LNDT: @29. Comment bien choisir parmi l’ensemble des psychothérapies certifiées ?

Psychopraticien(ne), quésaco?

COMMENT BIEN CHOISIR ?

Pour tous et toutes les futur(e)s patient(e)s qui, submergé(e)s par les événements traumatiques de la vie, décident de commencer un travail sur soi et ne savent pas quelle méthode choisir parmi le gigantesque éventail des possibles thérapies, voici un extrait de « Ma bible des psychothérapies » de Jean-Luc Colia aux Éditions Leduc.S Pratique, qui vous permettra, tout d’abord, de découvrir ma pratique: psychothérapeute en analyse transactionnelle, puis dans un second temps les autres pratiques.

« Comme les autres professionnels (psychiatres, psychanalystes, psychologues), le psychopraticien certifié FF2P est un professionnel de la relation d’aide, dont la pratique s’exerce dans le champ de la psychothérapie (…) Mais il se différencie des autres métiers du même domaine par sa pratique particulière, définie par une méthode (…) La particularité de l’accompagnement du psychopraticien est de considérer le client comme acteur et co-créateur de son processus de changement (…) À partir de ce qui se passe dans l’ici et maintenant de la rencontre, le psychopraticien fait preuve d’une grande qualité de présence lui permettant d’être attentif à la globalité de ce que la personne lui donne à voir (…) Il s’appuie sur une formation solide et sur sa méthode spécifique, ainsi que sur son parcours thérapeutique personnel, pour permettre au client de trouver ses propres réponses, ses ressources personnelles, son potentiel, afin qu’il relance un processus de croissance, d’autonomie et de créativité (…) C’est un professionnel compétent, soucieux de l’éthique (…) Durant tout son exercice professionnel, il fera contrôler sa pratique par un autre professionnel formé à la supervision, condition indispensable à un travail de qualité (…) À cet effet, il s’engage à respecter le Code de déontologie de la FF2P. »

Les autres pratiques?

Le psychiatre

Le psychiatre est un médecin, diplômé de la faculté de médecine. De part son statut donc, il est le seul habilité à prescrire des médicaments comme les antidépresseurs ou les anxiolytiques. Son rôle principal est de proposer un accompagnement aux personnes souffrant de pathologies mentales. Il n’a pas l’obligation d’avoir lui-même suivi une psychothérapie.

Le psychologue

Un psychologue est titulaire d’un diplôme universitaire de niveau master 2 (ex DESS). Il peut se spécialiser dans plusieurs domaines : la psychologie sociale, du travail, de l’éducation, clinique etc. C’est dans le cadre de la spécialisation en psychologie clinique qu’un psychologue effectue des entretiens, des diagnostics, des bilans et des tests. Comme pour les psychiatres, les psychologues ne sont pas dans l’obligation de suivre une psychothérapie personnelle pour obtenir leur diplôme d’Etat et accompagner des patients en psychothérapie.

Le psychanalyste

Le psychanalyste est, soit un psychiatre ou un psychologue, ou soit quelqu’un qui a suivi une formation dans une école psychanalytique ou dans le cadre de l’une des sociétés de psychanalyse. Trois conditions préalables au métier de psychanalyste : l’exigence première est d’avoir complété sa propre psychanalyse, ensuite, il doit commencer à pratiquer les analyses sous le regard d’un analyste superviseur ou d’un groupe d’analystes et enfin, il doit entreprendre un travail clinique et théorique continu pour compléter sa formation. C’est une cure à long terme (entre cinq à dix ans ). Le psychanalyste ne se place pas en interaction directe avec son patient. Le patient est invité à s’étendre sur un divan et à exprimer tout ce qui arrive à sa pensée.

Le psychothérapeute

Désormais, le titre de psychothérapeute est protégé. Aujourd’hui, un psychothérapeute doit être formé à la psychopathologie clinique. Il n’est pas nécessairement spécialisé dans l’une des méthodes en psychothérapie ou en psychanalyse. Ainsi, depuis la loi d’août 2009 et le décret de mai 2010, le titre de psychothérapeute est réservé aux :

  • Psychiatres
  • Médecins qui ont effectué des stages en ce sens,
  • Psychanalystes et psychologues qui ont effectué des formations complémentaires,
  • Psychothérapeutes, qui pratiquaient déjà depuis cinq avant cette loi et qui sont passés devant une commission.

Extrait de « Ma bible des psychothérapies ». Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse.

LNDT: @28. Première consultation avec un psychothérapeute. Que va-t-il se passer ?

Vous raccrochez votre téléphone et éprouvez une forte émotion. C’est tout à fait normal car vous venez de prendre rendez-vous avec un psychothérapeute. Même si vous savez votre démarche utile et positive, car ainsi vous prenez soin de vous, c’est pour vous, une situation peu habituelle et donc stressante. D’ailleurs, vous avez longuement hésité avant de prendre ce rendez-vous. Il est donc tout à fait normal d’être nerveux face à une personne que vous ne connaissez pas et qui va vous poser des questions tant sur le plan personnel qu’émotionnel. Mais surtout à qui vous êtes censé répondre avec honnêteté.

Pour aborder avec calme votre premier rendez-vous, voici certaines de mes questions fréquemment évoquées avec les patients lors de leurs toutes premières séances et pourquoi je les pose. Ainsi, vous découvrirez dans cet article ce qui vous aidera pour débuter votre psychothérapie sans stress.

