LNDT: @193. La relation mère-fils

Un podcast de Radio France de 5′

Mon cher Julien, que vous inspire notre thématique du jour ?

Beaucoup de choses, comme toujours, au point de me demander d’ailleurs par où commencer. J’ai été un temps tenté de vous parler de ma propre expérience de la relation mère-fils, dans le rôle du fils donc, de vous parler de la façon dont celle-ci influe sur nos destinées et façonne nos futures relations sentimentales, mais je me suis dit que ce serait bizarre de faire cela en présence d’une psychanalyste et d’une thérapeute familiale, j’aurais eu l’impression de leur devoir un peu d’argent en sortant du studio !

Donc non, pour une fois, je ne vous parlerai pas de moi, ça nous fera des vacances à tous. Je ne vous parlerai pas non plus de mon fils, qui a une relation à sa mère totalement saine, enfin saine, du moins depuis que j’ai brisé tout net son élan quand, à l’âge de 4 ans, il avait débarqué en affirmant tout de go : « à partir de maintenant, je vais dormir avec maman, et toi papa, tu vas dormir dans mon lit. » Que nenni, retourne vite fait dans ta chambre, petit Œdipe ! Depuis, cela va mieux, il a même dit ce week-end qu’il préférait son papa – ce qui n’a pas de sens, hein, l’amour parental n’est pas une compétition, quand bien même je serais en train de la gagner…

Il faut dire que de ce point de vue, on part de loin quand on est père. Depuis la grossesse jusqu’aux premiers mois d’allaitement, vous avez une place assez réduite dans le triangle de la parentalité. En caricaturant, on peut se sentir dans les débuts comme une sorte de gros animal domestique au sein du foyer familial, une créature poilue, câline et bienveillante, mais tout de même assez accessoire vis-à-vis de la relation qui unit la mère à son enfant, fille ou garçon.

Comment trouver sa place alors au milieu de cette relation ?

Eh bien c’est une question qui me paraît importante parce qu’elle dit quelque chose, je crois, de la conception profonde qu’on a de son rôle paternel. Est-ce qu’on s’impose en se démarquant de la mère, ou est-ce qu’on s’inscrit dans son sillage ? Dans son autobiographie Les Mots, Jean-Paul Sartre estime que « n’ayant pas eu de père, il avait toutes libertés », comme si cette absence avait été une chance, comme si le père devait nécessairement être celui qui portait les interdits, les frustrations, celui qui devait briser la relation d’amour entre mère et fils pour lui permettre d’entrer dans le monde. Et j’imagine qu’en effet, cela a dû être le modèle dominant pendant des siècles, avec un pater familias à la fois absent et tout-puissant, et qui laissait à la mère l’exclusivité de la dimension aimante et affectueuse.

Mais alors qu’est-ce qui change dans une société qui aspire à l’égalité homme-femme ? Est-ce que cela signifie que les pères sont appelés à devenir des mères comme les autres, et inversement ? Autrement dit, peut-on penser les relations entre parent et enfant en-dehors d’un cadre sexué ?

A cette question, mon premier mouvement serait de répondre oui, naturellement oui. L’exemple des couples de parents homosexuels montre bien qu’il est possible de construire ces relations hors du schéma traditionnel, tout comme la hausse des gardes alternées après séparation chamboule la division des rôles. Les mères ne sont plus cantonnées à la dimension câline et sécurisante du cocon domestique. Les pères peuvent s’épanouir dans une relation aimante et confiante, sans forcément devoir incarner avec froideur l’ordre et la loi.

Mais est-ce que cela signifie pour autant qu’il y a confusion possible entre père et mère ?

