LNDT: @506. Zabou Breitman à l’affiche de « Cassandre », un long-métrage qui traite de l’inceste : « C’est un film rare »

Un Podcast de Radio France (21′)

Tous les jours, une personnalité s’invite dans le monde d’Élodie Suigo. Mercredi : l’actrice, réalisatrice et scénariste Zabou Breitman. Elle est à l’affiche du film « Cassandre » d’Hélène Merlin, qui sort au cinéma.

Zabou Breitman est scénariste, metteuse en scène, actrice et réalisatrice. Elle a reçu le César de la meilleure œuvre pour le film, Se souvenir des belles choses, en 2003 avec Isabelle Carré et Bernard Campan. Elle a aussi quatre Molières pour d’un côté L’hiver sous la table et de l’autre Des gens. Elle a également reçu le Grand Prix documentaire pour Le garçon au Luchon festival, en février 2025. Un film qui mêle réalité et fiction qu’elle a coréalisé avec Florent Vassault.

Elle est aussi à l’affiche du film Cassandre d’Hélène Merlin, qui sort ce mercredi 2 avril. Il s’agit de l’histoire d’une jeune fille entravée par sa propre famille, aisée et originale. Son frère la viole sans que ses propres parents ne s’en rendent compte, donc sans pouvoir hurler sa tristesse. Du haut de ses 14 ans, Cassandre est passionnée d’équitation, ce qui lui permet d’avoir une soupape avec des bulles d’oxygène et surtout de se rendre compte qu’il y a autre chose que sa famille.

franceinfo : On se rend compte à quel point les traumatismes sont extrêmement profonds et à quel point il est difficile de parler. Elle n’arrive pas à parler et à s’exprimer.

Zabou Breitman : Elle est empêchée. Beaucoup de gens disent : « Ah, bah, elle n’avait qu’à parler ! » Mais non, le prédateur empêche et les gens autour empêchent. C’est ça qu’Hélène Merlin montre. Et elle utilise des métaphores avec ses petites marionnettes. C’est joli une marionnette, c’est très poétique et c’est grâce à ça, je trouve, qu’elle fait un film rare.

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MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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