Une création de Charlotte Bienaimé
| Un podcast à soi (47′) – ARTE Radio Podcast
« J’ai compris que céder n’était pas consentir »
Cet épisode d’« Un podcast à soi » est un bonus. Une histoire à une voix, « Une vie à soi ». Il y en aura quelques autres, de temps en temps. Il s’agira de récits de vies, portés par des voix venues de tous les horizons. Comme autant de relectures féministes de nos vies. Des chroniques ordinaires du patriarcat, et de comment on essaie de le surmonter. Car ces histoires feront surtout entendre des pistes d’émancipation, et des résistances qui se nichent dans les détails du quotidien.
Ce mois-ci, « Les désirs de Sofia » donne la parole à une jeune femme maghrébine, peintre en bâtiment, qui nous livre une autobiographie de sa vie sexuelle sous le patriarcat. À ses côtés, je m’interroge : Comment affirmer nos désirs ? Nos envies de peau et de jouissance ? Comment réussir à se trouver soi, dans une société qui nous demande de nous oublier, de penser à l’autre, aux hommes, avant de penser à soi, et aux femmes ? Comment, donc, cheminer dans les méandres de nos fantasmes. Nous débarrasser de tout ce dans quoi nous avons été baignées, depuis toutes petites. Faut-il lâcher les mécanismes, les injonctions, ou nous les réapproprier ? Comment jouir si on ne connaît pas notre corps, et qu’on ne nous parle jamais de rien ? les violences policières, en évoquant les mouvements de mères pour la justice climatique, en donnant la parole à celles qui décident de se consacrer à leurs enfants, un temps, ou aux mères célibataires qui tentent de tout concilier, avec difficulté, Charlotte Bienaimé donne à entendre la puissance incarnée par des maternités plurielles et dés-uniformisées. Elle s’interroge donc dans cet épisode sur de nouvelles formes de parentalité.
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Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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