Non, c’est sans doute plus compliqué que cela. Le schéma traditionnel est vieux de milliers d’années, on ne va pas tout réinventer en quelques décennies. Je suis frappé d’ailleurs par la façon dont cette division père/mère s’incarne dans les choses les plus anodines. La littérature scientifique montre, par exemple, qu’en général les pères et les mères ne changent pas leurs enfants de la même façon – les premiers en profitent pour travailler la motricité quand les secondes chantonnent. Ils ne mettent pas l’accent sur les mêmes personnages quand ils lisent des contes. Ils ne jouent pas non plus pareil avec leur progéniture – les pères laissent moins volontiers leurs garçons gagner que leur mère notamment.

Ce faisant, on répète sans le savoir des comportements anciens, qui amènent à différencier les rôles parentaux. Je vois bien comment chez moi, malgré tous nos discours égalitaires, mon fils sait qu’il vaut mieux se plaindre à sa mère s’il a mal quelque part, mais que c’est avec moi qu’il ira plus volontiers faire du foot au square. Est-ce que c’est bien ou mal ? Est-ce qu’il est important de conserver des figures différentes et complémentaires ? Je laisse aux psys autour de cette table le soin de répondre. Et je conseille à tous les autres de voir ou revoir « Kramer contre Kramer », qui va bientôt fêter ses 45 ans et reste l’un des films les plus justes sur le renversement des assignations paternelle et maternelle.

LNDT: @191. Mais à quoi voit-on que l’on a vieilli ?

Un podcast de Radio France de 3′

Tout juste sortie du Nouvel An, Gwénaëlle se retrouve déjà dans des abîmes de perplexité, autrement dit une année de parents de plus ! Une reflexion depuis son TGV, assise à côté d’un carré famille.

Disons que le Nouvel An étant, par principe, le moment où l’on se souhaite une Bonne année, c’est aussi en filigranes le moment où, de fait, on se souhaite à tous et à chacun… une année de plus. Et si, jusqu’à maintenant, cette idée ne m’atteignait pas trop, je dois avouer que cette année, cela m’a fait un coup. Et de fil en aiguille du seum, voilà que je me suis demandée… mais à quoi voit-on que l’on a vieilli ?

Quels sont les signes qui nous disent sans conteste que l’on est définitivement passé de l’autre côté de la barrière de corail ? Autant de questions auxquelles j’ai tenté de répondre depuis mon TGV, assise à côté d’un carré famille avec des petits de 2 ans et 4 ans…

Réflexion existentielle dans le TGV

Je pense qu’au top des signes qui te disent que tu as vieilli, c’est déjà le fait que dans le TGV, tu as très rapidement des envies de meurtre vis-à-vis de ces pauvres enfants du carré-famille d’à côté. Voilà, tu sens qu’il faut aller puiser loin dans tes souvenirs de jeune maman qui elle aussi a méga galéré dans le train sous l’œil haineux et revanchard d’anciens parents qui eux aussi avaient oublié qu’ils avaient un jour été parents de jeunes enfants intenables pour ne pas laisser paraître ton agacement et te forcer à lancer régulièrement le sourire aux lèvres, des petits « Ah ah ! ils sont drôlement mignons dites donc ! » C’est sûr, hein, à cet âge-là, ça a besoin de remuer et de crier bien sûr et de tousser en m’envoyant ses microbes, et de pleurer… Voilà, rien que là, PAF ! Plus 10 points sur ta ligne de vie !

Deuxième moment furtif où j’ai senti un bon gros coup de canif dans ma ligne de vie durant ces vacances : lorsque, à l’occasion d’un dîner avec des amis, ton pote te dit que « sa sœur va bientôt prendre sa retraite ». Là, tu balayes rapidement dans ta tête les métiers qui, pour de vrai ou dans ton imaginaire, prennent leur retraite à 40 piges ou à 52 – bref plus tôt – genre les militaires, les policiers, les contrôleurs aériens, les gardiens de prison, les égoutiers… Mais tu vois bien que rien de tout ça ne colle à la sœur en question et donc BAM, tu encaisses. Oui, tu as désormais des gens dans ton entourage qui sont concernés par les questions de retraite… Très gros coup.

