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LNDT: @352. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 7/13 : Plus de relations lesbiennes

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Élodie Font. Un nombre relativement important de femmes déclarent désormais avoir eu des relations sexuelles avec des femmes. Emma a mis dix ans à l’assumer. Annie fait partie des “lesbiennes tardives”. Margo parle d’une sexualité qui lui colle à la peau.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français. Dans ce nouvel épisode, on s’intéresse au lesbianisme des plus et moins jeunes.

Emma avait 17 ans lorsque, en couple avec un garçon, elle développe une amitié très fusionnelle avec une fille de sa classe. “Tous les jours, pendant trois mois, on s’écrit sur une feuille A4 chacune son tour. Je me rends bien compte que ce n’est pas une amitié traditionnelle.” Un jour, elles s’enlacent, puis s’embrassent : “C’est merveilleux. C’est doux, très chaud, ça explose dans ma tête. […] Je ressens comme un déclic dans le bas du corps, qui est en feu. C’est du désir brut.”

“J’étais complètement consciente qu’il y avait des personnes homosexuelles, mais je ne pensais pas que ça m’arriverait à moi”

L’amour est passionnel. En autres parce que les familles des deux femmes ont du mal à accepter cette relation. “Tous ces interdits nous font fusionner. À partir du moment où l’on se voit, on se manque déjà.” Des interdits qui, malgré tout, empêchent d’envisager un amour au long court, car l’environnement y est trop hostile.

Après cette première histoire, Emma comprend qu’elle peut être amoureuse d’autres femmes. Se pose alors la question de la sexualité lesbienne. “Qu’est-ce que je suis censée faire dans un lit avec une femme ? Personne ne me l’a dit, personne ne m’en a jamais parlé. Je n’ai jamais rien vu à la télévision. Tout est à inventer. […] Du fait d’une absence de repère, cette sexualité n’en était pas une. »

Anne, 55 ans, s’est aussi posée ces questions lorsqu’elle couche pour la première fois avec une femme, après s’être séparée de son mari. Elle s’était installée très jeune chez celui qui deviendra le père de son enfant. Mais grâce à la psychanalyse, elle se rend compte de son homosexualité : “C’est comme une vague qui te submerge de l’intérieur, sans pouvoir la contenir. Je ne m’imaginais qu’avec une femme, et je ne pouvais plus vivre comme ça.”

Après la séparation d’avec son mari, Anne s’inscrit sur un site de rencontres. Une femme avec qui elle discute lui conseille de cacher le fait qu’elle n’a jamais couché avec des femmes.

“En tant que “lesbiennes tardives” on se pose la question de notre légitimité, est-ce qu’on est des “vraies” lesbiennes ?”

Chaque fois que Margo ressent quelque chose pour une nouvelle femme, c’est toujours très épidermique. Un désir si fort qu’il a provoqué la rupture avec Marine, lorsque Margo a rencontré Caroline. “Ça m’a paumé parce que je me suis laissée embarquer par un désir corporel pour Caroline, alors que j’aimais encore Marine.”

“Les premières fois où j’ai ressenti des choses fortes pour des femmes, ça m’a dépassée tellement c’était puissant”

Margo décrit sa sexualité non verbale, le charme du laisser-aller au corps de l’autre de manière spontanée et instinctive. Et évoque sa difficulté à supporter les personnes qui préfèrent être dans le contrôle total. “Je suis vachement liée aux odeurs. C’est un sens vachement important pour moi dans la sexualité et la sensualité.”

Merci à Emma, Margo et Anne. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Elodie Font
  • Réalisation : Somaya Dabbech

Musique de fin : “Lunch”, Billie Eilish – Album : Hit Me Hard and Soft (2024)

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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