LNDT: @537. Comment apprendre à lâcher prise ?

Un Podcast de Radio France (46′)

FOmniprésent dans les médias et les conseils bien-être, le « lâcher-prise » soulève des questions essentielles : peut-il vraiment s’apprendre et dans quelles conditions devient-il bénéfique ?

Avec

  • Philippe Aïm, psychiatre
  • Émilie Pernet, hypnothérapeute et sophrologue
  • Vincent Trybou, psychologue

« Lâcher prise » : deux mots simples que l’on entend partout. Le lâcher-prise est convoqué comme une formule magique par tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à notre bien-être. Sur le papier, c’est tentant, mais est-ce que cela s’apprend vraiment ? On ne nous l’a pas enseigné à l’école. Ni même comment accueillir l’imprévu, vivre avec l’incertitude, voir le verre à moitié plein… Pourtant, certains y arrivent : ils respirent, reculent, relativisent. Serait-ce une question de personnalité ? D’expérience ? La quête du lâcher-prise est-elle souhaitable à tout prix ?

LNDT: @531. Comment se séparer en bons termes ?

Un Podcast de Radio France (24′)

Est-il possible de se quitter en devenant les meilleurs amis du monde ? Et d’ailleurs, pourquoi vouloir se séparer en bons termes ? Bonne question à laquelle on tentera également de répondre. Mais essayons tout de même de dégager quelques pistes pour une rupture saine et sans trop de bavures…

Avec

  • Cécilia Commo, psychanalyste, thérapeute de couple et sexologue à Paris
  • Camille Rochet, psychologue et thérapeute de groupe

Comment se quitter bons amis en devenant pourquoi pas les meilleurs amis du monde ? Est-ce souhaitable ? Comment le couple passe-t-il d’amour à l’évitement de l’autre ? Quels enjeux supplémentaires lorsqu’il y a des enfants ? Qu’est-ce qu’une rupture dit de soi ? Le magazine du quotidien tente ici de répondre à ces questions et de donner des conseils pour aider les couples en rupture à passer cette étape, souvent une épreuve, de la meilleure des manières possibles. Car que l’on se quitte ou non en bon terme, une rupture provoque nécessairement des bouleversements, bouleversements pratiques, affectifs, psychologiques, financiers. Avant-propos à cette émission : cette émission exclut les cas de violence morale, physique, ou de relation toxique.

LNDT: @480. Psychologie des femmes / Revue Mouvement

Un Podcast de Radio France (5′)

Le fondateur, avec son ami Max Weber, de la sociologie allemande est aussi l’un des premiers sociologues à s’être intéressé à ce qu’on appelait alors « la question féminine », car on était, en cette seconde moitié du XIXème siècle, à l’âge des *questions * : question d’Orient, question sociale ou question ouvrière, question juive… Simmel s’intéressait au féminisme, il était lui-même entouré de femmes d’esprit et d’intellectuelles, notamment son épouse, qui avait publié un livre sur la vie sexuelle écrasée par la contradiction entre moralité et réalité et qui organisait avec lui les fameuses séances de son séminaire, où se retrouvaient les Weber, mari et femme, mais aussi Ernst Bloch ou Georges Lukács, Lou Andreas-Salomé ou encore les poètes Stefan George et Rilke. Mais s’il a témoigné de son intérêt pour le mouvement des femmes dans plusieurs articles parus dans des journaux sociaux-démocrates ou dans des essais comme Philosophie de la mode ou Psychologie de la coquetterie , concrètement, dans son enseignement, par exemple, l’homme se disait gêné par une présence féminine trop importante : « elles perturbent pour moi l’unité de l’auditoire », écrit-il à un collègue pour lui recommander une étudiante.