Tout ça est naturel, c’est le temps qui fait son œuvre…

Oui enfin, à ce que je sache, il n’y a pas si longtemps que ça…

  1. Tu ne parlais pas d’enfants parce qu’aucun de tes potes n’en avait.
  2. S’est glissée une sorte de faille spatio-temporelle durant laquelle vous et vos potes, vous vous êtes moins vus, vu que tout le monde était défoncé de fatigue et puis que franchement, la période couche culotte diversification alimentaire n’est pas celle qui remplit le plus avantageusement les conversations.
  3. En un saut de puce, vous en êtes à vous demander si ce ne serait quand même pas bien que la grande prenne la pilule, car on n’est jamais trop prudent… Qu’est-ce que t’en penses, toi ?

Et là, en un flash, tu te revois le 31 décembre de l’an 2000 dans ta colloque de potes avec une soixantaine de personnes déguisées sur le thème « fin du monde » (rapport au fameux bug de l’an 2000 que l’on attendait tous avec un mélange d’angoisse et de frénésie) à tenter de réguler une soirée déjà partie pour être ingérable, et tu te dis : elle est où l’arnaque ? Toi, t’es persuadée d’être la même à l’intérieur (et même à l’extérieur !), capable de porter des mini-jupes à paillettes et des cheveux teints en bleu pour danser All the night sur Moby ou Barbie Girl… Alors qu’en fait non, tu as juste réussi à te froisser un muscle en jouant au bowling avec tes enfants. Et maintenant, c’est ta fille qui te demande si elle peut sortir faire le jour de l’an ailleurs… et si possible en mini-jupe à paillettes.

Cette année encore, chers parents, désolée de vous décevoir : aucun de nous ne pourra arrêter le temps. Mais les enfants ont un pouvoir magique : celui de nous aider à le suspendre, le temps d’un câlin, d’un « Je t’aime » ou de la lecture collé-serré d’une histoire. Alors profitons-en sans limites, avant que ça ne s’échappe pour de bon !

LNDT: @190. Quand les enfants changent votre monde

Un podcast de Radio France de 6′

Est-ce que la vision du monde de Julien Bisson a changé depuis qu’elle est devenue parent ? Entre l’angoisse viscérale qui leur arrive quelque chose, les nuits de sommeil intermittentes, les questions existentielles autour de leurs jeux favoris, les goûters d’anniversaire…

Il n’y a pas que ma vision du monde d’ailleurs. Il y a aussi la vision que les autres ont de moi-même. Vous voyez les petits poils blancs dans ma barbe, les cernes sous les yeux, les golfes temporaux qui se creusent, ça n’y était pas avant ! Bon, je ne vais pas non plus tout lui mettre sur le dos, mais il n’empêche, si nos enfants nous apprennent beaucoup de choses utiles, qu’ont très bien évoquées vos invités – l’enthousiasme, la curiosité, la nouveauté, la capacité à explorer nos émotions ou à nous amuser – il y d’autres petites choses qu’on aurait peut-être préféré qu’ils ne nous apprennent pas…

Eh bien par exemple, je pense que j’aurais préféré ne pas apprendre qu’on pouvait survivre pendant six mois sans faire une nuit complète, et que même six ans plus tard, on pouvait conserver l’art du sommeil sentinelle – un type tousse dans la rue et je me réveille. J’aurais préféré tout ignorer de mon indifférence à la saleté et au désordre, après quelques années avec un enfant en bas âge. J’aurais voulu éviter de savoir que j’étais tout à fait capable de manger quelque chose qu’il avait recraché, sans en être pour autant dégoûté. J’aurais voulu ne pas connaître le sens des termes « méconium », « bronchiolite », ou « pieds-mains-bouche ». J’aurais aussi voulu ne jamais apprendre par cœur les règles du Quoicoubeh, les différentes couleurs des cartes Pokémon ou le générique de la Pat’ patrouille, qui vous reste bien vissé le crâne pendant toute la journée.

