LNDT: @557. Vie sexuelle des jeunes : « Les formes d’entrée dans la sexualité se modifient au fil du temps », analyse la sociologue Nathalie Bajos

Un podcsat de Radio France (3′)

Nathalie Bajos, sociologue et directrice de recherche à l’Inserm, était l’invitée du 11h/13h de franceinfo, jeudi 14 novembre. Elle est revenue sur l’étude publiée la veille par son institut au sujet de la sexualité des Français, et notamment des jeunes.

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié mercredi 13 novembre une vaste enquête sur la sexualité des Français. « L’âge d’entrée dans la sexualité (…) a, pour la première fois depuis plusieurs décennies, commencé à augmenter à partir du milieu des années 2000 », expose Nathalie Bajos, sociologue et directrice de recherche à l’Inserm, jeudi sur franceinfo. Selon l’enquête de l’Inserm, il est aujourd’hui de 18,2 ans pour les femmes et de 17,7 ans pour les hommes.

LNDT: @556. L’hétérosexualité en recul chez les jeunes femmes : « Cela enrichit la façon d’aimer », témoigne Pauline

Un podcsat de Radio FRance (3′)

Près d’une jeune femme sur cinq de 18 à 29 ans ne se dit pas hétérosexuelle, selon l’INED. Un chiffre en forte hausse, signe d’une parole libérée et d’un rapport au désir en pleine mutation.

L’hétérosexualité n’est plus la norme constate Shana dans son entourage. Que 19%  des femmes ne se disent pas hétérosexuelles, cette étudiante parisienne trouve cela peu. « Au départ, on commence tous hétéro parce qu’on ne connaît pas la vie, etc”, observe Shana qui est bisexuelle. “Ça arrive de tomber amoureux et même si c’est pas un homme, dans mon cas, peu importe parce que c’est de l’amour, ça ne change pas la chose”, confie-t-elle.

Une parole plus libre, portée par les réseaux sociaux

Elle l’affirme, la parole s’est libérée ces dernières années, et c’est ce qui explique cette hausse du nombre de jeunes femmes qui revendiquent une autre identité sexuelle que l’hétérosexualité. “Il n’y avait pas de mots, on n’avait pas le droit d’en parler, on n’avait même pas le droit d’y penser. Maintenant, avec les prides, les réseaux sociaux, ça se développe vraiment de plus en plus. Et du coup, peut-être que les sondages sont plus hauts, parce qu’on ose plus prouver notre sexualité”, avance-t-elle. Mais cela reste encore parfois compliqué de l’annoncer à son entourage, à sa famille. Shana, elle, l’a dit à ses parents pendant le confinement. “Ça s’était très mal passé avec ma mère. On s’est beaucoup disputé sur ça. C’était beaucoup de pleurs, etc. Mon père n’en avait strictement rien à faire. Tant que j’étais heureuse, ça lui allait”, raconte-t-elle.

LNDT: @555. Est ce que les hommes hétérosexuels vont bien ?

Un article du Courrier International (3′)

Du fait de l’influence des applications de rencontre et des discours masculinisto-misogynes, et des pressions financières et sociales qu’ils semblent subir, de plus en plus d’hommes hétérosexuels ont du mal à envisager des relations amoureuses avec des femmes..

Et les hommes hétérosexuels dans tout ça, comment vont-ils ? Comme souvent, la réponse est un peu dans la question : mal. Enfin, disons qu’ils ont connu mieux. “Les problèmes des hommes empirent”, s’inquiète le chroniqueur Shadi Hamid dans les colonnes de The Washington Post“Ils sont en retard sur les femmes en matière d’éducation, d’emploi, d’indépendance, de relations sociales”, rappelle le site américain Vox.

Les chiffrent parlent d’eux-mêmes. “Un homme sur quatre pense que personne ne tombera jamais amoureux de lui”, expose tristement The Times, citant une étude menée auprès de 2 000 Britanniques (hommes et femmes) âgés de 18 à 45 ans. “Une relation sérieuse représente ‘un engagement financier trop grand’, pour 41 % des hommes – bien plus que pour les femmes, poursuit le quotidien britannique. Il n’est donc pas surprenant que 15 % des hommes déclarent avoir eu une interaction avec une compagne virtuelle ou générée par IA.”