De fait, comme l’indique Michel Lallement dans son livre récent sur Max Weber (Tensions majeures. Max Weber, l’économie, l’érotisme ) c’est beaucoup moins une sociologie des genres que Simmel entreprend ici qu’une « métaphysique des sexes » où il met en scène une différence radicale, ainsi que les solutions que les hommes et les femmes inventent au quotidien pour se définir les uns par rapport aux autres. Du coup, cette Psychologie des femmes peut apparaître aussi comme une sociologie spontanée des relations de genre à l’époque, dans l’esprit d’un homme pourtant acquis à l’émancipation des femmes. En l’occurrence, comme le rappelle Jean-Jacques Guinchard dans son éclairante préface, Simmel se montre plus attentif à la manière dont « les formes sociales se maintiennent », titre de sa contribution au premier numéro de L’Année sociologique, la revue de Durkheim.

« Lorsqu’un jour les femmes non mariées en viendront à exercer une activité professionnelle, alors un changement de leur vie sentimentale, impliquant des conséquences parfaitement imprévisibles, en découlera », annonce-t-il sans plus détails. C’est que les femmes, qu’il voit comme un ensemble indistinct, beaucoup moins différencié que les hommes, sont gouvernées par leurs sentiments, comme on peut le voir, selon lui, dans la littérature. D’où, à la fois, leur manque d’objectivité et leur fameuse « intuition », la rapidité et la sûreté de leur jugement « dans les affaires embrouillées », mais aussi leur conformisme. Ici, Simmel s’accorde avec Goethe pour penser que si l’homme aspire à la liberté, la femme reste attachée aux convenances. Pourtant, il admet que certaines « peuvent montrer dans le naturel de leurs mouvements, dans l’absence de préjugés de leurs opinions, dans la liberté avec laquelle elles s’expriment, de nombreux charmes »…

Son analyse de la « coquetterie » est un bel exemple de la sociologie des interactions qu’il pratiquait avant la lettre, et là, force est de reconnaître avec lui une remarquable permanence dans les formes sociales, en l’occurrence celles de la gestion de la distance entre les sexes dans les jeux de la séduction. Pour lui, elle consiste dans un subtil « mélange de consentir et de non-consentir (symbolique) ». Le charme de cette attitude tiendrait « moins au fait qu’elle est la promesse d’un plaisir qu’au fait qu’elle est la promesse d’un plaisir » – et là, l’accent est mis sur la promesse, le mot est souligné dans le texte. Car – je cite encore « l’espoir du plaisir contient toujours déjà le plaisir de l’espoir ».

Jacques Munier

LNDT: @472. On va s’aimer ? Les superpouvoirs de l’amour

Un Podcast de Radio France (54′)

Par Ali Rebeihi. A l’occasion de la Saint-Valentin, cette série tirée de l’émission « Grand bien vous fasse » présentée par Ali Rebeihi vous propose un parcours complet de la vie amoureuse, de ses manifestations les plus intenses à ses difficultés quotidiennes.

De l’intensité de la passion amoureuse à l’expérience douloureuse du désamour ou de la fin de l’amour, en passant par le pouvoir du langage de l’amour ou les défis de la vie conjugale… La série dessine ainsi un portrait complet de l’expérience amoureuse, de ses moments les plus exaltants à ses aspects les plus quotidiens, en passant par ses dimensions sociales et communicationnelles.

L’amour, une émotion aux multiples facettes. Explorez ses super pouvoirs avec une neuroscientifique, une psychopraticienne et un auteur, pour mieux comprendre son impact sur nos vies.

Avec

  • Aurore Malet Karas, docteure en neurosciences et sexologue française
  • Géraldyne Prévot Gigant, psychopraticienne
  • Laurent Saint-Gérard, comédien

La langue française ne manque pas d’images pour le décrire… L’amour « donne des ailes », « rend aveugle », « peut déplacer des montagnes », donne « des papillons dans le ventre » et nous frappe comme la foudre…

Mais les superpuissances de l’amour ne se limitent pas à l’amour romantique. L’amour peut être parental et inconditionnel, familial et rassurant, amical et essentiel… Et s’il en est un souvent oublié qu’il est urgent de célébrer, c’est l’amour de soi, pourtant essentiel à notre bien-être.

