LNDT: @435. Andropause et ménopause : la fin des tabous ?

| Un podcast Radio France (4′)

Alors que France 2 donne la parole à des hommes souffrant d’andropause, Arte a choisi de recueillir les témoignages de femmes en pleine ménopause. Deux maux et deux tabous !

Rémy Burkel a 61 ans, il est réalisateur de documentaire et depuis quelques temps, ça ne va pas fort. Il dort mal, se réveille en sueur, ressent de la fatigue et sexuellement, ce n’est pas génial non plus. Le médecin qu’il consulte lui apprend alors l’existence d’un mot : andropause. Un mal qui se manifeste notamment par une diminution de la production de la testostérone qui peut provoquer quelques autres symptômes… : « une taille qui va s’épaissir, vous allez prendre un peu de poitrine, une perte de poils, une humeur un peu triste, une baisse de la qualité des érections, diminution de la libido… L’andropause, ça peut donc vous faire vieillir prématurément ».

Ces mots, vous les entendrez sur France 2 en deuxième partie de soirée. Au même moment sur Arte, autres désagréments physiques où il est question de « vertiges, insomnies, réveil difficile, crise d’angoisse, déprime, grande fatigue, mal aux articulations, à l’estomac, aérophagie, prise de poids et poils au menton ! ». Bienvenu dans le monde merveilleux de la ménopause !

Vie sexuelle à l’arrêt…

Andropause et ménopause, c’est avant tout une histoire de tabou. Longtemps, on a ignoré les conséquences dues à ces profonds changements de nos corps. Parce que cela renvoie à la vieillesse. Parce qu’il s’agit souvent de questions liées à l’intime, à la sexualité en particulier.

Dans le documentaire consacré à l’andropause, des hommes ont accepté de raconter cette période douloureuse de leur vie. L’un d’entre eux évoque son cancer de la prostate, son andropause, et une vie sexuelle à l’arrêt : « Je ressens beaucoup de tristesse. Il me manque quelque chose, ça s’est arrêté. Souvent je dis, ça fait partie de ma vie. J’aime manger, j’aimais le sexe… Et voilà… ».

Si les troubles sexuels sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes, il est nécessaire de préciser que nous sommes, toutes et tous, inégaux face à l’andropause et la ménopause.

Certains et certaines ne ressentiront aucun symptôme, d’autres y seront confrontés pendant quelques mois. Quelques années pour les plus malchanceux et malchanceuses.

Reste que les troubles sexuels perturbent effectivement la vie psychique et physique des hommes. Le documentaire de Rémy Burkel a pour sous-titre « la grande débandade ». Tout est dit. Aux troubles érectiles sont liés alors une perte de confiance en soi et un rapport compliqué à la séduction…

Du côté des femmes – qui ont un peu plus d’humour que la gent masculine, en tout cas dans le documentaire très délicat de Julie Talon – la sexualité aussi peut devenir un problème… L’une d’entre elle, médecin de métier, évoque « une sensation vaginale moins forte. C’est un des premiers signes. L’insatisfaction sexuelle ». Et surtout « on n’a pas le droit de le dire. C’est juste la honte » dit-elle, tout en précisant « même à mon mari ! ».

A travers les mots de ces hommes et de ces femmes, il est question d’invisibilité post 50 ans. De cette crainte de ne plus exister dans le regard de l’autre. Vous ne trouverez pas dans ces deux films des remèdes ou des réponses précises à vos interrogations. Mais vous comprendrez que vous n’êtes pas seul.e et que « andro et méno pause » ne sont plus des tabous.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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