LNDT: @642. Traitement de la dépression : au revoir tristesse

Un podcast de Radio France (58′)

La dépression est un trouble mental courant, qui peut être lié à des facteurs aussi bien psychologiques que biologiques ou environnementaux. Toutefois, certaines dépressions sévères sont résistantes aux traitements pharmacologiques, et incitent au développement de nouvelles thérapies.

Chaque année, cette maladie affecte 2,5 millions de Français. Elle concerne 5 % des adultes, touche aussi les enfants, et les traitements présentent des limites : faut-il repenser notre approche thérapeutique de la dépression ? C’est l’un des plus grands problèmes médicaux auxquels nos sociétés sont confrontées. Une personne sur cinq a souffert – ou souffrira – d’une dépression au cours de sa vie. Et selon l’Organisation Mondiale de la Santé, elle sera au deuxième rang des maladies les plus fréquentes d’ici 2030. 35 % des patients traités présentent une résistance aux traitements. La dépression est-elle forcément causée par un déséquilibre chimique dans le cerveau, à savoir un déficit de sérotonine ? Et quelles sont les autres pistes thérapeutiques ?

La Science CQFD a le plaisir de recevoir Raphaël Gaillard, directeur du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’hôpital Sainte Anne, professeur de psychiatrie à l’université Paris-Cité et Bruno Aouizerate, PU-PH, Directeur adjoint du laboratoire Nutrineuro à l’Université de Bordeaux, chef de service, au Centre Hospitalier Charles Perrens, responsable du Centre de référence des pathologies anxieuses et de la dépression sur Bordeaux.

Le reportage du jour

Rencontre avec Philippe Domenech, psychiatre, co-directeur de l’Institut de neuromodulation à l’Hôpital Sainte Anne de Paris et Lucie Berkovitch, psychiatre, chercheuse en neuroscience cognitive et post-doctorante à l’Université de Yale. De la stimulation du nerf vague aux études sur les molécules psychédéliques, quelles approches combinées pourraient être envisagées pour soigner la dépression résistante ? Par Antoine Beauchamp :

LNDT: @641. Comment prévenir la dépression après 60 ans ?

Un podcast de Radio France (22′)

Comme le rappelle l’OMS, d’ici à la fin de la décennie, une personne sur six dans le monde aura 60 ans ou plus… Le vieillissement peut induire solitude et isolement social, deux facteurs de risques qui affectent la santé mentale. Comment prévenir la dépression à cet âge clef de la vie ?

Ce matin, un Mag de la vie quotidienne en public depuis le studio 104 de la Maison de la Radio dans le cadre de la Journée spéciale Santé mentale sur France inter. Le professeur Antoine Pelissolo, chef du service psychiatrie à l’hôpital Henri Mondor, et le docteur Cécile Hanon, gérontopsychiatre à l’hôpital Corentin-Celton, ont éclairé ce sujet encore trop souvent banalisé par le corps médical et la société.

Une maladie aux symptômes spécifiques chez les seniors

La dépression chez les personnes âgées présente des particularités importantes. Contrairement aux idées reçues, elle ne constitue pas une conséquence normale du vieillissement. « Vieillir ne déprime pas », insiste le docteur Hanon, qui combat cette banalisation dangereuse.

Chez les seniors, les symptômes corporels occupent une place centrale : douleurs inexpliquées, troubles de la mémoire, nausées ou vomissements. « La personne ne vient pas vous dire ‘je suis déprimée’, elle dit ‘j’ai mal' », explique la spécialiste. Cette expression somatique peut retarder le diagnostic, les patients étant parfois suivis pendant des mois en médecine générale avant qu’on identifie la cause psychologique de leurs maux.

LNDT: @640. Les substances hallucinogènes peuvent-elles soigner l’alcoolisme et la dépression ?

Un podcast de Radio France (12′)

La dépendance à l’alcool serait, selon le ministère de la Santé, responsable chaque année de 49 000 décès. Mais selon une étude menée par le CHU de de Nîmes, les champignons hallucinogènes pourraient permettre de lutter contre cette dépendance à l’alcool grâce à une molécule : la psilocybine.

