LNDT: @384. Comprendre les 8 types de personnalité de Jung

Carl Gustav Jung est sans aucun doute l’un des noms à retenir si vous souhaitez comprendre l’histoire de la psychologie. En effet, ses théories ont autant été source de controverse que d’inspiration. Il est le fondateur de la psychologie analytique, également appelée psychologie complexe et psychologie profonde.Pendant très longtemps, Jung a été le disciple de Freud. Cependant, il s’est ensuite éloigné de ce dernier, principalement parce qu’il n’était pas d’accord avec sa théorie sur la sexualité. Ainsi, Jung affirmait l’existence d’un « inconscient collectif » avant l’inconscient individuel.

“Je sais ce que je veux : j’ai des objectifs et des opinions. Laissez-moi être moi-même et je serai heureuse.”

-Anne Frank-

Jung état un intellectuel inquiet qui s’abreuvait à de nombreuses sources. En plus de la neurologie et de la psychanalyse, les théories de Jung se sont inspirées de la mythologie et même de la religion et de la parapsychologie. L’une de ses grandes passions était l’archéologie et c’est sûrement de là que provient la théorie des archétypes ou symboles universels présents dans l’inconscient humain.

La théorie de la personnalité de Jung

Selon Carl Jung, il existe quatre fonctions psychologiques basiques : penser, sentir, pressentir et percevoir. Chez chaque personne, une ou plusieurs de ces fonctions ont une emphase particulière. Par exemple, selon Jung, lorsque quelqu’un est impulsif, c’est que les fonctions d’intuition et de perception prévalent sur les deux autres. À partir de ces quatre fonctions basiques, Jung a pu affirmer qu’il existait deux grands types de caractère : le caractère introverti et le caractère extraverti. Chacun de ces caractères a des caractéristiques bien précises qui le différencie de l’autre. Caractère de type extraverti 

Caractère de type extraverti

Caractéristiques du caractère extraverti :

  • L’intérêt est focalisé sur la réalité extérieure avant le monde interne.
  • Les décisions sont prises en fonction de l’effet produit sur la réalité externe plutôt que sur l’existence propre.
  • Les actions sont réalisées en fonction de ce que les autres peuvent penser.
  • L’éthique et la morale se construisent selon ce qui prédomine dans le monde.
  • Ces personnes sont pratiquement à l’aise dans tous les environnements, mais il leur est difficile de s’adapter réellement.
  • Elles sont suggestibles, influençables et ont tendance à imiter.
  • Elles ont besoin de se faire voir et d’être reconnues par les autres.

Caractère de type introverti

Caractéristiques du caractère introverti :

  • L’intérêt est focalisé sur elles-mêmes, leurs sentiments et leurs pensées.
  • Elles orientent leur conduite en fonction de ce qu’elles ressentent et ce qu’elles pensent, même si cela va à l’inverse de la réalité extérieure.
  • Elles ne se préoccupent pas de l’effet de leurs actions sur leur environnement. Elles cherchent surtout à être satisfaites intérieurement.
  • Elles ont des difficultés à se sentir à l’aise mais aussi à s’adapter à l’environnement. Cependant, si elles parviennent à s’adapter, elles le feront réellement et de manière créative.

Les types de personnalité

Selon Jung, à partir des fonctions psychologiques de base et des deux types de caractères fondamentaux, il existe huit types de personnalité bien distinctes. Chacun de nous appartiendrait à l’un de ces groupes. Les voici :

Réfléchie extravertie

La personnalité réfléchie extravertie correspond aux individus cérébraux et objectifs, qui agissent quasiment exclusivement en fonction de la raison. Ils ne prennent pour acquis que ce qui est affirmé avec des preuves suffisantes. Ces personnes sont peu sensibles et peuvent même parfois être tyranniques et manipulatrices avec les autres.

Réfléchie introvertie

Le réfléchi introverti est une personne avec une grande activité intellectuelle, mais qui a du mal à se lier aux autres. C’est une personne généralement obstinée et très tenace au moment d’atteindre ses objectifs. Parfois, on la voit inoffensive et intéressante à la fois.

