LNDT: @628. 24 heures dans la vie d’une psy avec Sarah Smadja, cheffe de service à l’hopital Sainte-Anne

Un podcast de Radio France (37′)

Faut-il être fou pour soigner les malades mentaux ? Réponse avec la psychiatre au micro de Nicolas Demorand qui évoque aussi la beauté de son métier, sa perception par la société, l’évolution des soins, des moyens, et comment elle se protège de la difficulté de son métier.

Choisir la psychiatrie quand on est étudiant en médecine reste encore aujourd’hui un choix qui surprend, voire qui dérange. Sarah Smadja, cheffe du service d’hospitalo-universitaire au GHU Psychiatrie Paris, Sainte-Anne, et directrice médicale de la Fondation Pierre Deniker, revient sur la réalité quotidienne d’une discipline mal-aimée, sous-dotée, mais qu’elle défend avec passion.

Un métier à contre-courant, porté par une vocation

La psychiatrie reste, dans les classements des internes en médecine, l’un des derniers choix de spécialité. Sarah Smadja y voit d’abord le reflet d’une stigmatisation sociale qui dépasse les patients eux-mêmes : « Cette stigmatisation des patients se transmet aux familles, et aussi à leurs soignants. » Issue d’une famille dans le soin — père psychiatre, mère infirmière en psychiatrie —, elle dit avoir été « choisie par la psychiatrie » autant qu’elle l’a choisie.

Ce qu’elle oppose aux réticences de ses pairs, c’est une conviction profonde : « Il faut peut-être être un peu fou et avoir un petit grain de folie pour choisir cette spécialité. Mais la psychiatrie, c’est tellement beau et tellement complet. » Une beauté qu’elle trouve dans la complexité de chaque patient, dans la créativité que réclame le soin, et dans les liens tissés au fil des années avec des personnes que la maladie a parfois tout pris.

Soigner sans réduire : médicaments, lien thérapeutique et co-construction

Loin de l’image d’une discipline réduite à la prescription de médicaments, Sarah Smadja défend une psychiatrie « intégrative », associant neurobiologie, psychothérapie et accompagnement social. Sur le terme de « camisole chimique », elle est directe : « La camisole, c’est la maladie qui enferme, et isole le patient. Le but du traitement, quand il est bien utilisé, c’est de libérer. » Elle salue par ailleurs une évolution majeure dans la relation soignant-soigné : fini le médecin qui impose, place à la co-construction du projet de soins. La « pair-aidance » — des anciens patients, ou aidants, qui témoignent auprès des patients actuels — illustre selon elle ce changement de paradigme.

Sur la question de la déprescription, sujet en plein essor, elle reconnaît que « pendant trop longtemps, on n’a pas osé y toucher à ces traitements au long cours », et que la psychiatrie s’attelle désormais, plus qu’avant, à réduire les ordonnances au strict nécessaire.

La suite est à écouter…

Si besoin est un podcast écrit par Nicolas Demorand, réalisé par Lola Costantini, préparé par Amélie Stadelman et Mathilde Khlat et mixé par Basile Beaucaire.

LNDT: @627. L’enfance en tourment avec Isabelle Sabbah Lim, pédopsychiatre

Un podcast de Radio France (37′)

Avec Isabelle Sabbah-Lim, cheffe de service de pédopsychiatrie. Nicolas Demorand était persuadé que la maladie mentale arrivait avec les premiers cheveux blancs. Or la jeunesse en France est aujourd’hui frappée de plein fouet par la souffrance psychique. Comment l’expliquer ?

Le journaliste Guy Birenbaum raconte ici les mois de dépression sévère qui l’ont conduit jusqu’à l’hôpital Sainte-Anne au printemps 2025. Un témoignage sans fard sur l’effondrement, les soins, et le chemin vers le retour à la vie.

La santé mentale des enfants et adolescents français traverse une crise silencieuse mais alarmante. Nicolas Demorand reçoit Isabelle Sabbah-Lim, cheffe du service de pédopsychiatrie 10-15 – le dispositif 10-15 est une structure d’accueil d’urgence pédopsychiatrique de jour pour jeunes adolescents (entre 10 et 15 ans) parisiens ou vivant en région parisienne – de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, pour dresser un état des lieux sans détour d’une discipline au bord de l’implosion.