1. Quels sont les problèmes ou bien les facteurs de stress qui vous amènent à vouloir suivre une thérapie maintenant ?

Photo de Mariana Montrazi sur Pexels.com

Après vous avoir demandé vos coordonnées, vos traitements médicamenteux en cours, et si vous avez, dans le passé, suivie une psychothérapie, je vous inviterai à me communiquer les raisons de votre présence dans mon cabinet de psychothérapie. Je souhaite savoir quel est (ou quels sont les) l’évènement(s) dans votre vie qui selon vous, vous amène à consulter maintenant : un deuil, une séparation difficile, un conflit au travail ou dans votre famille, une addiction ou bien encore un secret… tout changements majeurs insupportables qui vous pousseraient à vous faire accompagner pour y faire face.

2. Avant de vous décider à venir en psychothérapie, comment avez-vous fait pour gérer vos problèmes ?

Photo de Evelyn Chong sur Pexels.com

Cette seconde question me permet de comprendre comment vous vous y êtes pris pour affronter, sans aide extérieure, vos problèmes ou les facteurs de stress. Vous êtes vous dirigé un temps vers la méditation pour faire face à vos émotions difficiles? vers une activité physique et sportive pour évacuer le trop plein de stress ? Ou bien avez vous débuté ou amplifié des habitudes de consommation excessive de psychotropes, comme l’alcool ou les drogues ? Vos réponses me permettront de connaître vos ressources afin de les utiliser lors de votre thérapie et aussi de connaître vos mécanismes de défenses qui pourraient accentuer votre problème.

3. Avez-vous déjà suivi une thérapie avant de venir me consulter ?

Si vous avez, par le passé, déjà suivi une thérapie, vous avez certainement été sensible, lors de vos consultations passées, à certaines choses plus que d’autres. Je peux alors utiliser ces informations dans votre thérapie et compléter cette troisième question par les interrogations suivantes: En quoi cette ancienne thérapie s’est elle révélée positive (ou bien négative) ? Si elle s’est trouvée être une expérience négative, expliquez moi, selon vous, pourquoi ? Enfin, que désirez vous faire de différent maintenant ?

Ce n’est pas le cas et c’est alors votre première psychothérapie. Je consacre alors un peu plus de temps à vous expliquer le fonctionnement du processus thérapeutique dans lequel vous allez vous engager et je vous invite à me poser toutes les questions utiles à satisfaire votre curiosité.

4. Comment décririez-vous votre enfance au sein de votre famille ?

Grâce à la description de votre enfance et de vos attitudes au sein de votre famille à cette période, vous me donnez des indices précieux pour mieux appréhender la personne que vous êtes maintenant. Le type de relation que vous entretenez et développez aujourd’hui, est fréquemment en lien avec certaines attentes de votre entourage de l’époque. Mais sont-elles, aujourd’hui encore, utiles ?

Souvent, les raisons qui poussent certaines personnes à démarrer une thérapie sont issues de leur volonté de mieux se connaître pour comprendre leurs relations avec les autres. C’est pourquoi, il est important d’explorer son passé pour comprendre son présent et mieux appréhender son futur.

5. Avez-vous déjà eu l’esprit traversé par des idées noires ?

Cette question peut vous paraître indélicate de ma part et faire resurgir des émotions fortes. Néanmoins, il est important que je connaisse ces informations pour considérer l’envergure de la situation que vous supportez. Suicide, auto-mutilation… Grâce à votre réponse, je jaugerai mieux de l’urgence de votre démarche thérapeutique et du niveau de soin approprié.

6. Comment décririez vous vos liens avec votre entourage ?

L’isolement social peut être source de conséquences sur votre santé physique et mentale. Il est donc important que je sache si votre réseau est développé et si vous pouvez compter sur lui pour l’amélioration de votre bien-être psychologique.

7. Qu’espérez-vous transformer avec cette thérapie ?

C’est important de passer, ensemble, le temps nécessaire sur cette question et je serai attentif à vous aider pour apporter de la précision à votre réponse. Pour cela, je peux être amené, par exemple, à vous demander, « Quels seraient, selon vous, les preuves de votre changement ? ». Des intentions concrètes et réalisables me permettent de suivre votre transformation et d’évaluer l’efficacité de la thérapie.

Mais aussi…

Sachez que vous parlerez beaucoup

Lors du premier rendez-vous, je pose beaucoup de questions généralement « ouvertes », pour vous mettre à l’aise et vous permettre de me dire ce que vous souhaitez que je sache. Vous pouvez donc vous attendre à parler plutôt qu’à écouter durant une bonne partie de la séance. N’oubliez pas que si vous voulez que je sache quelque chose, il est préférable de me le dire.

Sachez qu’il est normal de ne pas être à l’aise dès la première séance.

Il est normal d’avoir besoin de plus de temps avant d’établir une relation sereine et de confiance avec moi. Confiance qui vous permettrez d’aborder des problèmes très personnels ou des traumatismes passés. Pour vous aider, demandez-vous ce que vous attendez d’un psychothérapeute. Interrogez-vous sur la manière dont vous aimeriez que se déroulent vos séances. Informez moi, si vous ne souhaitez pas aborder tout de suite un sujet en particulier afin que je sache comment travailler avec vous lors des séances prochaines.

LNDT: @26. La Médiation Audio & Visuelle (Part-2) – À l’épreuve de cas concrets.

Michel Akrich 2021-03-13

Et plus concrètement ?