Le 24 juillet 2025, une étude publiée dans la revue scientifique internationale AddictionOuverture dans un nouvel onglet a démontré l’efficacité de la psilocybine, le principe actif présent dans les champignons hallucinogènes, pour accompagner les patients sujets à l’alcoolisme et à la dépression.

Un accompagnement tout au long de la procédure

Que sait-on de la façon dont les scientifiques ont procédé pour cette étude ? Lucie Berkovitch, psychiatre et chercheuse en neurosciences à l’Hôpital Saint-Anne à Paris, explique : « Il s’agit d’une étude qui porte sur trente personnes qui ont été réparties en deux groupes : un groupe qui recevait une dose importante de psilocybine, le principe actif des champignons hallucinogènes et donc qui va déclencher cette expérience psychédélique, et un groupe qui recevait une dose plus faible. »

Mais l’expérience ne consiste pas seulement à administrer les psychotropes aux participants : « L’idée, c’est d’associer ce traitement à de la psychothérapie. Il y a tout un travail qui va être fait en amont pour préparer les personnes à recevoir ces substances et à traverser cette expérience. Un accompagnement pendant la prise pour s’assurer que tout se passe bien, puisque les effets durent plusieurs heures. Et ensuite, un travail d’intégration où on va reprendre ce qui s’est passé pendant la séance.« 

Des premiers résultats encourageants

Même si les premiers résultats sont encourageants, cette étude se base sur un groupe de personnes encore trop restreint :  « Ça peut être représentatif, mais en tout cas, c’est un échantillon qui est petit. Il s’agit là d’une étude qu’on qualifie de faisabilité, c’est-à-dire que l’objectif, c’était de voir si c’était possible de mettre en œuvre ce type de traitement à l’hôpital et en France, c’est-à-dire si on avait les moyens humains, matériels, d’accompagner ces personnes, si ça se passait bien. Et puis, bien sûr, il y a eu quand même des mesures d’efficacité qui ont montré des résultats très prometteurs.« 

Lucie Berkovitch décrit tout de même les résultats positifs de cette étude : « Il a été montré dans cette étude que plus de la moitié des personnes qui étaient dans le groupe ‘forte dose’ n’avaient pas repris l’alcool après trois mois, alors que 10% seulement du groupe qui avait reçu la petite dose avait maintenu l’abstinence. C’est des chiffres qui sont très importants, parce que pour les personnes qui sont dépendantes à l’alcool, c’est souvent compliqué de maintenir l’abstinence au décours de l’hospitalisation.« 

LNDT: @639. Constance, ou le bonheur d’être inconstante

Un podcast de Radio France (43′)

Comédienne, autrice, humoriste, Constance est de retour, sur scène, avec un magnifique éloge de l’inconstance, des creux, des bosses, des failles, peut-être, d’où peut surgir l’intelligence…

« Au centre, on écrit beau, on écrit droit, on écrit bien – enfin, c’est ce qu’on croit. Ah, on met des points sur les i, oh non, des ronds, c’est plus joli. La marge, c’est pour les ratures, pour les fêlures, pour les bavures, c’est pour l’accroc dans le tableau, et c’est la tache dans le décor : on raye, on barre, encore, encore… En Marge, il y a ce qu’on n’est pas : pas hétéro, pas blanc, pas beau, au centre la vierge effarouchée, et vire-moi donc toutes ces traînées, trans-gressives et têtes brûlées, inconséquentes, impertinentes, inconscientes ou pire… Inconstantes. C’est le coup de canif dans le conte de fée, allez, allez, on les efface, surtout, qu’elles ne laissent aucune trace.

Au centre horizon dégagé, c’est clair, c’est net, c’est bien rangé, et je te le dis par A+B, que c’est bon la binarité… »

La vérité ? C’est un peu plus complexe que ça.