Une détresse qui s’aggrave, des chiffres qui font froid dans le dos

Les statistiques sont vertigineuses. Les hospitalisations de filles de 10 à 14 ans pour automutilation ou tentative de suicide ont bondi de plus de 20 % entre 2023 et 2024. La prescription d’antidépresseurs chez les moins de 14 ans a augmenté de plus de 60 % entre 2015 et 2022 selon les chiffres de la Drees (statistique publique de la santé et des solidarités). Pour Isabelle Sabbah-Lim, la crise du Covid a agi comme un révélateur brutal : « Au moment du déconfinement, on a vu un afflux de jeunes filles qui passaient aux urgences pour des tentatives de suicide et des idées suicidaires. Et on a tous été submergés. » Si les confinements ont amplifié le phénomène, la pédopsychiatre insiste : la dégradation avait commencé avant.

Des causes multiples, des familles de plus en plus seules

Pourquoi les jeunes vont-ils si mal ? Isabelle Sabbah-Lim refuse toute explication univoque. Harcèlement scolaire, abus sexuels, conflits familiaux, usage problématique des écrans : les facteurs s’accumulent. Le téléphone portable occupe, dit-elle, « 100 % » de ses consultations avec les adolescents et leurs parents. Mais ce qui frappe le plus la praticienne, c’est l’isolement croissant des familles : « J’ai l’impression d’avoir affaire à des familles microscopiques. Parfois, deux personnes font famille. » Face à des parents débordés et culpabilisés, elle choisit de déplacer la question : « Je leur dis souvent : là, aujourd’hui, on ne va pas s’occuper de la question du pourquoi, on va s’occuper de la question du comment on va aider l’enfant. »

Le tableau serait incomplet sans évoquer l’état catastrophique de l’offre de soins. La France ne comptait plus que 600 pédopsychiatres en 2023, contre 5 000 dans les années 1990. Un département sur quatre n’en compte aucun, et les délais d’attente peuvent atteindre 18 mois. Quant à la psychiatrie érigée en « grande cause nationale » deux années de suite, en 2025 puis en 2026, Isabelle Sabbah-Lim répond avec une franchise que non, elle n’a rien vu venir de concret.

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Si besoin est un podcast écrit par Nicolas Demorand, réalisé par Lola Costantini, préparé par Amélie Stadelman et Mathilde Khlat et mixé par Basile Beaucaire.

LNDT: @626. Une dépression française avec Guy Birenbaum

Un podcast de Radio France (38′)

Guy Birenbaum et Nicolas Demorand sont amis depuis longtemps et ont été touchés par le même mal : la dépression. Au micro de Nicolas Demorand, le journaliste, éditeur, revient sur l’important épisode dépressif qu’il a traversé.

Le journaliste Guy Birenbaum raconte ici les mois de dépression sévère qui l’ont conduit jusqu’à l’hôpital Sainte-Anne au printemps 2025. Un témoignage sans fard sur l’effondrement, les soins, et le chemin vers le retour à la vie.

Une chute brutale après des signaux ignorés

Tout s’arrête le 26 mars 2025, à Strasbourg, en pleine tournée promotionnelle. Guy Birenbaum, alors en pleine promotion d’un livre et d’un film consacrés à l’histoire de sa mère, rescapée de la Seconde Guerre mondiale, monte dans sa chambre d’hôtel. Il comprend que quelque chose a cédé. « J’avais 20 de tension. J’ai appelé ma femme, j’ai dit : « Ça ne va pas du tout, j’arrête tout. » Rétrospectivement, les signes étaient là depuis des semaines — tachycardie persistante entre 110 et 120, hypertension, hypocondrie soudaine —, mais il les avait tus. « Je faisais comme si tout allait bien. Parce qu’à chaque fois, on n’a pas envie, on ne veut pas y retourner. »

S’ensuit une période qu’il décrit comme une déchéance totale : incapable de lire, de manger, de sortir son chien, de se raser. Il perd quinze kilos, ne quitte plus le lit ou le canapé, et développe une dépendance anxieuse à la présence de sa femme. « Tout être qui sort de la pièce m’abandonnait. » Ce qu’il insiste à nommer sans détour : « J’étais malade mental » — et ce, sans honte, dit-il, même si la honte de ce qu’il fait vivre à ses proches est bien présente.

