Un podcast de Radio France (2′)
Certaines maladies deviennent soudain « tendance » sous l’effet d’Internet, des réseaux sociaux et d’un besoin d’explication face à des symptômes flous. Attention car les autodiagnostics peuvent détourner de la véritable cause des troubles et retarder une prise en charge médicale adaptée.
Certaines maladies semblent devenir soudain « à la mode ». Il y a quelques mois, beaucoup s’autodiagnostiquaient une intolérance au glutenOuverture dans un nouvel onglet. Aujourd’hui, en ce mois de février, le TDAH — le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivitéOuverture dans un nouvel onglet — qui occupe le devant de la scène. Ce phénomène n’est pas anodin et s’explique par plusieurs mécanismes bien connus.
D’abord, lorsque l’on rencontre un problème de santé sans obtenir de réponse claire, le besoin d’explication devient pressant. Difficultés de concentration, maux de ventre persistants, fatigue inexpliquée : face à ces symptômes flous, Internet offre un accès immédiat à des listes de troubles et de maladies dans lesquelles il est facile de se reconnaître. Les réseaux sociaux amplifient encore ce mouvement, en donnant une large visibilité à des témoignages et à des contenus consacrés à ces troubles « tendance ».
Des troubles mieux connus, aux symptômes communs
Ensuite, il s’agit souvent de pathologies dont les connaissances médicales ont récemment progressé. On en parle davantage, on les identifie mieux, ce qui favorise leur médiatisation. Leurs symptômes présentent une autre particularité : ils sont fréquents, parfois peu spécifiques, et peuvent toucher un grand nombre de personnes sans cause évidente. Recevoir un diagnostic « clé en main » peut alors procurer un certain soulagement, voire le sentiment d’appartenir à une communauté qui partage les mêmes difficultés.
Ce phénomène est également entretenu par des acteurs qui y trouvent un intérêt économique : régimes sans gluten, méthodes pour « mieux vivre avec » un trouble de l’attention, accompagnements divers… autant d’offres qui prospèrent sur cette quête d’explications.
Reste une question essentielle : est-ce problématique de se diagnostiquer soi-même ? Une liste de symptômes, surtout lorsqu’ils sont généraux, ne constitue pas un diagnostic médical. Le risque d’erreur est réel. Et cette erreur n’est pas sans conséquences. En se persuadant d’être atteint d’un trouble que l’on n’a pas, on peut passer à côté de la véritable cause de ses difficultés, et surtout, de la possibilité de la traiter efficacement.