LNDT: @188. Pourquoi sommes-nous fascinés par les vidéos de parents animaux ?

Un podcast de Radio France de 4′

Julien Bisson nous raconte, dans sa chronique, qu’il se sent proche d’un parent animal.

L’expérience de la parentalité nous ramène à une part d’animalité que nous ne soupçonnions pas forcément, elle réveille en nous quelque chose qui a trait à la répétition de gestes si ancestraux, la naissance, l’allaitement, les premiers soins, qu’on semble partager avec pas mal d’espèces cousines.

Alors je ne prétends pas, comme l’hippocampe, avoir porté et mis au monde moi-même mon enfant. Mais après la naissance, je pouvais me sentir comme le flamant rose, prêt à surveiller mon gosse toute la nuit, à le nourrir et lui donner ses trois biberons par nuit, ou à le garder bien au chaud comme le manchot. Puis après, comme le loup, j’ai commencé à apprendre des petits trucs sur la vie à mon louveteau – bon lui c’est apprendre à chasser dans la nature, moi apprendre à chasser dans Zelda, mais c’est la même chose ! Et oui, bien sûr, il m’est arrivé de vouloir l’abandonner sur la banquise comme les phoques, mais en règle générale, je suis plutôt proche de la maman éléphant, prêt à charger pour défendre mon gosse menacé par les hyènes.

Bref, si je suis un parent animal, je serais plutôt proche d’un animal mythologique, une chimère, un tiers oiseau, un tiers mammifère, un tiers reptile, avec quelques écailles de poisson pour emballer le tout !

Qu’est-ce que l’instinct parental ?

Comme tout le monde, j’utilise Internet principalement pour envoyer des photos de mon fils et regarder des vidéos d’animaux. Et notamment de parents d’animaux qui interagissent avec leurs petits, qu’ils soient panthères, mésanges ou hippopotames. La plupart de ces vidéos sont des petits remèdes à la morosité, qui vous donnent envie de sourire bêtement, c’est le cas de le dire – des études scientifiques ont montré qu’elles réduisaient l’anxiété et amélioraient le bonheur conjugal ! D’autres vont vous traumatiser, comme ce clip que j’ai vu récemment d’une cigogne qui attrape un de ses cigogneaux dans son bec pour le jeter hors du nid, tout ça parce qu’elle sait qu’elle ne pourra pas nourrir tous ses petits. Horreur totale devant la cruauté de la nature ! Mais surtout l’occasion de réfléchir sur ce que peut être l’instinct parental. Je vais prendre pour cela un autre exemple.

Parmi ces vidéos, j’ai découvert un jour l’histoire de Koko, une gorille célèbre née dans le zoo de San Francisco et à qui on avait appris une forme adaptée du langage des signes. Selon les employés du zoo qui s’occupaient d’elle, Koko aurait été capable de signer environ mille mots, de comprendre deux mille mots d’anglais supplémentaires et de faire des blagues, ce qui, au passage je m’en rends compte, la met à peu près au même niveau que moi, la langue des signes en plus !

Mais ce que Koko ne pouvait pas faire, c’était avoir des bébés. Alors avec sa maîtrise de la langue, elle a demandé à avoir un chat. On lui a fourni un chat en peluche, elle l’a refusé, alors on lui a apporté un vrai chat, qu’elle a appelé All Ball, et dont elle s’occupait comme un bébé. Mais après six mois, le chat s’est échappé de la cage et a été écrasé par une voiture. Et lorsqu’on lui a annoncé la nouvelle, Koko aurait signé les mots « mauvais, triste, mauvais, pleurs » avant d’émettre des sons proches du gémissement de douleur. Par la suite, rassurez-vous, Koko a eu d’autres chats ensuite, Lips et Smoky, dont elle a continué à s’occuper avec tendresse.

Quelle leçon tirer de cette fréquentation assidue des vidéos d’animaux ?