La kétamine, Sainte-Anne, et un sourire décisif

Après un premier séjour au Kremlin-Bicêtre quitté contre avis médical, Guy Birenbaum est admis à l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne, qu’il associait depuis l’enfance à la folie. Les antidépresseurs ne font plus effet ; on lui administre de la kétamine, anesthésiant reconverti en traitement des dépressions résistantes. Les séances sont pour lui de véritables épreuves : perte de contrôle de la pensée, sons métalliques, images incontrôlables — la pochette de Sgt. Pepper, les paroles de I Am the Walrus« Ce qui m’effraie le plus, c’est que je n’arrivais pas à contrôler ma pensée ».

La thérapie par électroconvulsivothérapie est envisagée. C’est alors qu’une aide-soignante remarque un détail infime : il lui a souri. Elle en fait part à l’équipe médicale lors du staff du matin. Sur la foi de ce seul signal, les médecins décident de stopper la procédure et de le laisser sortir. « Tu te rends compte du niveau de professionnalisme ? Une aide-soignante qui me voit, qui remarque que je lui souris. » Ce sourire, imperceptible pour lui-même, sera le premier fil du retour.

À propos du podcast

Par Nicolas Demorand. Après plusieurs mois d’absence, Nicolas Demorand retrouve le chemin de Radio France pour son premier podcast dans lequel il aborde sa maladie qui l’a éloigné de l’antenne.

Après plusieurs mois d’absence, Nicolas Demorand retrouve le chemin de Radio France. Le journaliste enregistre son premier podcast dans lequel il aborde sa maladie qui l’a éloigné de l’antenne.

Si besoin : c’est ainsi que le personnel médical désigne les médicaments que le patient peut prendre uniquement s’il le juge utile. C’est aussi le titre choisi par Nicolas Demorand pour son nouveau podcast sur France Inter, une invitation aux auditeurs à écouter son témoignage, s’ils en ressentent le besoin.

Atteint de bipolarité qu’il avait rendue publique en mars 2025, le journaliste fait de la sensibilisation aux maladies psychiatriques un combat personnel. Dans cette série en six épisodes, il revient sur les mois qui ont suivi son départ de l’antenne, le temps passé à l’hôpital Sainte-Anne, l’aggravation de sa maladie et son parcours, à travers son propre témoignage mais aussi des entretiens avec des professionnels de santé, des soignants et des personnes touchées par des maladies psychiatriques

La suite est à écouter….

Si besoin est un podcast écrit par Nicolas Demorand, réalisé par Lola Costantini, préparé par Amelie Stadelman et Mathilde Khlat et mixé par Basile Beaucaire.

Guy Birenbaum est l’auteur de Trouvibes, l’humanité à la plage (éd. Rio Bravo) et La vie devant moi (éd. Flammarion…)

LNDT: @625. Nicolas Demorand: Six mois de ma vie

Un podcast de Radio France (36′)

Dans ce premier épisode du podcast, le journaliste Nicolas Demorand revient sur son hospitalisation en hôpital psychiatrique l’automne dernier. Un témoignage puissant sur sa maladie mentale.