Voici un exemple concret qui explique comment je procède. Je le donne dans cet article, non pas pour être modélisant mais pour vous inviter à créer le votre, car le sur-mesure dans ce style d’intervention est de rigueur.

Le contexte:

Le commanditaire, responsable d’une entreprise d’aide à domicile,  constate qu’il a un grave problème de communication et de compréhension avec une de ses équipes. Sa demande est, je cite: “Que j’aide l’équipe à exprimer son problème et à trouver la solution adéquate pour le dépasser”.

Je constate à force d’échanges que le besoin non exprimé est un besoin de reconnaissance de l’équipe.

Il se trouve que dans mon film “MÉTAMORPHOSE, LA PUISSANCE DE TOUS LES POSSIBLES”, il existe une séquence qui traite de ce sujet. Exceptionnellement, je propose de la montrer à l’équipe pour qu’elle observe comment il est abordé par d’autres.

La séquence utilisée de Métamorphose, débute à 30’30’’ et se termine à 41’33’’ dans la version 52’:

Dans cette séquence, les spectateurs sont face à une insatisfaction importante de la part de tous les membres d’une équipe suite à la mise en place, dans la structure, du concept managériale: les équipes autonomes. Deux personnes osent le dénoncer plus que toutes les autres et il se trouve qu’elles sont aussi les deux auxiliaires de vie les plus investies dans le projet d’autonomie.

Antoine est le responsable de la structure. Il est aussi l’initiateur de ce nouveau concept de management qui déstabilise l’organisation interne.

Dans  la séquence choisie, Antoine se trouve seul devant cette équipe mécontente d’auxiliaires de vie.

Cette expression d’insatisfaction a de fortes répercussions au sein même de l’équipe administrative. Elle se sent coupable de ne pas avoir su accompagner cette équipe sur le chemin de leur autonomie.

1 – Diffusion de l’extrait du film (durée: 11’33’’) –

2 – Après le visionnage:

Après la diffusion de cet extrait, la parole est libre. J’accueille et note sur le paperboard les réactions de l’équipe.

Pour faciliter les échanges, je peux aussi, après un temps silencieux, interroger l’équipe sur les raisons de ce silence.  Puis continuer:

  • Quelle analyse faites vous de la situation ?
  • Que comprenez-vous ?
  • Etes-vous d’accord avec l’analyse qui en est faite par l’équipe encadrante ?
  • Avez-vous un avis différent et si oui quel est-il ?
  • Que se passe-t-il pour vous dans cet échange ?

Je note chaque réaction et propos sur paper-board pour laisser une trace et l’utiliser plus tard.

Le mot “reconnaissance” émerge alors. J’interroge l’équipe sur ce qu’elle sait de la notion de reconnaissance au travail: “La reconnaissance: qu’est ce que c’est et à quoi cela peut-il servir ?”.

3 – Je donne quelques précisions après avoir écouté les propos de l’équipe: 

En tant qu’être humain, nous avons des besoins à tous les niveaux: physique, relationnel, psychique et émotionnel. Parmi tous ces besoins, deux prédominent, ils sont mêmes indispensables. Savez vous lesquels ? Le besoin d’être aimé et le besoin d’être reconnu. Ils sont aussi essentiels que notre besoin de manger chaque jour. L’absence de reconnaissance a des conséquences délétères sur nos relations avec les autres, sur la dynamique de groupe. Reconnaître une personne est un art trop peu connu. Tout manager efficient et tout patron devraient être à l’aise dans cet art de la reconnaissance. Cela fait partie d’une compétence de base du management. C’est probablement le levier le plus puissant de la structure. “

4 –  Enfin, quand la parole devient vraiment rare, je propose une suite  d’exercices :

Exercice @1

En petits groupes, je vous invite à donner une réponse aux questions suivantes (liste non exhaustive).

La restitution se fera en groupe entier.

  • À quand remonte la dernière parole de reconnaissance que j’ai reçue ?
  • De qui était-elle ?
  • Quel en était le contexte ?
  • Avais-je conscience des qualités et des valeurs personnelles que la personne me reconnaissait ?
  • En ai-je découvert de nouvelles ?
  • Quand je reçois une telle reconnaissance, que se passe-t-il en moi ?
  • Que se passe-t-il pour lui ?
  • Que se passe-t-il pour notre relation ?
  • A quel constat cela m’amène-t-il ?

J’écoute et écrit sur paper-board les feed-back de l’équipe.

Je fais une synthèse des retours au groupe et leur demande s’il y a des choses à rajouter  sur cet exercice-1

Exercice @2

En petits groupes, je vous invite à donner une réponse aux questions suivantes (liste non exhaustive).

La restitution se fera en groupe entier.

  • Dans mon équipe, où en suis-je de ma pratique de l’art de la reconnaissance ?
  • Est ce que je sais recevoir les compliments de mes collaborateurs ?
  • Est-ce que je sais faire des compliments à mes collaborateurs ?
  • Puis-je déterminer ce qui me retient ?
  • Que dois-je mettre en place pour être de plus en plus à l’aise avec l’art de la reconnaissance ?

J’écoute et écrit sur paper-board les feed-back de l’équipe.

Je fais une synthèse des retours au groupe et leur demande s’il y a des choses à rajouter  sur cet exercice-2

Exercice @3

Nous arrivons à la fin de cet atelier.

Je propose, au groupe entier de répondre aux questions suivantes  (liste non exhaustive).

