Un podcast de 29′ de Radio France
Par Élodie Font et Sophie Simonot. “J’ai découvert qu’il y avait quelqu’un au bout de ma queue” : avec Jordan et Guillaume, deux histoires surprenantes qui confirment l’intérêt croissant des hommes pour le plaisir féminin, un domaine jusque-là bien mystérieux à leurs yeux.
Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.
Attention : cette série contient des témoignages explicites sur des pratiques sexuelles, assortis de détails précis. À ne pas mettre entre toutes les oreilles.
Pour les dix-huit ans de Jordan, le meilleur ami de son père lui offre une bière, une capote et un filtre à cigarette, des objets qui représentent sa définition de l’homme. Parce qu’un homme, “ça boit, ça fume, ça baise”. Jordan conçoit d’abord les relations sexuelles comme devant être centrées sur la pénétration, permettant l’atteinte du fameux “point G”.
“Le clitoris était pour moi un petit point vague sur un livre de biologie.”
Si bien qu’il se prend une “claque phénoménale” lorsqu’il demande pour la première fois à sa compagne si elle a des orgasmes lors de leurs relations sexuelles, et qu’elle lui répond que non. Leurs rapports changent alors drastiquement : “Je me suis dit qu’on ne pouvait pas continuer comme ça. On est reparti sur des ébats complètement différents avec plus de caresses, de baisers. Et de la voir changer de bruit, de mouvement, d’accentuer et de voir l’explosion, tu te dis ah oui d’accord.” Jordan. Il constate la diversité des clitoris, un changement qui le déstabilise et l’oblige à chercher toujours un peu pour trouver le bon endroit.
“Est-ce qu’elle aime plus si je fais des ronds, des huit, si je touche, si je chatouille ?”
La tendresse ne faisait pas partie des relations charnelles telles que Guillaume se les imaginait. Influencé par le porno, il a longtemps associé sexe et performance. Mais sa confiance en lui dans ce domaine est ébranlée lorsqu’il intègre le milieu des pompiers : “Je me suis rendu compte que ce que je voyais dans les films, ça se passait dans les casernes en vrai. […] Quand tu ne vas pas en soirée, t’es dans la case des loosers, tu fais même honte.”
Avec sa première femme, Guillaume “prend son pied” lors de leurs rapports. Il vente ses performances sexuelles auprès des autres et ne lui demande jamais si elle jouit. Une fois où il lui touche les seins, sa compagne le regarde, met ses mains sur son torse et lui secoue les pectoraux en lui disant “tu crois que ça donne envie ça ?”. “Et là, j’étais mal. Elle m’avait humilié. Mais à ce moment-là, pour moi, le problème, c’est elle, pas moi.”
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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