Un podcast de Radio France (3′)
Institutrice, Lolita Rivé raconte dans son podcast comment elle a voulu mettre en place dans sa classe les cours d’éducation sexuelle obligatoires au programme. Un parcours semé d’embûche, de doutes et d’adversité. Passionnant.
« C’est quoi l’amour, maîtresse ? » est un podcast au titre poétique mais qui s’aventure sur une terrain miné, qui explore un des domaines les plus sensibles, un des sujets les plus inflammables : l’éducation à la sexualité en milieu scolaire.
Derrière le micro, Lolita Rivé, 35 ans, 10 ans de journalisme au compteur et désormais institutrice. Cette année, avec ses élèves de CE1 elle a décidé de faire des cours d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Des cours qui sont censé être obligatoires depuis plus de 20 ans, à raison de trois séances chaque année, du CP à la Terminale. Elle a donc décidé d’enregistrer ces sessions, mais aussi les innombrables questions et doutes qu’elles génèrent.
La jeune enseignante savait qu’elle mettait les pieds sur un terrain sensible : les questions de sexualités, de genre, le sexisme, l’homophobie ou la prévention sont toujours des sujets délicats à aborder. Mais elle va découvrir, qu’elle est en fait entrée sur un véritable champ de bataille. Car aborder ces questions dans le cadre scolaire est loin, très loin de faire l’unanimité. Les adversaires de l’éducation sexuelle à l’école sont nombreux et parfois très virulents. Du désaccord de fond aux accusations parfois les plus violentes, le sujet est loin d’être apaisé.
Et ce que l’on découvre au fil de ce podcast signé Binge audio, c’est combien les instituteurs et les profs peuvent être laissés seuls en première ligne sur le sujet avec bien peu de formation, de cadre et de consignes claires. Ce n’est d’ailleurs par la moindre qualité de ce podcast que de proposer une documentation complète et passionnante, composant ainsi un support de ressources précieux pour tous ceux qui veulent mieux appréhender le sujet et que l’on peut consulter sur la page du podcast.
Des profs et des instituteurs laissés bien seuls face à des associations, des parents d’élèves parfois très virulents, n’hésitant pas toujours à soupçonner les pires intentions.
Et si je me trompais ? se demande l’autrice de ce podcast au détour d’une conversation. Et c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Quelle que soit son opinion, sa conviction, sur un sujet aussi sensible, un peu de doute et de nuance sont absolument nécessaires. Pas sûr que ce soit le cas de tous ceux qui s’expriment parfois très violemment sur le sujet…
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
Afficher tous les articles par MICHEL AKRICH