Et il y a toutes ces expériences que j’aurais tout aussi bien pu esquiver sans m’en porter plus mal, comme les goûters d’anniversaire à vingt gosses hurlant, shootés au sucre. Avec une mention spéciale pour ce goûter où les jeux prévus ont pris du retard, et où en plus du bruit et de l’agitation, il vous faut faire la conversation avec trois autres parents qui ont tous eux aussi envie de rentrer chez eux, un dimanche soir à 19h30. Pour ça, on a envie de dire à nos gosses : merci, mais pas merci !

Ce n’est pas bien grave, et on s’en remet vite. Ce dont on se remet un peu moins, en réalité, c’est la façon dont les enfants vous apprennent des vérités sur vous-mêmes que vous auriez parfois préféré ignorer. Par exemple que vous ressembliez davantage à vos propres parents que vous ne vouliez le croire, et que malgré vos grands discours, vous aviez les mêmes réactions dans les mêmes situations. « Finis tes légumes, il y a des gosses qui meurent de faim en Afrique », vous ne pensiez vraiment pas le dire un jour, hein ? Bah c’est raté !

J’aurais aussi voulu continuer à me croire capable d’être toujours patient, toujours disponible, jamais excédé à l’idée de partager un jeu ou un moment d’attention. J’aurais préféré ne pas apprendre que j’étais plus fragile que je ne le pensais, que je pouvais me montrer aussi sévère et le regretter amèrement ensuite.

Mais surtout, ce qu’on découvre avec la naissance de nos enfants et qui ne nous quittera plus jamais, c’est la peur, cette peur viscérale de les perdre, qui vous fait bondir dès que vous entendez un cri, qui vous fait penser à eux dès que vous êtes témoin d’un accident ou que vous entendez parler d’un fait divers. Vous avez peur qu’ils se fassent mal, vous avez peur qu’on leur fasse mal, dans la rue, à l’école, sur les réseaux sociaux, et il vous faut apprendre à vivre avec, parce que vous savez que vous ne pouvez pas toujours les protéger.

Et même si c’était le cas, même si vous pouviez toujours les protéger du monde extérieur, il y a une dernière peur qui arrive, la plus terrible d’entre elles peut-être : la peur de les perdre émotionnellement. C’est la peur qu’un jour, ils ne vous aiment plus, qu’un jour ils ne pardonnent pas vos erreurs, vos manquements, vos oublis, vos ratés. C’est la peur que je n’avais pas anticipée, et avec laquelle j’aurais préféré ne pas apprendre à vivre. Mais cette peur, c’est aussi la preuve de cet amour dingue avec lequel on n’avait pas encore composé, elle est à la hauteur de ce qui nous remplit et qu’on redoute de perdre. Et pour ça, on a envie de leur dire : pas merci, mais, merci les enfants !

LNDT: @189. Une petite liste de mensonges

Un podcast de Radio France de 4′

Ali : Alors comme ça, Gwénaëlle, c’est aujourd’hui votre dernière chronique…

Ben, je sais pas… disons que ça n’était pas prévu comme ça, je pensais vaquer avec vous tranquillou-Bilou jusqu’à l’été mais, sans se mentir (comme on dit aujourd’hui), vous pensiez à quoi Ali, en m’envoyant ce sujet ? Le mensonge dans le couple… Je fais quoi moi, avec ça ? Je me mets à faire la liste de tous mes petits secrets non avoués à mon mari et je les balance mine de rien devant les millions d’auditeurs ? ça se passe comment ? Je lui passe quand même un petit coup de fil avant pour lui dire que non, vraiment chéri, c’est pas la peine d’écouter la chronique aujourd’hui… c’est tout pourri, c’est sur l’homéopathie… ou les graines de chia, je sais plus.. bref, ça va pas t’intéresser… en plus t’as une réu super importante à ce moment-là, non ??? et puis cherche pas, le replay, les podcasts, tout ça, ça marche pas bien à Radio France en ce moment… je sais pas pourquoi… ptet l’arrivée de Rachida Dati au ministère de la Culture, je sais pas, j’demanderai…