HST.16: Un site complet pour répondre à toutes vos questions sur la sexualité

« Vous avez des interrogations par rapport à votre sexualité, à la contraception, à l’IVG, au dépistage ? »

un article de étudiant.gouv.fr

Sommaire

Vous vous interrogez sur votre sexualité ?

Le site On s’exprime

Comme il n’est pas toujours facile d’en parler, On s’exprime est là pour répondre aux questions que vous pouvez vous poser. Des infections sexuellement transmissibles (IST), jusqu’au plaisir et aux sentiments, On s’exprime fait le tour de la question, vidéos, dicos, et quiz à l’appui. Et pour aller plus loin, vous y trouverez également des adresses d’autres sites et des numéros de téléphone.

Le site questionsexualite.fr

Édité par Santé publique France, questionsexualite.fr explore en détail toutes les questions liées à la sexualité : orientation sexuelle, consentement, contraception, infections sexuellement transmissibles… Une partie du site est par ailleurs dédiée aux discriminations liées à la sexualité ainsi qu’aux violences sexistes et sexuelles.

Le site Sexualités info santé

Site d’information sur la santé sexuelle, les sexualités, la prévention et la contraception, Sexualites-info-sante.fr a pour objectif de soutenir, d’orienter les personnes vers les services adaptés à leurs besoins. Le site offre un numéro gratuit (0800 840 800) où une équipe formée aux spécificités de la santé sexuelle propose une écoute adaptée et bienveillante qui prend en compte votre vécu, votre vie sociale et relationnelle, votre santé et votre bien-être. Le site Sexualités info santé dispose également d’un « LiveChat » et d’un mail pour poser ses questions. Il répertorie et localise sur une carte les dispositifs de proximité : associations, professionnels de santé, réseaux, services administratifs, soins, etc. 

Quelle contraception pour vous ?

Votre contraception est personnelle et doit s’adapter à vos besoins. Il est important de vous renseigner sur chacune d’entre elle (avantages, inconvénients, effets secondaires, fonctionnement…).

Il existe différents moyens de contraception : préservatif externe ou interne, pilule contraceptive, stérilet (DIU) cuivre ou hormonal, implant contraceptif, patch contraceptif, diaphragme contraceptif, progestatif injectable…

Quels sont les avantages et contraintes des différents moyens de contraception ? Que faire en cas d’oubli de pilule, de préservatif ou de rupture de préservatif ? Que faire en cas de grossesse ? Voici le genre de sujets abordés par 2 sites indépendants de l’industrie pharmaceutique

LNDT: @417. Une vie à soi : Les désirs de Sofia

Une création de Charlotte Bienaimé

| Un podcast à soi (47′) – ARTE Radio Podcast

« J’ai compris que céder n’était pas consentir »

Cet épisode d’« Un podcast à soi » est un bonus. Une histoire à une voix, « Une vie à soi ». Il y en aura quelques autres, de temps en temps. Il s’agira de récits de vies, portés par des voix venues de tous les horizons. Comme autant de relectures féministes de nos vies. Des chroniques ordinaires du patriarcat, et de comment on essaie de le surmonter. Car ces histoires feront surtout entendre des pistes d’émancipation, et des résistances qui se nichent dans les détails du quotidien.

Ce mois-ci, « Les désirs de Sofia » donne la parole à une jeune femme maghrébine, peintre en bâtiment, qui nous livre une autobiographie de sa vie sexuelle sous le patriarcat. À ses côtés, je m’interroge : Comment affirmer nos désirs ? Nos envies de peau et de jouissance ? Comment réussir à se trouver soi, dans une société qui nous demande de nous oublier, de penser à l’autre, aux hommes, avant de penser à soi, et aux femmes ? Comment, donc, cheminer dans les méandres de nos fantasmes. Nous débarrasser de tout ce dans quoi nous avons été baignées, depuis toutes petites. Faut-il lâcher les mécanismes, les injonctions, ou nous les réapproprier ? Comment jouir si on ne connaît pas notre corps, et qu’on ne nous parle jamais de rien ? les violences policières, en évoquant les mouvements de mères pour la justice climatique, en donnant la parole à celles qui décident de se consacrer à leurs enfants, un temps, ou aux mères célibataires qui tentent de tout concilier, avec difficulté, Charlotte Bienaimé donne à entendre la puissance incarnée par des maternités plurielles et dés-uniformisées. Elle s’interroge donc dans cet épisode sur de nouvelles formes de parentalité.

