woman in leopard print panty sitting on bed

LNDT: @355. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 10/13 : Sexualité : oser dire quand ça fait mal

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Élodie Font et Pauline Verduzier. Où on comprend que proportion des femmes déclarant des dysfonctions sexuelles est en augmentation. Elles osent dire qu’elles ont mal, consulter des spécialistes, mettre un nom sur leurs douleurs et réapprendre à faire du sexe différemment.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Les rapports sexuels d’Alix avec son compagnon étaient très épanouis au début, même si elle ne jouissait qu’à condition de se masturber elle-même.

Lorsque le couple part de Liège pour s’installer à Bruxelles et y chercher un emploi, Alix sent que ce changement affecte directement sa libido et la fréquence de leurs rapports sexuels. Un jour, lors d’une pénétration, Alix ressent une douleur : “ça pique, comme si on utilisait du papier de verre. D’abord, je n’y fais pas attention. Et en fait ça se répète à chaque fois, ça pique à la fin, ça pique de plus en plus tôt, ça pique de plus en plus fort.

“Et moi, je ne dis rien, je serre les dents, j’attends juste qu’il jouisse”

La douleur est terrible, mais Alix refuse de le faire transparaître. Après un an où Alix “crève de mal”, elle se décide à le dire à son compagnon, qui tombe des nues. “Mettre des mots sur ma douleur, c’était reconnaître que j’avais un problème, et qu’allait s’amorcer un parcours qui serait difficile.” Alix. La gynécologue qui la reçoit lui diagnostique une infection, mais surtout des lésions à l’entrée du vagin.

La douleur persiste, et Alix constate que son rapport aux relations intimes est profondément altéré, que sa libido n’est pas suffisante pour recommencer.

« Deux ans après l’apparition des symptômes, une amie à qui je me confie me parle de vaginisme. »

Elle consulte psychologues et sexologues, mais c’est une amie qui lui parle pour la première fois du vaginisme, une contraction involontaire du périnée. C’est le début de l’apaisement pour Alix, alors suivie par une équipe médicale d’une clinique spécialisée.

Elle poursuit un travail thérapeutique pour trouver les raisons de son rapport désormais très complexe à la sexualité, qu’elle associe à la douleur, au déplaisir, au fait de se forcer. “C’est une démarche très longue qui s’est étalée sur des mois, voire des années. […] J’ai exploré des choses profondément enfouies que je n’avais jamais eu le courage de regarder en face.”

La solution, pour Alix et son compagnon, a été d’ouvrir leur couple. “Je me suis rendu compte que je ne pourrai par me réapproprier mon corps et ma sexualité avec mon compagnon, explique-t-elle. Donc, je lui ai présenté l’idée de couple libre.” Depuis deux ans, Alix et son copain ont plusieurs partenaires sexuels et ils sont “toujours aussi fous amoureux”.

Maxine était cheffe de projet en Suisse jusqu’en février 2024. En couple depuis plusieurs années, elle menait une vie idéale en apparence, mais avait un peu l’impression de “courir après quelque chose” sans vraiment savoir quoi. C’est en rentrant d’un voyage en Malaisie qu’elle commence à ressentir des douleurs terribles au niveau de sa vessie. Les médecins n’identifient aucune anomalie. Son urologue lui dit de changer de travail. “Ça ne m’aidait pas. Je souffrais depuis plusieurs mois, et les relations avec mon copain étaient devenues compliquées.”

“J’avais peur de le perdre. J’avais l’impression de ne plus remplir ma mission de femme au sein du couple”

Car Maxine et son compagnon ne peuvent plus faire l’amour, la douleur est trop forte. Avec bienveillance, le compagnon de Maxine lui assure qu’il faut d’abord qu’elle prenne soin d’elle, ce qui l’aide à lâcher prise. Finalement, les médecins diagnostiquent à Maxine un “syndrome douloureux pelvien chronique à départ vésical”, une douleur qui n’indique pas forcément l’existence d’une maladie.

Comme Alix, Maxine comprend, grâce au travail effectué avec sa psychologue et son psychiatre, que ces douleurs ont une cause psychosomatique : “L’élément déclencheur a été l’infection urinaire, mais elles proviennent surtout d’un stress post-traumatique, peut-être lié au travail, peut-être lié à l’enfance.” Les douleurs de Maxine diminuent lorsqu’elle commence à faire des choses seule : partir en week-end, marcher de nombreux kilomètres… C’est aussi depuis qu’elle a désacralisé les rapports sexuels dans le couple et qu’elle communique avec plus de transparence sur son ressenti au cours de ces rapports.

Merci à Alix et Maxine. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Élodie Font et Pauline Verduzier
  • Réalisation : Somaya Dabbech

Musique de fin : “A Minha Menina”, Os Mutantes – Album : Os Mutantes (1968)

Pour aller plus loin

Contextes des sexualités en France, une enquête sous la direction d’Armelle Andro, Nathalie Bajos et Caroline Moreau menée pour l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, par l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et Santé publique France.

En partenariat avec Libération.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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