de la relation… Donc au cas où, allez, on y va, on va les lister les mensonges… et puis on verra bien ce qui se passe…

advienne que pourra… alea jacta est ! Mais je vous préviens Ali, si mon couple part à volo dès ce soir, je vous tiens pour responsable !

Alors c’est parti, commençons par du lourd : tromperies.. ça, j’ai pas / échangisme Non… / zoophilie Non plus… / crimes en séries peut-être ? Je vois même pas qui tuer ni pourquoi donc non / Ou alors, ah oui ça c’est bien ! une seconde vie cachée à la Jean-Claude Roman… avec carrément un autre boulot que le mien genre chirurgienne esthétique pour révolutionnaires en cavale… Ou nan, attendez, j’ai mieux ! (là, si on veut on peut mettre en fond la musique du bureau des légendes : https://www.youtube.com/watch?v=s0rTz2NY3RQ) Agent pour la DGSE comme Anna Giraudeau alias Marina Loiseau dans le Bureau des Légendes ! Mon travail dans le magazine Pomme d’api ne serait qu’une couverture pour récolter de précieuses informations sur les Balkans ou sur le programme nucléaire en Iran. (stop net musique) Bof. En plus, très mauvais calcul pour la DGSE vu qu’avec un Mojito dans le nez, je vous livre le code nucléaire en moins de deux… Nan mais attendez, en fait, plus j’avance dans cet exercice et plus je me rends compte que ma vie est super pourrie en fait… carrément déprimante ! Je n’ai aucun GROS mensonge à me mettre sous la dent !

Ali : Mais non, ne dites pas ça ! Vous aussi vous avez bien votre petit jardin secret…

Attendez, si je cherche bien, je crois que le dernier truc sur lequel j’ai un peu menti à mon mec, c’est ptet sur le dernier Marron glacé qui a mystérieusement disparu du placard cette semaine… ou alors sur un mail de la copro que j’étais censée avoir vu, que j’avais un peu vu, mais que j’ai dit que j’avais pas

vu… C’est archi-nul comme mensonge ! Le niveau zéro du pipeau ! Nan mais sans rire, déjà que quand tu as fait des enfants ensemble, que ton mec t’as vu accoucher, a assisté à la lente rééducation de ton périnée, on peut se dire qu’on n’a plus beaucoup de jardin secret… mais maintenant que j’y pense (surtout si les super invités de ce studio ont finalement dit avant moi que le secret du couple résidait sur une part de mystère)… moi aussi je veux ma part de femme mystère ! Moi aussi je veux que mari se dise de temps en temps « tiens tiens, tu ne me cacherais pas quelque chose » (et pas qu’un marron glacé). Peut-être qu’à défaut d’avoir un amant, je pourrais faire semblant d’en avoir un ! La voilà l’idée géniale de ce début d’année ! Les inconvénients sans les avantages… c’est tout moi, ça. Mais après tout, que ne ferait-on pas pour faire vivre son couple, n’est-ce pas Ali ?

LNDT: @170. Sexe et nourriture, les liaisons sulfureuses

Un reportage de Radio France de 53′

En partenariat aujourd’hui avec le magazine causette, nous vivrons pleinement une passion CUL linaire… parce ce que ce qui se joue dans notre assiette est aussi une partie de plaisir, nous explorerons le lien qui existe ou pas d’ailleurs entre sexe et nourriture. Ce sera surtout l’occasion de tordre le coup à quelques mythes alimentaires… pas l’insecte hein, mais l’idée, qui finit par s’ancrer.