LNDT: @212. « Scènes de la vie conjugale » : chronique d’un divorce passionnel

Un podcast de Radio France de 3′

La série est disponible sur OCS.

Comment faire fonctionner son couple même après des années de mariage ? C’est la question que pose Scènes de la vie conjugale, nouveau drama produite par HBO. Et si ce nom est familier, c’est normal car cette nouvelle mini-série est l’adaptation de la série et du film du même nom sorti dans les années 70. Deux œuvres acclamées par les critiques réalisées par le suédois Ingmar Bergman. La série de HBO a donc la lourde tâche de passer après, mais heureusement elle réunit tous les ingrédients pour être une grande mini-série.

Scène de la vie conjugale est le nouveau bébé du showrunneur Hagai Levi. C’est à lui qu’on doit la série la plus adaptée au monte Betipul, En thérapie chez nous. Et ce n’est pas la première fois qu’il s’intéresse à la vie d’un couple qui est un sujet qui a l’air de le passionner, car il a aussi réalisé The Affair pour Showtime sur l’histoire d’un adultère. Dans un autre genre, Scènes de la vie conjugale suit la vie d’un couple marié qui va divorcer, joué par les stars hollywoodiennes Jessica Chastain et Oscar Isaac.

La série nous fait pénétrer dans l’intimité du couple sur une période de 3 ans, et ne nous fait quasiment jamais quitter leur grande maison où se déroule leur vie familiale. D’un côté il y a Jonathan, professeur de philosophie qui travaille de chez lui. Il est donc la figure dominante du foyer, très présent pour leur petite fille. Et de l’autre côté, on a donc sa femme Mira, grande ponte de la tech remplie d’ambition et pas très présente au sein de la maison. C’est elle qui va quitter son mari pour un autre homme. 

Hagai Levi a inversé les codes du genre, qui existaient dans les versions précédentes. Et même si l’histoire reste sur un couple hétérosexuel, blanc et CSP +, Hagai Levi a pris le contrepied des œuvres de Bergman en modernisant son histoire. Cette fois ci c’est la femme qui trompe et qui prend la décision de mettre fin au mariage, et l’homme assiste à ça impuissant. Sans surprise, duo Jessica Chastain / Oscar Isaac est le gros point positif de la série. Leur dynamique fonctionne à merveille, que ça soit dans les moments de tristesse, de colère mais aussi de tendresse. Il se trouve que les deux acteurs se connaissent depuis 20 ans et sont très potes, donc forcément ça aide pour la complicité. Ils ont d’ailleurs fait le buzz dans une vidéo à la Mostra de Venise, durant leur photocall où Oscar Isaac embrasse tendrement le bras de Jessica Chastain.  

Scènes de la vie conjugale nous porte dans l’intimité de ce couple au plus près, d’autant plus que la majorité des scènes se déroulent dans leur maison, centre de leur foyer. La série pose des questions justes sur l’amour et le couple, tout en arrivant à ne pas stigmatiser un côté plus que l’autre. Hagai Levi nous embarque au plus près du cœur des protagonistes qui se livrent avec émotion, à la manière d’une pièce de théâtre.

LNDT: @211. Divorce : et le sexisme explose

Un podcast de Radio France de 52′

La guerre des sexes perdure-t-elle après les ruptures ? Pensions alimentaires, gardes alternées… Comment gère la Justice? C’est souvent comme ça, au début : donne moi ta main, et prend la mienne, y a plus de toi, y a plus de moi. C’est l’amour fou

Parce qu’on dit nous pour rien pour tout, ah non vraiment, c’est l’amour fou.

L’un et l’autre en lévitation, et zéro considération, pour les contraintes matérielles, ce qui est à  lui, est à elle. Ils s’aiment un peu, ils s’aiment beaucoup, à la folie puis, plus du tout. 

Le temps a fait son sale boulot. Y a eu des couacs et des accrocs. L’un et l’autre ont fait leur chemin, et ils se sont lâché la main. Ils l’ont pas voulu, l’ont pas vu, oui mais qui est cet inconnu, qui s ‘ trouve à partager mon lit, et pire il le fait toute la nuit ? 

L’étape d’après, c’est le tribunal. Ca pince le cœur et ça fait mal. Mais faut bien acter la rupture, ça fait trop longtemps que ça dure. La douleur est à la mesure, de cet amour qui s’est tiré. C’qu’on a été, on va le tuer, le salir et le torpiller. Alors on le met plus bas que terre, on parle pension alimentaire, et on s’écharpe sur l’argent, et on s’étrille sur les enfants. Mais le plus dingue, mais le plus fou, c’est que chacun redevient un. Avec ses spécificités, ses bosses et ses aspérités. Il se remet à exister, pour lui seul, pour le monde entier, c’est un individu sexué.

