buff woman

LNDT: @291. Accepter son corps

Un podcast de Radio France de 28′

Olga a longtemps été obsédée par son corps qu’elle juge monstrueux. Après un long et fastidieux parcours, elle finit par l’accepter et porte sur lui un regard nouveau. Diane, elle, est une femme transgenre. Un jour, elle ose devenir ce qu’elle a toujours été et cesse de se déguiser en garçon.

Diane est une femme trans qui a longtemps vécu dans la contradiction. À l’âge de quatre ans, elle sait que son sexe masculin ne lui convient pas. 

En étant enfant, je me suis dit que je voulais recommencer ma vie. Je ne voulais pas ça.

Recommencer, car elle ne peut changer le cours des choses. Le climat familial, entre autres, ne lui permet pas d’exprimer son mal-être. Commence alors une « vie parallèle ».

À l’époque, la dysphorie de genre qu’elle éprouve est encore classée comme maladie mentale par les organisations mondiales. Diane refoule donc. Elle tombe amoureuse d’une femme, en étant homme. Si elle apprécie sa vie, elle sent qu’il manque tout de même quelque chose. Reviennent les mêmes sensations : la dissimulation, le mensonge à soi, l’aveuglement.

J’avais un désir d’enfant, donc j’ai fait semblant. […] Pendant presque trente ans, j’ai forcé.

Vient un moment où les faux-semblants sont trop importants. Tout explose. Diane commence alors un parcours de la parole. C’est en 2013 qu’elle annonce à sa femme la vérité de sa vie, à travers une lettre. Ses enfants avaient bien compris ce secret de polichinelle : « Je ne suis pas surprise », a même dit sa filleule. 

C’est passé comme une lettre à la poste.

Diane commence alors à emprunter le chemin de l’acceptation de soi. Un jour, pour aller voir une amie, elle s’affiche dans les transports en commun en étant ce qu’elle est vraiment. L’angoisse est importante, mais la réalité la désamorce rapidement :

Quand on est une personne trans et qu’on « sort » pour la première fois, on se dit : « je peux tomber sur n’importe qui et me faire détruire ».

Lorsqu’elle rejoint son amie, tout se passe bien. « Enfin », se voit-elle dire. C’est ainsi que sa nouvelle vie a commencé, et que l’acceptation est devenue libération. 

Il a fallu que j’attende 40 ans pour découvrir ce que c’est qu’un orgasme.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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