  • Pourriez-vous me dire les conclusions et les décisions que vous prendrez pour la suite ?
  • Comment pouvez-vous agir pour vous rapprocher de la situation idéale ?
  • Que faudrait-il changer dans vos comportements individuels ?
  • Que faudrait-il changer dans vos comportements d’équipe ?

J’écoute et écrit sur paperboard les feed-back de l’équipe.

Je fais une synthèse des retours au groupe et leur demande s’il y a des choses à rajouter  sur cet exercice-3

L’apport de la MAV dans ces exercices.

La MAV apprend à se parler et à trouver des solutions aux situations professionnelles pourvoyeuses de blocages. Au cours de ces ateliers, l’équipe est amenée à prendre confiance en elle et à être le co-constructeur du dialogue et de son avenir.

Pour ma part, il est important de trouver le levier efficace qui fait sens et permet à l’équipe de se dire ce qu’elle ne s’est jamais révélé ou autorisé, dans le contexte du travail. Elle aide à mettre des mots quand ceux-là sont difficiles à cerner. Par son regard distancié et à la fois proche, elle est génératrice de réflexions, d’actions, d’initiatives car elle apporte et propose un regard différent et nouveau sur une situation vécue par le groupe au travail

En conclusion

C’est parce que l’audio et le visuel agissent si fortement sur la sensibilité et l’esprit humain, qu’ils peuvent être un levier vers la communication et le changement si nécessaire. Cette méthode aide à adopter un comportement, à décoder les relations, à interroger nos valeurs, à les faire évoluer dans leurs représentations. Ainsi elle permet le dialogue et évite les blocages.

C’est une opportunité pour créer un nouveau paradigme. Elle ouvre un champ des possibles dans tout travail d’accompagnement individuel et de groupe. « Les films les autorisent d’aborder des situations délicates », cite Fabienne Schoonheyt, responsable des animations à l’Hôpital Chêne aux Haies à Mons, puis elle continue, « Ils permettent de réfléchir à sa propre manière de gérer une situation, d’enrichir sa manière d’être à travers ce qui est montré à l’image mais aussi d’échanger son point de vue avec les autres participants/spectateurs ».

La MAV est à l’origine de cette énergie qui transforme l’inertie en mouvement. Voir le film

Michel Akrich 


Bibliographie:

  • Gary Solomon, Reel Therapy, Lebhar-Friedman Books, 2001
  • Gary Solomon, The Motion Picture Prescription, Aslan Publishing, 1995
  • Edwige Antier, Pourquoi votre enfant rêve avec Disney ?, Robert Laffont, 1976
  • Virginie Lemaire de Bressy, Cinémathérapie par les dessins animés, Ed Dangles, 2019
  • Patrice Gilly, Le cinéma, une douce thérapie, Chronique sociale, 2015
  • Gérard Bléandonu, La vidéo en thérapie : le choc de l’image de soi dans les soins psychologiques, ESF, 1986
  • Yves Bouron, L’image de soi par la vidéo : pratique de l’autoscopie, Top Ed, 1998
  • Robert Dilts, Être coach, De la recherche de la performance à l’éveil, Ed Dunod, 2018

Crédit photo : Image par Gerd Altmann de Pixabay

LNDT: @25. La Médiation Audio-Visuelle (Part-1), des images et des sons pour mieux se parler.

Écrit par MICHEL AKRICH le 2021-03-13.

Quand utiliser la Médiation Audio et Visuelle dans l’accompagnement d’équipe ?

En tant qu’accompagnateur d’équipe, je suis souvent confronté à la problématique des relations humaines dans le contexte du travail et de leurs conséquences sur le bon fonctionnement de la structure. J’interviens alors avec des moyens habituels et classiques. Mais certains participants peuvent se sentir moins à l’aise pour parler en groupe. Ils peuvent avoir des difficultés à mettre des mots sur leurs ressentis. Une forte timidité, peu de vocabulaire, des capacités cognitives insuffisantes, un manque de recul face à leur vécu professionnel, sont autant de raisons pour que certains collaborateurs optent pour le silence.

Dans ce genre d’impasse, la Médiation Audio et Visuelle (MAV) facilite l’ouverture du dialogue car le son et l’image animée sont généralement, et depuis longtemps, fortement intégrés dans le quotidien des participants. Avec l’omniprésence de la télévision, cinéma, Internet, radio, le groupe baigne quotidiennement dans un environnement sérieusement auditif et visuel. C’est en cela, que cette technique se révèle être un support de facilitation intéressant.

Après une diffusion de film ou de podcast, les participants peuvent s’identifier aux personnages, reconnaître des situations vécues. Le phénomène d’identification est pour moi l’occasion d’aborder autrement la gestion du groupe, d’ouvrir des perspectives qui permettent des projets d’accompagnement personnalisés pour chaque équipe et ainsi contribuer à leur développement en les aidant à repérer leur potentiel et à avancer malgré les obstacles. La méthode fournit alors, un accompagnement en douceur où les messages importants peuvent se transmettre naturellement, efficacement et parfois même dans la bonne humeur.

Comment utiliser la MAV dans l’accompagnement d’équipe ?

Être à l’écoute: Je disais précédemment que « le groupe baigne tout naturellement dans une ambiance fortement auditive et visuelle ». C’est donc, en toute logique, que celui-ci échange dans des moments informels, sur un film qu’il a vu, un podcast entendu, une émission télé.

À leur écoute, je suis informé sur ce qui unit ou éloigne les membres du groupe.