Ali : Bon, mais en bonne professionnelle, vous avez quand même une petite idée sur la question, un conseil pour les parents…

Ben, non mais ok, ok, je suis solidaire, je suis courageuse, je suis professionnelle et je me lance. Car peut-être qu’avant moi (je ne sais pas, je ne les ai pas encore entendus quand j’écris cette chronique), des sexologues ou thérapeutes de couple brillants ont dit à ce micro qu’il fallait éviter les mensonges au sein du couple et que la confiance était le ciment de la relation… Donc au cas où, allez, on y va, on va les lister les mensonges… et puis on verra bien ce qui se passe…

advienne que pourra… alea jacta est ! Mais je vous préviens Ali, si mon couple part à volo dès ce soir, je vous tiens pour responsable !

Alors c’est parti, commençons par du lourd : tromperies.. ça, j’ai pas / échangisme Non… / zoophilie Non plus… / crimes en séries peut-être ? Je vois même pas qui tuer ni pourquoi donc non / Ou alors, ah oui ça c’est bien ! une seconde vie cachée à la Jean-Claude Roman… avec carrément un autre boulot que le mien genre chirurgienne esthétique pour révolutionnaires en cavale… Ou nan, attendez, j’ai mieux ! (là, si on veut on peut mettre en fond la musique du bureau des légendes : https://www.youtube.com/watch?v=s0rTz2NY3RQ) Agent pour la DGSE comme Anna Giraudeau alias Marina Loiseau dans le Bureau des Légendes ! Mon travail dans le magazine Pomme d’api ne serait qu’une couverture pour récolter de précieuses informations sur les Balkans ou sur le programme nucléaire en Iran. (stop net musique) Bof. En plus, très mauvais calcul pour la DGSE vu qu’avec un Mojito dans le nez, je vous livre le code nucléaire en moins de deux… Nan mais attendez, en fait, plus j’avance dans cet exercice et plus je me rends compte que ma vie est super pourrie en fait… carrément déprimante ! Je n’ai aucun GROS mensonge à me mettre sous la dent !

Ali : Mais non, ne dites pas ça ! Vous aussi vous avez bien votre petit jardin secret…

Attendez, si je cherche bien, je crois que le dernier truc sur lequel j’ai un peu menti à mon mec, c’est ptet sur le dernier Marron glacé qui a mystérieusement disparu du placard cette semaine… ou alors sur un mail de la copro que j’étais censée avoir vu, que j’avais un peu vu, mais que j’ai dit que j’avais pas

vu… C’est archi-nul comme mensonge ! Le niveau zéro du pipeau ! Nan mais sans rire, déjà que quand tu as fait des enfants ensemble, que ton mec t’as vu accoucher, a assisté à la lente rééducation de ton périnée, on peut se dire qu’on n’a plus beaucoup de jardin secret… mais maintenant que j’y pense (surtout si les super invités de ce studio ont finalement dit avant moi que le secret du couple résidait sur une part de mystère)… moi aussi je veux ma part de femme mystère ! Moi aussi je veux que mari se dise de temps en temps « tiens tiens, tu ne me cacherais pas quelque chose » (et pas qu’un marron glacé). Peut-être qu’à défaut d’avoir un amant, je pourrais faire semblant d’en avoir un ! La voilà l’idée géniale de ce début d’année ! Les inconvénients sans les avantages… c’est tout moi, ça. Mais après tout, que ne ferait-on pas pour faire vivre son couple, n’est-ce pas Ali ?