Sentimentale extravertie

Les sentimentaux extravertis sont des personnes ayant une grande capacité à comprendre les autres et à établir des relations sociales. Cependant, il leur est difficile de s’éloigner du troupeau et elles souffrent lorsqu’elles sont ignorées par leur entourage. Enfin, ces personnes sont très adroites en matière de communication.

Sentimentale introvertie

La personnalité sentimentale introvertie correspond aux personnes solitaires ayant beaucoup de mal à établir des relations avec les autres. Elles peuvent être maussades et mélancoliques. Elles font tout leur possible pour passer inaperçues et elles aiment rester dans le silence. Cependant, elles sont très sensibles aux besoins des autres.

Perceptive extravertie

Les individus perceptifs extravertis ont une faiblesse particulière pour les objets, auxquels ils attribuent même des qualités magiques, même s’ils le font de façon inconsciente. Les idées ne les passionnent pas, contrairement aux corps concrets. Ils cherchent le plaisir avant tout.

Perceptive introvertie

Ce type de personnalité concerne bien souvent les musiciens et les artistes. En effet, les personnes perceptives introverties se focalisent tout particulièrement sur les expériences sensorielles: elles accordent une grande valeur à la couleur, à la forme, à la texture… Elles aiment le monde de la forme et les expériences intérieures.

Intuitive extravertie

C’est la personnalité type de l’aventurier. Les personnes intuitives extraverties sont très actives et inquiètes. Elles ont énormément besoin de stimulation en tout genre. Elles sont tenaces pour atteindre leurs objectifs et une fois qu’elles y sont parvenues, elles passent au suivant en oubliant le précédant. Le bien-être des personnes qui les entourent importe peu.

Intuitive introvertie

Ces personnes sont extrêmement sensibles aux stimulations les plus subtiles. La personnalité intuitive introvertie correspond aux personnes qui « devinent » pratiquement ce que les autres pensent, ressentent ou s’apprêtent à faire. Elles sont imaginatives, rêveuses et idéalistes. Cependant, il leur est difficile de « garder les pieds sur terre ».

LNDT: @383. Désir et complexité

Un Podcast de Radio France

Nous sommes au Musée Rodin en compagnie du gynécologue et psychosomaticien Sylvain Mimoun devant ces amants enlacés, ces déesses et ces dieux, immortalisés par un des plus grands sculpteurs de tous les temps…

Et si le Docteur Mimoun a voulu parler du désir dans ce lieu, c’est parce que ces statues résument bien la complexité de nos passions, de nos pulsions et de nos craintes en matière de désir et de sexualité.

LNDT: @315. Burn-out militant : témoignages de Mathilde et Adèle sur le coût émotionnel de l’engagement

Un podcast de Radio France de 30′

Mathilde et Adèle se sont engagées, mais ont fini par craquer. Coût émotionnel de la lutte, violence, fatalisme, solitude, frénésie de l’urgence, divergences au sein des cercles militants : elles se confient au micro de Timothée de Rauglaudre.

Elles s’investissaient pleinement dans leurs actions bénévoles, mais ces dernières ont eu raison d’elles. Les déconvenues se sont enchainées et le burn-out militant s’est imposé.

Mathilde, ex-bénévole à Calais

Mathilde a fait de la défense des droits humains son combat. Ses études de droit terminées, elle cherche un engagement concret, “conséquent et significatif” alors, elle prend un bus pour Calais et rejoint une équipe de bénévoles chargée de l’accompagnement des migrants les plus vulnérables.

La découverte de leur extrême détresse est d’une violence inouïe : ”C’était la première fois que j’étais amenée à traiter avec des gens dans un état de souffrance tel qu’ils avaient complètement perdu contact avec le réel”. L’omniprésence de la mort la plonge dans une fébrilité perpétuelle, dont elle ne prend conscience que bien plus tard, à force de temps et de travail : ”J’ai passé dix mois à avoir vraiment peur que les gens meurent, soient blessés grièvement ou victimes de violences policières très importantes. OK, j’ai le droit d’avoir souffert”.