Invités

Sibylle Gollac,  chercheuse en sociologie au CNRS, membre du Collectif Onze et co-autrice du livre Au tribunal des couples, qui vient d’être adapté en bande dessinée par Baptiste Virot dans la collection Sociorama chez Casterman.  

Elle est également autrice, avec Céline Bessière, du Genre du capital, publié cette année à la Découverte. Elle poursuit actuellement ses recherches sur les inégalités économiques entre femmes et hommes qui se jouent dans le couple, dans la famille, et sur la place du droit, des professionnel·les du droit et de la justice dans ces inégalités. 

Guillaume Barbe Avocat au Barreau de PARIS depuis 25 ans, spécialiste en droit de la famille, ancien Secrétaire de la Conférence. 

Expert lors du Grenelle des violences conjugales Promoteur de l’arbitrage en droit de la famille 

Observateurs

Nassira El Moaddem: Journaliste et autrice de « Les Filles de Romorantin »  nous parle du rapport de mission Femme à la rue confiée à Elina Dumont par la région île de France. Ce rapport qui sortira demain montre que 37,5/ des SDF sont des femmes

Baptiste Etchegaray: journaliste culturel et documentariste, réalisateur du documentaire LA PREMIERE MARCHE qui est en salles (sur la première marche des fiertés en banlieue à St-Denis !) nous parle du film _Miss:  _Il raconte l’histoire d’un homme qui depuis tout petit rêve de devenir Miss France.

LNDT: @210. Chouette divorce !

Un podcast de Radio France de 1

Les parents de Léo divorcent. C’est banal. Dans sa classe, la plupart des enfants ont des parents divorcés.

Mais le problème avec les parents de Léo, c’est qu’ils ont décidé de faire un « divorce élégant », que tout le monde va bien s’entendre, parents, beaux parents, demi-frère et sœur… Pas d’engueulades, pas de guerre, et là, Léo n’est pas d’accord.

Pourquoi il serait obligé de trouver cela chouette un divorce, d’être ami, avec une fille plus petite que lui dont le père lui a lui volé sa mère une semaine sur deux ?

LNDT: @209. Divorce Hotel

Un podcast de Radio France de 5

Se marier dans un hôtel c’est une tradition. Et si on faisait pareil pour… divorcer ?! Telle est la question que s’est posée un entrepreneur hollandais Jim Halfens.

Il est à la tête d’une compagnie qui porte un nom très explicite – Divorce Hotel. Et l’idée est d’aider les couples qui sont arrivés au bout de leur chemin commun à se séparer de manière presque aussi rapide que le mariage à Las Vegas – c’est-à-dire en un weekend seulement…

LNDT: @208. Amour éternel et sans divorce

Un podcast de Radio France de 5

La chronique de Thomas VDB

L’amour éternel à travers les yeux de Thomas VDB

LNDT: @207. Mariage et divorce

Un podcast de Radio France de 5

Si, comme le disait Oscar Wilde « le mariage est la principale cause du divorce », elle n’est pas la seule !

Au moment où l’Assemblée nationale a adopté en première lecture le principe du divorce par consentement mutuel sans juge, j’ai eu la curiosité d’examiner l’impact des lois sur les unions et les désunions grâce aux études de l’INSEE, la plus récente datant de ce mois-ci .

ET QU’EST-CE QUE VOUS AVEZ TROUVÉ ?

La réforme de 1975 introduisant le divorce par consentement mutuel a, d’après les chiffres, entériné une pratique pré-existante car la hausse –modeste -constatée en 1976 n’a pas eu d’effet sur l’évolution globale du divorce déjà en forte augmentation avant cette réforme capitale. Cette hausse s’est plus ou moins stabilisée au milieu des années 80. Bravo à Oscar Wilde : la stabilisation est attribuée par les démographes à la diminution des mariages. Mais la loi de 2004, entrée en vigueur en 2005, moins innovante que celle de 1975, prévoyant quatre types de divorces et simplifiant le divorce par consentement mutuel a entraîné une hausse des divorces de 15,3% l’année suivante. On peut penser que ces améliorations ont permis de réduire une inégalité sociale permettant à des couples à qui le divorce paraissait hors de portée d’y accéder. Précisons que le but du législateur n’est pas de pousser au divorce mais de le rendre moins conflictuel, le divorce difficile étant considéré comme un mauvais divorce allant à l’encontre d’un certain idéal de la famille contemporaine qui devrait maintenir coûte que coûte la fiction du couple parental indissoluble.