LNDT: @131. En France, les épisodes dépressifs ont explosé de 2017 à 2021, en particulier chez les jeunes

Un reportage de 3′ de Radio France

Dans son baromètre santé 2021, Santé Publique France confirme que les épisodes dépressifs caractérisés ont connu « une accélération sans précédent » entre 2017 et 2021 : +3,5 points en 4 ans, et +9 points chez les jeunes de 18 à 24 ans. En cause, la crise du Covid et les restrictions qui y sont liées.

Un jeune sur cinq a connu, en 2021, un épisode dépressif caractérisé (EDC). C’est l’une des conclusions les plus frappantes de ce baromètre santé 2021, réalisé auprès de plus de 24.000 personnes de 18 à 85 ans, qui s’est intéressé à l’augmentation galopante du nombre de ces épisodes depuis 2017**.** Un EDC est constitué par un symptôme principal (au moins deux semaines consécutives « en se sentant triste, déprimé, sans espoir » ou « en ayant perdu l’intérêt pour la plupart des choses » toute la journée et presque tous les jours) accompagné d’au moins trois symptômes secondaires (épuisement, perte de poids, difficultés à dormir, etc.).

Et ce sont les jeunes qui sont aujourd’hui les plus concernés : en 2021, 20,8 % des 18-24 ans disent avoir connu un EDC au cours des 12 derniers mois, contre 12,5 % en moyenne pour l’ensemble des personnes interrogées. La proportion diminue d’ailleurs avec l’âge : seuls 3,4 % des 75-85 ans ont ainsi déclaré avoir connu des épisodes dépressifs dans l’année passée.

LNDT: @130. No Sex

Un documentaire de 52′ de Arté TV France.

Subie ou volontaire, l’abstinence suscite dans nos sociétés hypersexualisées l’incompréhension et la gêne. Des hommes et des femmes, en couple ou célibataires, témoignent. « Il y a une grande violence dans la façon dont la société traite les gens qui, par choix ou par… malédiction, n’ont pas de sexe dans leur vie« , relève Chantal, 60 ans, qui a décidé un beau jour de « tirer le rideau« . Reconnaissant avoir parfois eu envie « de se supprimer », François, 47 ans, ne comprend pas pourquoi il a déjà traversé deux périodes de désert sexuel : « Là, cela fait sept ans. C’est extrême quand même ! » Après avoir été violée par un homme rencontré sur Tinder, Léna, 27 ans, s’est sentie « vide de sens« . « Comme le sexe et les corps ont commencé à me dégoûter, le mien et ceux des autres, je ne me suis pas vraiment dit très clairement : tiens, je vais arrêter le sexe. C’est un peu comme une question de survie« , explique-t-elle. Tombé dans la spirale du chemsex, qui associe drogues chimiques et rapports sexuels frénétiques, Loïc, homo de 29 ans, n’a pas eu d’autre choix pour se libérer de sa toxicomanie : « Pour arrêter la drogue, j’ai dû arrêter le sexe. Si je continue à consommer, je vais crever.«  En couple, Sophie, 28 ans, reconnaît avoir souffert lorsque « le sexe a fini par disparaître de [leur] vie, petit à petit« . Revendiquant leur asexualité, Coralie, 26 ans, et Jérémie, 29 ans, s’aiment… chastement : « On est comme ça, on ne l’a pas choisi« , explique la jeune femme, tandis que son compagnon trouve « étrange que l’on arrive à concevoir le sexe sans amour, mais pas l’amour sans le sexe« .

Tabou : NO SEX
Jamais dans l’histoire du monde occidental le sexe n’a été autant vécu et pratiqué librement. Mais un tabou demeure : qu’en est-il de celles et ceux qui n’ont pas ou plus de rapports charnels ? De quelle façon s’en accommodent-ils ? Avec franchise et souvent émotion, sept hommes et femmes livrent les raisons de leur abstinence, volontaire ou subie, la manière dont ils la vivent et les réflexions qu’elle leur inspire. Des témoignages forts qui interrogent notre identité, nos désirs profonds et le poids des injonctions sociales, qui font de l’activité sexuelle à la fois la norme et la clé d’une existence réussie.

