Un Podcast de Radio France (39′)
Avec
- Pierre Lévy-Soussan, pédopsychiatre et psychanalyste, médecin directeur d’une consultation spécialisée dans les problèmes de filiation au COFI-CMP à Paris, auteur notamment de « Éloge du Secret » (Fayard, 2006) et « Destins de l’adoption » (Fayard, 2010)
- Anne-Claude Ambroise-Rendu, historienne française
- Véronique Campion-Vincent, anthropologue, attachée à la Fondation de la Maison des sciences de l’homme de Paris
Roman Polanski, cinéaste génial mais citoyen ordinaire, est donc rattrapé par un passé vieux de trente-deux ans. Cette histoire de relations sexuelles non consenties entre un adulte et une jeune fille de 13 ans est peut-être anecdotique, mais elle peut être considérée comme une borne-témoin de l’époque, si proche et pourtant si lointaine, de la « libération sexuelle ». Dans la foulée du fameux slogan « il est interdit d’interdire », toute une génération avait décidé de faire tomber les tabous un à un et d’emporter toutes les barricades. Drapés dans le freudo-marxisme de Wilhelm Reich et les « machines désirantes » de Deleuze et Guattari, toute sorte de mouvements se proposaient de « libérer le désir », afin de dégager, croyait-on, des potentiels révolutionnaires et créatifs inédits… On a peine à l’imaginer aujourd’hui, tant les mentalités ont changé, mais la pédophilie elle-même a fait partie de ces « fronts secondaires », de ces mouvements de libération, qui croyaient oeuvrer à l’émancipation du genre humain. Le FLIP (Front de libération des pédophiles), le FRED (Front d’action et de recherches pour une enfance différente) avaient pignon sur rue, à la fin des années 70 et disposaient d’un certain crédit intellectuel. Les grands noms de l’intelligentsia progressiste n’hésitaient pas à pétitionner dans Le Monde en faveur de pédophiles emprisonnés. Mais la « révolution sexuelle », qui se présentait comme une vague irrépressible d’émancipation, sans retours en arrière possible, n’a pas débouché sur l’utopie promise. Dans nombre de domaines, elle a nettement reflué sous l’effet du dégrisement ou de la vengeance du réel. Le désir a cessé d’être valorisé absolument et en tant que tel. Et la pédophilie, en particulier, fait aujourd’hui l’objet d’une condamnation bien plus absolue qu’hier. On a pu avoir le sentiment que le balancier était reparti dans le sens inverse avec exagération, lors de l’affaire d’Outreau, lorsque des accusations abracadabrantes contre des innocents ont été retenues par l’appareil de la justice, au nom du principe : « la parole de l’enfant ne saurait mentir ». Alors : la pédophilie est-elle l’ultime tabou de notre société ? La chasse aux pédophiles telle qu’elle est pratiquée dans certains pays anglo-saxons ne témoigne-t-elle pas d’une véritable « panique morale » ?
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Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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