Catégorie : Pensées & citations.
LNDT: @298. Episode 1/2: Les caractéristiques du pervers narcissique expliquées par Anne Clotilde Ziegler
Il y a 7 ans Anne Clotilde Ziegler publiait un fameux ouvrage intitulé « Pervers narcissique bas les masques » paru aux éditions Solar. Ce podcast s’inscrit dans le prolongement de cette édition.
Anne Clotilde Ziegler permet d’abord à l’auditeur de comprendre le sens des termes « narcissique » et « pervers » dans l’objectif de mieux identifier ces profils. Il s’agit d’entrer dans les nuances afin de ne pas confondre ces profils avec ceux de la personne atteinte de trouble bipolaire, d’alexithymie ou de paranoïa et encore moins avec des attitudes parfois manipulatrices ou mensongères que tout un chacun peut avoir dans certaines situations. Parmi les données de la psychologie clinique, Anne Clotilde présente quelques caractéristiques reconnaissables du pervers narcissique telles que la fréquence des comportements, la conscience et la compréhension que la personne a de ses attitudes et la volonté ainsi que la capacité qu’elle a d’en changer.
LNDT: @296. L’utérus comme source de l’hystérie : regards psychanalytiques contemporains
Un podcast de Radio France de 58′
L’utérus est la matrice de la vie, l’origine selon Freud du premier traumatisme vécu : la naissance. Lieu de la maternité, l’utérus est aussi source de clichés sexistes qui perdurent aujourd’hui, comme l’origine de l’hystérie… Le corps féminin crée-t-il des états psychiques qui lui sont propre ?
Avec
- Clotilde Leguil philosophe et psychanalyste de l’Ecole de la Cause freudienne
Une émission présentée par Géraldine Mosna-Savoye
Les médecins grecs de l’Antiquité abordaient l’hystérie comme une affection qui avait à voir avec un organe génital propre aux femmes : l’utérus.
Freud détacha les symptômes hystériques de cette référence anatomique à l’utérus comme organe, mais ce qu’il conserva, c’est l’idée que ces symptômes avaient quand même à voir avec le corps, ce qu’il appela une “conversion somatique”.
Pour Freud, le corps n’est pas celui de l’organisme, celui de la médecine, mais le corps libidinal, investi de jouissance, de puissance, de libido. Lorsque quelque chose du désir est refoulé, cela peut alors passer par l’expression traumatique : une affection qui se présente comme venant du corps mais dont la cause est psychique et non organique…
Alors que reste-t-il de l’utérus dans l’hystérie telle qu’elle a été exploitée après Freud par la psychanalyse ?
LNDT: @294. Episode 1/2: Philosophie du clitoris
Un podcast de Radio France de 59′
La femme est un être singulier, la seule à posséder deux organes sexuels séparés, dont le cli toris, dédié au plaisir. Le secret de ce plaisir fut longtemps un impensé en philosophie. Qu’est-ce que le plaisir ? Comment parler du clitoris sans tomber dans un essentialisme du corps féminin ?
Avec
- Catherine Malabou Philosophe, professeure de philosophie au « Centre for Research in Modern European Philosophy » à l’Université de Kingston au Royaume-Uni
« Le clitoris est une pierre minuscule logée en secret dans la grande chaussure de l’imaginaire sexuel.
La jeune Clitoris de la mythologie grecque, connue pour sa taille très fine, était dite mince ‘comme un caillou’.
Longtemps caché, privé de nom, de représentations artistiques, absent des traités de médecine, souvent ignoré des femmes elles-mêmes, le clitoris n’a eu durant des siècles qu’une existence de scrupule, au sens primitif du terme, ce grain qui gêne la marche et taraude l’esprit. »
Catherine Malabou, dans Le plaisir effacé : clitoris et pensée, aux éditions Rivages (2020)
Alors comment passer du scrupule au plaisir ? Comment garder le mystère du plaisir, celui-même qui appelle la pensée ?
LNDT: @292. Santé, sexualité, accouchement : une connaissance trop bien gardée
Un podcast de Radio France de 59′
Toute cette semaine, Les Nouvelles Vagues parlent du corps des femmes. Avec des membres de la Revue Z et du collectif Les Filles de Simone, on commence aujourd’hui par parler de territoires encore trop souvent inconnus : qu’est-ce que racontent les non-dits sociétaux autour du corps féminin ?
Avec Naïké Desquesnes et Sharmila Naudou, membres de la Revue Z, revue itinérante d’enquête et de critique sociale. Le n°10, Bonnes femmes mauvais genre, en librairie depuis le 14 septembre, mène l’enquête à Marseille, « au prisme de questionnements féministes » ; Claire Fretel, Tiphaine Gentilleau et Chloé Olivères, du collectif Les Filles de Simone, auteurs du spectacle C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde (en tournée jusqu’en mai 2017). Avec elles cinq, nous questionnons les enjeux de la transmission et du partage des connaissances liées au corps féminin.