La vocation de comédienne de Constance

Constance a toujours voulu être comédienne, mais ce n’était pas pour être connue, pour avoir de l’argent, pas pour avoir du succès, c’était pour être heureuse. Très jeune, elle avait déjà ce discours-là. Elle explique : « En fait, quand on est sur scène, on peut être qui on veut, on peut faire ce qu’on veut, on peut dire ce qu’on veut. C’est magnifique en fait, c’est une ouverture vers l’absolu, vers l’infini. Il n’y a pas de limite. Et il n’y a pas besoin de faire des grandes études, il n’y a pas besoin de choses compliquées. Il faut une scène, de la lumière, quelques bouts de tissu, il faut raconter une histoire, et des gens qui viennent écouter. C’est hyper simple, en même temps, c’est génial. »

Lors de ses premiers castings, ça ne marche pas vraiment. Elle tente les écoles de théâtre privées, mais ça ne fonctionne pas non plus. Un jour, elle ouvre la porte des cafés-théâtres, et elle se sent au bon endroit. Elle écrit, joue et enchaîne les « seul en scène ». En 2008, premier seul en scène, « Je suis une princesse bordel ». En 2012, « Les mères de famille se cachent pour mourir ». Et puis un jour, elle commence à participer à l’émission de Laurent Ruquier, « On ne demande qu’à en rire ».

LNDT: @638. Les effets de la dépression. Épisode 6/6 · Comment les psychédéliques modifient le cerveau

Un podcast de Radio France (10′)

Dans les traitements pour lutter contre la dépression, les molécules psychédéliques et apparentées commencent à revenir en médecine. Quels effets produisent-elles sur le cerveau ?

Longtemps diabolisées, les molécules psychédéliques bénéficient, depuis quelques années, d’un regain d’intérêt pour soigner les dépressions sévères et résistantes aux traitements antidépresseurs. Après une période de prohibition à partir des années 1970, la possibilité d’une utilisation médicale, commence à s’ouvrir, même si de nombreuses précautions s’imposent pour réglementer et encadrer leur utilisation.

Effets immédiats et action rapide

Contrairement aux traitements antidépresseurs classiques, ces molécules psychédéliques ont des effets antidépresseurs dits “d’action rapide”, car ils peuvent apparaître quelques heures à quelques jours après l’administration.

Elles ont par ailleurs la particularité d’induire des états modifiés de conscience, associés à des sensations de sortie du corps, de connexion avec l’environnement. Les signaux sensoriels sont amplifiés : des souvenirs refont surface, des odeurs ressurgissent, de nouvelles sensations liées au toucher se manifestent, un sentiment de plénitude se dessine, des altérations transitoires de votre perception sont observées… cette amplification des sens est caractéristique de l’expérience psychédélique. Certains effets sont même parfois vécus comme des expériences presque mystiques.

LNDT: @637. Les effets de la dépression. Épisode 5/6 · Comment les antidépresseurs corrigent vos biais cognitifs

Un podcast de Radio France (10′)

Il existe de nombreux mythes sur les antidépresseurs, des représentations faussées, excessivement optimistes ou anxiogènes. Comment ces molécules agissent-elles sur le cerveau déprimé et transforment-elles la perception noire du monde ?

La dépression est une lutte sans merci. L’utilisation d’un antidépresseur est parfois nécessaire. En pharmacologie, l’antidépresseur désigne un ensemble assez divers de molécules qui n’ont pas les mêmes modalités d’action, les mêmes effets thérapeutiques ou les mêmes effets indésirables. Ce nom générique complexifie un peu les choses, car on retrouve des molécules qui peuvent avoir des effets radicalement différents, qui peuvent favoriser l’appétit et au contraire le réduire, favoriser l’endormissement ou donner un sentiment accru d’énergie.

Un objectif commun : cibler les monoamines, des neuromodulateurs

De manière générale, il s’agit de molécules qui ciblent ce que l’on appelle les monoamines, parmi lesquelles on retrouve par exemple la sérotonine, la noradrénaline ou la dopamine. Ces monoamines sont appelées des neurotransmetteurs, car elles transmettent de l’information au travers de la fente synaptique (un espace microscopique d’environ 25 nanomètres qui sépare vos neurones). Lorsqu’un neurotransmetteur se fixe sur les récepteurs d’un neurone, il transmet un message électrique qui peut être à son tour transmis à un autre neurone. Un peu comme une course de relais. Il y a plus d’une vingtaine de types de synapses différentes, chacune transmettant des messages spécifiques et qui sont impliqués différemment dans cette activité cérébrale.