C’est une première occasion pour moi de découvrir les valeurs, les principes, les préoccupations des individus présents. C’est l’expression d’une première modélisation de leur paradigme. Cela semble peu, et pourtant ces informations sont importantes car le processus de médiation s’élabore à partir d’un lien étroit entre les thèmes du film à voir et ce que l’on peut observer dans le groupe pour alimenter les réflexions et les dialogues internes et inter-participants. C’est un premier regard sur la manière propre à chacun de voir les choses et leur fonctionnement.

Les supports ont été choisis et diffusés :  Après la diffusion du film ou des podcasts choisis, la première facilitation est de faire parler le groupe sur leurs ressentis. Les participants parlent du film, de leurs réactions et pour celui qui sait écouter, ils parlent d’eux-mêmes. 

Cette façon de faire est un bon outil pour créer du lien. Les échanges sur le film et entre participants sont des occasions pour attirer l’attention sur les ressources mobilisées par les uns et les autres pour s’intégrer dans l’équipe. En complément des autres modes de communication, ce procédé se révèle être un langage tantôt âpre, parfois équivoque, supportant les affirmations des uns et les doutes des autres, et cela pour rendre la relation plus plaisante.

Elle est l’occasion dans un groupe, d’une découverte mutuelle des différents points de vues dans une approche libre de leur vérité. La diffusion d’images et de sons favorise et invite à l’observation, à l’échange, à la confrontation des points de vue. La parole à cet instant circule dans les règles pré-établies, de respect et d’écoute. Elle est également écrite pour garder une mémoire avec laquelle nous travaillerons ensuite.

Cette technique est révélatrice des relations dans le groupe: Toute la finesse pour moi, sera de ramener à l’actualité relationnelle du groupe, tout ce qui a été observé et exprimé par les participants. Constater ensemble que si le groupe est dysfonctionnel, c’est qu’il est certainement arrivé aux limites de son actuel paradigme.

Cette pratique révèle au groupe, les points communs et aussi les points divergents. Ces derniers sont des freins aux changements et des obstacles à l’introduction à de nouvelles formes de pensées.

Cette manière de procéder  amène alors à réfléchir sur l’avenir et pour cela, à capitaliser sur les points forts du groupe. Elle révèle à celui-ci, le besoin de trouver de nouveaux points de cohésion pour une future transformation. La nécessité de co-créer un autre paradigme différent du précédent. Muer pour continuer d’être vivant !

Et après ?: Après cette étape importante d’observations des résistances aux changements, j’invite le groupe à créer ses propres “champs des possibles” pour l’avenir de ses relations au travail: comme une sorte d’ébauche de scénario commun auquel chacun participe.

Puis, je stimule et invite à co-développer des pistes de réflexions. Ainsi, le groupe évolue sur sa propre histoire en mettant en perspective ce qu’il a vu avec ce qu’il vit. Il élabore et visualise ce que son avenir pourrait être en discutant de leurs intentions dans un cadre sécurisé qu’ils ont su au préalable définir.

La communication dans le respect de l’autre est essentielle et permettra au groupe de grandir. L’objectif de cette séance est de trouver les ressources pour transformer les obstacles par l’échange de mots, de symboles, par leur choix de posture.

Ces ateliers aident à transcender les obstacles qui empêchent une bonne cohésion dans son propre groupe. Ils illustrent un propos théorique, ils font découvrir de nouvelles notions, ils permettent d’intégrer l’idée d’une transformation propice et nécessaire pour l’avenir du groupe.

Consignes pour l’utilisation de la MAV.

Co-établir le cadre: Ces règles aident à construire la confiance nécessaire à chaque travail de groupe. Elles sont réfléchies et élaborées en collaboration avec tous.

Généralement, il ressort:

  • En premier lieu, la règle de confidentialité.
  • Puis, celle du choix libre des sujets à aborder. Contredire l’idée que le choix dépendrait d’une seule personne.
  • Que tout peut se dire et se faire dans le strict respect de l’autre.
  • Qu’il est recommandé de parler à partir de son « Je ».
  • Que la moquerie et le jugement ne sont pas admis dans ce travail en équipe.

Les supports proposés: Tout d’abord, aider le groupe à trouver sa ou ses problématique(s): qu’il définisse en quoi je peux les aider. Ce travail de mise en lumière des résistances de l’équipe et la recherche de documents visuels et/ou sonores à trouver, donnent déjà une idée du niveau de cohésion et des besoins de l’équipe.

Je fais réfléchir l’équipe sur le film, le documentaire, le reportage, ou le podcast qui illustrent le mieux leur(s) problématique(s) et le cas échéant leurs besoins. L’équipe participe à trouver les supports et avec mes connaissances cinématographiques et l’aide d’internet, cette étape est réalisable facilement.

Les images, les podcasts, une fois trouvés sont diffusés au groupe entier. J’ai aussi pris l’habitude d’envoyer sur les boîtes mail des participants, les supports trouvés. L’intérêt de cette pratique est de permettre à l’équipe de réécouter ou de revoir les extraits utilisés pour laisser une trace, pour raviver la mémoire de ce qui a été dit et, le cas échéant, revenir dessus lors du prochain rendez-vous.

Dans le même objectif, il est important d’écrire sur le paperboard, le sujet traité de l’atelier pour que chaque participant puisse avoir un point d’appui durant la séance. Le contenu du paperboard est également collecté pour être envoyé aux participants sur leurs boîtes mails.