LNDT: @409. Quelles sont les nouvelles règles du jeu sexuel ?

Une création deLaura Raim, avec Irène Théry, sociologue.

| Un podcast à soi (27′) – ARTE Radio Podcast

Depuis le mouvement Me Too, une question que je me pose souvent c’est : qu’est ce qui a vraiment changé ? Cinq ans après la déflagration de 2017, au-delà de la prise de conscience, a-t-on assisté à une véritable révolution ? Les comportements des hommes et des femmes sont-ils réellement différents ? Ou bien les règles du jeu sont-elles fondamentalement restées les mêmes ? 

Irène Théry est sociologue du droit, de la parenté et du genre. Dans son dernier livre “Moi aussi la nouvelle civilité sexuelle”, elle nous aide à y voir plus clair en inscrivant le moment MeToo dans le temps long. Et c’est ça qui me plait dans son essai : elle aborde les questions des mœurs sexuelles, des normes sociales, du consentement et du couple pas seulement avec les outils du féminisme mais aussi avec ceux de la socio-anthropologie et de l’histoire. Et cette approche offre un éclairage extrêmement original sur le sens des bouleversements en cours. Comment ont bougé les frontières de la sexualité permise et de la sexualité interdite ? Comment la notion de consentement a-t-elle évolué dans le temps ? Quelles sont les nouvelles règles du jeu sexuel ? 

LNDT: @387. Nos désirs font désordre

| Un podcast à soi (40) – ARTE Radio Podcast

D’où viennent nos désirs ? Comment sont-ils construits ? Comment évoluent-ils ? Quelles possibilités s’offrent à nous pour les découvrir, et les vivre ?

À travers les récits de femmes devenues lesbiennes après de longs parcours hétérosexuels, cet épisode s’interroge sur ce que l’autrice féministe Adrienne Rich appelle « la contrainte à l’hétérosexualité ». Comment cette orientation sexuelle perçue comme naturelle est-elle en réalité socialement construite et imposée ? Comment participe-t-elle à rejouer les normes de genre, et par là même l’appropriation du corps et du travail des femmes par les hommes ? Que vivent ces femmes qui sortent de l’hétérosexualité ? Comment réinventer l’hétérosexualité pour qu’elle ne soit plus un outil du patriarcat ? Avec :

  • Hélène, institutrice
  • Sophie, artiste
  • Christelle Hamel, sociologue
  • Isabelle Clair, sociologue, autrice du livre : « Les choses sérieuses, enquêtes sur les amours adolescentes » à paraître en mars 2023/Seuil
  • Ilana Eloit, sociologue

LNDT: @358. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 13/13 : À l’Ehpad : le sexe comme jamais

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Pauline Chanu. Le nombre de femmes et d’hommes qui ont une activité sexuelle après 80 ans est étonnamment important. À l’Ehpad, une veuve de 80 ans avec son amant de 58 ans, un couple de 93 et 97 ans et de nouveaux amants à l’aube de leurs 80 ans racontent vivre une sexualité épanouie.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Paulette n’a jamais connu le plaisir pendant ses soixante années de mariage. C’est à 93 ans qu’elle découvre pour la première fois la sensualité et l’amour, avec un militaire à la retraite, Monsieur Sammani, qu’elle rencontre en maison de retraite. Mais c’est comme s’ils avaient toujours vécu ensemble.

