LNDT: @647. La gênance… Pourquoi les ados ont-ils honte de leurs parents ?

Un podcast de Radio France (52′)

Tous les parents ont connu ou connaissent ce moment où soudain, leur enfant les regarde comme la personne la plus embarrassante du monde. Avant nous étions leurs héros, mais soudain rien ne va plus. Pourquoi ce regard ? Comment l’aborder ?

« Maman, arrête, tu me fous la honte. » « Papa, pourquoi tu as raconté cette anecdote devant mes copains ? » Les enfants ont grandi et on ne peut plus danser devant eux, rire trop fort à côté d’eux, c’est tout juste si on ne respire pas trop bruyamment à leur goût. Pour eux c’est la « gênance », voire on leurs parents sont « cringe ». Bref les perits sont devenus des ados.

Alors pourquoi nos adolescents ont-ils parfois honte d’eux, ou de nous ? Est-ce vraiment de la honte ? Est-ce du rejet ? Ou tout simplement sont-ils en train de grandir ?

Qu’est-ce la honte ?

Serge Tisseorn est psychiatre et psychologue, auteur de La honte : psychanalyse d’un lien social. Il commence par un fait : quand on pense à la honte, on sous-entend souvent la nôtre, moins celle qu’on peut aussi procurer. La honte est une émotion qui peut être ressentie sur le plan individuel, également sur le plan collectif. Le psychiatre explique qu’une image très populaire de la honte tient à celle d’être nu, comme Adam et Eve au paradis.

« Et être nu, c’est quoi, au-delà de l’histoire de la Bible, c’est se sentir vulnérable, se sentir soumis aux attaques possibles des autres sans pouvoir se défendre. Alors là on comprend les deux réactions dont on va parler par rapport aux ados, soit le repli sur soi, on se sporule pour se protéger, on fait la boule, ou alors on agresse autrui. Et parmi ces agressions, il y a le fait de faire honte à autrui pour se protéger de la honte qu’on peut éprouver soi-même.« 

La honte, une patate chaude

Ainsi les ados agressent leurs parents en réponse à la honte que les parents ou des camarades peuvent leur procurer, chacun se refile la patate chaude en somme, « c’est un grand mélange de honte« . Savoir cela est une chose importante pour avancer, explique le psychiatre, car « quand on comprend mieux que nos enfants peuvent nous faire honte parce qu’ils ont honte de certaines choses que d’autres leur font, que des camarades d’enfants, ou qu’on leur fait soi-même, on est plus tolérants à ce qu’on peut éprouver avec eux.« 

De l’admiration à la gênance

Pourquoi nos bouts de choux deviennent-ils ces créatures qui n’ont plus envie de passer du temps dans nos bras ou même à côté de nous ? Solveig Foucher est enseignante, autrice de Pourquoi votre ado vous déteste parfois ?. Elle explique que l’enfant qui grandit et devient ado va avoir besoin, non plus de fusion, mais, au contraire, de différenciation avec « une volonté de se construire en dehors de son parent« . Face à cela, les parents ne doivent pas réagir en miroir, plus simple à dire qu’à faire, mais il faut bien comprendre que tout cela n’a rien de personnel. « C’est-à-dire que face à ce qu’on va prendre pour une attaque personnelle, on ne va surtout pas devoir répondre par l’attaque, mais par un cadre très stable, ancré, et même par de la bienveillance.« 

La suite sur la psychologie des ados, incluant des conseils pour l’appréhender, à l’écoute de cette émission…

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

Laisser un commentaire