Nicolas Demorand : « Je n’ai absolument aucun souvenir de ma première hospitalisation, le 11 novembre dernier. Dans les heures qui la précèdent, mes proches me décrivent dans un état de confusion absolue. Ils citent un ensemble stupéfiant de faits, de scènes, d’actes, de paroles, tous plus inquiétants les uns que les autres. Mais rien n’y fait : ma mémoire dysfonctionnant, je ne crois pas un mot du portrait apocalyptique de ma personne. Seul souvenir : la voiture de mon cousin, direction Sainte-Anne. Entre deux roupillons, je chante à tue-tête Eddy Mitchell — « Où sont mes racines, Nashville ou Belleville ? » —, Michel Jonasz — « Un peu parti, un peu naze, j’descends dans la boîte de jazz » — et, à l’approche de l’hôpital, ce bon vieux Johnny, évidemment — « Les portes du pénitencier bientôt vont se refermer et c’est là que je finirai ma vie ». Nous sommes cinq dans la voiture, ma prestation est saluée d’un rire de couleur jaune qui convainc mon public que la décision de m’hospitaliser est la bonne. Car, même en chanson, je ne me fais guère d’illusions sur la finalité de la manœuvre : que je le veuille ou non, et je ne le veux pas, je ne couperai pas cette fois à l’hôpital. »

Des hallucinations fortes

Amis et cousins disparaissent pour s’occuper de tâches administratives. Je me retrouve seul dans une chambre pendant un temps qui me semble infini. Je regarde par la fenêtre et aperçois un véhicule occupé par quatre hommes de la BRI, la Brigade de recherche et d’intervention. Devant moi, à quelques mètres, un tireur d’élite du GIGN en tenue camouflage est caché dans les branches et les feuilles d’un grand arbre. Il est équipé d’un long fusil à lunette. Tous attendent l’ordre de monter à l’assaut pour me livrer aux soignants, moi le forcené qui refuse d’être hospitalisé. Je m’éloigne de la fenêtre de peur de prendre une balle perdue, je m’aplatis sur le lit pour échapper au regard des hommes en armes avant d’envoyer un SMS aux médecins : « OK, c’est bon, je me rends ». Des hallucinations de ce genre, avec la texture, la densité, la couleur, la puissance du réel, j’en connaîtrai beaucoup dans les jours à venir mais, à ce moment-là, je ne sais pas encore ce que je suis en train de vivre. C’est la première fois que je suis confronté à cette forme si terrifiante d’illusion psychique. »

À propos du podcast

Par Nicolas Demorand. Après plusieurs mois d’absence, Nicolas Demorand retrouve le chemin de Radio France pour son premier podcast dans lequel il aborde sa maladie qui l’a éloigné de l’antenne.

Après plusieurs mois d’absence, Nicolas Demorand retrouve le chemin de Radio France. Le journaliste enregistre son premier podcast dans lequel il aborde sa maladie qui l’a éloigné de l’antenne.

Si besoin : c’est ainsi que le personnel médical désigne les médicaments que le patient peut prendre uniquement s’il le juge utile. C’est aussi le titre choisi par Nicolas Demorand pour son nouveau podcast sur France Inter, une invitation aux auditeurs à écouter son témoignage, s’ils en ressentent le besoin.

Atteint de bipolarité qu’il avait rendue publique en mars 2025, le journaliste fait de la sensibilisation aux maladies psychiatriques un combat personnel. Dans cette série en six épisodes, il revient sur les mois qui ont suivi son départ de l’antenne, le temps passé à l’hôpital Sainte-Anne, l’aggravation de sa maladie et son parcours, à travers son propre témoignage mais aussi des entretiens avec des professionnels de santé, des soignants et des personnes touchées par des maladies psychiatriques

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Si besoin est un podcast écrit par Nicolas Demorand, réalisé par Lola Costantini, préparé par Amélie Stadelman et Mathilde Khlat et mixé par Basile Beaucaire.

LNDT: @622. Marina Paulin, maman d’enfants TDAH

Un podcast de Radio France (20′)

TDAH… Trouble de l’attention avec hyperactivité. Souvent associé au syndrome du sale gosse mal élevé, le témoignage de Marina Paulin nous permet d’en savoir un peu plus sur ce trouble bien réel.

Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est caractérisé par l’association de 3 symptômes dont l’intensité et la manifestation varient selon chaque personne : inattention, impulsivité et hyperactivité. 

Selon les enfants, un ou deux symptômes peuvent prédominer, mais dans près de 20% des cas, les trois symptômes sont associés. 

Les signes évocateurs sont très différents selon les enfants, ce qui rend le diagnostic difficile à poser. 