Elle était mariée, Paulette, avec un homme qui n’était pas amoureux « du tout, du tout » et dont elle n’était pas amoureuse non plus. Ils s’embrassaient et couchaient ensemble sans plaisir. Alors qu’avec M. Sammani, ils sont « tellement heureux« . Et puis sexuellement, ça « marche  » encore. « On s’embrasse, on se parle gentiment, on se dit des mots d’amour et tout, mieux que quand on était jeunes. […] On en revient pas de le faire aussi souvent encore maintenant, mais en fin on a que ça a faire !  » Paulette.

« On a envie de faire quoi que ce soit à n’importe quelle heure, n’importe quel jour, on le fait et puis c’est tout. »

Les lits sont un peu trop petits pour y dormir à deux, et Paulette a toujours peur que son amoureux tombe la nuit. Puis elle n’est pas jalouse Paulette, elle n’aurait pas de problème à ce qu’il aille « voir ailleurs ». Mais elle avertit tous les hommes qui pourraient essayer avec elle : « Ça fait plaisir, mais je leur dis tout de suite que c’est pas la peine d’insister, c’est zéro, zéro. » Paulette. Et peu importe leur avis.

Lorsque Morgane et Guy se sont rencontrés, chez des amis communs, ce fût le coup de foudre. « On s’est quasiment jetés l’un sur l’autre. On est allés très rapidement à l’hôtel. Ça a été très fougueux. » Guy.

À cette époque, Morgane est mariée. Alors Guy, de vingt-cinq ans son cadet, la retrouve discrètement à l’hôtel. Lorsque Morgane rejoint l’Ehpad des champs Manceaux à Rennes, car elle souffre d’une grave scoliose la clouant dans un fauteuil roulant, les choses se compliquent. « On a mis beaucoup de temps avant de passer à l’acte. Morgane m’a fait comprendre qu’elle avait envie que ça se fasse. » Guy.

LNDT: @357. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 12/13 : Sexe et alcool : quand on boit pour faire du sexe

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Pauline Verduzier. Louis boit pour faire taire son anxiété de performance. Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il passe à côté de son désir. La sexualité de Charlotte semble indissociable de sa consommation d’alcool. Jusqu’à ce qu’elle rencontre une femme qui l’aide à sortir de son addiction.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Charlotte se souvient que la première fois qu’elle a bu de l’alcool, c’était à Noël, l’année de ses 13 ans. C’est au cours de ses études qu’elle commence à boire régulièrement et en grande quantité, pour s’intégrer. Et c’est aussi à ce moment-là qu’elle couche pour la première fois avec un autre étudiant, à l’issue d’une soirée festive. Elle restera avec lui trois années, une relation qui reste pour elle très associée à l’alcool et à la fête. “Je voulais sortir avec quelqu’un qui soit épicurien, qui aime la fête autant que moi, parce que c’est mon ADN, confie Charlotte. En trois ans et demi de relation, je peux compter sur les doigts d’une main les fois où on a eu une relation sexuelle sobre”.

“L’alcool crée le désir, en tout cas chez moi. Ça rend l’instant excitant”

Charlotte s’effondre lors de la rupture avec son copain. Elle boit. Mais surtout, elle a l’intuition soudaine qu’elle pourrait aimer les femmes. Une “petite voix” qu’elle n’écoute pas et qu’elle préfère oublier en buvant pour “rentrer dans le moule hétéro”. Les relations sexuelles avec des hommes sont de moins en moins supportables, alors Charlotte boit de plus en plus.

Puis un jour, après plusieurs bouteilles de rouge, elle couche pour la première fois avec une fille. Une expérience qui ouvre le champ des possibles. Charlotte installe une application de rencontres pour personnes queers par le biais de laquelle elle rencontre une femme, qui deviendra sa compagne. Sa consommation d’alcool diminue, mais perdure. “Je n’ai plus besoin de m’anesthésier, j’ai enfin le sentiment d’être à ma place. Mais le hic, c’est que la machine est déjà lancée.

La nouvelle compagne de Charlotte comprend très vite que quelque chose ne tourne pas rond. Elle la prévient que si elle continue au rythme de douze litres de bière par jour, elle la quittera avant de la voir mourir. C’est à ce moment-là que le diagnostic d’alcoolisme est posé. Alors, Charlotte passe par une période de sevrage très douloureuse.

