LNDT: @289. Le corps féminin enferme-t-il ou libère-t-il ?

Un podcast de Radio France de 32′

La philosophe Camille Froidevaux-Metterie propose de passer du corps comme lieu d’aliénation au corps comme vecteur d’émancipation dans son dernier essai : « Un Corps à soi » (Seuil, 2021).

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Camille Froidevaux-Metterie est philosophe et professeure de sciences politiques à l’université de Reims Champagne Ardennes. Après des essais comme La Révolution du féminin (Réédition Folio Essais, 2020), Le Corps des femmes (Philosophie Magazine Editeur, 2018), Seins : en quête d’une libération (Anamosa, 2020), elle publie Un corps à soi (Seuil, 2021). Un essai qui propose de repenser un angle mort de la lutte féministe : le corps féminin. A qui appartient-il ? Comment se le réapproprier ? 

Cette corporéité féminine – longtemps évincée du débat parce que « consubstantiellement liée » à la domination masculine – retrouve sa légitimité sous la plume de l’essayiste, qui invite à une révolution positive du regard : passer du corps comme lieu d’aliénation au corps comme vecteur d’émancipation.

LNDT: @288. Claire Marin : « La manière dont on habite notre corps influence la pensée »

Un podcast de Radio France de 48′

L’écrivaine et philosophe Claire Marin est l’invitée de Grand Canal pour parler de la 8e édition des Nuits de la lecture organisées par le CNL et consacrées au corps : des événements auront lieu partout en France et à l’étranger du 18 au 21 janvier prochain.

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  • Claire Marin Philosophe, professeure de philosophie en classe préparatoire et écrivaine

L’écrivaine, philosophe et enseignante Claire Marin est la marraine cette année avec le chorégraphe Angelin Preljocaj de la huitième édition des Nuits de la Lecture. L’événement, organisé par le Centre national du Livre, aura lieu partout en France et à l’étranger du 18 au 21 janvier prochain. Le thème auquel seront consacrés quatre jours et quatre nuits littéraires est le corps. Sur le site des Nuits de la lecture, vous trouverez en plus du programme, de nombreuses ressources, parmi lesquelles une bibliographie de 50 titres consacrés au corps, une sélection de textes choisis et des citations à foison.

Une réflexion sur le corps

Claire Marin a consacré plusieurs ouvrages au corps malade ou diminué, comme Violences de la maladie, violence de la vie (Armand Colin), Hors de moi (Gallimard) sur la maladie auto-immune, La maladiecatastrophe intime (PUF). Mais le corps revigoré et flamboyant est aussi présent dans ses derniers essais, Rupture(s)Être à sa place (éditions de l’Observatoire), et même dans Les débuts. Par où recommencer ? (Autrement). Elle a toujours donné au corps une place centrale.

LNDT: @287. Les bienfaits de l’oisiveté

Un podcast de Radio France de 3′

Ce matin on évoque l’oisiveté, qui est presque de la paresse. Robert Louis Stevenson écrivait que l’oisiveté « ne consiste pas à ne rien faire, mais à faire beaucoup de choses qui échappent au dogme de la classe dominante ».

Je vous propose de vous plonger avec volupté dans les plaisirs de l’oisiveté. L’oisiveté qui nous permet de reprendre le pouvoir dans une vie tissée de milles obligations et d’activités contraignantes… L’oisiveté mal vue, vilipendée, mise à l’index par une société industrieuse et obsédée par la performance.

L’oisiveté qui rime souvent avec culpabilité… Je pense à ces retraités qui culpabilisent de ne rien faire et qui remplissent à ras-bord leurs emplois du temps de choses accablants, au lieu de se lover dans l’indolence. Je pense à ces chômeurs qui subissent une forte pression sociale à cause de leur inactivité, aux inactifs trop souvent considérés avec condescendance, à ces salariés qui rêvent de prendre leur temps pour déjeuner et faire une sieste d’au moins une heure, et qui culpabilisent à cette seule pensée…

LNDT: @286. Quand trop penser nous gâche la vie, comment sortir de nos ruminations ?

Un podcast de Radio France de 53′

Impossible d’y échapper, elles tournent en boucle dans notre tête, comme un hamster dans sa roue… Ces ruminations mentales qui nous agitent du matin au soir. Ces pensées qui nous prennent la tête…

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On est foutu, on pense trop ! Telle pourrait être le refrain de cette émission. Mais ça veut dire quoi exactement, trop penser ? Pourquoi le règne des conjectures dans notre tête peut provoquer une surchauffe de l’esprit, un malaise plus ou moins diffus, une anxiété, une déprime ?

