LNDT: @358. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 13/13 : À l’Ehpad : le sexe comme jamais

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Pauline Chanu. Le nombre de femmes et d’hommes qui ont une activité sexuelle après 80 ans est étonnamment important. À l’Ehpad, une veuve de 80 ans avec son amant de 58 ans, un couple de 93 et 97 ans et de nouveaux amants à l’aube de leurs 80 ans racontent vivre une sexualité épanouie.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Paulette n’a jamais connu le plaisir pendant ses soixante années de mariage. C’est à 93 ans qu’elle découvre pour la première fois la sensualité et l’amour, avec un militaire à la retraite, Monsieur Sammani, qu’elle rencontre en maison de retraite. Mais c’est comme s’ils avaient toujours vécu ensemble.

Elle était mariée, Paulette, avec un homme qui n’était pas amoureux « du tout, du tout » et dont elle n’était pas amoureuse non plus. Ils s’embrassaient et couchaient ensemble sans plaisir. Alors qu’avec M. Sammani, ils sont « tellement heureux« . Et puis sexuellement, ça « marche  » encore. « On s’embrasse, on se parle gentiment, on se dit des mots d’amour et tout, mieux que quand on était jeunes. […] On en revient pas de le faire aussi souvent encore maintenant, mais en fin on a que ça a faire !  » Paulette.

« On a envie de faire quoi que ce soit à n’importe quelle heure, n’importe quel jour, on le fait et puis c’est tout. »

Les lits sont un peu trop petits pour y dormir à deux, et Paulette a toujours peur que son amoureux tombe la nuit. Puis elle n’est pas jalouse Paulette, elle n’aurait pas de problème à ce qu’il aille « voir ailleurs ». Mais elle avertit tous les hommes qui pourraient essayer avec elle : « Ça fait plaisir, mais je leur dis tout de suite que c’est pas la peine d’insister, c’est zéro, zéro. » Paulette. Et peu importe leur avis.

Lorsque Morgane et Guy se sont rencontrés, chez des amis communs, ce fût le coup de foudre. « On s’est quasiment jetés l’un sur l’autre. On est allés très rapidement à l’hôtel. Ça a été très fougueux. » Guy.

À cette époque, Morgane est mariée. Alors Guy, de vingt-cinq ans son cadet, la retrouve discrètement à l’hôtel. Lorsque Morgane rejoint l’Ehpad des champs Manceaux à Rennes, car elle souffre d’une grave scoliose la clouant dans un fauteuil roulant, les choses se compliquent. « On a mis beaucoup de temps avant de passer à l’acte. Morgane m’a fait comprendre qu’elle avait envie que ça se fasse. » Guy.

LNDT: @357. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 12/13 : Sexe et alcool : quand on boit pour faire du sexe

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Pauline Verduzier. Louis boit pour faire taire son anxiété de performance. Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il passe à côté de son désir. La sexualité de Charlotte semble indissociable de sa consommation d’alcool. Jusqu’à ce qu’elle rencontre une femme qui l’aide à sortir de son addiction.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Charlotte se souvient que la première fois qu’elle a bu de l’alcool, c’était à Noël, l’année de ses 13 ans. C’est au cours de ses études qu’elle commence à boire régulièrement et en grande quantité, pour s’intégrer. Et c’est aussi à ce moment-là qu’elle couche pour la première fois avec un autre étudiant, à l’issue d’une soirée festive. Elle restera avec lui trois années, une relation qui reste pour elle très associée à l’alcool et à la fête. “Je voulais sortir avec quelqu’un qui soit épicurien, qui aime la fête autant que moi, parce que c’est mon ADN, confie Charlotte. En trois ans et demi de relation, je peux compter sur les doigts d’une main les fois où on a eu une relation sexuelle sobre”.

“L’alcool crée le désir, en tout cas chez moi. Ça rend l’instant excitant”

Charlotte s’effondre lors de la rupture avec son copain. Elle boit. Mais surtout, elle a l’intuition soudaine qu’elle pourrait aimer les femmes. Une “petite voix” qu’elle n’écoute pas et qu’elle préfère oublier en buvant pour “rentrer dans le moule hétéro”. Les relations sexuelles avec des hommes sont de moins en moins supportables, alors Charlotte boit de plus en plus.