“La première fois sobre avec ma meuf, j’étais aussi effrayée que la toute première fois”

Charlotte questionne son rapport à la sexualité, ce qu’elle aime ou non, qui a été construit en partie par l’alcool. “C’est très chouette de se rappeler parfaitement le lendemain de ce qui s’est passé.” Cela fait trois ans maintenant que Charlotte ne boit plus : “J’ai retrouvé possession de moi, je sais qui je suis, j’ai retrouvé mon corps, ma sexualité, et un désir qui n’est pas dicté par l’alcool.

Louis a commencé à boire un peu, au collège, pour lutter contre l’anxiété et se désinhiber, notamment vis-à-vis des filles. Mais alcool et sexe n’avaient aucun lien dans la vie de Louis jusqu’à sa rupture avec la première fille dont il était très amoureux. Là, il commence à boire régulièrement avant de coucher avec des filles. “J’avais une crainte obsessionnelle de ne pas arriver à tenir longtemps, et qui m’obsédait tellement que j’en suis venue à me renseigner pour savoir comment éviter une éjaculation rapide. […] Et c’est cette peur de la performance qui a entraîné une consommation excessive d’alcool quand je rencontrais des gens.

“L’alcool permettait de faire taire cette anxiété de la performance”

C’est par l’épanouissement professionnel et la rencontre de son deuxième grand amour qu’ont disparu chez Louis le besoin d’alcool et la peur du manque de performance. Mais il n’y avait plus de plaisir mutuel.

Merci à Charlotte Peyronnet et à Louis. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Pauline Verduzier
  • Réalisation : Eric Lancien

Musique de fin : “my strange addiction”, Billie Eilish – Album : WHEN WE ALL FALL ASLEEP, WHERE DO WE GO? (2019)

Pour aller plus loin

  • Contextes des sexualités en France, une enquête sous la direction d’Armelle Andro, Nathalie Bajos et Caroline Moreau menée pour l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, par l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et Santé publique France.
  • L’essai de Charlotte Peyronnet, « Et toi, pourquoi tu bois ? » a été publié en janvier 2024 aux éditions Denoël.

En partenariat avec Libération

LNDT: @356. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 11/13 : Des genres plus fluides

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Élodie Font. Tandis que de plus en plus de personnes déclarent avoir pensé à changer de genre, Charlie, Yoann et Myrtille racontent comment iels en sont venus à s’identifier comme non binaire ou comme personne queer. Quels chemins iels ont pris pour oser s’affranchir de son genre de naissance.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

“Il faut que je montre qui je suis et que je sois fier.ère, parce que sinon je vais m’auto-détruire”

Charlie a 26 ans, iel est non-binaire et a grandi dans une petite ville de Seine-et-Marne. Son éducation sentimentale et sexuelle commence à l’adolescence, mais rapidement, Charlie comprend que le schéma hétéronormé, qu’iel découvre avec une certaine violence, ne lui correspond pas.

C’est à l’université que ses rencontres lui permettent de davantage se connaître et de s’interroger sur son identité de genre : “La première personne non-binaire que j’ai rencontré, j’en avais super peur. Je pense que quelque part, j’avais très peur des questions que ça me posait […] Mais c’est en me rapprochant de cette personne-là que j’ai pris conscience de qui j’étais. […] C’est devenu un peu plus concret dans ma tête. J’ai pu dire à mes amis proches : “Ok, si vous pouvez m’appeler Charlie maintenant, ce serait super cool.”

L’espace de liberté accordé par le monde adulte lui permet aussi de commencer à élargir son rapport à la sexualité et aux autres : “La première vraie relation que j’ai eue avec une fille, c’était à 21 ans. J’avais mis sur l’application non-binaire. On a emménagé ensemble après le premier confinement et six mois après, je ne me posais pas les 3000 questions que je me pose d’habitude. Ça s’était fait assez naturellement. Mais la sexualité n’est pas centrale dans la relation. On avait du mal à en parler au début. Et en fait, après, elle m’a dit oui. Je n’ai pas beaucoup d’expérience et je suis très impressionné.e. J’ai peur de mal faire et lui apprendre à construire ensemble”.

