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LNDT: @459. Épisode 1/5 : Célébrer l’être aimé

Un Podcast de Radio France (13′)

Younès Boucif partage le souvenir d’une déclaration flamboyante de son amour sur scène, la fameuse tirade amoureuse de Cyrano de Bergerac, et décrypte pourquoi elle est imparable. Car même les héros littéraires peuvent se retrouver démunis lorsqu’il s’agit d’exprimer leurs sentiments.

Avec

  • Younès Boucif, acteur et rappeur

Envisager de donner les clefs de son cœur à quelqu’un, c’est à double tranchant, car c’est donner l’opportunité à une personne de nous combler de bonheur, mais aussi celle de briser notre petit cœur, du moins pour un temps. L’acteur Younès Boucif a interprété des rôles de stand-uppeur amouraché dans la série Drôle (Netflix), ou d’un amoureux réservé dans la série Amours solitaires (FranceTV et Arte). Et il a évoqué ses relations au détour d’une poignée de punchlines de rap. Pour lui, déclarer sa flamme, c’est donner la possibilité à l’autre de tout nous offrir et/ou de tout nous reprendre.

La déclaration amoureuse : mode d’emploi

Déclarer sa flamme, c’est avoir la force de s’asseoir et de dévoiler nos sentiments à l’être aimé. Oui, s’asseoir est important pour ne pas tomber de trop haut en cas de rejet, explique Younès Boucif. Amoureuses ou non, célèbres ou pas, intéressons-nous à ces prises de position, décortiquons-les, analysons-les, voyons ensemble ce qu’elles ont de courageux, de fous, de beaux !

En conseil numéro 1, l’acteur explique qu’il faut parler avec le cœur, l’authenticité avant tout : « C’est la base, c’est la première arme, c’est la plus simple et c’est la plus dure aussi à utiliser ». En conseil numéro 2 : oser se dévoiler, en dépassant sa pudeur et sa timidité. Puis, en conseil numéro 3, il s’agit de s’écouter et de se comprendre. En conseil numéro 4, il explique qu’il s’agit de trouver les mots, mais pas n’importe lesquels, les mots justes, il faut donc les chercher. Et enfin, en conseil numéro 5, il s’agit d’être sensible, sensible à la vie, aux sentiments et à l’amour qu’on porte. Il s’agit de comprendre qu’en réalité, c’est l’amour qui nous porte. Il faut simplement comprendre comment, pourquoi, de le formuler et de le dire. Il s’agit de s’écouter. Il s’agit d’exprimer, peu importe en quels termes, peu importe en quelle langue, peu importe l’argot, peu importe les fautes grammaticales ou les maladresses, il s’agit de dire avec ces mots ce que cela nous fait d’aimer l’autre.

L’audace d’avouer ses sentiments

Même dans la littérature française, on trouve des personnages qui peinent à exprimer leurs sentiments, comme Christian dans Cyrano. Si sa timidité ou bien son vocabulaire limité le freinent peut-être, notre expert souligne qu’il aurait pu persévérer plutôt que d’abandonner à la première tentative. Car oui, la déclaration d’amour demande parfois de la persévérance. L’acteur propose une approche directe : il faut se confronter à ses émotions en se posant les vraies questions, même les plus brutes : « T’as quoi dans le bide quand tu la croises ? Des papillons ? Des remous ? Des tremblements ?« . L’objectif est d’identifier clairement ses ressentis pour mieux les exprimer. Avec une sincérité désarmante qui nous aide à nous sentir moins seuls, l’acteur s’identifie même à Cyrano, admettant que lui aussi, manque parfois de courage pour aller jusqu’au bout de ses déclarations d’amour.

Younès révèle la façon dont il s’est retrouvé dans la peau d’un Cyrano moderne. Un jour, sur scène, apercevant celle qui faisait battre son cœur dans la salle, il change spontanément ses plans. Au lieu de rester dans l’ombre comme le personnage de théâtre face à sa Roxane sur son balcon, il choisit de s’adresser directement à sa bien-aimée. Et c’est là que la magie opère : tel un poète inspiré, il laisse parler son cœur sans retenue, déversant le flot de ses émotions comme Cyrano l’aurait fait et même avec ses mots, dévoilant tout ce qu’elle éveille en lui.

Vivons d’amour et d’eau fraîche !

« Alors voilà ce qu’est l’amour. Exprimons-nous, comme Cyrano ou comme dans Green Book, ayons le courage de nos mots, brodons, ne nous contentons pas de dire, je t’aime, quitte à dire, je t’aime, quitte à commettre cette folie, quitte à braver l’irréparable, quitte à se compromettre, enfin ou de nouveau, autant y aller gaiement, autant y mettre du cœur, faisons-en des tartines, mettons des mots sur nos sentiments, exprimons-nous« , exprime Younès Boucif. Peu importe les mots qu’on emprunte ou le temps que l’on prend, l’essentiel est d’oser faire le premier pas.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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