Et puis il y a toutes ces scénarios de la vie quotidienne que nous élaborons du réveil au coucher : « Et si je perdais mon emploi… », « j’aurais pu répondre ceci », « j’aurai pu faire cela ». Nous verrons tout de même quels sont les bienfaits de ces ruminations, mais aussi comment se forcer à ne plus penser à une chose finit par fonctionner, nous vous dirons comment adopter les meilleures stratégies anti-ruminations.

LNDT: @285. L’art de la paresse ou comment être improductif

Un podcast de Radio France de 50′

Peut-on défendre la paresse dans une société hyperactive ? Dans son dernier livre « Depuis toujours nous aimons les dimanches », Lydie Salvayre propose une ode à la paresse et à l’existence, un programme tout aussi politique que poétique.

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La paresse est un art subtil, discret et bienfaisant. La paresse est une forme de sagesse. Une philosophie. Une invitation à peine dissimulée à la révolte, à la pensée et à la création. Lydie Salvayre en fait la démonstration implacable dans un livre insolent, poétique, amoureux, politique et rageur, « Depuis toujours nous aimons les dimanches » (Seuil). Le travail corvée s’y trouve avantageusement remplacé par le travail patience, les dimanches y sont allongés, et nous aussi.

LNDT: @284. Faut-il instaurer un droit à la paresse ?

Un podcast de Radio France de 55′

La fin des vacances est proche et pour vous motiver et accélérer votre compétitivité d’employé modèle, place au débat sur le droit à la paresse et l’oisiveté.

Avec

  • Paul Montjotin membre de l’Institut Rousseau

LNDT: @283. Faisons un effort, reposons-nous !

Un podcast de Radio France de 5′

Un récent sondage peut surprendre : 60 % des sondés indiquent préférer avoir plus de temps et gagner moins, plutôt que l’inverse. L’idée que l’on se fait du repos ne cesse de varier au cours du temps et de ses représentations. Remontons à la source !

Il semble que l’air du temps soit de repousser l’âge de la retraite passée à 62 ans en 2010, et d’allonger le temps de travail hebdomadaire, réduit à 35h en 2002 mais ajourné, modifié et amendé depuis. Et pourtant, la place que nous conférons au travail a changé, selon une note de la fondation Jean Jaurès parue en novembre. Alors que 60 % des Français considéraient le travail comme très important dans leurs vies en 1990 ce taux est tombé à 24 % en 2022. Une évolution inverse s’observe pour l’importance donnée aux loisirs, à la famille et aux amis, qui n’a cessé de s’accentuer. Effet renforcé par la pandémie ou le télétravail, l’espace et le temps alloués au « non travail » évoluent depuis de nombreuses années. Un récent sondage peut surprendre : 60 % des sondés indiquent préférer avoir plus de temps et gagner moins plutôt que l’inverse. L’idée que l’on se fait du repos ne cesse de varier au cours du temps et de ses représentations.

En matière de repos et de son histoire, on est tenté de regarder du côté de l’oisiveté ou de la paresse qui, sous le nom d’acédie, figurent parmi les sept péchés mortels. Il y a aussi de nombreux textes antiques. Hésiode par exemple, admoneste les paresseux, responsables selon lui de leur indigence. Mais le repos c’est autre chose, et c’est souvent, comme le dit l’expression, bien mérité. On prend une pause ou” un café bien mérité”, comme vous et comme la technique après cette matinale par exemple, on dit aussi des vacances “bien méritées”. Le repos est l’envers de la fatigue, il est le moyen de se régénérer après un effort. Il est aussi la condition de la poursuite de cet effort dans le temps. Dire ou se dire « il faut que je me repose », c’est formuler un besoin élémentaire, presque naturel.

Il y a un historien qui s’est penché sur cette « histoire du repos », c’est l’historien des sensibilités Alain Corbin, qui publiait Histoire du repos en mars 2022. Et que nous dit Corbin ? Qu’avant d’être un moyen d’éviter le burn-out, le repos est d’abord associé au repos éternel. Il passe au fil du temps du sacré vers le profane. Il se spatialise, se spécialise se légalise tout au long de la modernité.

C’est Montaigne dans ses Essais, nous sommes à la fin du XVIe siècle, qui revient plusieurs fois sur cette notion et qui l’associe avec l’idée de retrait, voire de retraite. Pour Montaigne, le repos, c’est ce moment où l’individu se dit : « c’est assez vécu pour autrui, vivons pour nous au moins ce bout de vie ». Se mettre en retrait ou en retraite implique beaucoup de choses pour le philosophe, il faut prendre congé « de toute espèce de travail« , « fuir les passions qui empêchent la tranquillité du corps et de l’âme« , abandonner toute forme d’ambition « qui est la plus contraire humeur à la retraite« , dixit Montaigne.

LNDT: @282. Le Quiet Quitting, une « tendance » qui a deux siècles ?