L’évolution la plus récente des comportements n’est pas corrélée à une modification législative : entre 2010 et 2014, les divorces ont reculé de 8% et les mariages de 1%. En clair, on divorce encore beaucoup car si les conditions de divorce de 2014 devaient se maintenir, 44% des mariages contractés en 2014 se termineraient par un divorce, mais on divorce moins. Et ce, quelle que soit la durée du mariage même si le risque de divorcer est toujours maximum au bout de cinq ans. Les mariés de la fin des années 90 divorcent davantage que ceux de la fin des années 60, ce qui fait dire que le divorce s‘est banalisé pour signifier qu’il n’est plus considéré comme une transgression sociale. L’étude ne dit pas si les conditions économiques ont leur part dans cette inflexion des divorces ou si les couples ont tendance à surmonter les crises autrement qu’en se séparant.

A contrario, si le mariage ne diminue pas davantage, c’est grâce aux divorcés ! en effet, un quart des mariages sont des remariages pour au moins un des deux conjoints et ce taux a plutôt tendance à progresser légèrement. Si le divorce reste un événement difficile à vivre, il n’est plus une fin mais un début, surtout pour les hommes qui se remarient toujours plus vite que les femmes.

VOUS ÊTES PASSÉE DU DIVORCE AU MARIAGE. JE SUPPOSE QUE LES LOIS ONT AUSSI UN IMPACT SUR LES UNIONS…

Vous avez raison de parler d’ « unions » car le mariage n’est plus comme l’écrivait Irène Théry dès 1993 « l’horizon indépassable des relations entre les hommes et les femmes, le fondement de la société toute entière ». Si les mariages entre personnes de sexe différent ont tendance à baisser depuis l’an 2000, ce n’est pas le cas des unions par concubinage ou PACS: celui-ci progresse pour les couples hétérosexuels, plus jeunes que ceux qui se marient : 3 PACS pour 4 mariages en 2011. D’ailleurs dans les statistiques de séparations de couples avec enfants, on comptabilise ensemble les divorces et les ruptures de PACS.

C’est à la faveur de la loi du 17 mai 2013 qui ouvre la mariage aux personnes de même sexe que le nombre de mariage célébrés en France est en légère augmentation : 2400 unions de plus en 2014. En 2013 et en 2014, environ 17500 couples de même sexe se sont mariés, surtout les hommes dont la moyenne d’âge est de 46 ans tandis qu’elle est de 41 ans pour les femmes. En 2015, 8000 unions de couples de même sexe ont été contractées tandis que le nombre de pacsés de même sexe diminue. On ne sait pas encore s’ils se sépareront dans les mêmes proportions que les couples hétérosexuels…

PEUT-ON IMAGINER L’IMPACT QU’AURAIT LE DIVORCE SANS JUGE ?

Je ne m’y risquerai pas mais je constate que plus le PACS se rapproche du mariage, plus il est attrayant pour les couples de sexe différent à qui il n’était a priori pas destiné ! La possibilité de divorcer sans juge rapprochant le mariage du PACS aura peut-être pour effet de le rendre plus attrayant. On verra dans quelques années si le contentieux après divorce par consentement mutuel diminue car actuellement plus de 50% des couples divorcés par consentement mutuel retourne chez le juge dans les deux ans. Si c’est le cas, l’idéal du divorce pacifié aura été atteint en faisant abstraction du juge.

LNDT: @206. Réussir son divorce

Un podcast de Radio France de 50

Comment réussir sa séparation ? Evidemment, il n’est pas question d’angélisme, je sais parfaitement ce qu’est un divorce, je me souviens à quel point ça peut faire mal, à quel point ça peut vite tourner au règlement de comptes. N’empêche, je reste persuadée que ce n’est pas une fatalité.