D’abord que je passe sans doute trop de temps à en regarder, vu la tête de mon fil Instagram ! Mais aussi que ce que nous voulons voir dans ces vidéos d’animaux est assez révélateur de nos obsessions bien humaines. Dans le cas de Koko par exemple, j’ai toujours été frappé, à la fois par la possibilité que cette gorille ait pu avoir une forme d’instinct parental pour un animal adopté, mais aussi par notre propre capacité de projection, notre envie de reconnaître et mettre un nom sur ces liens d’attachement au sein du règne animal. Ce n’est pas seulement un facteur de mignonnerie qui nous pousse à nous émerveiller devant des vidéos d’animaux avec leurs petits.

Mais aussi, je crois, l’émotion de voir la réalité de la relation filiale hors de toute construction culturelle, un lien qui trouve une traduction sociale hors de notre propre expérience. Et si un corbeau peut en venir à adopter et à nourrir un chaton, si une tigresse peut élever des porcelets – oui, oui, vous chercherez ! -, alors c’est que nous aussi, on devrait pouvoir s’en sortir.

LNDT: @129. Daniel Arsand « Incurable adolescence »

Un podcast de 53′ de Radio France.

Daniel Arsand explore « ce pont croulant entre l’enfance et l’âge adulte, cette incurable adolescence » dans son dernier ouvrage « Moi qui ai souri le premier » publié aux éditions Actes sud.

« J’avais déjeuné de plutôt bon appétit. Une odeur de plat refroidi flottait et m’écoeurait. Je n’étais qu’énervement, concentration sur ma personne et sur les proches heures. Le cartel sonna. Encore un peu à barboter dans l’ennui et l’impatience. Ce fut l’heure brusquement. C’était l’heure.Escalier descendu, descendre à l’anglaise, est un escalier qu’on descend, celui de chez soi, frôler des murs et des marches. J’avais l’impression que c’était sans retour. La rue Emile Noirot me parut pour la première fois provinciale et décente. C’était quoi la décence ? Que savais-je encore des mots ? Je truffais mon vocabulaire de tant de mots ronflants qui n’avaient aucun écho en moi. J’étais trop eune et trop inexpérimenté et j’avais eu une enfance heureuse, du moins protégée, qu’aucun gouffre ne creusait, n’évidait de sa densité, qu’aucun malheur n’avait réduite en lambeaux, alors comment aurais-je su que la plupart des mots sont pétris de nuit ?

LNDT: @128. 10 séries époustouflantes pour une plongée en adolescence

Un podcast de 8′ de Radio France.

Les « teenage movies » fleurissent sur grands et petits écrans. Dans le domaine des séries, ce genre a donné des créations drôles, émouvantes, et tout à fait passionnantes. Nous en avons fait une petite sélection.Dans l’émission Grand bien vous fasse, l’adolescence était montrée sous la focale de ses fortes amitiés, si nécessaires à la construction de l’identité, et si utiles en cette période de grands bouleversements, de passage de l’enfance à celui de l’âge adulte.Les scénaristes et réalisateurs de séries ont depuis quelque temps une passion pour cette période de la vie, si intéressante à filmer et à regarder. Tout semble plus intense, plus beau et plus désespéré. Si la force des passions adolescentes vous manque, il est possible de les revivre, en se plongeant dans ces œuvres de fiction. Les difficultés inhérentes à cette période sont aussi dépeintes, permettant de mieux comprendre celles et ceux qui sont encore plongés dedans.

LNDT: @127. Pourquoi les amitiés à l’adolescence nous marquent-elles autant ?

Un podcast de 52′ de Radio France.

Ces amitiés si fortes perdurent-elles avec l’âge adulte ? Comment les parents doivent-ils se positionner, entre ingérence et indifférence ?

