LNDT: @476. Justice et psychologie

Un Podcast de Radio France (5′)

Quelques pas dans un couloir et voici l’accusé, qui se retrouve devant le juge. L’accusé s’appelle Pink, il est le héro principal de l’opus magnum de Pink Floyd, « le Mur ». Le procès de Pink constitue le point d’orgue de cet album conceptuel. Pink est un personnage fou. Mais sa folie trouve ses sources dans son passé : il est aliéné depuis son enfance, enfance étouffée par sa mère, aliéné ensuite par un système scolaire oppressant, aliéné de nouveau par les relations conflictuelles avec sa femme. Oppressé, il devient l’oppresseur. En lisant les conclusions d’une étude étonnante parue cet été dans la célèbre revue scientifique « Science », je me suis dit que les Pink Floyd ont très bien compris le fonctionnement de la justice: après avoir compris les raisons psychologiques de la confusion de Pink, le juge le condamne à une peine symbolique – la destruction du mur qui le sépare du monde. « Science » a étudié l’influence des facteurs psychologiques sur le comportement de 181 juges aux Etats-Unis. Figurez-vous que quand la défense met en avance le fait que l’accusé est un psychopathe, la sentence moyenne est de 14 années de prison. En revanche, si la défense essaye d’expliquer devant le juge la biologie de la psychopathie de l’accusé, eh bien, la sentence moyenne prononcée est d’une année seulement

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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