LNDT: @291. Accepter son corps
Un podcast de Radio France de 28′
Olga a longtemps été obsédée par son corps qu’elle juge monstrueux. Après un long et fastidieux parcours, elle finit par l’accepter et porte sur lui un regard nouveau. Diane, elle, est une femme transgenre. Un jour, elle ose devenir ce qu’elle a toujours été et cesse de se déguiser en garçon.
Diane est une femme trans qui a longtemps vécu dans la contradiction. À l’âge de quatre ans, elle sait que son sexe masculin ne lui convient pas.
En étant enfant, je me suis dit que je voulais recommencer ma vie. Je ne voulais pas ça.
Recommencer, car elle ne peut changer le cours des choses. Le climat familial, entre autres, ne lui permet pas d’exprimer son mal-être. Commence alors une « vie parallèle ».
À l’époque, la dysphorie de genre qu’elle éprouve est encore classée comme maladie mentale par les organisations mondiales. Diane refoule donc. Elle tombe amoureuse d’une femme, en étant homme. Si elle apprécie sa vie, elle sent qu’il manque tout de même quelque chose. Reviennent les mêmes sensations : la dissimulation, le mensonge à soi, l’aveuglement.
J’avais un désir d’enfant, donc j’ai fait semblant. […] Pendant presque trente ans, j’ai forcé.
Vient un moment où les faux-semblants sont trop importants. Tout explose. Diane commence alors un parcours de la parole. C’est en 2013 qu’elle annonce à sa femme la vérité de sa vie, à travers une lettre. Ses enfants avaient bien compris ce secret de polichinelle : « Je ne suis pas surprise », a même dit sa filleule.
C’est passé comme une lettre à la poste.
Diane commence alors à emprunter le chemin de l’acceptation de soi. Un jour, pour aller voir une amie, elle s’affiche dans les transports en commun en étant ce qu’elle est vraiment. L’angoisse est importante, mais la réalité la désamorce rapidement :
Quand on est une personne trans et qu’on « sort » pour la première fois, on se dit : « je peux tomber sur n’importe qui et me faire détruire ».
Lorsqu’elle rejoint son amie, tout se passe bien. « Enfin », se voit-elle dire. C’est ainsi que sa nouvelle vie a commencé, et que l’acceptation est devenue libération.
Il a fallu que j’attende 40 ans pour découvrir ce que c’est qu’un orgasme.
LNDT: @290. Le corps des femmes avec Camille Froidevaux-Metterie et Inès Orchani
Un podcast de Radio France de 52′
Camille Froidevaux-Metterie avec « Un corps à soi » (Seuil) et Inès Orchani avec « Gazelle théorie » (Fayard) explorent deux approches du féminisme contemporain.
Dans le prolongement de Seins. En quête d’une libération (Anamosa), Camille Froidevaux-Metterie poursuit son entreprise philosophique avec Un corps à soi (Seuil). Son travail vient corriger une curieuse disparition des études féministes : celle du sujet féminin dans sa dimension incarnée. C’est dans la voie d’une phénoménologie féministe que Camille Froidevaux-Metterie envisage le corps des femmes, un instrument privilégié de la domination masculine, vecteur possible d’un affranchissement et d’une nouvelle émancipation selon elle. Puisque, l’intimité demeure un lieu hautement politique pour la philosophe, dans son nouvel ouvrage, Un corps à soi, elle retrace, à la première personne, les différentes étapes de la vie d’une femme, de la première échographie à la ménopause.
Inès Orchani avec Gazelle théorie (Pauvert) éclaire aussi un pan du féminisme longtemps resté impensé : existe-t-il plusieurs féminismes? C’est-à-dire, l’émancipation des femmes en Occident ou dans le monde arabe comprend-elle les mêmes enjeux? S’inspirant librement de King Kong théorie de Virginie Despentes elle nous propose sa propre lecture, singulière et nourrie d’une double culture: “Certaines ont lu ou entendu parler de Beauvoir et de Despentes; d’autres, de l’autre côté de la Méditerranée, se réfèrent à Khansâ ou à Khadîja. Mais toutes, quelles que soient leurs références culturelles, aspirent à une même dignité” écrit ainsi l’auteure.
LNDT: @289. Le corps féminin enferme-t-il ou libère-t-il ?
Un podcast de Radio France de 32′
La philosophe Camille Froidevaux-Metterie propose de passer du corps comme lieu d’aliénation au corps comme vecteur d’émancipation dans son dernier essai : « Un Corps à soi » (Seuil, 2021).