Souvenez-vous il y a 10, 30, 50 ou 60 ans de ce meilleur ou cette meilleure ami·e quand vous étiez adolescent·e. Ces rires, ces confidences, ces consolations, cette compréhension mutuelle, ces activités partagées…Des amitiés qui marquent une vie. Et aujourd’hui, vos enfants ou petits-enfants vivent les mêmes émotions.
Pendant cette période de la vie, il est naturel qu’ils s’éloignent un peu de leurs familles. Couper le cordon pour construire d’autres liens qui ne se fondent ni sur les liens du sang ni sur la sexualité.

Comme le rappelle la psychologue du développement Valérie Golly-Ledoux dans un article de The Conversation« Les comportements des adolescents avec leurs amis se manifestent par des actes altruistes, de générosité, de coopération, d’entraide et la résolution de conflits pour maintenir la relation ». Quant au philosophe Giorgio Agamben, il définit l’ami « comme un autre que soi, avec lequel on partage la douceur même d’exister. »Quels sont les bienfaits de ces amitiés et comment repérer celles qui sont toxiques ou dysfonctionnelles ?Nos experts sont là pour apporter des éléments de réponse.

LNDT: @126. Des souvenirs d’adolescence gravés sur « Les murs de poussière »

Un podcast de 5′ de Radio France.

En 1977 Francis Cabrel sort son premier 33 tours « Les murs de poussière », un disque qui ressemble à un journal intime.

Plutôt introverti, Francis se livre grâce à l’écriture. Il revient sur les tourments de son adolescence et de sa jeune vie d’adulte. La chanson « Les murs de poussière », qui a donné son titre à l’album, prend l’allure d’une saisissante prémonition..

LNDT: @125. « Les Cahiers d’Esther », « Mes 14 ans », « L’été des charognes »… L’adolescence en bande dessinée

Un podcast de 4′ de Radio France.

Entre hier et aujourd’hui, chaque auteur a sa vision de l’adolescent. Un monde sépare Les Cahiers d’Esther de L’été des charognes. Des ados qui se montrent à ceux que l’on montre du doigt. Petit tour d’horizon.

Il y a plusieurs façons de penser l’adolescence en BD. Version Cahiers d’Esther de Riad Sattouf, qui regarde évoluer son objet d’étude et qui débute toujours de la même façon : « Je m’appelle Esther et j’ai 16 ans. J’habite toujours Paris avec ma pure famille d’exception et je songe à arrêter mes études. » Esther qui est célib, qui divise le monde entre bourges et le sien, qui a peur que la guerre en Ukraine arrive en France, qui passe son bafa, qui foire, selon elle, son oral de français.
Esther quoi.

LNDT: @124. Adolescence : quand la réputation fait sa loi

Un podcast de 58′ de Radio France.

Conformisme, normes de genre et harcèlement, comment le poids des réputations gâche la vie des élèves

Avec

  • Margot Déage Sociologue de l’éducation et du numérique, membre du Centre d’Étude et de Recherche Travail Organisation Pouvoir (CERTOP) à l’Université Toulouse – Jean Jaurès
  • Isabelle Clair Sociologue, chargée de recherche au CNRS
  • Hugues Draelants Sociologue, professeur à l’Université de Louvain

Adolescence, quand la réputation fait sa loi – un sujet d’actualité à l’heure ou les députés viennent de reculer l’âge de l’accès aux réseaux sociaux sans autorisation parentale… Conformisme, normes de genre, rumeurs et amplification par les réseaux sociaux : s’il y a bien une chose qui pèse sur la vie des adolescents, plus encore sur celle des adolescentes, et qui nourrit le harcèlement, c’est le poids des mauvaises réputations.Dans cette émission il est question d’une étude menée sur un temps long auprès d’élèves dans plusieurs collèges d’Ile-de-France. Une lecture essentielle pour toutes les personnes en contact avec des adolescents, tant leurs relations – dans la vie réelle et en ligne -, les principes de construction des bonnes et des mauvaises images au sein des groupes de pairs, y sont finement décrits et analysés. Le titre de l’étude : A l’école des mauvaises réputations (PUF, 2023). Son autrice, Margot Déage, est post-doctorante en sociologie de l’éducation au CERTOP (Centre d’Etude et de Recherche, Travail, Organisation, Pouvoir), à l’Université Toulouse-Jean Jaurès.