Puis un jour, après plusieurs bouteilles de rouge, elle couche pour la première fois avec une fille. Une expérience qui ouvre le champ des possibles. Charlotte installe une application de rencontres pour personnes queers par le biais de laquelle elle rencontre une femme, qui deviendra sa compagne. Sa consommation d’alcool diminue, mais perdure. “Je n’ai plus besoin de m’anesthésier, j’ai enfin le sentiment d’être à ma place. Mais le hic, c’est que la machine est déjà lancée.

La nouvelle compagne de Charlotte comprend très vite que quelque chose ne tourne pas rond. Elle la prévient que si elle continue au rythme de douze litres de bière par jour, elle la quittera avant de la voir mourir. C’est à ce moment-là que le diagnostic d’alcoolisme est posé. Alors, Charlotte passe par une période de sevrage très douloureuse.

“La première fois sobre avec ma meuf, j’étais aussi effrayée que la toute première fois”

Charlotte questionne son rapport à la sexualité, ce qu’elle aime ou non, qui a été construit en partie par l’alcool. “C’est très chouette de se rappeler parfaitement le lendemain de ce qui s’est passé.” Cela fait trois ans maintenant que Charlotte ne boit plus : “J’ai retrouvé possession de moi, je sais qui je suis, j’ai retrouvé mon corps, ma sexualité, et un désir qui n’est pas dicté par l’alcool.

Louis a commencé à boire un peu, au collège, pour lutter contre l’anxiété et se désinhiber, notamment vis-à-vis des filles. Mais alcool et sexe n’avaient aucun lien dans la vie de Louis jusqu’à sa rupture avec la première fille dont il était très amoureux. Là, il commence à boire régulièrement avant de coucher avec des filles. “J’avais une crainte obsessionnelle de ne pas arriver à tenir longtemps, et qui m’obsédait tellement que j’en suis venue à me renseigner pour savoir comment éviter une éjaculation rapide. […] Et c’est cette peur de la performance qui a entraîné une consommation excessive d’alcool quand je rencontrais des gens.

“L’alcool permettait de faire taire cette anxiété de la performance”

C’est par l’épanouissement professionnel et la rencontre de son deuxième grand amour qu’ont disparu chez Louis le besoin d’alcool et la peur du manque de performance. Mais il n’y avait plus de plaisir mutuel.

Merci à Charlotte Peyronnet et à Louis. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Pauline Verduzier
  • Réalisation : Eric Lancien

Musique de fin : “my strange addiction”, Billie Eilish – Album : WHEN WE ALL FALL ASLEEP, WHERE DO WE GO? (2019)

Pour aller plus loin

  • Contextes des sexualités en France, une enquête sous la direction d’Armelle Andro, Nathalie Bajos et Caroline Moreau menée pour l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, par l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et Santé publique France.
  • L’essai de Charlotte Peyronnet, « Et toi, pourquoi tu bois ? » a été publié en janvier 2024 aux éditions Denoël.

En partenariat avec Libération

LNDT: @356. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 11/13 : Des genres plus fluides

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Élodie Font. Tandis que de plus en plus de personnes déclarent avoir pensé à changer de genre, Charlie, Yoann et Myrtille racontent comment iels en sont venus à s’identifier comme non binaire ou comme personne queer. Quels chemins iels ont pris pour oser s’affranchir de son genre de naissance.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

“Il faut que je montre qui je suis et que je sois fier.ère, parce que sinon je vais m’auto-détruire”

Charlie a 26 ans, iel est non-binaire et a grandi dans une petite ville de Seine-et-Marne. Son éducation sentimentale et sexuelle commence à l’adolescence, mais rapidement, Charlie comprend que le schéma hétéronormé, qu’iel découvre avec une certaine violence, ne lui correspond pas.