La transe amoureuse : entre chimie cérébrale et mirages

Au début d’une relation amoureuse, une « transe » prend souvent le dessus, alimentée par la chimie du cerveau et une tendance à projeter nos espoirs et attentes sur l’autre. Cette phase initiale, bien que merveilleuse, peut être teintée de mirages : « Ce que nous allons projeter sur cet inconnu, ça va être tout notre univers, tout notre monde, toutes nos croyances, toutes nos attentes, explique la psychopraticienne, Géraldyne Prévot Gigant. On idéalise l’inconnu et on se raconte des histoires qui pourraient mener à des désillusions. »

La science de la rencontre : mystère et neurochimie

Les neurosciences peuvent aujourd’hui expliquer beaucoup de choses sur le coup de foudre et les premières années d’une relation, notamment les changements neurophysiologiques qui s’opèrent. « Ce qu’on sait maintenant, c’est qu’on va avoir trois grandes phases, décrit Aurore Malet Karas. Et la première phase, c’est ce que les anglo-saxons vont appeler la « lust phase », une période de désir intense influencée par un cocktail d’hormones sexuelles et d’adrénaline. »
Cette phase peut durer de quelques semaines à plusieurs années, chamboulant profondément le cerveau et activant le circuit de la récompense via la dopamine, un neurotransmetteur lié aux addictions.

Néanmoins, le moment précis de la rencontre demeure un mystère, un instant hors du temps que la science peine encore à élucider complètement. « C’est un moment évidemment très marquant où plus rien d’autre n’existe. confirme Laurent Saint-Gérard. On est envahi, on est saturé tout à coup d’un sentiment comme une évidence. »

LNDT: @463. Épisode 5/5 : Se mettre à nu

Un Podcast de Radio France (11′)

Dans ce cinquième et dernier épisode, à la manière du « Fantastic Mr. Fox » de Wes Anderson, Younès Boucif explore la mise à nu pour déclarer l’amour. Il évoque la spontanéité et la franchise naturelle des enfants lorsqu’ils abordent ce sujet. Une candeur enfantine qui pourrait nous inspirer.

Avec

  • Younès Boucif, acteur et rappeur

Dans la comédie d’animation Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson, Younès Boucif souligne la transformation du personnage principal : d’abord voleur de poules, Mr. Fox doit renoncer à cette vie suite à son mariage avec Felicity, qui souhaite le voir devenir un père de famille respectable. Face à une situation mettant sa famille en danger mortel, il choisit le sacrifice personnel pour sauver les siens et se met à nu une dernière fois face à son épouse en justifiant ce geste par un besoin pathologique d’être aimé.

L’acteur Younès Boucif a interprété des rôles de stand-uppeur amouraché dans la série Drôle (Netflix), ou d’un amoureux réservé dans la série Amours solitaires (FranceTV et Arte). Et il a évoqué ses relations au détour d’une poignée de punchlines de rap.

Oser l’authenticité pour l’être aimé

Arme ultime pour déclarer sa flamme : la vulnérabilité. L’acteur-rappeur interprète la confession de Mr. Fox à son épouse comme une véritable déclaration d’amour. En révélant son besoin constant d’être le meilleur et en reconnaissant ce défaut peu flatteur, Mr. Fox fait preuve d’une rare fragilité. C’est grâce à cette sincérité intime et cette capacité touchante à montrer ses faiblesses qu’il maintient leur relation à flot.

Se mettre à nu ou mettre à nu ?

Place à la chanson d’amour, Athéna du chanteur Orelsan. Dans cette dernière, le chanteur met à nu sa partenaire en lui montrant à quel point il la connait dans tous ses détails, ce pourquoi il l’aime dans son entièreté. Il fait même l’éloge de ses défauts, de ses maladresses, de tous ses travers, que lui seul connaît, qui lui sont familiers et qui lui importent. L’amour, c’est aussi aimer les défauts de l’autre. Grâce à cette énumération ou plutôt cette déclaration d’amour complète, son Athéna ne peut être qu’être rassurée par les sentiments qu’il lui porte.

