Après avoir visité les salons d’apparats, les caves, les greniers et les chambres à coucher d’une mémoire familiale, il est temps de trier, de choisir ce que l’on garde de cet héritage. Que transmettre ? Quelle chaîne faut-il rompre ? Cinquième épisode d’une série d’émissions enregistrée en 2005.
Un podcast de 60′ de Radio France
« L’important n’est pas ce qu’on fait de l’Homme, mais ce qu’il fait de ce qu’on a fait de lui » Jean-Paul Sartre
L’écrivain Michel Cazenave revisite la maison du psychiatre Karl Gustav Jung à Bollingen en Suisse, qui déclarait que sa vie « avait commencé et continuerait » après lui, en écho à son collègue physicien à Zurich Albert Einstein, énonçant que « le monde ne devient pas, il est. » Jung avait aménagée sa maison de façon à y inclure le culte de ses ancêtres et des dieux Lares. » Les morts sont liés aux vivants par des chaînes qu’on ne voit pas. Tantôt longue et souple, la chaîne qui traverse les évènements et les jours, tantôt tendue à rompre et si courte qu’elle s’inscrit dans la chair. Quand un mort tire sur la chaîne, le vivant qui est à l’autre bout perçoit des étoiles nouvelles, d’autres couleurs, des paysages inconnus. « Le Maître des paons Jean-Pierre Milovanoff
« Quand on se raconte ce sont toujours des racontars » Serge Doubrovsky
Vincent de Gaujelac, en sociologue reprend la terminologie de Pierre Bourdieu pour cerner l’héritage d’un individu en plus de ses conditionnements psychologiques. Les familles se transmettent, outre un capital immobilier et économique, des légendes, des mythes qui seraient autant de scénarios, de modes d’emploi existentiels face à l’amour, la vie, la mort, la folie, la maladie, le travail. Ces récits sont souvent enjolivés ou dramatisés. Dans certains cas, on n’a pas envie d’être l’enfant de cette histoire-là et l’on préfèrerait des origines plus glorieuses. C’ est une « impasse généalogique ». En acceptant l’humanité de nos ascendants, nous devenons les acteurs de notre histoire individuelle. Un moyen de donner un sens à nos destinées, dans un siècle où le progrès scientifique et technologique, les religions, les partis politiques, critiqués et décrédibilisés ne fournissent plus de raisons de vivre collectives.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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