C’est à l’université que ses rencontres lui permettent de davantage se connaître et de s’interroger sur son identité de genre : “La première personne non-binaire que j’ai rencontré, j’en avais super peur. Je pense que quelque part, j’avais très peur des questions que ça me posait […] Mais c’est en me rapprochant de cette personne-là que j’ai pris conscience de qui j’étais. […] C’est devenu un peu plus concret dans ma tête. J’ai pu dire à mes amis proches : “Ok, si vous pouvez m’appeler Charlie maintenant, ce serait super cool.”

L’espace de liberté accordé par le monde adulte lui permet aussi de commencer à élargir son rapport à la sexualité et aux autres : “La première vraie relation que j’ai eue avec une fille, c’était à 21 ans. J’avais mis sur l’application non-binaire. On a emménagé ensemble après le premier confinement et six mois après, je ne me posais pas les 3000 questions que je me pose d’habitude. Ça s’était fait assez naturellement. Mais la sexualité n’est pas centrale dans la relation. On avait du mal à en parler au début. Et en fait, après, elle m’a dit oui. Je n’ai pas beaucoup d’expérience et je suis très impressionné.e. J’ai peur de mal faire et lui apprendre à construire ensemble”.

“Ça faisait dix ans que j’avais un masque sur le visage”

Yoann a 28 ans et se définit comme étant une personne queer. C’est lors d’un voyage à Londres lorsqu’iel était étudiant.e que la question du genre se pose pour la première fois. Un vertige lié à la solitude pousse Yoann à s’interroger sur sa sexualité, mais aussi sur la performance de genre que la société lui impose. Après des voyages et un travail thérapeutique, iel comprend que son sentiment de malaise prend racine dans son enfance et que le harcèlement dont il a été victime au collège refait surface.

J’étais victime de harcèlement scolaire, il y avait quelque chose qui dérangeait profondément mes camarades de classe. J’étais quelqu’un qui était perçu comme un garçon, mais qui était efféminé, explique Yoann. C’était la honte suprême d’être une pédale. J’ai vraiment mis en place une stratégie très claire : il était hors de question que j’y pense. Au bout d’un moment, je l’ai complètement oublié. Je n’en avais jamais parlé à qui que ce soit : ni à mes parents, à mes sœurs, à des amis.

C’est cet effacement traumatique qui déclenche chez Yoann une forte dysphorie. Identifier ce mal-être, en parler à ses proches et se genrer au masculin comme au féminin, lui permet de mieux vivre : “Maintenant, je considère que mon genre est une balance entre le masculin et le féminin. Je pars d’une balance avec beaucoup de masculin, du fait de mon assignation de naissance, et j’équilibre avec des attributs qui sont considérés comme féminins pour trouver un équilibre sur la balance du genre qui me correspond.

« Petit à petit, j’ai trouvé et exploré des choses qui sexuellement étaient satisfaisantes »

Myrtille a 32 ans, iel se définit comme non-binaire et lesbienne. Le sentiment de décalage avec le genre assigné à la naissance, iel le ressent dès l’enfance : « Avec ma petite robe et les collants blancs, j’ai l’impression d’être un peu un clown.« 

Au moment de l’entrée dans l’adolescence, le sentiment se confirme : « En grandissant, ce qu’on me proposait comme option, d’être une femme donc, n’allait pas du tout. Je commençais à avoir quinze ans : il y avait quelque chose qui se développait au niveau de la poitrine et je voyais un peu toutes mes amies qui avaient ce changement et qui étaient ravies de ce changement. Et il y avait une espèce d’excitation. Moi, au contraire, ça me laissait assez froid.” Myrtille. C’est en soirée queer qu’iel sociabilise et se fait des ami.e.s : « Il y a cette communauté qui se crée de soirée en soirée et je rencontre des filles avec qui on s’embrasse. On passe un très bon moment pendant la soirée, mais je n’ai pas envie de plus avec elles. Je n’ai pas envie de faire des choses sexuelles, ça ne me vient pas à l’esprit. »

C’est plus tard que Myrtille comprend que son désir est lié à sa connaissance de l’autre, mais aussi que son genre est plus complexe que ce que la société pense : « C’est vrai que je me sens ni homme ni femme. Si on me demande quel est mon genre, il y a un vide. Le langage crée deux cases et mon existence ne s’y trouve pas. »