Réalisation de Didier CrosPays (FranceAnnée 2022)

LNDT: @117. Comment accompagner la sexualité des ados ?

Un podcast de 56′ de Radio France.

La sexualité reste encore un sujet délicat à aborder avec son ado. Or, c’est à l’adolescence que se font les premières expériences. Géraldine Mayr et le Dr Jimmy Mohamed reçoivent Emma Strack, chroniqueuse au Magazine de la Santé sur France 5, pour en parler sans tabou.

Avec l’arrivée de la puberté, c’est toute une transformation qui se fait dans le corps et dans la tête de notre enfant qui devient peu à peu ou presque d’un coup un adolescent. C’est le plus souvent à ce moment-là que les questions sur la sexualité se font plus nombreuses et que les premières expériences amoureuses et sexuelles se passent.

Or, entre parents et ado, il n’est pas simple d’aborder ce sujet, et de part et d’autre de l’inquiétude et de l’incompréhension peuvent surgir, et empêcher une bonne construction de soi chez l’adolescent et une bonne communication entre ados et parents.

LNDT: @116. L’adolescence entre sentimentalité, sexualité et conjugalité

Un podcast de 44′ de Radio France.

Des cités de Seine-Saint-Denis aux beaux quartiers parisiens en passant par la ruralité sarthoise, la sociologue Isabelle Clair a enquêté depuis vingt ans sur la manière dont s’engagent à l’adolescence les « choses sérieuses ». Elle est rejointe par la réalisatrice d' »El Agua », Elena Lopez Riera.

Avec

  • Isabelle Clair Sociologue, chargée de recherche au CNRS
  • Elena López Riera Cinéaste espagnole

Si à l’adolescence se jouent souvent des choses importantes au plan individuel, ces « choses sérieuses » le sont aussi à l’échelle de la société. C’est en effet à ce moment-là que se nouent, se perpétuent et se transforment, plus ou moins lentement, d’une génération à l’autre, d’un segment à l’autre de l’espace social, différents modes de relations entre sentimentalité, sexualité et conjugalité. C’est ce que montre très finement l’enquête menée pendant une vingtaine d’années par la sociologue Isabelle Clair auprès d’adolescentes et d’adolescentes de trois milieux sociaux distincts. Elle est l’invitée de La Suite dans les Idées. Et sera rejointe en seconde partie par la réalisatrice Elena Lopez Riera, dont le premier film de fiction, El Agua, est en salles depuis quelques semaines en France.

LNDT: @115. Épisode 5/5 : Sexualité : comment légiférer ?

Un podcast de 44′ de Radio France.

En compagnie de Marlène Schiappa, Secrétaire d’état auprès du premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de Nathalie Bajos, directrice de recherche à l’Inserm, responsable de l’équipe Genre Santé Sexuelle, nous aborderons les thèmes suivants  :  l’éducation sexuelle à l’école, les actes sexistes en milieu médical, la définition de la majorité sexuelle et de la protection de l’enfance. L’Etat souhaite-t-il imposer une limitation à l’accès aux sites pornographiques pour la santé mentale de nos jeunes ?

LNDT: @114. Épisode 4/5 : Le plaisir sexuel est-il un droit ?

Un podcast de 44′ de Radio France.

Peut-on envisager un accompagnement plus spécifique pour aider les adultes en situation de handicap (infirmités) ou personnes âgées, ou personnes seules qui souhaitent s’adresser aux spécialistes de la médecine sexuelle ? Le docteur Carole Burté, Présidente de l’Association des sexologues de la Côte d’Azur abordera le délicat problème de l’assistance  sexuelle vue comme une forme de prostitution déguisée pour certains, ou une activité légalisée pour d’autres, parfois même remboursée par la Sécurité Sociale comme aux Pays-Bas.