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LNDT: @354. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 9/13 : Faire l’amour ou pas, le sexe sans pression

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Pauline Chanu. Où on s’aperçoit que la fréquence des rapports sexuels a baissé en vingt ans. Et on comprend que ce changement est parfois un soulagement pour certain.e.s. et un gage de qualité pour d’autres.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Christophe remarque dès le collège qu’il s’intéresse moins à la sexualité que ses camarades de classe. Il a peu de souvenirs de ses premières relations sexuelles, rares et pas vraiment transcendantes. “Depuis longtemps, j’ai la croyance que j’ai des problèmes avec la sexualité, et que ça se manifeste par l’éjaculation précoce.” Christophe.

Lorsqu’il rencontre, sur un site de rencontres, celle qui deviendra son épouse, Christophe est à la recherche d’une relation amoureuse. “On est allé boire un verre, on s’est plu et on est rentré chez moi. Je pense que rencontrer un gars qui l’invite, sans aller plus loin, c’était déjà un peu atypique pour elle.” Christophe.

S’ils se revoient régulièrement, leurs rapports sexuels sont toujours assez courts, et Christophe sent que les attentes de sa partenaire ne sont pas satisfaites. Il consulte psychothérapeutes et sexologues. Conclusion : Christophe n’a pas de désir sexuel. La nouvelle passe assez mal auprès de sa compagne. “Elle a eu l’impression que je n’étais pas sincère, que je me foutais d’elle ou que j’étais un homosexuel dans le déni”, Christophe.

“L’absence de désir sexuel n’empêche par l’amour. Ce sont vraiment deux choses différentes”.

Christophe se reconnaît tout à fait dans le terme “d’asexualité”. Les personnes asexuelles ne ressentent pas de désir sexuel, mais peuvent avoir des sentiments et des attirances, des “élans” vers les personnes. “Ça, ça m’a parlé.” Christophe.

À l’adolescence, Juliette était curieuse de découvrir le sexe. Après sa première fois, elle “multiplie le nombre de partenaires” avec qui elle couche, pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’elle s’en lasse. “J’étais incapable d’avoir des relations sérieuses parce que j’avais peur. Ces nuits passées avec un inconnu, ça flatte l’ego sur le moment, mais en fait le lendemain, je me rendais compte que ça suffisait pas.” Juliette.

“Je n’arrivais pas à me dire que tout le monde pouvait ne pas avoir envie de coucher avec tout le monde tout le temps.”

Les rapports sexuels de Juliette sont plus espacés, elle s’intéresse plus à la personne avec qui elle couche, au-delà du physique. Elle est “toujours ouverte au fait d’avoir des partenaires sexuels, mais en nombre moindre, pour être plus à même de dire mes limites et mes envies, et que ce soit plus qualitatif.” Juliette.

Margot perçoit le sexe comme une sorte d’injonction, un reflet de la “santé” du couple. Si bien qu’elle est particulièrement attentive à la fréquence de ses relations sexuelles : lorsqu’elle et son copain n’ont pas de rapports sexuels pendant plusieurs semaines, Margot questionne la légitimité de son couple et l’intensité de son amour.

“Avec certaines copines, on peut parler un peu de la baisse de fréquence de rapports sexuels en couple, mais en se disant que ça ne va pas durer.”

En même temps, elle reconnaît qu’elle n’a pas toujours envie, ou qu’elle se met la pression pour coucher avec son copain. “J’ai souvent l’impression que je le fais parce qu’il faut le faire. […] Je me dis que parfois j’aurais juste envie de préliminaires et qu’en fait la pénétration, c’est pas obligatoire. Mais je n’arrive pas à me l’appliquer.” Margot. Si elle admet aujourd’hui qu’elle ne veut pas se forcer à avoir plus de rapports sexuels, Margot aimerait “trouver son rythme”, sans se fier aux normes et injonctions.

Merci à Juliette, Christophe et Margot. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Pauline Chanu
  • Réalisation : Sylvain Richard

Musique de fin : “Amoureux”, Rob, Jack Lahana & Sébastien Tellier – Album : Summercamp (2023)

Pour aller plus loin

  • Contextes des sexualités en France, une enquête sous la direction d’Armelle Andro, Nathalie Bajos et Caroline Moreau menée pour l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, par l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et Santé publique France.

En partenariat avec Libération

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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