À écouter : La fluidité du genre en littérature. Mademoiselle de Maupin ou la nostalgie de l’ambigu

Les Quadrithèmes de Charles DantzigÉcouter plus tard

2 min

Merci à Charlie, Yoann, Myrtille et Fanny. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Élodie Font
  • Réalisation : Eric Lancien

Musique de fin : « It must change », ANOHNI feat. Antony & The Johnsons

Pour aller plus loin

  • Contextes des sexualités en France, une enquête sous la direction d’Armelle Andro, Nathalie Bajos et Caroline Moreau menée pour l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, par l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et Santé publique France.
  • L’ouvrage À nos désirs d’Élodie Font est publié aux éditions de la Déferlante.

En partenariat avec Libération

LNDT: @355. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 10/13 : Sexualité : oser dire quand ça fait mal

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Élodie Font et Pauline Verduzier. Où on comprend que proportion des femmes déclarant des dysfonctions sexuelles est en augmentation. Elles osent dire qu’elles ont mal, consulter des spécialistes, mettre un nom sur leurs douleurs et réapprendre à faire du sexe différemment.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Les rapports sexuels d’Alix avec son compagnon étaient très épanouis au début, même si elle ne jouissait qu’à condition de se masturber elle-même.

Lorsque le couple part de Liège pour s’installer à Bruxelles et y chercher un emploi, Alix sent que ce changement affecte directement sa libido et la fréquence de leurs rapports sexuels. Un jour, lors d’une pénétration, Alix ressent une douleur : “ça pique, comme si on utilisait du papier de verre. D’abord, je n’y fais pas attention. Et en fait ça se répète à chaque fois, ça pique à la fin, ça pique de plus en plus tôt, ça pique de plus en plus fort.

“Et moi, je ne dis rien, je serre les dents, j’attends juste qu’il jouisse”

La douleur est terrible, mais Alix refuse de le faire transparaître. Après un an où Alix “crève de mal”, elle se décide à le dire à son compagnon, qui tombe des nues. “Mettre des mots sur ma douleur, c’était reconnaître que j’avais un problème, et qu’allait s’amorcer un parcours qui serait difficile.” Alix. La gynécologue qui la reçoit lui diagnostique une infection, mais surtout des lésions à l’entrée du vagin.

La douleur persiste, et Alix constate que son rapport aux relations intimes est profondément altéré, que sa libido n’est pas suffisante pour recommencer.

« Deux ans après l’apparition des symptômes, une amie à qui je me confie me parle de vaginisme. »

Elle consulte psychologues et sexologues, mais c’est une amie qui lui parle pour la première fois du vaginisme, une contraction involontaire du périnée. C’est le début de l’apaisement pour Alix, alors suivie par une équipe médicale d’une clinique spécialisée.

Elle poursuit un travail thérapeutique pour trouver les raisons de son rapport désormais très complexe à la sexualité, qu’elle associe à la douleur, au déplaisir, au fait de se forcer. “C’est une démarche très longue qui s’est étalée sur des mois, voire des années. […] J’ai exploré des choses profondément enfouies que je n’avais jamais eu le courage de regarder en face.”

La solution, pour Alix et son compagnon, a été d’ouvrir leur couple. “Je me suis rendu compte que je ne pourrai par me réapproprier mon corps et ma sexualité avec mon compagnon, explique-t-elle. Donc, je lui ai présenté l’idée de couple libre.” Depuis deux ans, Alix et son copain ont plusieurs partenaires sexuels et ils sont “toujours aussi fous amoureux”.

Maxine était cheffe de projet en Suisse jusqu’en février 2024. En couple depuis plusieurs années, elle menait une vie idéale en apparence, mais avait un peu l’impression de “courir après quelque chose” sans vraiment savoir quoi. C’est en rentrant d’un voyage en Malaisie qu’elle commence à ressentir des douleurs terribles au niveau de sa vessie. Les médecins n’identifient aucune anomalie. Son urologue lui dit de changer de travail. “Ça ne m’aidait pas. Je souffrais depuis plusieurs mois, et les relations avec mon copain étaient devenues compliquées.”