Dernier cas pratique :  la mini-série Samuel, d’Émilie Tronche sur Arte (disponible sur Youtube), où les adolescents partagent avec humour leurs difficultés quotidiennes, exposant leurs émotions et pensées sans filtre. Et question vulnérabilité, les enfants restent des modèles parfaits : ils aiment, pleurent et expriment leurs émotions sans retenue. Finalement, pour Younès Boucif, l’amour consiste à retrouver cette authenticité, cette spontanéité de l’enfance avec l’autre.

LNDT: @462. Épisode 4/5 : Exprimer la douleur de l’absence

Un Podcast de Radio France (12′)

Dans ce quatrième épisode, Younès Boucif s’intéresse à la souffrance que peut infliger l’absence dans l’amour, même chez le vicomte et cruel séducteur des « Liaisons dangereuses », mais aussi l’importance de prendre ce risque. Car oui, aimer nous fait grandir.

Avec

  • Younès Boucif, acteur et rappeur

Younès Boucif commence l’épisode en évoquant la chanson qui a bercé son été, Mazel Khatmi du groupe Koum Tara. C’est l’histoire d’un homme qui se sépare de sa femme. Un homme qui parle de la marque de la bague encore au doigt de son ex-femme et de la souffrance qu’il en tire. Selon le rappeur-acteur, cette « complainte acoustique » provient du cœur, c’est le cri de la douleur de l’absence que l’on peut parfois ressentir dans ce qu’on appelle… l’Amour. Car « souffrir, c’est aimer encore. »

L’acteur Younès Boucif a interprété des rôles de stand-uppeur amouraché dans la série Drôle (Netflix), ou d’un amoureux réservé dans la série Amours solitaires (FranceTV et Arte). Et il a évoqué ses relations au détour d’une poignée de punchlines de rap.

L’amour du risque

« Si les déclarations d’amour étaient anodines, on les ferait insouciamment, à droite, à gauche, à lui, à elle« , déclare Younès. Pourtant, encore selon lui, c’est le problème des nouvelles générations, qui « livrent des déclarations d’amour à tire-larigot« . Pour certains, c’est simplement un jeu, des mots très forts comme les « je t’aime » deviennent systématiques et anodins. On ne sait plus vraiment ce qu’ils signifient. Personne ne souhaite souffrir, alors, on s’y prépare dès le début de la relation. On se prépare à ce que qu’il ou qu’elle s’en aille, on se protège. Résultat ? On ne souffre pas, mais on ne ressent pas grand-chose non plus. Pourtant avoir le bonheur d’aimer, c’est un luxe incroyable. Même si le risque de souffrir est inévitable.

Souffrir, c’est aimer encore

Younès Boucif évoque une référence emblématique, celle Des Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos. Le challenge du vicomte de Valmont est machiavélique. Pour essayer de se prouver que l’amour que l’amour n’existe pas, il se met en tête de séduire une femme mariée, Madame de Tourvel, une femme juste, droite, digne et pieuse. Mais ce dernier se heurte à un mur, car oui, c’est une femme de principe, de noblesse et de vertu. Sauf que contre toute attente, le vicomte finit – à force d’un certain nombre de refus –  par être véritablement séduit par Madame de Tourvel. Pourquoi ? Parce qu’elle lui résiste et que son cœur est bon. Bref, elle finit par l’émouvoir.

Au final, Valmont souffre. Oui, il est peiné à cause de son noble amour… Et c’est parce qu’il souffre vraiment qu’on comprend qu’il l’aime sincèrement. Finalement, cette dernière, qui n’était pas touchée au début, finit, elle aussi, par être émue par l’amour véritable que lui porte désormais Valmont. Elle est déstabilisée par cette réelle douleur, par cette déclaration d’amour. C’est ainsi, qu’ils réalisent l’un l’autre qu’ils s’aiment vraiment.

LNDT: @461. Épisode 3/5 : Promettre de beaux lendemains

Un Podcast de Radio France (9′)

Dans ce troisième épisode, Younès Boucif s’intéresse à la promesse, cet engagement pris envers autrui ou envers soi-même. En s’appuyant sur des références comme les envolées lyriques de Jacques Brel et le film « Incendies » de Denis Villeneuve, il met en lumière la profondeur et la portée de cet acte.

