LNDT: @615. Léonard De Vinci avait-il un trouble TDAH ?

Un podcast de Radio France (2′)

Alors que l’on célèbre, en ce moment, les 500 ans de sa mort, retour, ce matin, sur ce trouble du déficit de l’attention et de l’hyperactivité dont aurait été atteint Léonard de Vinci.

Alors que la mythologie entourant Léonardo est toujours aussi puissante, un article paru il y a quelques jours dans la revue Brain prétend compléter le portrait du grand inventeur italien. 

Le professeur Marco Catani, chercheur au King’s College de Londres, suggère en effet que Léonard de Vinci présentait les caractéristiques typiques du trouble du déficit de l’attention et de l’hyperactivité connu sous le nom de TDAH. 

Le professeur de psychiatrie affirme que l’artiste toscan qui a produit certaines des œuvres les plus emblématiques du monde, aurait eu en réalité beaucoup de difficultés à les terminer. 

Et sur quoi s’appuie t-il pour le démontrer ? 

Sur des comptes rendus historiques et des récits concernant ses pratiques de travail qui montrent que l’artiste aurait passé beaucoup de temps à planifier des projets mais qu’il aurait singulièrement manqué de persévérance. 

Un trouble qui aurait commencé dès son enfance puisque selon les éléments biographiques, Léonard de Vinci ne tenait pas en place et aurait eu l’esprit très dispersé.

Plus tard, des artistes ayant travaillé avec lui, des mécènes et même le Pape Léon X ont fait état de comportements erratiques et de projets inaboutis. 

Mais paradoxalement, cette hyperactivité a pu également contribuer à son extraordinaire créativité. D’ailleurs, l’aspect le plus caractéristique mais aussi le plus perturbant de sa personnalité semble avoir été sa curiosité vorace qui a pu le stimuler tout en le distrayant. 

L’étude du professeur Catani précise d’ailleurs que la Joconde serait dans sa peinture l’exemple d’une œuvre incomplète. Comme quoi, parfois, il n’est pas nécessaire de trop pousser pour rencontrer le succès. 

Le déficit d’attention de De Vinci aurait donc aussi été la clef de son talent ?

Oui, car comme le rappelle le pédopsychiatre Gabriel Wahl, auteur d’ouvrages sur les enfants et les adultes hyperactifs, si les personnes qui présentent ce trouble manquent de l’endurance nécessaire à la poursuite d’études laborieuses, dès lors qu’on leur offre de la passion, du mouvement et du rythme, elles peuvent s’épanouir dans de nombreux projets et même exceller si tenté qu’on laisse libre cours à leur sens de la créativité. 

Et on le sait, Léonard de Vinci a multiplié les activités et les projets dans le domaine des arts et de la science.

Alors, bien sûr, cet exercice qui consiste à faire de la psychiatrie rétrospective sur des personnages célèbres comporte des limites scientifiques avec des interprétations qui peuvent être très aléatoires. D’ailleurs, le professeur Catani déclare lui-même qu’il est impossible de poser un diagnostic post-mortem sur une personne qui vivait il y a 500 ans.

En France, 4 % des enfants en âge scolaire et 3 % des adultes seraient TDAH. Et parmi eux, se cache sans doute un Léonard de Vinci moderne qui ne demande qu’à terminer le portait de Mona Lisa. 

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

Laisser un commentaire