À réécouter : Calais et ses bénévoles

Face à l’horreur, elle manque de soutien de la part d’autres bénévoles tout aussi exténués qu’elle, dont elle dénonce l’attitude “viriliste” parfois “toxique” consistant à relativiser et à délégitimer systématiquement son épuisement. À la violence, la fatigue et la solitude, il faut ajouter le découragement et le fatalisme. Ses efforts lui paraissent dérisoires, sa lutte vaine : “alors que je m’en contentais au début, j’ai fini par être frustrée de n’agir qu’à l’échelle micro et pas vraiment sur la structure des choses. J’en ai eu ras-le-bol d’amener des bols de soupe ou de distribuer des chaussettes propres. On peut continuer des millénaires comme ça”.

Elle rentre alors à Paris, complètement vidée : “J’étais anéantie. Je n’arrivais pas à me lever ni à suivre ce que disaient les gens ou à me concentrer. J’étais vraiment complètement dépassée. Ç’a été vraiment épouvantable”. Patiemment, elle sort de la dépression et apprend à ”dépasser cette culpabilité de ne plus être en train de sauver des vies au quotidien” et s’autorise à faire des choses qui lui font “juste plaisir sans changer la face du monde”. Elle a repris le travail et s’est retirée des projets militants dont elle faisait partie. “Voilà, je le vis à peu près bien”.

Adèle, ex-colleuse

Adèle a grandi “à Versailles, dans une famille catholique traditionaliste” : autrement dit, très loin du militantisme féministe. C’est son histoire personnelle qui lui en indique le chemin.

J’ai porté plainte pour viol et vécu beaucoup de violences sexistes. Je voulais m’engager pour que ça n’arrive plus à d’autres femmes”. C’est au sein du collectif #NousToutes qu’elle s’initie au collage auprès de l’ex-Femen Marguerite Stern. Cette pratique clandestine, qui permet d’envahir l’espace public de slogans, de faire descendre le combat dans la rue, induit de se tenir constamment en alerte. Elle fait aussi des colleuses les réceptacles des insultes des uns ou des confidences traumatiques des autres. La personnification de la lutte en alourdit la charge émotionnelle.

Adèle confie sa vulnérabilité, décrit un engagement à vif : J’ai mis mes tripes dans mon engagement. J’y suis allée à fond et j’ai mis aussi un peu de mon histoire dans certains collages […] Quand on s’investit à partir de sa propre histoire, surtout quand ce sont des épisodes traumatiques, c’est très lourd à porter. Ça nous rappelle ce qu’on a vécu et que d’autres personnes subissent la même chose ».

À lire aussi : D’Olympe de Gouges aux colleuses, la révolution de l’affichage féministe

Peut-être aurait-elle pu supporter ce poids grâce à la force du collectif, mais il se disloque brutalement après une série de tweets violemment transphobes de Marguerite Stern, qui provoque son éviction du mouvement. Les luttes intestines qui en découlent font basculer le groupe dans la défiance et la délation : “il y a eu une espèce de chasse aux traîtres. C’était un peu du flicage permanent”. Lasse, Alice se retire de toutes les conversations dont elle faisait partie, sans un mot. Si elle lui a appris à “avoir le courage de ses idées”, son expérience militante lui laisse un goût amer : “les organisations qui mettent en avant le fait d’être une ‘safe place’ tombent dans les mêmes travers que les autres”.

  • Reportage : Timothée de Rauglaudre
  • Réalisation : Vincent Abouchar
  • Mixage : Audrey Guellil

Merci à Mathilde et Adèle, ainsi qu’à Louis Witter.

Des nouvelles

Mathilde continue de « cultiver le plus possible les sources de joie et de répit extra-militance / politique », tout en observant de loin la situation à Calais qui ne s’améliore pas, les traversées étant devenues plus dangereuses.

Adèle s’engage d’autres manières, loin du milieu militant, en aidant des personnes étrangères dans leurs démarches administratives et leur recherche de travail, ou en hébergeant des victimes de violences conjugales ou de lesbophobie. Elle ne peut toujours pas remettre les pieds en manif.

