Un Podcast de Radio France (5′)
Les disputes nous blessent, mais elles n’arrivent qu’entre ceux qui s’aiment. Christophe André explore ce paradoxe : entre colère et tendresse, pourquoi se quereller… et comment, parfois, un seul mot peut tout réparer.
« Allo ? Encore ! Non mais c’est bon, on ne va pas revenir encore une fois sur cette histoire ! … Mais non, je ne m’énerve pas, je t’explique ! … Comment ça toujours pareil ? C’est toi, toujours pareil ! … Non !… Mais… C’est bon, le dossier est clos, je n’ai plus envie d’en parler ni de me disputer ! … Non et non ! Je te préviens, je raccroche avant de m’énerver pour de bon… » Je rigole, mais ça me stresse les disputes, je déteste ça.
Ma définition de la dispute est la suivante : « Friction relationnelle entre humains qui s’aiment bien. » La clé de la dispute, c’est l’amour, l’affection, l’amitié… On ne se dispute que s’il y a un vrai lien, et une histoire heureuse. Sinon on ne se dispute pas, il n’y a pas d’enjeu, ça ne vaut pas la peine : on s’insulte ou on se méprise, puis on passe son chemin. Il y a beaucoup de théories autour des disputes, notamment dans le couple : comment les éviter, comment en sortir, comment les transformer en discussions puis en dialogue. Eh oui, les mots ont un sens !
Dans la dispute, on n’écoute plus son interlocuteur, on veut vider son propre sac et mettre le nez de l’autre dans nos souffrances ou dans ses torts, et on est prêt à faire mal. Dans la discussion, on ne veut pas faire du mal, mais on veut avoir raison, on écoute un peu l’autre, mais on souhaite surtout imposer son point de vue. Dans le dialogue, on écoute vraiment, parce qu’on veut arriver à un consensus, un compromis.
La dispute, c’est un conflit qui dérape, la discussion c’est un bras de fer dans les règles, le dialogue c’est une construction commune. Beaucoup des théoriciens de la dispute rappellent volontiers deux points importants. D’abord, qu’il est normal de se disputer de temps en temps, le silence et le non-dit sont encore pires en cas de conflit. Ensuite, que c’est l’après-dispute qui est le temps sensible et souvent fécond. C’est ce que rappelle Alfred de Musset quand il écrit : « À quoi sert de se quereller quand le raccommodement est impossible ? Le plaisir des disputes, c’est de faire la paix. »