Pour les médecins, toute la difficulté réside dans le fait d’identifier avec certitude les cas de TDAH. En effet, il s’agit uniquement d’un diagnostic clinique, aucun examen complémentaire n’est nécessaire. Aussi, les médecins ont besoin de l’aide de l’entourage de l’enfant (parents, enseignants, infirmière scolaire), qui est susceptible de repérer les symptômes. 

La plupart des parents autodiagnostiquent leurs enfants avant d’entrer dans le parcours de soins

Marine Paulin, a deux enfants : Abel 20 ans et Brune 19 ans. Tous les 2 ont été diagnostiqués TDAH après plusieurs années de bilan et de psy. 

Pour Abel, les premiers signes ont été des difficultés d’écriture. Quatre ans plus tard, alors qu’il est en seconde, Marina Paulin est convoquée. On lui parle alors de gros problèmes de concentration. En parallèle, sa fille Brune, est diagnostiquée TDAH après un parcours de grande souffrance scolaire. A 8 ans déjà, elle ne voulait pas retourner à l’école, les prémisses d’une phobie scolaire.   

Evidemment tous les enfants qui ont des problèmes scolaires, d’écriture ou de comportement ne sont pas forcément TDA ou TDAH.    

Pour Marina Paulin, il y a encore beaucoup de travail à faire au niveau formation que ce soit dans le système scolaire ou le système de soins. 

Ce sont des enfants qui ont besoin de cadres et de bienveillance

A la maison aussi, cela peut être compliqué. Les enfants porteurs de TDAH sont souvent très intelligents et ils ont besoin d’être nourris. Il n’y a jamais de pause, ça ne s’arrête jamais ! 

La solution de Marina Paulin ? Le sport, le sport et encore le sport. 

Les méthodes d’éducation doivent également être adaptées par rapport à l’autorité, la punition, la récompense.  

Beaucoup de parents sont obligés d’arrêter de travailler pour s’occuper de leurs enfants TDAH et notamment pour soutenir leur scolarité. 

Si on est maman seule, sans moyen, là c’est la catastrophe

Aujourd’hui, plusieurs associations comme TDHA partout pareilOuverture dans un nouvel onglet ou TDAH pour l’égalité des chancesOuverture dans un nouvel onglet sont là pour accompagner les parents et les guider dans ce parcours de soins extrêmement compliqué. 

Car si des solutions existent, le TDAH est un trouble qui ne se guérit pas. Les médicaments atténuent uniquement les symptômes. 

LNDT: @621. TDAH : vivre avec un trouble du déficit de l’attention

Un podcast de Radio France (33′)

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) touche environ 5% des enfants en France. Comment « dompter » ces troubles qui se manifestent par des oublis constants, des difficultés à échanger avec les autres et à se concentrer ?

Inattention, impulsivité, hyperactivité… En France, environ 3,5 à 5,6% des enfantsOuverture dans un nouvel onglet souffriraient d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), généralement détecté avant l’âge de 12 ans. Alice Gendron avait 29 ans quand le diagnostic de ce trouble est tombé : dans « C’est la vie », elle raconte le soulagement d’avoir pu mettre des mots sur des comportements passés ou présents.

Le 14 novembre dernier, la ministre en charge des Personnes handicapées annonçait les mesures du nouveau plan sur les troubles du neurodéveloppementOuverture dans un nouvel onglet. Parmi elles, la création de classes dédiées aux enfants souffrant de troubles de l’attention.

Comment repère-t-on un TDAH ? Quels sont les impacts au quotidien ? Les défis et les obstacles à surmonter ? Comment « apprivoiser » ce trouble ?

Les conséquences affectives et financières du TDAH

Les relations amicales ont toujours été compliquées pour Alice Gendron : la trentenaire explique avoir toujours été impulsive, oublier régulièrement de rappeler des amis ou encore couper la parole des autres sans s’en rendre compte.

Côté portefeuille, Alice explique être « très bien connue des huissiers et des impôts » dès l’âge de 23 ans et être encline aux achats compulsifs. Elle confie avoir encore beaucoup de difficultés à gérer seule certaines choses de la vie quotidienne.