Pour aller plus loin

« Je suis féministe, et je suis épuisée » : une colleuse raconte son burn-out militant, Madmoizelle, 3 fév.2021 
L’usure de l’engagement. Burn-out militantSocialter, 13 oct. 2020
« Le ‘burn-out’ militant. Réflexions pour ne pas être consumé par le feu militant« , Mouvements, 2023/1 (n° 113), p. 156-164. “ Les pathologies du militantisme ”, La vie des idées, 13 avr. 2021

LNDT: @314. Après le deuil : retrouver le goût de la vie

Un podcast de Radio France de 28′

Du jour au lendemain, Marie a perdu son amoureux. Luisa, elle, a perdu sa fille. Alors que cela leur paraissait inimaginable, après la lente et douloureuse traversée du deuil, elles ont pu ressentir à nouveau l’élan vital, le goût de la vie.

Marie a vingt-deux ans quand elle rencontre David, dont elle tombe très vite amoureuse. Alors qu’elle se trouve au Canada, elle reçoit un mail qui lui annonce son décès.

« J’avais vraiment passé une chouette journée et j’avais hâte de rentrer, de voir s’il avait répondu à mon mail. Et à la place, j’ai reçu un mail qui m’a annoncé qu’il était mort d’un arrêt cardiaque le vendredi matin, avant d’aller au travail, chez lui, dans sa salle de bain. » Marie

Marie est effondrée. Elle raconte la longue traversée du deuil, puis la lente renaissance…

À lire aussi : Le temps du deuil, des vécus à durée indéterminée

La fille de Luisa est décédée soudainement, alors qu’elle n’avait que treize ans. Maman endeuillée, Luisa sombre dans une tristesse ineffable.

« On ne peut pas distraire une mère de la perte de son enfant. […] On frôle la folie : ma fille ne bougeait plus, mais tout ce qui était inanimé, les objets, eux, étaient pourvus de mouvement. » Luisa

À l’occasion de l’anniversaire de sa fille, Luisa a tenu à partager une lettre-poème, le 29 avril 2024, elle aurait eu 25 ans :

« Les vingt-cinq ans de ma fille, qu’elle n’aura pas :

Tous les ans, le renouveau.
Tous les hivers, suivis du printemps. Tous les printemps, annoncent le mois d’avril. Tous les mois d’avril, annoncent ta naissance.
Cadeau du ciel, et de la terre. Rayon de soleil, qui éclaire et qui réchauffe.

Tous les ans, je ne m’y trompe pas.
Début mars, je le sens poindre.
Le bonheur, et l’angoisse. La plénitude, et le vide.
L’amour, et la mort.
La mélodie, la mélancolie.

Tristesse vague, sans raison déterminée ?
Non, elle en a une, une seule.
Je te survis, mais ne vis plus, comme avant.
Où est passée la promesse de vie que tu portais en toi ?
Jamais je n’ai imaginé avoir conçu un être mortel.
Quelle mère porte en son sein un enfant qu’elle sait peut mourir à tout instant ?

Et quand toi, mon rayon de soleil, tu t’es éteinte….
Toutes les lumières ont explosé, d’un seul coup.
Toutes les étoiles ont filé, d’un seul mouvement.
10 août, ‘shooting stars’.
Les Perséides, essaim de météores, les larmes de Saint Laurent.
La nuit des temps a commencé.

Ton existence, une poésie.
Ton absence, ténèbres.
Un quart de siècle, cela se fête !
Tes parents, grands vaillants, portent haut le flambeau.
Que ton nom soit à jamais symbole d’amour et de beauté.
Smilla, ma chérie.
« 

Merci à Marie, à Luisa, à l’association Apprivoiser l’absence qui fait un travail formidable de groupes de paroles et de soutien, ainsi que Pierre, le webmaster ; et toutes les personnes qui ont accepté de revenir vers Elise Andrieu.

Reportage : Elise Andrieu

Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Musique de fin : Tears in Heaven d’Iris Noëlle.

À lire : Le temps du deuil, des vécus à durée indéterminéees.