Avec

  • Younès Boucif, acteur et rappeur

Les promesses, arme classique des déclarations d’amour. Et ces dernières surviennent lorsqu’on commence à tomber amoureux, que tout est grand et que tout est beau. C’est l’occasion de mettre son amour à l’épreuve des mots. « Que suis-je capable de faire pour toi ?« . Mais attention, Younès rappelle qu’il faut faire comme Zaho : promettre à la hauteur de ce qu’on peut donner.

L’acteur Younès Boucif a interprété des rôles de stand-uppeur amouraché dans la série Drôle (Netflix), ou d’un amoureux réservé dans la série Amours solitaires (FranceTV et Arte). Et il a évoqué ses relations au détour d’une poignée de punchlines de rap. Pour lui, faire une promesse est une belle façon de montrer son amour, mais attention à rester dans la limite du raisonnable.

Arme classique et dangereuse de la déclaration

Younès explique que, dans la chanson Ne me quitte pas de Jacques Brel, les promesses poétiques irréalisables, comme celle de trouver des « perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas« , ne sont pas faites pour être prises au sérieux. Elles servent à montrer à quel point on aime quelqu’un. C’est une façon poétique de dire « je ferais tout pour toi« , même si on sait que c’est irréalisable. En amour, on comprend souvent que ce genre de promesses est là pour toucher l’autre et montrer l’intensité de nos sentiments. Plus la promesse est folle, plus elle reflète la grandeur de l’amour ressenti.

Une promesse rime-t-elle forcément avec engagement ?

Pour l’acteur, une promesse n’est pas juste faite de paroles légères, elle engage profondément. Comme dans le film Incendies de Denis Villeneuve, où l’amour filial et les promesses servent à briser des cycles de haine et de vengeance. Cet amour-là est immense, presque divin, comme celui qu’on voit dans des actes de pardon extraordinaires, par exemple une mère qui pardonne à l’assassin de son enfant, ou encore dans Les Misérables, où la bonté de l’évêque transforme Jean Valjean. Il y a une seule leçon à retenir : l’amour et la bonté peuvent rompre les chaînes de la violence.

LNDT: @460. Épisode 2/5 : Convoquer le souvenir

Un Podcast de Radio France (11′)

Younès Boucif explore le souvenir, à travers le prisme de la rupture. Il analyse pourquoi nous avons tendance à nous rappeler uniquement des bons moments une fois la relation terminée. Il souligne aussi l’importance d’être authentique lorsqu’on évoque ces instants du passé.

Avec

  • Younès Boucif, acteur et rappeur

Après une fâcheuse rupture, on a souvent une fâcheuse tendance à se raccrocher aux bons souvenirs, en faisant abstraction de leur contexte. « Tu sais, je n’ai jamais été aussi heureux que ce matin-là » : c’est comme dans L’été indien de Joe Dassin, notre mémoire ne retient que les moments de bonheur. Une chanson partagée nous revient, et soudain, on se retrouve à penser qu’il est absurde de ne plus être ensemble quand ces souvenirs étaient si doux, si beaux. Bien sûr, les souvenirs sont précieux, mais encore faut-il qu’ils n’embrument ou n’enjolivent pas trop un moment réel du passé.

L’acteur Younès Boucif a interprété des rôles de stand-uppeur amouraché dans la série Drôle (Netflix), ou d’un amoureux réservé dans la série Amours solitaires (FranceTV et Arte). Et il a évoqué ses relations au détour d’une poignée de punchlines de rap. Pour lui, convoquer le souvenir, c’est une arme antique, mais à brandir de manière explicite et sincère.

