LNDT: @616. TDAH, dys, HPI, autisme… « Zèbres et Cie », le premier magazine de la neurodiversité

Un podcast de Radio France (8′)

En France, 12 millions de personnes sont considérées comme neuroatypiques. Après avoir fondé « Rose Magazine » pour les femmes atteintes de cancer, la journaliste Céline Lis-Raoux lance un nouveau magazine pour celles et ceux qui pensent et réagissent différemment de la norme.

« Que vous soyez dyslexique,TDAH ou autiste, il n’y a pas de destinée de l’échec pour vous« , clame jeudi 12 juin la journaliste Céline Lis-Raoux, qui a lancé le magazine trimestriel Zèbres et Cie consacré à la neurodiversité. La neuroatypie comprend le TDAH (troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité)Ouverture dans un nouvel onglet, mais il y a aussi le spectre de l’autisme, les troubles dys, dyslexie, dyspraxieOuverture dans un nouvel onglet, etc., les hauts potentiels intellectuelsOuverture dans un nouvel onglet et aux potentiels émotionnels.

**>>Autisme, dysphasie, troubles de l’apprentissage… Un nouvel « Institut du cerveau de l’enfant » va voir le jour à Paris pour mieux accompagner les enfantsOuverture dans un nouvel onglet

**En France 12 millions de personnes sont considérées comme neuroatypiques, pourtant aucun journal ne leur était consacré. Ce magazine s’adresse donc à toutes ces personnes. Il est tenu par trois journalistes, entourés d’un comité scientifique. « C’était très important parce qu’il se dit beaucoup de bêtises et d’idées reçues autour de la neurodiversité. On a eu à cœur d’avoir un comité scientifique qui nous accompagne et qui relie la plupart des articles« , souligne la journaliste.

Le témoignage d’Olivier Véran, hyperactif

C’est le troisième numéro de ce trimestriel qui compte désormais 10 000 abonnés. Celui-ci prodigue des conseils pour anticiper les galères de la rentrée scolaire, s’intéresse aux rencontres amoureuses des neuroatypiques et recueille aussi des témoignages, comme celui d’Olivier Véran, l’ancien ministre de la Santé, qui a été diagnostiqué hyperactif tardivement. « Ce que j’aime beaucoup dans ce témoignage, dit-elle, c’est qu’il montre qu’il n’y a pas de destin de l’échec pour les gens qui ont des troubles de déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité. En fait, on peut devenir qui on veut et ça, c’est vraiment un message important que je veux faire passer dans le journal.« 

« J’ai trouvé ça très précieux parce que souvent le TDAH est associé à l’idée de l’échec scolaire. Olivier Véran a fait des études brillantes. Il a été ministre d’Etat deux fois. »

Le problème, selon elle « c’est le regard« . Car, la neurodiversité, souligne-t-elle, se définit par rapport à une norme. « Mais quand 16% de la population est hors norme, on peut vraiment légitimement s’interroger sur le territoire de la norme. Est-ce que ce n’est pas notre norme qui est beaucoup trop étriquée ? Est-ce que l’enjeu ne serait pas d’élargir le territoire de la norme et de se dire que les personnes autistes, dys, ou TDAH y ont parfaitement leur place ?« , interroge Céline Lis-Raoux, elle-même mère de deux enfants neuroatypiques.

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MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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