Une création deDelphine Saltel
| Un podcast à soi (41′) – ARTE Radio Podcast
L’éducation positive passée au crible, « Les enfants ça ne peut pas grandir sans nourriture affective »
Avant, quand ça chauffait à la maison, les parents nous envoyaient parfois réfléchir dans notre chambre. On claquait la porte bien fort et eux, dans leur sagesse ancestrale, levaient les yeux au ciel en disant : « De toute façon, quoi qu’on fasse, ça sera raté… » Aujourd’hui on vise plus haut. On veut faire mieux qu’être juste le parent “suffisamment bon” loué par le pédiatre américain Donald Winnicot dans les années 60. Quand on fait des enfants, c’est qu’on l’a désiré : comme un projet personnel, une promesse de bonheur et de réussite. C’est normal, c’est l’idéal qui flotte dans l’air du temps. Celui que véhiculent notamment les manuels d’éducation positive au rayon « développement personnel » de la FNAC : une relation fondée sur le respect des besoins et des émotions de l’enfant , la bienveillance, la démocratie familiale. Alors on fait tout pour être les parents qu’on aurait rêvé d’avoir : zen, souriant, à l’écoute, 100% formidables. On achète plein de livres, on consulte “mamanbienveillante.com” , on essaye plein d’astuces et de méthodes. Et évidemment… ça ne marche pas, ou pas toujours, loin de là. Pourquoi ?
Dans cet épisode, le second consacré aux mirages de la parentalité, on passe l’éducation positive à la loupe : pourquoi on aspire tous plus ou moins à cet idéal alors qu’il est si difficile à mettre en pratique, en vrai, dans la vie de tous les jours? Est-ce que c’est juste une mode, une arnaque marketing ? Qui sont les experts qui nous abreuvent de discours scientifiques sur le cerveau des bébés et la manière dont on doit leur parler ? Est-ce qu’il faut faire des stages, lire des livres, se « mettre en respiration ventrale » pour devenir ce parent parfait qui ne crie jamais ? Est-ce un horizon ou un mirage destiné à nous culpabiliser sans fin, et à pourrir tous les moments imparfaits qu’on passe avec nos enfants ?
Avec :
– Isabelle Roskam, psychologue clinicienne
– Béatrice Kammerer, journaliste spécialiste d’éducation
– Claude Martin, sociologue
– Clara H. et Emilie S.
Merci à Mathilde Bernos et Karine Le Loët
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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