Avec
- Camille Froidevaux-Metterie Philosophe, professeure de Sciences Politiques et romancière
Camille Froidevaux-Metterie est philosophe et professeure de sciences politiques à l’université de Reims Champagne Ardennes. Après des essais comme La Révolution du féminin (Réédition Folio Essais, 2020), Le Corps des femmes (Philosophie Magazine Editeur, 2018), Seins : en quête d’une libération (Anamosa, 2020), elle publie Un corps à soi (Seuil, 2021). Un essai qui propose de repenser un angle mort de la lutte féministe : le corps féminin. A qui appartient-il ? Comment se le réapproprier ?
Cette corporéité féminine – longtemps évincée du débat parce que « consubstantiellement liée » à la domination masculine – retrouve sa légitimité sous la plume de l’essayiste, qui invite à une révolution positive du regard : passer du corps comme lieu d’aliénation au corps comme vecteur d’émancipation.
LNDT: @236. Doit-on apprendre à faire l’amour ?
Un podcast de Arté Radio de 37′
« La manière dont on fait l’amour est socialement codifiée »
Comment continuer à faire l’amour sans se poser de questions quand on est hétéro, mais aussi fan de Virginie Despentes ? Intellectuellement, on peut tout à fait adhérer aux idées féministes qui démontent les pratiques érotiques standard, à base de pénétration et de domination masculine. Mais en pratique, il n’est pas forcément évident de rebooter son répertoire à fantasmes. Peut-on vraiment dégommer les scénarios sexuels incrustés dans notre psyché ? Qu’en faire ? Comment les assumer sans s’aliéner à ce fichu patriarcat ?
En proie à ces grandes questions et à un vague sentiment de culpabilité, Delphine Saltel rencontre le philosophe Alexandre Lacroix, homme, cis, hétéro, marié, père de 5 enfants, et philosophe. Dans son dernier livre « Apprendre à faire l’amour » paru aux éditions Allary, il essaie d’interroger la sexualité hétéro standard, à sa manière. En puisant dans sa discipline quelques outils sexologiques originaux, Alexandre Lacroix nous incite à passer au rayon X les scripts sexuels dominants dont nous avons hérité. Car pour revisiter nos automatismes et notre imaginaire érotique, il faut déjà prendre conscience des règles et des conventions sociales auxquels on obéit souvent inconsciemment quand on fait l’amour. Analyser le cocktail freudo-porno-sexo qui nous abreuve, et changer nos habitudes pour espérer modifier le scénario.
LNDT: @235. Comment parler d’amour
Un podcast de Arté Radio de 28′
« Le langage peut nous sauver du langage »
“On était faits pour se rencontrer”, “Tu es la femme de ma vie”, “Je t’aimerai toujours”, “Il faut qu’on parle”… Dans une histoire de couple, à chaque étape, de la rencontre à la rupture, on a besoin de mots. Pour comprendre ce qui nous arrive, déclarer nos sentiments, se raconter une histoire. Mais si chaque relation amoureuse est unique, le langage, lui, nous est commun. Et il est rempli de figures de styles, de métaphores romantiques, d’expressions figées dont on hérite sans toujours savoir d’où elles viennent ou ce qu’elles signifient exactement. Un peu comme si notre langue maternelle était une maison, dans laquelle on a grandi et qu’on connaît par cœur. Pas besoin de se demander quel placard ouvrir pour trouver le café ou les chaussettes. C’est confortable, familier, mais c’est ce qui fait que la plupart du temps, on ne pense pas entièrement à ce qu’on est en train de dire. Les phrases nous sortent de la bouche de manière automatique. Or, ce qu’on dit influence directement nos histoires d’amour, notre manière de les vivre et ce qui se passe au sein du couple. Il est donc essentiel de réfléchir à ce que les mots d’amour charrient comme signification, leurs sous-entendus, et les malentendus qu’ils produisent. C’est le travail des linguistes.
Vivons heureux avant la fin du monde (17) : Comment parler d’amour
Un podcast de Delphine Saltel
Avec Julie Neveux, maîtresse de conférences en linguistique à Sorbonne université, qui a écrit un essai formidable, « Le Langage de l’amour – De la rencontre à la rupture, comment les mots révèlent nos sentiments » (Grasset, 2022). Elle nous aide à prendre conscience de ce que nous disons vraiment quand nous parlons. À débusquer les pièges cachés dans les plus jolies déclarations, les résidus d’éternité, de monogamie et de romantisme échevelé qui ne correspondent pas forcément à nos besoins, à nos envies et à nos façons d’aimer.