Quand elle est diagnostiquée d’un trouble d’un déficit de l’attention à 29 ans, l’hyperactivité, le manque de concentration, l’ennui, le bavardage incessant font soudain sens.

Dans son livre, Le petit guide illustré du TDAHOuverture dans un nouvel onglet publié chez Albin Michel, Alice Gendron développe plusieurs stratégies pour améliorer son quotidien et favoriser la concentration : apprendre à se comprendre, à se poser les bonnes questions.

Des conseils qu’elle donne aussi à travers son compte Instagram « La mini coach TDAH »Ouverture dans un nouvel onglet, en expliquant que contrairement à une maladie, le TDAH ne se guérit pas, mais plutôt qu’il « s’apprivoise ».

LNDT: @620. TDAH : mode d’emploi !

Un podcast de Radio France (53′)

Des difficultés à se concentrer et à s’organiser…De l’impulsivité et des émotions non contrôlables… Le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), est souvent diagnostiqué chez les enfants, et pourtant il est fréquent chez les adultes.

Les personnes TDAH, fâchées avec les contraintes et la routine, dépassées voire épuisées à force de compenser les difficultés, en soufrent autant au travail que dans leur vie personnelle. 

  • Quelles sont les particularités du TDAH chez les adultes?
  • Quels sont les symptômes, les difficultés qu’il génère ?
  • Quels sont les troubles fréquemment associés?
  • Quels sont les liens également avec le haut potentiel et la bipolarité?
  • Et toutes les questions que vous vous posez! C’est dans si on en parlait!

Avec nos invités:

SÉBASTIEN WEIBEL  médecin psychiatre et chercheur aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Il est responsable d’une consultation spécialisée sur le TDAH. 

MARTIN DESSEILLES – médecin psychiatre, psychothérapeute et professeur à l’Université de Namur.

Auteurs du “Manuel de l’hyperactivité et du déficit de l’attention“ aux éditions Eyrolles .

LNDT: @619. L’effet bénéfique de la musique dans le traitement de l’autisme et du TDAH prouvé par la neuro-imagerie

Un article de Radio France (2′ de lecture)

L’enseignement musical augmente la connectivité cérébrale chez les enfants et pourrait être bénéfique dans le traitement de l’autisme et du TDAH, affirment les chercheurs dans une récente étude relayée par la Société des radiologues d’Amérique du Nord.

Acquisition du langage, concentration, aptitudes sociales, les effets bénéfiques de l’enseignement musical sur les enfantsOuverture dans un nouvel onglet ne sont plus à prouver. La musique est de plus en plus utilisée dans la prise en charge de différents troubles d’apprentissageOuverture dans un nouvel onglet ou encore pour soigner la dépression chez les jeunesOuverture dans un nouvel onglet. Mais comment la musique agit-elle concrètement sur le cerveau des enfants ? De quelle manière peut-elle influer sur les changements fonctionnels ou structurels et orienter le développement des fonctions cognitives, motrices ou émotionnelles ?

Une récente étude publiée sur le site de la Société des radiologues d’Amérique du NordOuverture dans un nouvel onglet donne des éléments de réponse à cette question. « La pratique musicale peut contribuer au développement du cerveau chez de tous jeunes enfants, parce qu’elle optimise la création et la mise en place des réseaux neuronaux et stimule notamment ceux situés dans les régions frontales, impliquées dans les processus cognitifs complexes », explique le Dr. Pilar Dies-Suarez, chef de service de radiologie de l’hôpital pour enfants Federico Gómez de Mexico, à l’origine de l’étude.

Avec son équipe, elle a observé 23 enfants âgés entre 5 et 6 ans, droitiers et sans troubles sensoriels, perceptifs ou neurologiques, qui ont suivi une formation musicale pendant neuf mois. Aucun enfant n’avait précédemment reçu d’enseignement artistique par ailleurs. Ils ont été évalués avant et après leur participation par une technique avancée de l’IRM qui peut détecter les modifications micro-structurelles dans la matière blanche du cerveau. A l’issue de la période de neuf mois, la neuroimagerie a montré une optimisation de la connectivité et de la communication entre différentes régions du cerveau, notamment dans le cortex frontal.