“J’avais peur de le perdre. J’avais l’impression de ne plus remplir ma mission de femme au sein du couple”

Car Maxine et son compagnon ne peuvent plus faire l’amour, la douleur est trop forte. Avec bienveillance, le compagnon de Maxine lui assure qu’il faut d’abord qu’elle prenne soin d’elle, ce qui l’aide à lâcher prise. Finalement, les médecins diagnostiquent à Maxine un “syndrome douloureux pelvien chronique à départ vésical”, une douleur qui n’indique pas forcément l’existence d’une maladie.

Comme Alix, Maxine comprend, grâce au travail effectué avec sa psychologue et son psychiatre, que ces douleurs ont une cause psychosomatique : “L’élément déclencheur a été l’infection urinaire, mais elles proviennent surtout d’un stress post-traumatique, peut-être lié au travail, peut-être lié à l’enfance.” Les douleurs de Maxine diminuent lorsqu’elle commence à faire des choses seule : partir en week-end, marcher de nombreux kilomètres… C’est aussi depuis qu’elle a désacralisé les rapports sexuels dans le couple et qu’elle communique avec plus de transparence sur son ressenti au cours de ces rapports.

Merci à Alix et Maxine. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Élodie Font et Pauline Verduzier
  • Réalisation : Somaya Dabbech

Musique de fin : “A Minha Menina”, Os Mutantes – Album : Os Mutantes (1968)

Pour aller plus loin

Contextes des sexualités en France, une enquête sous la direction d’Armelle Andro, Nathalie Bajos et Caroline Moreau menée pour l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, par l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et Santé publique France.

En partenariat avec Libération.

LNDT: @354. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 9/13 : Faire l’amour ou pas, le sexe sans pression

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Pauline Chanu. Où on s’aperçoit que la fréquence des rapports sexuels a baissé en vingt ans. Et on comprend que ce changement est parfois un soulagement pour certain.e.s. et un gage de qualité pour d’autres.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Christophe remarque dès le collège qu’il s’intéresse moins à la sexualité que ses camarades de classe. Il a peu de souvenirs de ses premières relations sexuelles, rares et pas vraiment transcendantes. “Depuis longtemps, j’ai la croyance que j’ai des problèmes avec la sexualité, et que ça se manifeste par l’éjaculation précoce.” Christophe.

Lorsqu’il rencontre, sur un site de rencontres, celle qui deviendra son épouse, Christophe est à la recherche d’une relation amoureuse. “On est allé boire un verre, on s’est plu et on est rentré chez moi. Je pense que rencontrer un gars qui l’invite, sans aller plus loin, c’était déjà un peu atypique pour elle.” Christophe.

S’ils se revoient régulièrement, leurs rapports sexuels sont toujours assez courts, et Christophe sent que les attentes de sa partenaire ne sont pas satisfaites. Il consulte psychothérapeutes et sexologues. Conclusion : Christophe n’a pas de désir sexuel. La nouvelle passe assez mal auprès de sa compagne. “Elle a eu l’impression que je n’étais pas sincère, que je me foutais d’elle ou que j’étais un homosexuel dans le déni”, Christophe.

“L’absence de désir sexuel n’empêche par l’amour. Ce sont vraiment deux choses différentes”.

Christophe se reconnaît tout à fait dans le terme “d’asexualité”. Les personnes asexuelles ne ressentent pas de désir sexuel, mais peuvent avoir des sentiments et des attirances, des “élans” vers les personnes. “Ça, ça m’a parlé.” Christophe.

À l’adolescence, Juliette était curieuse de découvrir le sexe. Après sa première fois, elle “multiplie le nombre de partenaires” avec qui elle couche, pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’elle s’en lasse. “J’étais incapable d’avoir des relations sérieuses parce que j’avais peur. Ces nuits passées avec un inconnu, ça flatte l’ego sur le moment, mais en fait le lendemain, je me rendais compte que ça suffisait pas.” Juliette.

“Je n’arrivais pas à me dire que tout le monde pouvait ne pas avoir envie de coucher avec tout le monde tout le temps.”

