man and woman arguing

LNDT: @526. « Des montagnes de disputes nous séparent, qu’un mot suffira à effacer… » Quel est ce mot ? C’est ma question du jour !

Un Podcast de Radio France (5′)

Les disputes nous blessent, mais elles n’arrivent qu’entre ceux qui s’aiment. Christophe André explore ce paradoxe : entre colère et tendresse, pourquoi se quereller… et comment, parfois, un seul mot peut tout réparer.

« Allo ? Encore ! Non mais c’est bon, on ne va pas revenir encore une fois sur cette histoire ! … Mais non, je ne m’énerve pas, je t’explique ! … Comment ça toujours pareil ? C’est toi, toujours pareil ! … Non !… Mais… C’est bon, le dossier est clos, je n’ai plus envie d’en parler ni de me disputer ! … Non et non ! Je te préviens, je raccroche avant de m’énerver pour de bon… » Je rigole, mais ça me stresse les disputes, je déteste ça.

Ma définition de la dispute est la suivante : « Friction relationnelle entre humains qui s’aiment bien. » La clé de la dispute, c’est l’amour, l’affection, l’amitié… On ne se dispute que s’il y a un vrai lien, et une histoire heureuse. Sinon on ne se dispute pas, il n’y a pas d’enjeu, ça ne vaut pas la peine : on s’insulte ou on se méprise, puis on passe son chemin. Il y a beaucoup de théories autour des disputes, notamment dans le couple : comment les éviter, comment en sortir, comment les transformer en discussions puis en dialogue. Eh oui, les mots ont un sens !

Dans la dispute, on n’écoute plus son interlocuteur, on veut vider son propre sac et mettre le nez de l’autre dans nos souffrances ou dans ses torts, et on est prêt à faire mal. Dans la discussion, on ne veut pas faire du mal, mais on veut avoir raison, on écoute un peu l’autre, mais on souhaite surtout imposer son point de vue. Dans le dialogue, on écoute vraiment, parce qu’on veut arriver à un consensus, un compromis.

La dispute, c’est un conflit qui dérape, la discussion c’est un bras de fer dans les règles, le dialogue c’est une construction commune. Beaucoup des théoriciens de la dispute rappellent volontiers deux points importants. D’abord, qu’il est normal de se disputer de temps en temps, le silence et le non-dit sont encore pires en cas de conflit. Ensuite, que c’est l’après-dispute qui est le temps sensible et souvent fécond. C’est ce que rappelle Alfred de Musset quand il écrit : « À quoi sert de se quereller quand le raccommodement est impossible ? Le plaisir des disputes, c’est de faire la paix. »

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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