« Lorsqu’un enfant suit un enseignement musical, précise Pilar Dies-Suarez, son cerveau est appelé à effectuer plusieurs tâches. L’écoute, les fonctions cognitives et motrices, l’émotion et les aptitudes sociales sont mobilisées en même temps. Un circuit complexe de différentes régions dans le cerveau est sollicité et par conséquent nécessite la création de plus de connections entre les deux hémisphères, ce qui explique peut-être les résultats de notre étude. »

Pour l’équipe de Pilar Dies-Suarez, ces résultats sont la preuve en images que la pratique musicale contribue à la création de nouveaux réseaux neuronaux et à la stimulation et l’optimisation des connexions existantes. Leur portée thérapeutique pourrait notamment permettre de mieux cibler la prise en charge de certaines pathologies, et notamment les TSA (troubles du spectre autistique) et TDAH (trouble de déficit de l’attention/hyperactivité), dont l’un des marqueurs est, selon certains chercheurs, une faible connectivité neuronale dans le cortex frontal.

« Nous savons déjà que l’enseignement musical a un effet très positif sur les enfants atteints d’autisme ou du TDAH, mais cette étude nous a permis de mieux comprendre ce qui change dans le cerveau et dans quelles régions se forment de nouvelles connexions », précise le docteur Dies-Suarez.

LNDT: @618. La Haute autorité de santé veut améliorer la prise en charge des TDAH chez les enfants

Un podcast de Radio France (1′)

Troubles souvent méconnus, les TDAH sont longs et difficiles à dépister et à prendre en charge. Ce lundi, la Haute autorité de santé a émis une série de recommandations pour une meilleure prise en compte de ces troubles chez les enfants.

Les parents souffrant de troubles de l’attention le savent : il faut du temps, parfois beaucoup, pour obtenir un diagnostic. Les TDAH, les troubles et déficits de l’attention, concernent pourtant environ 5% des enfants, mais sont encore largement méconnus et difficiles à établir. C’est pour cette raison que la Haute autorité de santé a livré ce lundi des pistes pour améliorer le diagnostic et le traitement.

Ces recommandations sont en quelque sorte une façon de reconnaître le TDAH, sur lequel beaucoup d’idées reçues circulent encore, y compris chez les soignants : « Encore aujourd’hui des parents témoignent que des pédiatres leur répondent « Ce n’est rien, ça passera ». Si les parents évoquent le nom du trouble, on leur répond « C’est une mode, ça ne vous concerne pas ». Tout les médecins ne connaissent pas ce trouble« , regrette Christine Gétin, directrice de l’association HyperSupers TDAH France.

Intégrer les parents à l’accompagnement

Pour éviter les risques d’aggravation, le TDAH doit être pris en charge de manière précoce. Les traitements médicamenteux peuvent être prescrits en seconde intention, mais l’accent doit être mis sur l’accompagnement humain, notamment celui des parents, selon la pédopsychiatre Nathalie Franc, qui a participé aux travaux de la HAS : « Souvent les parents sont mis de côté dans les accompagnements. C’est ça le plus gros problème, parce que les parents sont les acteurs principaux« , dit-elle. « C’est leur intervention, leur façon de faire, de s’adapter à leurs enfants, qui va être déterminante pour la suite« .

Aujourd’hui, seuls les pédiatres, psychiatres et neurologues sont autorisés à diagnostiquer le TDAH. La Haute autorité de Santé appelle donc à former d’autres professionnels, notamment les médecins généralistes.

LNDT: @617. Les patients TDAH en France : combien sont-ils et comment les traiter ?

Un podcast de Radio France (2′)

Votre enfant a du mal à se concentrer, à tenir en place, il est impulsif… Peut-être est-il atteint du trouble TDAH, Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Un trouble répandu mais encore mal diagnostiqué.

