Un Podcast de Radio France (25′)
Des programmes d’éducation sexuelle sont régulièrement mis en place à l’école pour prévenir les violences et offrir des repères aux jeunes. Mais leur mise en œuvre continue de susciter des réticences, signe d’un malaise plus profond autour du rôle de l’école dans l’apprentissage de l’intime.
Avec
- Yaëlle Amsellem-Mainguy, sociologue, chargée d’études et de recherche à l’Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire (Injep)
Le programme EVARS, appliqué dès la rentrée, prévoit trois séances annuelles sur la vie affective, relationnelle et sexuelle, de la maternelle au lycée. Selon l’âge, on y aborde les émotions, le consentement, la puberté ou encore les stéréotypes de genre. L’objectif : mieux informer et prévenir les violences. Mais comme souvent sur ces sujets, des résistances apparaissent. Certains redoutent une intrusion dans l’éducation familiale, d’autres y voient une orientation idéologique. Ces réactions traduisent moins un rejet qu’un inconfort : la question de l’intime reste difficile à partager entre école, famille et autres espaces de socialisation. Pourtant, les jeunes s’informent déjà ailleurs, auprès de leurs amis, sur les réseaux sociaux, avec de fortes inégalités selon le milieu social ou le genre. L’école pourrait contribuer à réduire ces écarts, à condition qu’on lui donne les moyens et la légitimité d’aborder ces sujets.