LNDT: @636. Les effets de la dépression. Épisode 4/6 · Comment votre corps module vos émotions

Un podcast de Radio France (10′)

La perception des signaux corporels fait partie de ce que l’on appelle “l’interoception”, un concept complexe qui désigne le traitement par votre système nerveux des informations qui proviennent de votre corps. Un concept crucial pour comprendre la dépression.

Ce qui transparaît dans votre pensée est le reflet de ce qui se déroule à un niveau plus profond dans votre corps. La dépression n’est pas seulement un trouble psychologique touchant un pur esprit éthéré, flottant comme une brume au-dessus d’un corps biologique. Elle est avant tout un trouble corporel lié à des dysfonctionnements au sein de votre organisme et détériorant progressivement le corps.

L’intéroception ou comment corps et psyché communiquent

Il y a des milliards de terminaisons nerveuses tapissant l’intérieur de votre corps, qui transmettent à tout moment les informations sur votre cœur, vos poumons, votre intestin, votre estomac à votre cerveau.

En sciences, on distingue l’intéroception (les informations qui émanent de votre corps physiologique) de la proprioception (la perception de la position de votre corps dans l’espace) de l’extéroception (qui regroupe vos sens externes comme la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût ou le toucher).

L’intéroception est cruciale en psychologie, car votre esprit n’est pas logé dans votre boîte crânienne, mais dans l’ensemble de votre corps. Votre esprit est forgé par cette interaction dynamique, continuelle entre le monde et notre corps, nos muscles, nos viscères.

Depuis les travaux du neuroscientifique Antonio Damasio, professeur à l’Université de Californie du Sud, on sait aussi que l’intéroception est cruciale pour votre sentiment d’incarnation, la sensation d’être dans votre corps, la sensation d’une identité corporelle.

LNDT: @635. Les effets de la dépression. Épisode 3/6 · Comment les croyances négatives vous trompent

Un podcast de Radio France (10′)

Dans la dépression, de nombreuses croyances négatives sur soi-même, liées à la dévalorisation, façonnent l’existence. À l’origine de ces croyances : la disparition d’un biais cognitif, le biais positif, communément protecteur pour la santé mentale.

Votre système nerveux est câblé pour générer du sens à partir d’un flux d’informations discontinues, incertaines, parfois ambiguës. Pour cela, votre cerveau utilise des croyances probabilistes qui lui permettent de filtrer ses informations sensorielles, mais qui sont profondément perturbées dans la dépression.

Prégnance de croyances négatives

Lorsque vous souffrez de dépression, vous êtes constamment traversé par des pensées sombres. Vous pouvez ainsi avoir tendance à croire que vous n’avez aucune valeur, que vous avez commis des erreurs terribles, que vos proches vous rejettent ou que votre condition est un fardeau sur leurs épaules dont vous devez les libérer.

Ces croyances sont aussi au centre de ce que l’on appelle les “ruminations” — un terme qui décrit le caractère répétitif, circulaire de votre contenu mental. Ces ruminations vous enferment progressivement dans un espace de plus en plus restreint. Elles se renforcent elles-mêmes, alimentent des convictions de plus en plus négatives, envahissant tout le spectre de votre esprit.

Ces croyances dépressives sont cruciales, car elles sont souvent associées à l’aggravation du trouble et aux risques de passage à l’acte suicidaire qui est responsable chaque année d’environ 800 000 morts à travers le monde.

À l’origine des croyances négatives, la disparition du biais positif

Tout un champ de recherches menées notamment par l’équipe de la psychologue Tali Sharot à University College London, s’est penché sur l’origine de nos croyances. La majorité des études réalisées chez des sujets ne souffrant pas de dépression ont montré que nous sommes collectivement biaisés dans la mise à jour de nos croyances.

Nous sommes beaucoup plus sensibles aux informations positives que négatives lorsque nous ajustons nos croyances personnelles. Ce biais dans la mise à jour des croyances a ainsi tendance à favoriser des croyances positives à propos de vos propres compétences, de vos propres expériences. Vous avez ainsi plutôt tendance à croire que vous êtes meilleur conducteur, meilleur amant, meilleur en sport que la réalité de vos performances. Ce biais est présent dans toutes les civilisations, avec toutefois des variations selon les groupes considérés. On sait que les hommes ont tendance à avoir un biais positif un peu plus tenace que les femmes et le biais est également plus fort chez les Américains en comparaison avec les Japonais.