Votre enfant a du mal a se concentrer, en classe il préfère imaginer que les nuages dehors ressemblent à des moutons plutôt qu’écouter ce que dit le maître ou la maîtresse ?  Il a du mal à tenir en place, il a besoin de bouger beaucoup, de se dépenser, il est impulsif aussi, il répond, pique des colères ? Evidemment, il peut avoir son petit caractère mais si ça affecte trop sa vie scolaire ou la vie familiale et sociale, il y a peut-être un problème plus profond. Peut-être est il atteint du trouble TDAH, Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.

On estime entre 400.000 et plus d’un million le nombre de jeunes atteints en France : la fourchette est large parce que justement, c’est encore très mal diagnostiqué. Les professionnels de santé pensent qu’au moins un enfant par classe en serait atteint. Mais 80% d’entre eux ne sont pas diagnostiqués. Les filles, parfois parce qu’elles souffrent uniquement du trouble de l’attention : elles sont en train de rêver au fond de la classe peut-être mais comme elles ne font pas de bruit, ça ne se voit pas donc on peut passer à côté. Les garçons, parce ce n’est pas si simple de décrocher un rendez-vous chez un neuropédiatre ou un pédopsychiatre, ils sont plutôt rares en France (500 pédopsychiatres pour 20 millions de jeunes) et les délais d’attente sont de plusieurs mois.

Les symptômes, c’est donc une difficulté à aller au bout des choses, de l’inattention, de l’agitation, des colères, l’envie souvent d’aller vers des choses extrêmes,  de se mettre en danger parfois. C’est souvent associé à l’école à des problèmes de discipline, voire à de l’échec scolaire, du rejet social. Plus tard, ça peut être associé à des suicides, des addictions, des comportements à risque, donc ça peut être lourd de conséquences et ça ne doit surtout pas être pris à la légère.

Ce n’est pas une maladie, c’est un trouble : un trouble neurodéveloppemental, que nous décrit le docteur Frédéric Kochman, il est pédopsychiatre : « Evidemment, tous les enfants agités bébés, qui bougeaient beaucoup dans le ventre de leur mère, qui ont mal fait leurs nuits, qui régurgitaient, qui pleuraient beaucoup, ne sont pas nécessairement TDAH, mais s’ils ont des problèmes au moment de l’école primaire, ces signes, bébé, peuvent aider au diagnostic. On peut avoir un petit enfant agité, mais les problèmes se font souvent sentir surtout à l’entrée au CP car la vie à l’école révèle les problèmes d’inattention, de discipline. En cabinet, on fait des tests neuropsychologiques, mais il y aussi des signes neurologiques visibles, ça se voit à l’imagerie. C’est inscrit dans nos neurones depuis tout petit. On le voit dans le cerveau, il y a un déficit au niveau des cortex frontaux en taux de dopamine, l’un des transmetteurs de notre cerveau ». 

Est-ce que ca se soigne et surtout comment ca se soigne ? Psychothérapie, méditation, EMDR, neurofeedback, thérapie comportementale : il y a beaucoup d’approches possibles pour gérer le trouble. La médication est elle indispensable ? Médication avec le fameux méthylphénidate, vendu sous les marques ritaline ou concerta, pour calmer l’hyperagitation ? « Pas forcément », explique le médecin, heureusement, tous les TDAH n’ont pas besoin de médicaments, moi je n’en donne qu’à 20% de mes patients tout au plus. Il y a plein de façons de gérer le trouble et de l’atténuer. Mais quand on a du mal, que le cas est sévère, que la vie familiale ou scolaire en est très affectée, il ne faut pas s’empêcher de prendre ces médicaments. Ca aide et ça ne fait pas de mal. Ce qui fait du mal, surtout, c’est de ne pas traiter le TDAH et d’avoir un jeune de 20 ans qui a gâché plein de choses dans son enfance parce qu’on ne l’a pas pris en charge ».

Le TDAH est un trouble qui disparait dans la plupart des cas une fois que l’enfant a grandi.  On estime malgré tout que 30% des enfants atteints restent hyperactifs à l’âge adulte, ce qui n’est pas non plus une tare, car ils sont souvent hyper créatifs aussi, artistes et inventeurs !