Une fois diffusé, comment travailler à partir du support ? Même si l’équipe peut choisir les supports sur lesquels travailler, rien ne présage du contenu des réactions du groupe. Les choses sont parfois surprenantes et le résultat inattendu.

Mon travail est de faire jaillir et de recueillir la parole en notant sur le paperboard les avis, les impressions, les mots à chaud de l’équipe. Puis, lorsque la parole se tarit, je pose des questions pour les aider à pousser plus loin leurs réflexions. Je peux alors demander:

  • Selon vous, que raconte cet extrait ?
  • Qu’avez vous compris de l’enjeu de cette séquence ?
  • Est-ce une situation que vous avez déjà vécue dans votre vie professionnelle ?
  • De quel personnage seriez-vous le plus proche, et pourquoi ?
  • En quoi cet extrait illustre-t-il la question d’aujourd’hui ?
  • Quelles solutions pourriez-vous trouver à leur problématique ?
  • Quel serait le premier pas pour que vous engagiez, dans votre travail, le mouvement nécessaire à une amélioration ?

Bibliographie:

  • Gary Solomon, Reel Therapy, Lebhar-Friedman Books, 2001
  • Gary Solomon, The Motion Picture Prescription, Aslan Publishing, 1995
  • Edwige Antier, Pourquoi votre enfant rêve avec Disney ?, Robert Laffont, 1976
  • Virginie Lemaire de Bressy, Cinémathérapie par les dessins animés, Ed Dangles, 2019
  • Patrice Gilly, Le cinéma, une douce thérapie, Chronique sociale, 2015
  • Gérard Bléandonu, La vidéo en thérapie : le choc de l’image de soi dans les soins psychologiques, ESF, 1986
  • Yves Bouron, L’image de soi par la vidéo : pratique de l’autoscopie, Top Ed, 1998
  • Robert Dilts, Être coach, De la recherche de la performance à l’éveil, Ed Dunod, 2018

Crédit photo : Image par Gerd Altmann de Pixabay

FIN DE LA PART-1

Parution de la suite: « La Médiation Audio-Visuelle (Part-2): À l’épreuve de cas concrets. »

LNDT: @22. Porteurs de la sclérose en plaques, quelles recettes pour prévenir la dépression ?

Faisons de ce dossier un concentré de solutions, justement pour éviter la dépression !

Aujourd’hui plus de 40% des porteurs de la SEP souffrent de la dépression. C’est le cercle infernal d’évènements que chaque Sépiens connait: une grande fatigue morale et physique, peut s’installer, notamment suite aux poussées, une diminution de l’endurance peut alors s’en trouver amplifiée. Ou bien encore une vision d’avenir qui s’assombrit suite à des participations à des activités en chute libre. Enfin, une tendance à l’isolement s’installe parce que le moindre mouvement prend des proportions considérables. C’est ici, l’illustration noire d’un enchainement classique qui mène tout droit vers un état dépressif si rien n’est fait.

Quand l’épisode dépressif se prolonge ou est trop intense, un traitement médicamenteux est bien souvent proposé. Comme c’est la pratique la plus connue, j’aimerai vous proposer de parler des autres. De ces pratiques que chacun d’entre vous possède et souhaite partager. Alors, soyons généreux et faisons de ce dossier un concentré de solutions pour éviter la dépression.

Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @17. La Médiation Audio-Visuelle (Part-1): des images pour mieux se parler.

©- Michel AKRICH – 13 mars 2021

video médiation
La M.A.V, des images pour mieux se parler

Quand utiliser la Médiation Audio et Visuelle dans l’accompagnement d’équipe ?

En tant qu’accompagnateur d’équipe, je suis souvent confronté à la problématique de la qualité des relations humaines dans le contexte du travail et de leurs conséquences sur le bon fonctionnement de la structure. J’interviens alors avec des moyens habituels et classiques. Mais certains participants peuvent se sentir moins à l’aise pour parler en groupe. Ils peuvent avoir des difficultés à mettre des mots sur leurs ressentis. Une forte timidité, peu de vocabulaire, des capacités cognitives insuffisantes, un manque de recul face à leur vécu professionnel, sont autant de raisons pour que certains collaborateurs optent pour le silence.

Dans ce genre d’impasse, la Médiation Audio et Visuelle (MAV) facilite l’ouverture du dialogue car le son et l’image animée sont généralement, et depuis longtemps, fortement intégrés dans le quotidien des participants. Avec l’omniprésence de la télévision, cinéma, Internet, radio, le groupe baigne quotidiennement dans un environnement sérieusement auditif et visuel. C’est en cela, que cette technique se révèle être un support de facilitation intéressant.

Après une diffusion de film ou de podcast, les participants peuvent s’identifier aux personnages, reconnaître des situations vécues. Le phénomène d’identification est pour moi l’occasion d’aborder autrement la gestion du groupe, d’ouvrir des perspectives qui permettent des projets d’accompagnement personnalisés pour chaque équipe et ainsi contribuer à leur développement en les aidant à repérer leur potentiel et à avancer malgré les obstacles. La méthode fournit alors, un accompagnement en douceur où les messages importants peuvent se transmettre naturellement, efficacement et parfois même dans la bonne humeur.

Comment utiliser la MAV dans l’accompagnement d’équipe ?

Être à l’écoute: Je disais précédemment que « le groupe baigne tout naturellement dans une ambiance fortement auditive et visuelle ». C’est donc, en toute logique, que celui-ci échange dans des moments informels, sur un film qu’il a vu, un podcast entendu, une émission télé.