LNDT: @123. Récits d’adolescence en musique

Un podcast de 37′ de Radio France.

À l’occasion de la fête de la musique, le Book Club reçoit Joseph d’Anvers et Samuel Benchetrit, qui livrent deux récits d’adolescence emprunts de souvenirs musicaux : de Daniel Balavoine à Nirvana, ils offrent une exploration de la culture adolescente des années 1980 et 1990.

Avec

Joseph d’Anvers est auteur-compositeur-interprète et écrivain. Les talents de Joseph d’Anvers sont multiples : formé à la Fémis, il travaille dans sa jeunesse sur des tournages, joue dans des groupes de rock, entame une carrière de boxeur… En 2005, il choisit son nom de scène en référence à la station du métro parisien Anvers. Il fait paraître un premier album (Les choses en face, 2006), et en parallèle, il écrit pour Alain Bashung, Dick Rivers ou encore Françoise Hardy. Quatre albums suivront, jusqu’au dernier, Doppelgänger, sorti en 2021.
Joseph d’Anvers est également l’auteur de 3 livres : La nuit ne viendra pas (Tengo 2010 puis Pocket 2013), Les jours incandescents, roman graphique avec Stéphane Perger (Kennes édition, 2018) et Juste une balle perdue (Rivages, 2020). Son nouveau roman vient de paraître : Un garçon ordinaire (éditions Rivages), qui suit une bande de lycéens passionnés de musique, au seuil de leur vie d’adulte, avec pour point de départ la mort de Kurt Cobain en 1994.

LNDT: @122. Bande dessinée : dessine-moi l’adolescence !

Un podcast de 43′ de Radio France.

Comment dessiner l’adolescence ? Entre construction individuelle et recherche de soi, Sylvain Bordesoules et Blaise Pruvost publient, respectivement, leur première bande dessinée et viennent en parler.

Avec

  • Sylvain Bordesoules Auteur de Bande Dessinée
  • Blaise Pruvost Auteur de Bande Dessinée

Le premier a choisi d’adapter un roman qui raconte l’adolescence d’un jeune garçon dans un milieu rural où la violence règne. Le second puise dans une expérience vécue, à vingt ans, lorsqu’il choisit de marcher sur les chemins de Compostelle pour trouver sa voie. Deux histoires d’une part d’enfance qu’il faut quitter, deux récits d’initiation qui disent à la fois la brutalité du monde et la douceur qui émane des êtres croisés sur le chemin. Deux premiers albums de bande dessinée animés par une foi absolue dans les puissances du dessin. Leurs auteurs, Sylvain Bordesoules et Blaise Pruvost s’entretiennent avec Mathilde Wagman.Sylvain Bordesoules publie L’Été des charognes (ed. Gallimard Bande dessinée), une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Simon Johannin. Dans cet ouvrage, il questionne la construction d’un adolescent en milieu rural. Entre violence et innocence, le jeune homme se confronte au regard d’autrui et à soi-même.

LNDT: @121. Les deux grands chantiers de l’adolescence

Un podcast de 3′ de Radio France.

Pour débuter cette semaine consacrée à l’adolescence, évoquons les transformations corporelles et la séparation avec les parents.

L’adolescence « bouge tout », et ce mouvement commence d’abord dans le corps de l’ado qui voit ses formes se modifier, les marques sexuelles de la puberté apparaitre, l’acné surgir… Ces transformations échappent à son contrôle, ce qui l’amène à passer des heures chaque jour devant son miroir, à se passionner pour sa coupe de cheveux ou pour ses crop-tops.Le monde des « grands » l’appréhende aussi nouvellement comme un objet de désir érotisé, et c’est aussi une autre immense révolution, parfois inquiétante, parce que l’ado se sentait encore « comme un enfant », 6 mois plus tôt…