Les limites du souvenir

« Oh je voudrais tant que tu te souviennes. Cette chanson était la tienne. C’était ta préférée je crois » Ah ! La Chanson de Prévert de Serge Gainsbourg, elle fait appel à ses tendres souvenirs. Younès raconte qu’une fille lui avait déjà partagé cette chanson. Elle tentait ainsi de réveiller, en lui, certains souvenirs, mais, trop évasive, sa démarche n’a pas eu l’effet escompté. Quelles paroles en particulier retenir ? Alors Younès ne veut plus se contenter de messages implicites à travers des chansons, il préfère désormais la communication directe et sans détours.

Sa leçon : les messages par chansons peuvent être ambigus, on ne sait pas toujours à quelle partie des paroles l’autre fait référence, et le souvenir comme outil de déclaration n’est pas suffisant, car ces derniers sont biaisés et on oublie souvent le contexte. Alors pour déclarer sa flamme en souvenirs, il faut que les paroles qui les accompagnent soient sincères. Ne suivez pas l’exemple de Younès qui a tenté de rédiger une déclaration avec ChatGPT, car on ne peut pas faire confiance aux IA pour tout. Quelle que soit la méthode choisie, peu importe l’outil utilisé, l’essentiel c’est la sincérité.

La comparaison : un pari risqué

Si la comparaison est un art maîtrisé par plusieurs rappeurs comme TiakolaFreeze Corleone ou encore Hugo TSR, c’est le musicien Michel Legrand qui résonne tout particulièrement dans le cœur de Younès avec Les moulins de mon cœur. Son génie réside par son excellence pour déclarer sa flamme. Il use de comparaisons, mais il évite l’écueil de l’analogie trop basique ou éculée, qui peut être mal reçue par l’être aimé, avec des comparaisons universelles. En évoquant l’image d’une pierre jetée dans un ruisseau créant ses cercles concentriques, il puise dans notre mémoire collective, dans ces petits détails de la vie que nous connaissons tous mais auxquels nous ne prêtons plus attention par habitude. Car ça reste toujours délicat de déclarer sa flamme à un être humain en le comparant à un autre être humain. À essayer, mais avec précaution.

LNDT: @459. Épisode 1/5 : Célébrer l’être aimé

Un Podcast de Radio France (13′)

Younès Boucif partage le souvenir d’une déclaration flamboyante de son amour sur scène, la fameuse tirade amoureuse de Cyrano de Bergerac, et décrypte pourquoi elle est imparable. Car même les héros littéraires peuvent se retrouver démunis lorsqu’il s’agit d’exprimer leurs sentiments.

Avec

  • Younès Boucif, acteur et rappeur

Envisager de donner les clefs de son cœur à quelqu’un, c’est à double tranchant, car c’est donner l’opportunité à une personne de nous combler de bonheur, mais aussi celle de briser notre petit cœur, du moins pour un temps. L’acteur Younès Boucif a interprété des rôles de stand-uppeur amouraché dans la série Drôle (Netflix), ou d’un amoureux réservé dans la série Amours solitaires (FranceTV et Arte). Et il a évoqué ses relations au détour d’une poignée de punchlines de rap. Pour lui, déclarer sa flamme, c’est donner la possibilité à l’autre de tout nous offrir et/ou de tout nous reprendre.

La déclaration amoureuse : mode d’emploi

Déclarer sa flamme, c’est avoir la force de s’asseoir et de dévoiler nos sentiments à l’être aimé. Oui, s’asseoir est important pour ne pas tomber de trop haut en cas de rejet, explique Younès Boucif. Amoureuses ou non, célèbres ou pas, intéressons-nous à ces prises de position, décortiquons-les, analysons-les, voyons ensemble ce qu’elles ont de courageux, de fous, de beaux !