Les rapports sexuels de Juliette sont plus espacés, elle s’intéresse plus à la personne avec qui elle couche, au-delà du physique. Elle est “toujours ouverte au fait d’avoir des partenaires sexuels, mais en nombre moindre, pour être plus à même de dire mes limites et mes envies, et que ce soit plus qualitatif.” Juliette.

Margot perçoit le sexe comme une sorte d’injonction, un reflet de la “santé” du couple. Si bien qu’elle est particulièrement attentive à la fréquence de ses relations sexuelles : lorsqu’elle et son copain n’ont pas de rapports sexuels pendant plusieurs semaines, Margot questionne la légitimité de son couple et l’intensité de son amour.

“Avec certaines copines, on peut parler un peu de la baisse de fréquence de rapports sexuels en couple, mais en se disant que ça ne va pas durer.”

En même temps, elle reconnaît qu’elle n’a pas toujours envie, ou qu’elle se met la pression pour coucher avec son copain. “J’ai souvent l’impression que je le fais parce qu’il faut le faire. […] Je me dis que parfois j’aurais juste envie de préliminaires et qu’en fait la pénétration, c’est pas obligatoire. Mais je n’arrive pas à me l’appliquer.” Margot. Si elle admet aujourd’hui qu’elle ne veut pas se forcer à avoir plus de rapports sexuels, Margot aimerait “trouver son rythme”, sans se fier aux normes et injonctions.

Merci à Juliette, Christophe et Margot. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Pauline Chanu
  • Réalisation : Sylvain Richard

Musique de fin : “Amoureux”, Rob, Jack Lahana & Sébastien Tellier – Album : Summercamp (2023)

Pour aller plus loin

  • Contextes des sexualités en France, une enquête sous la direction d’Armelle Andro, Nathalie Bajos et Caroline Moreau menée pour l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, par l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et Santé publique France.

En partenariat avec Libération

LNDT: @353. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 8/13 : Des hommes à la découverte du plaisir féminin

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Élodie Font et Sophie Simonot. “J’ai découvert qu’il y avait quelqu’un au bout de ma queue” : avec Jordan et Guillaume, deux histoires surprenantes qui confirment l’intérêt croissant des hommes pour le plaisir féminin, un domaine jusque-là bien mystérieux à leurs yeux.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Pour les dix-huit ans de Jordan, le meilleur ami de son père lui offre une bière, une capote et un filtre à cigarette, des objets qui représentent sa définition de l’homme. Parce qu’un homme, “ça boit, ça fume, ça baise”. Jordan conçoit d’abord les relations sexuelles comme devant être centrées sur la pénétration, permettant l’atteinte du fameux “point G”.

“Le clitoris était pour moi un petit point vague sur un livre de biologie.”

Si bien qu’il se prend une “claque phénoménale” lorsqu’il demande pour la première fois à sa compagne si elle a des orgasmes lors de leurs relations sexuelles, et qu’elle lui répond que non. Leurs rapports changent alors drastiquement : “Je me suis dit qu’on ne pouvait pas continuer comme ça. On est reparti sur des ébats complètement différents avec plus de caresses, de baisers. Et de la voir changer de bruit, de mouvement, d’accentuer et de voir l’explosion, tu te dis ah oui d’accord.” Jordan. Il constate la diversité des clitoris, un changement qui le déstabilise et l’oblige à chercher toujours un peu pour trouver le bon endroit.

“Est-ce qu’elle aime plus si je fais des ronds, des huit, si je touche, si je chatouille ?”

La tendresse ne faisait pas partie des relations charnelles telles que Guillaume se les imaginait. Influencé par le porno, il a longtemps associé sexe et performance. Mais sa confiance en lui dans ce domaine est ébranlée lorsqu’il intègre le milieu des pompiers : “Je me suis rendu compte que ce que je voyais dans les films, ça se passait dans les casernes en vrai. […] Quand tu ne vas pas en soirée, t’es dans la case des loosers, tu fais même honte.

