LNDT: @679. La sensualité est-elle le renouveau de la sexualité ?

Un podcast Radio France (51′)

Et si retrouver une sexualité plus libre passait d’abord par une autre façon d’habiter son corps ? Sortir des normes et de la logique de performance qui façonnent notre rapport au désir. Le toucher, l’écoute et l’attention ouvrent alors un nouvel espace, plus intime et plus créatif.

Avec

Claire RichardAutrice, documentariste

Aurore VincentiLinguiste, chercheuse et éducatrice somatique en sexologie

Un soir ordinaire au bistrot du quartier. Des clients amassés autour du comptoir. Le brouhaha des grandes tablées mêlé à la musique ambiante. Le sol en mosaïque qui colle un peu. Et eux. Deux corps face à face. Au milieu du café. Deux corps rapprochés. Pas collés. Juste rapprochés. Ils attendent une table. Debout au milieu du café. Sa main, à lui, s’est approchée de son visage, à elle. Ses doigts ont délicatement écarté une mèche de cheveux. Un geste d’une fraction de seconde. Ou d’une éternité. Quelques grammes de peau contre quelques grammes de peau. Au milieu du café, plus rien ne comptait. Et si le toucher était une des portes d’entrée à une nouvelle érotique du sensible ? Si on réinventait notre approche de la sexualité ?

Défaire les normes pour retrouver son propre désir

Aurore Vincenti, linguiste et chercheuse diplômée en sexologie clinique, en a assez des dualismes qui continuent de structurer notre rapport à la sexualité. Dans son livre Pour une érotique du sensible, la sexologue clinicienne montre comment les catégories du féminin et du masculin enferment chacun dans des rôles préétablis, au point de brouiller le rapport à son propre désir. « Ces dualismes nous empêchent énormément et nous cantonnent à des rôles », résume-t-elle.

Cet enfermement commence dès l’éducation sexuelle, davantage tournée vers les risques que vers le plaisir. Préservatif, IST, grossesse : le désir reste largement absent. « La question du plaisir n’apparait pas du tout », constate-t-elle. Les représentations diffusées par la pornographie, le cinéma ou les séries contribuent aussi à resserrer notre imaginaire sexuel : « On a une idée très resserrée de ce que devrait être la sexualité (…), les scripts sexuels sont toujours les mêmes, c’est pas très créatif, ni très intéressant. » Le problème n’est pas l’existence de ces modèles, mais le fait qu’ils deviennent une norme à suivre. À vouloir « entrer dans un moule qui ne nous correspond pas », on risque de s’éloigner de son propre désir.

LNDT: @381. Education à la vie affective et sexuelle : un manque d’info et des répercussions chez les jeunes adultes

Un Podcast de Radio France de 4′

Ce qu’on sait pour l’instant, c’est que ce programme prévoit des enseignements de la maternelle au lycée, avec des thématiques et des termes adaptés à chaque âge. Actuellement, moins de 15 % des élèves bénéficient des trois heures d’éducation à la vie affective et sexuelle rendues pourtant obligatoires en 2001. Beaucoup de jeunes adultes dénoncent en effet des lacunes sur ces enseignements.

Sans oublier que le manque d’éducation à la sexualité et au consentement peut avoir de nombreuses répercussions sur notre société, comme le constate Véronique Van de Bor, présidente de de la CPED. En plus d’avoir un impact sur la santé publique, une mauvaise sensibilisation à ces questions perpétue les schémas de violences sexuelles, notamment dans le cadre familial.

LNDT: @101. « Je suis embarrassé par des désirs sexuels » ou les tourments de la sexualité

Pourquoi la sexualité peut parfois être un motif de tant de souffrance, de tant de tourments, de tant de paroles aussi ? Et que peut le psychanalyste lorsqu’il s’agit de sexualité dans la mesure où elle est une affaire qui a l’air d’être intime ?

Avec

  • Laurie Laufer Pyschanalyste

« Je suis embarrassé par mes fantasmes et mes désirs bisexuels » dit un jeune homme ». « Je n’ai plus de sexualité depuis longtemps et je m’en porte très bien » exprime une patiente. Évoquer sa sexualité reste parfois tabou, parfois culpabilisant, et la demande faite au psychanalyste est celle de savoir si oui ou non il est normal de vivre telle ou telle sexualité. Par sexualité, l’on peut entendre les fantasmes, les désirs, les actes. De nouveaux mots qualifiant la sexualité apparaissent : pansexuel, allosexuel, métrosexuel, asexuel et d’autres encore.

Culpabilité, bizarrerie, tabou, secret d’alcôve, les affaires sexuelles sont parfois adressées avec gêne, et souvent avec l’inquiétude d’avoir une sexualité non « normale ».

On a l’habitude de faire un lien direct entre la sexualité et la psychanalyse. Dans une conférence intitulée « La vie sexuelle », Freud établissait la liste de toutes les pratiques sexuelles considérées à l’époque comme hors des normes sociales. Il décrivait là un champ phénoménal comme un autre et concluait ainsi : « Si on ne comprend pas toutes ces variations sexuelles, on ne comprend pas ce qu’est la vie sexuelle dite « normale ».

Extraits de films :

« Le Banquet » téléfilm franco-italien réalisé par Marco Ferreri, 1989

« Princesse Marie » de Benoit Jacquot 2004

« Les années Sida à la mort à la vie » de Lise Baron, 2023

« Le ruban Blanc » de Michael Haneke, 2009

Un podcast de 54′ de Radio France.