En conseil numéro 1, l’acteur explique qu’il faut parler avec le cœur, l’authenticité avant tout : « C’est la base, c’est la première arme, c’est la plus simple et c’est la plus dure aussi à utiliser ». En conseil numéro 2 : oser se dévoiler, en dépassant sa pudeur et sa timidité. Puis, en conseil numéro 3, il s’agit de s’écouter et de se comprendre. En conseil numéro 4, il explique qu’il s’agit de trouver les mots, mais pas n’importe lesquels, les mots justes, il faut donc les chercher. Et enfin, en conseil numéro 5, il s’agit d’être sensible, sensible à la vie, aux sentiments et à l’amour qu’on porte. Il s’agit de comprendre qu’en réalité, c’est l’amour qui nous porte. Il faut simplement comprendre comment, pourquoi, de le formuler et de le dire. Il s’agit de s’écouter. Il s’agit d’exprimer, peu importe en quels termes, peu importe en quelle langue, peu importe l’argot, peu importe les fautes grammaticales ou les maladresses, il s’agit de dire avec ces mots ce que cela nous fait d’aimer l’autre.

L’audace d’avouer ses sentiments

Même dans la littérature française, on trouve des personnages qui peinent à exprimer leurs sentiments, comme Christian dans Cyrano. Si sa timidité ou bien son vocabulaire limité le freinent peut-être, notre expert souligne qu’il aurait pu persévérer plutôt que d’abandonner à la première tentative. Car oui, la déclaration d’amour demande parfois de la persévérance. L’acteur propose une approche directe : il faut se confronter à ses émotions en se posant les vraies questions, même les plus brutes : « T’as quoi dans le bide quand tu la croises ? Des papillons ? Des remous ? Des tremblements ?« . L’objectif est d’identifier clairement ses ressentis pour mieux les exprimer. Avec une sincérité désarmante qui nous aide à nous sentir moins seuls, l’acteur s’identifie même à Cyrano, admettant que lui aussi, manque parfois de courage pour aller jusqu’au bout de ses déclarations d’amour.

Younès révèle la façon dont il s’est retrouvé dans la peau d’un Cyrano moderne. Un jour, sur scène, apercevant celle qui faisait battre son cœur dans la salle, il change spontanément ses plans. Au lieu de rester dans l’ombre comme le personnage de théâtre face à sa Roxane sur son balcon, il choisit de s’adresser directement à sa bien-aimée. Et c’est là que la magie opère : tel un poète inspiré, il laisse parler son cœur sans retenue, déversant le flot de ses émotions comme Cyrano l’aurait fait et même avec ses mots, dévoilant tout ce qu’elle éveille en lui.

Vivons d’amour et d’eau fraîche !

« Alors voilà ce qu’est l’amour. Exprimons-nous, comme Cyrano ou comme dans Green Book, ayons le courage de nos mots, brodons, ne nous contentons pas de dire, je t’aime, quitte à dire, je t’aime, quitte à commettre cette folie, quitte à braver l’irréparable, quitte à se compromettre, enfin ou de nouveau, autant y aller gaiement, autant y mettre du cœur, faisons-en des tartines, mettons des mots sur nos sentiments, exprimons-nous« , exprime Younès Boucif. Peu importe les mots qu’on emprunte ou le temps que l’on prend, l’essentiel est d’oser faire le premier pas.

LNDT: @458. Episode 4 – La libido dans le couple : je t’aime, moi non plus ?

Un Podcast de Radio France (36′)

Couple, drague, sexualité. En amour, les règles ont changé. 30 minutes de témoignages, d’analyse et de décryptage pour se mettre à jour. Dans cet épisode, zoom sur le désir sexuel, les écarts de libido au sein d’un couple et l’impact du quotidien sur notre sexualité.

Avec

«  Ca fait 4 ans que je suis avec mon copain et je n’ai plus trop de désir pour lui. Est-ce que je dois le quitter ?  »

Comment gérer les différences de désir dans un couple ? Est-ce qu’une baisse de libido veut dire que notre couple va mal ? Comment on fait quand on a plus d’excitation pour son partenaire ? Dans cet épisode, on débriefe les vocaux que nous avez envoyés avec deux sexologues.

Avec :

  • Aurore Malet­-Karas, docteure en neurosciences, sexologue ­et autrice du livre « Cerveau, sexe et amour » aux éditions Humensciences
  •  Dr Gilbert Bou Jaoudé, médecin sexologue et directeur scientifique de la plateforme de téléconsultations Charles.co