“Ça faisait dix ans que j’avais un masque sur le visage”

Yoann a 28 ans et se définit comme étant une personne queer. C’est lors d’un voyage à Londres lorsqu’iel était étudiant.e que la question du genre se pose pour la première fois. Un vertige lié à la solitude pousse Yoann à s’interroger sur sa sexualité, mais aussi sur la performance de genre que la société lui impose. Après des voyages et un travail thérapeutique, iel comprend que son sentiment de malaise prend racine dans son enfance et que le harcèlement dont il a été victime au collège refait surface.

J’étais victime de harcèlement scolaire, il y avait quelque chose qui dérangeait profondément mes camarades de classe. J’étais quelqu’un qui était perçu comme un garçon, mais qui était efféminé, explique Yoann. C’était la honte suprême d’être une pédale. J’ai vraiment mis en place une stratégie très claire : il était hors de question que j’y pense. Au bout d’un moment, je l’ai complètement oublié. Je n’en avais jamais parlé à qui que ce soit : ni à mes parents, à mes sœurs, à des amis.

C’est cet effacement traumatique qui déclenche chez Yoann une forte dysphorie. Identifier ce mal-être, en parler à ses proches et se genrer au masculin comme au féminin, lui permet de mieux vivre : “Maintenant, je considère que mon genre est une balance entre le masculin et le féminin. Je pars d’une balance avec beaucoup de masculin, du fait de mon assignation de naissance, et j’équilibre avec des attributs qui sont considérés comme féminins pour trouver un équilibre sur la balance du genre qui me correspond.

« Petit à petit, j’ai trouvé et exploré des choses qui sexuellement étaient satisfaisantes »

Myrtille a 32 ans, iel se définit comme non-binaire et lesbienne. Le sentiment de décalage avec le genre assigné à la naissance, iel le ressent dès l’enfance : « Avec ma petite robe et les collants blancs, j’ai l’impression d’être un peu un clown.« 

Au moment de l’entrée dans l’adolescence, le sentiment se confirme : « En grandissant, ce qu’on me proposait comme option, d’être une femme donc, n’allait pas du tout. Je commençais à avoir quinze ans : il y avait quelque chose qui se développait au niveau de la poitrine et je voyais un peu toutes mes amies qui avaient ce changement et qui étaient ravies de ce changement. Et il y avait une espèce d’excitation. Moi, au contraire, ça me laissait assez froid.” Myrtille. C’est en soirée queer qu’iel sociabilise et se fait des ami.e.s : « Il y a cette communauté qui se crée de soirée en soirée et je rencontre des filles avec qui on s’embrasse. On passe un très bon moment pendant la soirée, mais je n’ai pas envie de plus avec elles. Je n’ai pas envie de faire des choses sexuelles, ça ne me vient pas à l’esprit. »

C’est plus tard que Myrtille comprend que son désir est lié à sa connaissance de l’autre, mais aussi que son genre est plus complexe que ce que la société pense : « C’est vrai que je me sens ni homme ni femme. Si on me demande quel est mon genre, il y a un vide. Le langage crée deux cases et mon existence ne s’y trouve pas. »

À écouter : La fluidité du genre en littérature. Mademoiselle de Maupin ou la nostalgie de l’ambigu

Les Quadrithèmes de Charles DantzigÉcouter plus tard

2 min

Merci à Charlie, Yoann, Myrtille et Fanny. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Élodie Font
  • Réalisation : Eric Lancien

Musique de fin : « It must change », ANOHNI feat. Antony & The Johnsons

Pour aller plus loin

  • Contextes des sexualités en France, une enquête sous la direction d’Armelle Andro, Nathalie Bajos et Caroline Moreau menée pour l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, par l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et Santé publique France.
  • L’ouvrage À nos désirs d’Élodie Font est publié aux éditions de la Déferlante.

En partenariat avec Libération