Un Podcast de Radio France – Épisode 7/20 : « Ce quelque chose qui te manque alors que tu ne l’as jamais eu »
Épisode 7/20 : « Ce quelque chose qui te manque alors que tu ne l’as jamais eu »
Tandis que Lucas aborde la question du poids des responsabilités et l’impression d’avoir une dette vis-à-vis de ses parents, Maya et Lola partagent leur sentiment de solitude et leur désir de tomber amoureuse.
Au fil de cette série documentaire de 20 épisodes d’une dizaines de minutes chacun, on suit l’évolution d’une petite bande d’amis, formée pendant les années de lycée à Douarnenez dans le Finistère. Dylan, passionné de cinéma et qui a réalisé son premier film au collège, Lulla, ancienne compagne de Dylan et militante féministe, Lucas, le plus silencieux de tous, Pierre, à la voix grave et au regard acéré, et enfin Lola et Maya, les sœurs jumelles, calmes, matures et sensibles. Ils approchent de leurs 20 ans. Chacun et chacune a accepté de se confier, à l’aide d’un téléphone portable ou avec « les moyens du bord« . Pour laisser une trace, pour témoigner de leurs 20 ans, pour nous rappeler cet âge où l’on a la sensation de venir une seconde fois au monde. Réalisés par elles et eux entre février 2023 et avril 2024, cette série est née de leurs enregistrements.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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