desperate screaming young boy

LNDT: @602. Comment mieux dépister le TDAH ?

Un podcast de Radio France (26′)

Désorganisation, impulsivité, troubles de l’attention : même après un diagnostic, le TDAH continue de peser sur le travail, les relations et l’estime de soi des adultes qui en souffrent. Alors, peut-on vraiment s’épanouir avec ce trouble du neurodéveloppement ?

Longtemps associé à l’enfance, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est aujourd’hui de mieux en mieux identifié chez les adultes. Désorganisation, procrastination, agitation mentale, difficultés relationnelles ou professionnelles : les manifestations peuvent lourdement peser sur le quotidien. Invités de l’émission, le pédopsychiatre Gabriel Wahl, la psychologue Caroline Chiron et l’illustrateur Olivier Laude rappellent que ce trouble du neurodéveloppement ne se résume ni à un manque de volonté ni à une simple distraction. Tous trois insistent aussi sur un point : malgré les difficultés, il est possible d’apprendre à vivre avec un TDAH et d’améliorer nettement sa qualité de vie.

Comment se manifeste le TDAH à l’âge adulte ?

Le TDAH repose sur trois grands symptômes : l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. « La définition consensuelle internationale, c’est trois dimensions : l’inattention, l’agitation, l’impulsivité », rappelle le Dr Gabriel Wahl. Chez l’adulte, l’hyperactivité physique visible dans l’enfance tend toutefois à s’atténuer, même si demeure souvent une agitation intérieure permanente. « Il peut y avoir une hyperactivité mentale avec un flot de pensées qui ne s’arrête jamais », explique Caroline Chiron.

Les adultes concernés souffrent fréquemment d’oublis, de difficultés d’organisation, de procrastination chronique, d’étourderies ou encore d’une incapacité à se détendre. Certains coupent régulièrement la parole ou peinent à attendre leur tour, signe d’une impulsivité persistante. Olivier Laude, diagnostiqué tardivement, décrit quant à lui « une peur du vide » et un besoin constant de stimulation. « Quand on a un TDAH, on vit tout plus intensément », résume-t-il. Si tout le monde peut être distrait ou anxieux ponctuellement, les spécialistes rappellent que le trouble se caractérise surtout par son intensité et son retentissement sur la vie quotidienne, professionnelle, sociale et affective.

L’importance du diagnostic, des solutions pour mieux vivre avec son TDAH

Les intervenants soulignent l’intérêt d’un diagnostic, même tardif. Beaucoup d’adultes passent des années à se croire paresseux, désorganisés ou anxieux sans comprendre l’origine de leurs difficultés. « On ne soigne parfois que les conséquences du TDAH, comme l’anxiété ou la dépression, sans traiter la cause », regrette Gabriel Wahl. Pour certains patients, le diagnostic agit comme une véritable libération. Après son diagnostic, Olivier Laude explique avoir enfin compris « le fil » de sa vie et les raisons de sa procrastination ou de ses difficultés d’organisation. François Audoin raconte lui aussi avoir pris conscience de son TDAH après un épisode d’épuisement professionnel, provoqué par l’accumulation des contraintes personnelles et professionnelles qu’il ne parvenait plus à compenser.

Plusieurs approches peuvent alors être proposées. Le traitement médicamenteux à base de méthylphénidate, utilisé notamment dans la Ritaline, peut améliorer rapidement la concentration et réduire les symptômes. Gabriel Wahl avance trois arguments en faveur de ce traitement : « ça fait 60 ans qu’on le prescrit », « il faut une semaine pour savoir ce qu’il en est » et « il ne s’agit pas d’un médicament pour guérir, mais pour agir ». En parallèle, les thérapies cognitivo-comportementales aident à développer des stratégies concrètes d’organisation. Caroline Chiron insiste quant à elle sur la psychoéducation : une démarche qui consiste à mieux comprendre son trouble pour apprendre à le gérer au quotidien ainsi que sur une bonne hygiène de vie : sommeil, activité physique et environnement structurant. Tous s’accordent enfin sur un point inattendu : « Le meilleur remède du TDAH, ce n’est pas le médicament, c’est la passion ». Trouver une activité qui stimule profondément permet souvent de mobiliser pleinement ses capacités.

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Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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