Avec sa première femme, Guillaume “prend son pied” lors de leurs rapports. Il vente ses performances sexuelles auprès des autres et ne lui demande jamais si elle jouit. Une fois où il lui touche les seins, sa compagne le regarde, met ses mains sur son torse et lui secoue les pectoraux en lui disant “tu crois que ça donne envie ça ?”. “Et là, j’étais mal. Elle m’avait humilié. Mais à ce moment-là, pour moi, le problème, c’est elle, pas moi.

LNDT: @352. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 7/13 : Plus de relations lesbiennes

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Élodie Font. Un nombre relativement important de femmes déclarent désormais avoir eu des relations sexuelles avec des femmes. Emma a mis dix ans à l’assumer. Annie fait partie des “lesbiennes tardives”. Margo parle d’une sexualité qui lui colle à la peau.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français. Dans ce nouvel épisode, on s’intéresse au lesbianisme des plus et moins jeunes.

Emma avait 17 ans lorsque, en couple avec un garçon, elle développe une amitié très fusionnelle avec une fille de sa classe. “Tous les jours, pendant trois mois, on s’écrit sur une feuille A4 chacune son tour. Je me rends bien compte que ce n’est pas une amitié traditionnelle.” Un jour, elles s’enlacent, puis s’embrassent : “C’est merveilleux. C’est doux, très chaud, ça explose dans ma tête. […] Je ressens comme un déclic dans le bas du corps, qui est en feu. C’est du désir brut.

“J’étais complètement consciente qu’il y avait des personnes homosexuelles, mais je ne pensais pas que ça m’arriverait à moi”

L’amour est passionnel. En autres parce que les familles des deux femmes ont du mal à accepter cette relation. “Tous ces interdits nous font fusionner. À partir du moment où l’on se voit, on se manque déjà.” Des interdits qui, malgré tout, empêchent d’envisager un amour au long court, car l’environnement y est trop hostile.

Après cette première histoire, Emma comprend qu’elle peut être amoureuse d’autres femmes. Se pose alors la question de la sexualité lesbienne. “Qu’est-ce que je suis censée faire dans un lit avec une femme ? Personne ne me l’a dit, personne ne m’en a jamais parlé. Je n’ai jamais rien vu à la télévision. Tout est à inventer. […] Du fait d’une absence de repère, cette sexualité n’en était pas une. »

Anne, 55 ans, s’est aussi posée ces questions lorsqu’elle couche pour la première fois avec une femme, après s’être séparée de son mari. Elle s’était installée très jeune chez celui qui deviendra le père de son enfant. Mais grâce à la psychanalyse, elle se rend compte de son homosexualité : “C’est comme une vague qui te submerge de l’intérieur, sans pouvoir la contenir. Je ne m’imaginais qu’avec une femme, et je ne pouvais plus vivre comme ça.

Après la séparation d’avec son mari, Anne s’inscrit sur un site de rencontres. Une femme avec qui elle discute lui conseille de cacher le fait qu’elle n’a jamais couché avec des femmes.

“En tant que “lesbiennes tardives” on se pose la question de notre légitimité, est-ce qu’on est des “vraies” lesbiennes ?”

Chaque fois que Margo ressent quelque chose pour une nouvelle femme, c’est toujours très épidermique. Un désir si fort qu’il a provoqué la rupture avec Marine, lorsque Margo a rencontré Caroline. “Ça m’a paumé parce que je me suis laissée embarquer par un désir corporel pour Caroline, alors que j’aimais encore Marine.

“Les premières fois où j’ai ressenti des choses fortes pour des femmes, ça m’a dépassée tellement c’était puissant”

Margo décrit sa sexualité non verbale, le charme du laisser-aller au corps de l’autre de manière spontanée et instinctive. Et évoque sa difficulté à supporter les personnes qui préfèrent être dans le contrôle total. “Je suis vachement liée aux odeurs. C’est un sens vachement important pour moi dans la sexualité et la sensualité.

Merci à Emma, Margo et Anne. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Elodie Font
  • Réalisation : Somaya Dabbech

Musique de fin : “Lunch”, Billie Eilish – Album : Hit Me Hard and Soft (2024)