Un podcast de Radio France de 52′
Camille Froidevaux-Metterie avec « Un corps à soi » (Seuil) et Inès Orchani avec « Gazelle théorie » (Fayard) explorent deux approches du féminisme contemporain.
Dans le prolongement de Seins. En quête d’une libération (Anamosa), Camille Froidevaux-Metterie poursuit son entreprise philosophique avec Un corps à soi (Seuil). Son travail vient corriger une curieuse disparition des études féministes : celle du sujet féminin dans sa dimension incarnée. C’est dans la voie d’une phénoménologie féministe que Camille Froidevaux-Metterie envisage le corps des femmes, un instrument privilégié de la domination masculine, vecteur possible d’un affranchissement et d’une nouvelle émancipation selon elle. Puisque, l’intimité demeure un lieu hautement politique pour la philosophe, dans son nouvel ouvrage, Un corps à soi, elle retrace, à la première personne, les différentes étapes de la vie d’une femme, de la première échographie à la ménopause.
Inès Orchani avec Gazelle théorie (Pauvert) éclaire aussi un pan du féminisme longtemps resté impensé : existe-t-il plusieurs féminismes? C’est-à-dire, l’émancipation des femmes en Occident ou dans le monde arabe comprend-elle les mêmes enjeux? S’inspirant librement de King Kong théorie de Virginie Despentes elle nous propose sa propre lecture, singulière et nourrie d’une double culture: “Certaines ont lu ou entendu parler de Beauvoir et de Despentes; d’autres, de l’autre côté de la Méditerranée, se réfèrent à Khansâ ou à Khadîja. Mais toutes, quelles que soient leurs références culturelles, aspirent à une même dignité” écrit ainsi l’auteure.