Un podcast de Radio France de 28′
Olga a longtemps été obsédée par son corps qu’elle juge monstrueux. Après un long et fastidieux parcours, elle finit par l’accepter et porte sur lui un regard nouveau. Diane, elle, est une femme transgenre. Un jour, elle ose devenir ce qu’elle a toujours été et cesse de se déguiser en garçon.
Diane est une femme trans qui a longtemps vécu dans la contradiction. À l’âge de quatre ans, elle sait que son sexe masculin ne lui convient pas.
En étant enfant, je me suis dit que je voulais recommencer ma vie. Je ne voulais pas ça.
Recommencer, car elle ne peut changer le cours des choses. Le climat familial, entre autres, ne lui permet pas d’exprimer son mal-être. Commence alors une « vie parallèle ».
À l’époque, la dysphorie de genre qu’elle éprouve est encore classée comme maladie mentale par les organisations mondiales. Diane refoule donc. Elle tombe amoureuse d’une femme, en étant homme. Si elle apprécie sa vie, elle sent qu’il manque tout de même quelque chose. Reviennent les mêmes sensations : la dissimulation, le mensonge à soi, l’aveuglement.
J’avais un désir d’enfant, donc j’ai fait semblant. […] Pendant presque trente ans, j’ai forcé.
Vient un moment où les faux-semblants sont trop importants. Tout explose. Diane commence alors un parcours de la parole. C’est en 2013 qu’elle annonce à sa femme la vérité de sa vie, à travers une lettre. Ses enfants avaient bien compris ce secret de polichinelle : « Je ne suis pas surprise », a même dit sa filleule.
C’est passé comme une lettre à la poste.
Diane commence alors à emprunter le chemin de l’acceptation de soi. Un jour, pour aller voir une amie, elle s’affiche dans les transports en commun en étant ce qu’elle est vraiment. L’angoisse est importante, mais la réalité la désamorce rapidement :
Quand on est une personne trans et qu’on « sort » pour la première fois, on se dit : « je peux tomber sur n’importe qui et me faire détruire ».
Lorsqu’elle rejoint son amie, tout se passe bien. « Enfin », se voit-elle dire. C’est ainsi que sa nouvelle vie a commencé, et que l’acceptation est devenue libération.
Il a fallu que j’attende 40 ans pour découvrir ce que c’est qu’un orgasme.