À leur écoute, je suis informé sur ce qui unit ou éloigne les membres du groupe.

Continuer la lecture de Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @17. La Médiation Audio-Visuelle (Part-1): des images pour mieux se parler.

Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @16. Blessure d’abandon: c’est quoi et comment en guérir ?

Internet est riche en articles psy et en voici encore un qui au détour de ma recherche d’informations m’a interpellé par sa clarté sur le thème de la blessure d’abandon. Pour le lire cliquez ici.

Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @15. « Chèque psy étudiant » : comment bénéficier d’une aide psychologique gratuite.

Voici un article du 5 février 2021, du « Parisien Etudiant ». Utile et bien intéressant pour les étudiants dans cette période de pandémie de COVID-19.

Détresse, isolement… comment demander un « chèque psy » pour faire face à la crise du Covid-19. Le « chèque d’accompagnement psychologique » (CAP) pour les étudiants fragilisés par la crise, annoncé par le gouvernement le 15 janvier, est entré en vigueur depuis le 1er février. Tous les étudiants pourront obtenir cette aide pour pouvoir consulter un psychologue, un psychothérapeute ou un psychiatre

Comment demander un chèque psy étudiant ?

Les conditions du « Chèque psy » ne sont pas encore officiellement détaillées sur le site service-public mais c’est la Ministre Frédérique Vidal qui a précisé sur BFM, le lundi 1er février dernier, comment demander cette aide qui est conditionné à une visite chez un médecin universitaire ou affilié. Il ne s’agit pas d’un chèque à proprement parlé mais de séances prépayées.

« Le « Chèque psy » doit être demandé à un « médecin généraliste au sein du service de santé universitaire, soit un médecin figurant sur une liste de médecins avec lesquels les services de santé ont passé des conventions, puis on choisit dans une liste de psychologues qui ont accepté ce défi ». (Frédérique Vidal)

Nous sommes donc bien loin d’une mesure facile à mettre en oeuvre ce que le terme « Chèque psy » laissait penser. L’accès à un médecin généraliste ou conventionné étant une étape certes de contrôle préalable nécessaire mais surement difficile d’accès.

Quel budget ? Combien de séances ?

Il s’agira d’un accès à trois consultations d’une durée de 45 minutes, sans avance de frais pour éviter d’amputer le budget des étudiants.

A vous donc de contacter dans un premier temps le Service de Santé de votre université (SSU). Pour les autres étudiants (hors université) il faudra attendre plus d’infos pour savoir si vous pouvez bénéficier de cette aide.

Les autres possibilités d’aides… 

Ce chèque psy est un dispositif en plus des autres aides possibles. En attendant de pouvoir demander le « chèque psy » voici les contacts utiles : 

Les BAPU (Bureaux d’aide psychologique universitaires) sont des centres de consultation ouverts à tous les étudiants qui souhaitent une aide psychologique. Leurs équipes sont composées de psychothérapeutes (psychiatres et psychologues), d’assistants sociaux et d’un service administratif. Ces consultations sont prises en charge à 100% par la Sécurité sociale et les mutuelles, sans avance de frais. Le nombre de séances n’est pas limité, le suivi est assuré tant que l’étudiant en ressent le besoin. Plus d’infos et contacts ici

Les Nightlines : le service d’écoute nocturne pour les étudiants en détresse pour les étudiants en région parisienne mais aussi à Lyon et Lille. Cette ligne gratuite est assurée par des étudiants bénévoles de 21 heures à 2h30 du matin. Plus d’infos ici 

Consultations avec Apsytude Des consultations avec un psychologue (gratuites lorsque le Crous ou l’université / école sont en partenariat avec Apsytude. Happsy Line propose aussi des consultations individuelles avec un psychologue, mais en ligne. Plus d’infos ici

Enfin le site soutien-etudiant.info, fournit les contacts de tous les dispositifs gratuits d’aide psychologique, classés par académie ainsi que des conseils et de nombreuses lignes d’écoute.

Aussi à noter : depuis le 25 janvier, 2 repas à 1 euro au restau U sont possibles pour tous les étudiants.
Le Parisien Etudiant

Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @14. « Nous entrons dans un isolement où nous confondons, la connexion avec le lien. »

C’est en quelques mots, le contenu de la réflexion de Francois Saltiel. Recueilli par Marie Astier, cet article à lire ici, nous interpelle dans nos choix de vie et notre manière de rentrer en relation. Les expériences, que nous vivons depuis un an avec la COVID-19, comme le confinement et le couvre-feu, nous obligent à passer de plus en plus de temps en compagnie de notre ordinateur, pour travailler, se divertir et communiquer. Ces nouveaux comportements, dessinent des modes de vie et de relations pour le futur qui m’interrogent. Sous prétexte de modernité, appuyé par le contexte de pandémie actuelle, il y aurait une croyance que le tout numérique est l’avenir.

Cet article m’interpelle dans ma pratique future de consultation psychothérapeutique. En effet, en début de confinement j’écrivais un article à lire ici, où je décrivais les avantages d’une pratique mixant la consultation en cabinet et la visio-consultation via Skype ou Zoom. J’y écrivais que pour une thérapie réussie, la rencontre entre le patient et le thérapeute était plus importante que le lieu. Or aujourd’hui je constate qu’une petite partie de ma clientèle qui trouvait du confort dans la viso-consultation depuis le début du COVID-19, exprime maintenant leur volonté d’une consultation en présence. Cette manifestation, même minime, m’interroge. Avais-je moi aussi confondu « le lien avec la connexion » ?