Un podcast de Radio France de 3′

Le « Quiet Quitting » ou La « démission silencieuse » en version française, vous allez en entendre parler ! Enquêtes, reportages, analyses, témoignages et bientôt test psycho « quel quiet quitteur êtes-vous ? » : l’expression est partout.

Et de fait ce mot clef apparu en juillet, cumule aujourd’hui près de 90 millions de vues sur la plateforme – baromètre des tendances – le réseau social TikTok.

Après la lame de fond de la « grande démission », le « Big Quit » qui concernait déjà près de 48 millions d’Américains en 2021, et plus de 500 000 démissionnaires en France au premier trimestre 2022 : voici donc la démission tranquille. Le « Quiet Quitting » ou le « Je ne me tuerai point… à la tâche ».

Pas d’heures sup, une déconnexion systématique en dehors des horaires de boulot, et le refus de s’impliquer toujours plus en risquant le burn out. Bref contre la culture de la performance faire son job et rien que son job.

Avec ces vidéos où l’on se met en scène en papotant au téléphone devant l’ordinateur, ces conflits générationnels « boomers versus glandeurs », et ces disparités entre ceux qui peuvent ralentir la cadence et les catégories socio-professionnelles (auto entrepreneurs, chauffeurs, livreurs ou autres) qui ne peuvent pas se le permettre.

Mais avant d’être à la fois un signe de changement ET une tendance aguicheuse de clics : le « quiet quitting » avait déjà pointé son nez dans la fiction. Au milieu des années 2000, la grande série sur l’absurdité du monde du travail s’appelle « The Office », et elle a popularisé le personnage de Jim qui a ses astuces pour en faire le moins possible… « Sommes-nous tous devenus des Jim ? » se demande le magazine l’ADN. Au fond, Jim est une version soft ou beige moquette d’une grande figure du refus au travail : le personnage de Bartelby au 19e siècle.

Le « quiet quitting » existe depuis presque deux siècles ?

En un sens oui ! Inventé par Herman Melville dans une nouvelle parue en 1853, Bartleby est un clerc engagé dans une étude essentiellement pour faire des copies. Après s’être montré travailleur il va refuser une à une toute les taches qu’on lui demande avec cette formule devenue célèbre « Je préfèrerais ne pas », « I would prefer not to ». Il y a dans le même mouvement une volonté très forte (puisque Bartleby refuse) et une volonté anéantie (puisqu’il préfère ne pas). Et ça résonne fortement avec notre époque.

Hunter Kaimi l’un des jeunes chantres du « Quiet Quitting » nous dit sur TikTok que l’idée même de faire des heures sup pour s’acheter son chez soi dans un monde qui ne sera peut-être même plus vivable dans 50 ans est tout aussi scandaleuse qu’ignare.

Le « quiet quitting » est aussi le reflet d’une question très contemporaine des enjeux climatiques, qui agite ces Bartleby du 21e siècle « A quoi bon ? ».

LNDT: @281. Apprivoiser sa procrastination : l’art de faire autrement

Un podcast de Radio France de 37′

Papiers, sport, ménage, devoirs, travail, sentiments…Qu’est-ce qui nous pousse à procrastiner ? Comment vivre au mieux avec ? Écoutez Mathilde Ramadier, autrice drômoise, diplômée en psychanalyse et en philosophie.

À de rares exceptions près, nous sommes tous et toutes des procrastinateurs et procrastinatrices. Loin de chercher à nous culpabiliser, Mathilde Ramadier nous invite à considérer la procrastination comme un signal, un message venu des profondeurs de notre inconscient – un allié, peut-être. Car, à bien y réfléchir, nous avons souvent de bonnes raisons de procrastiner.

Dans son livre, Mathilde Ramadier s’appuie sur la philosophie et la psychanalyse, mais aussi sur sa propre expérience et sur les résultats de l’enquête qu’elle a menée, pour mieux comprendre les ressorts et les méandres de la procrastination.

À une époque où l’on ne supporte plus les « temps morts », la procrastination apparaît ainsi peu à peu comme un moyen de mieux se connaître, de découvrir nos blocages, mais aussi les rouages de notre volonté, et notre potentiel créatif.

Pour en savoir plus

  • Mathilde Ramadier

LNDT: @280. Pourquoi ne veut-on plus travailler ?

Un podcast de Radio France de 58′

Le travail permettrait la réalisation de notre humanité et serait au fondement même du lien social. Or, il semble que c’est précisément cette valeur travail qui est actuellement remise en question dans nos sociétés contemporaines. Va-t-on entrer dans l’ère de la fin du travail ?

Avec

Avec Philosophie consacre cette série d’émissions au « travail en crise », en partenariat avec Citéphilo . Dans ce premier épisode, Géraldine Muhlmann et ses invités se demandent : « Pourquoi ne veut-on plus travailler ? »