Mon père s’est marié trois fois. Il a eu quatre enfants de son premier mariage, il m’a eue moi avec sa deuxième épouse, puis il a élevé les deux fils de la troisième. Ma mère, elle, a refait sa vie avec un homme qui avait la garde de ses trois enfants. Gamine, quand on me demandait si j’avais des frères et sœurs, je répondais : « Ça dépend. Vous avez du temps ? » 

Après leur divorce, mes parents se sont cordialement évités pendant vingt ans. Chaque fois qu’ils se retrouvaient dans la même pièce, j’étais en alerte maximale, toutes antennes dehors, prête à servir de bouclier humain en cas de reprise des hostilités. Je n’étais pas seulement leur fille, non, j’étais une émissaire de l’ONU, un casque bleu en mission secrète.  

Et puis, à la naissance de ma fille aînée, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai fait remarquer que ça allait être un peu relou, toutes ces fêtes, tous ces anniversaires à multiplier par deux pour ménager les susceptibilités. Alors ma mère, cette sainte femme, a mis ses rancunes dans sa poche et un mouchoir par dessus. On s’est mis à célébrer Noël tous ensemble. On s’est même retrouvés en vacances. La guerre des Rose était enfin finie et j’ai cessé de protéger mes parents. 

La vie étant ce qu’elle est, moi aussi je me suis séparée du père de mes Ados. Ma fierté, c’est qu’il ne nous a pas fallu vingt ans pour réaliser qu’on peut ne plus s’aimer mais s’aimer bien quand même. On n’a pas réussi en un clin d’œil, j’avoue, on n’est pas des héros de cinéma, mais on a réussi. On s’appelle, on se voit, on fête Noël ensemble. On est redevenus amis. Je sais que certains trouvent ça bizarre. Sauf que pour moi, la famille, c’est exactement ça : on s’adapte, on s’adopte, on s’invente.

Au programme, des spécialistes de la séparation et de ces questionnements :

– Philippe Rebbot, comédien, co-auteur et co-réalisateur avec Romane Bohringer du film « L’Amour Flou »

– Adeline Daste, avocate à Versailles, spécialiste en droit de la famille et autrice du livre « Divorce, séparation de corps et de fait », aux éditions Dalloz. 

– Sabrina de Dinechin, médiatrice familiale auteure de « Rester parents après la séparation », chez  Eyrolles.  

LNDT: @205. Divorces, séparations : les femmes sont-elles systématiquement lésées ?

Un podcast de Radio France de 7

Une proposition de loi Modem sur la justice patrimoniale au sein des familles a été adoptée hier à l’unanimité par l’Assemblée nationale actant la fin de la solidarité fiscale. Mais de nombreux autres mécanismes renforcent les inégalités entre femmes et hommes au cours des séparations…

Avec

  • Emilie Biland-Curinier Professeure des universités en sociologie à Sciences Po Paris

Cette loi prévoit notamment qu’une femme divorcée n’aura plus à rembourser à la place de son ex-époux l’argent qu’il devait alors qu’ils étaient encore unis fiscalement parlant. D’autant plus si, elle n’a rien à voir dans la dette dont il est question. Cette loi n’est qu’un début.

Qui profite de la prestation compensatoire ?

Les femmes sont systématiquement lésées en matière patrimoniale, tout particulièrement après les séparations. Selon Émilie Biland-Curinier, sociologue et politiste, professeure des universités à Sciences Po, la loi Modem n’arrange pas les choses : “l’esprit de la loi Modem est de donner aux personnes les moyens de choisir si elles se marient ou non et comment elles vont se séparer. Néanmoins, il y a des différences importantes selon le statut matrimonial au moment de la séparation. Par exemple, il est impossible d’activer le mécanisme de prestation compensatoire lorsqu’on n’a pas été marié”. La prestation compensatoire est un capital qui peut être versé, usuellement par l’époux, à l’ex-épouse si la rupture d’union occasionne une disparité dans la vie commune. Ce genre de prestations n’est toutefois pas toujours efficace, dans la mesure où l’on observe que les femmes séparées connaissent une situation moins favorable que les hommes séparés.

Des séparations inégales ?

La cause principale de cette perte de niveau de vie est souvent liée à la charge des enfants : “c’est une des causes. Ce sont les mères qui prennent en règle générale les enfants à leur charge. Elles engagent alors des dépenses quotidiennes relatives à cette charge qui sont importantes quand on les accumule”, explique Émilie Biland-Curinier. La sociologue explique que les pensions alimentaires, d’ordinaire versées par les ex-époux, ne sont pas fixées dans un tiers des cas. “Cela s’explique notamment, car la justice considère qu’un certain nombre de pères n’ont pas assez de ressources. Il y a une certaine tolérance des professionnels du droit par rapport à ce versement lorsque les pères sont issus des classes populaires”, conclut-elle.