Les propos de François Saltiel, entrent en résonance avec mon souhait de toujours veiller aux conditions d’accueil de ma clientèle. Je partage mon constat avec mes collègues et me documente, en France comme à l’étranger, pour trouver des solutions adéquates. Je me questionne sur la pertinence à long terme et l’avenir professionnel de ma pratique à distance pour certains clients et pathologies. Comme à chaque changement de paradigme, il est nécessaire de trouver de nouveaux outils et d’adapter ou éliminer ceux qui se révèlent ne plus fonctionner. Cette réflexion ne fait que commencer !

Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @13. « Tout vouloir maîtriser, c’est plus fort que moi ! »

« C’EST PLUS FORT QUE VOUS !« , vous planifiez, vous gérez, vous calculez, vous anticipez, vous organisez, vous supervisez et vous exigez. Ce sont là pour vous des attitudes fréquentes car « le hasard ne doit pas avoir de place dans votre vie ».

Alors vous avez pris l’habitude de contrôler votre quotidien et vous vous arrangez pour maitriser, d’une manière ou d’une autre, celui de votre entourage. Vous semblez savoir ce qui leur ferait plaisir !

Pourquoi ?

Tout est sous contrôle et cela vous apaise. Ce comportement vous semble utile car selon vous « votre entourage ne saurait gérer aussi bien que vous ces situations ». Aussi, vous possédez « une vision parfaite” de votre vie, de celle de votre entourage ainsi que de votre partenaire. Enfin, cerise sur le gâteau, vous maîtrisez aussi vos émotions, voir même vos désirs. Mais d’où cela pourrait-il venir ?

  1. La peur de l’échec ! Vous êtes un insatisfait éternel car vous vivez dans l’insécurité permanente de la peur de l’échec.
  2. Votre exigence de perfection fait de vous une personne souvent malheureuse. Et pour cause, votre niveau de perfection est difficile à atteindre pour vous et aussi bien pour les autres à qui vous imposez la même exigence. Vous vous faites violence et compliquez bien souvent votre existence et celle de votre entourage.
  3. Vous avez tendance aussi à cacher vos émotions mais étrangement, votre comportement signifie souvent un besoin d’amour. Ce désir de tout vouloir “bien faire” cacherait la volonté de faire plaisir et de satisfaire votre entourage en montrant que vous êtes à la hauteur .
  4. Éviter de subir les évènements ou d’être d’être dépassé par eux
  5. Laisser entrevoir ses émotions en cas de perte de contrôle de la situation.

Quels sont les risques d’un tel comportement ?

À force de vouloir contrôler toute sa vie, il peut y avoir des conséquences fâcheuses. En effet, une personne habituée à tout maîtriser risque de perdre-pied le jour où elle n’arrivera pas à obtenir ce qu’elle souhaite ou bien quand un obstacle lui semblera insurmontable. C’est alors qu’une grande fatigue ou dépression apparaîtront.

Moins grave pour la santé, quoique, et tout de même difficile à vivre : la solitude. En effet, l’entourage peut se lasser et éviter de fréquenter quelqu’un qui se montre trop contrôlant. D’ailleurs, une des raisons qui amène certains couples à divorcer est le perfectionnisme que veut imposer un des deux conjoints.

Quelles seraient les solutions ?

Le « tout contrôle » s’avère être parfois un poids pour vous-même et pour votre entourage. Vous êtes ressenti comme une personne avec une soif de maîtrise et de pouvoir absolu. Vous ne laissez rien passer car l’improvisation n’est pas de votre monde. Alors apprendre à lâcher du lest et laisser faire les choses, c’est ce vers quoi toute personne contrôlante pourrait s’orienter étape par étape. Aller à l’encontre de ses rigoureux principes en:

  1. Acceptant d’être impuissante dans certains domaines
  2. Faisant confiance à l’autre, en lui reconnaissant des qualités.
  3. Faisant des activités en fonction du potentiel de plaisir qu’elles représentent et non en fonction de leur résultat.
  4. Se disant que l’échec est normal et qu’il permet d’évoluer
  5. Étant indulgent avec vous même et les autres aussi.

Il est important de savoir que la personne contrôlante est sans arrêt dans des mécanismes de défense. C’est ce qui explique ses attitudes. Même si intellectuellement, elle sait qu’elle doit s’ouvrir aux autres, leur faire d’avantage confiance et s’octroyer plus de légèreté et de spontanéité, ça reste, pour elle, tout de même très difficile. Cet apprentissage passe notamment par une lutte contre cette peur dévorante de perdre le contrôle. Prendre du recul, souffler parfois, seraient des solutions vitales pour elle et son entourage !. Ce contrôle forcené devient, bien souvent, un obstacle à son propre épanouissement personnel. Si elle souhaite changer, il existe des solutions. Une thérapie est envisageable pour réapprendre à croquer la vie à pleines dents, car seul un vrai lâcher-prise lui permettra de retrouver de la sérénité.

Ensuite en lui disant par des mots, des gestes ou des attentions que vous l’aimez. Il est important de lui montrer qu’elle compte pour vous et a de l’importance à vos yeux. Emmenez-la faire une activité qui la forcera à ralentir son rythme de vie et d’être à l’écoute de son corps et de retrouver le plaisir des sensations simples. Telles sont les pistes qui pourraient aider les personnes qui souhaitent arrêter de tout vouloir contrôler.