Cela pourrait être quand même, de façon plus fondamentale, une manière efficace de nous protéger finalement contre les malheurs du monde. Si nous percevions à tout moment, de manière réaliste, les dangers du monde qui nous entoure, alors notre santé mentale serait probablement bien plus fragile. Nous serions constamment anxieux, terrifiés par tout ce qui pourrait nous frapper.

LNDT: @634. Les effets de la dépression. Épisode 2/6 · Comment votre cerveau simule le monde

Un podcast de Radio France (10′)

Votre cerveau est capable de prédire ce qui vous entoure. Il simule, en quelque sorte, votre monde. Pourquoi, dans la dépression, cette simulation dysfonctionne ? Comment expliquer que vous ayez une perception biaisée du monde, accentuée avec la dépression ?

Vous ne percevez pas le monde tel qu’il est réellement, mais vous en avez plutôt une vision déformée, filtrée par ce que vous vous attendez à percevoir. Vous percevez même parfois des choses qui n’existent pas, ou vous restez aveugles face à des choses qui existent, sans vous en rendre compte.

Cette manière de prédire ou de percevoir le monde qui vous entoure est au cœur du fonctionnement même de votre cerveau. Avec la dépression, cette déformation de votre perception s’accroît.

Croyances et représentations façonnent votre perception du monde

Votre perception et vos décisions sont constamment influencées par vos croyances, c’est-à-dire les représentations internes que vous avez à propos du monde qui vous entoure.

Ces croyances sont utilisées pour générer des prédictions à propos des entrées sensorielles, qui, pour votre cerveau, sont comme des hypothèses qui lui parviennent : à tout moment, une partie de vos neurones s’échine à prédire les informations visuelles, auditives, tactiles, gustatives, olfactives que vous éprouvez.

Si vous avez des croyances très fortes à propos d’un phénomène, vous pouvez le percevoir alors même qu’il ne s’est jamais produit : c’est ce mécanisme qui est à la base de l’hallucination.

Si vous croyez que votre tasse de café est chaude, vous sentirez une étrange sensation de chaleur sur votre main lorsque vous la saisirez, alors même qu’elle est glacée.

Si vous passez chaque jour devant une boulangerie d’où s’échappe un délicieux parfum de pain chaud, votre cerveau encode la probabilité que ces signaux odorifères soient transmis au bulbe olfactif à chaque fois que vous passerez devant cette boulangerie.

LNDT: @633. Les effets de la dépression. Épisode 1/6 · Comment la dépression transforme votre perception

Un podcast de Radio France (10′)

Qu’est-ce qui caractérise la dépression ? Quels sont ses symptômes ? Contrairement à une idée reçue, la dépression n’est pas qu’un simple état de tristesse. Elle transforme profondément vos émotions, mais aussi vos perceptions.

La dépression est un terme largement utilisé pour décrire un état de tristesse. Or cette représentation réductrice cultive des stéréotypes angoissants ou dévalorisants pour les individus. En effet, la dépression se cache derrière des apparences qui sont souvent trompeuses et qui oscillent entre les limites du normal et du pathologique. Aucun test sanguin, aucune imagerie cérébrale ou ponction lombaire ne permet de l’identifier. Alors, comment la diagnostiquer ?

Des critères simultanés pour objectiver la maladie

Le diagnostic de dépression est formalisé à partir de critères précis qui sont regroupés dans le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5). Pour poser le diagnostic, il faut qu’il y ait, chez le sujet souffrant, pendant une période supérieure à deux semaines, une tristesse ou une perte du plaisir associée à au moins quatre des symptômes suivants :

  • un ralentissement des mouvements et de la pensée,
  • une diminution des capacités de concentration et de mémoire,
  • des troubles du sommeil et de l’appétit,
  • une fatigue,
  • des croyances négatives comme la culpabilité et le pessimisme qui viennent perturber la pensée,
  • des idées suicidaires.

Il existe aussi des formes dites atypiques, caractérisées par des symptômes en miroir de la dépression classique : une augmentation du sommeil, de l’appétit, une agitation, des douleurs et lourdeurs physiques.