Un podcast de Radio France de 52′
Camille Froidevaux-Metterie avec « Un corps à soi » (Seuil) et Inès Orchani avec « Gazelle théorie » (Fayard) explorent deux approches du féminisme contemporain.
Dans le prolongement de Seins. En quête d’une libération (Anamosa), Camille Froidevaux-Metterie poursuit son entreprise philosophique avec Un corps à soi (Seuil). Son travail vient corriger une curieuse disparition des études féministes : celle du sujet féminin dans sa dimension incarnée. C’est dans la voie d’une phénoménologie féministe que Camille Froidevaux-Metterie envisage le corps des femmes, un instrument privilégié de la domination masculine, vecteur possible d’un affranchissement et d’une nouvelle émancipation selon elle. Puisque, l’intimité demeure un lieu hautement politique pour la philosophe, dans son nouvel ouvrage, Un corps à soi, elle retrace, à la première personne, les différentes étapes de la vie d’une femme, de la première échographie à la ménopause.
Inès Orchani avec Gazelle théorie (Pauvert) éclaire aussi un pan du féminisme longtemps resté impensé : existe-t-il plusieurs féminismes? C’est-à-dire, l’émancipation des femmes en Occident ou dans le monde arabe comprend-elle les mêmes enjeux? S’inspirant librement de King Kong théorie de Virginie Despentes elle nous propose sa propre lecture, singulière et nourrie d’une double culture: “Certaines ont lu ou entendu parler de Beauvoir et de Despentes; d’autres, de l’autre côté de la Méditerranée, se réfèrent à Khansâ ou à Khadîja. Mais toutes, quelles que soient leurs références culturelles, aspirent à une même dignité” écrit ainsi l’auteure.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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