HST.08: LE TRIANGLE DRAMATIQUE

Expliqué par Francine Baraban

LE TRIANGLE DRAMATIQUE ou triangle de Karpman 

Ce triangle dit dramatique est une des bases de jeux psychologiques décrits en Analyse Transactionnelle. Les jeux psychologiques pouvant être dramatiques jusqu’à entraîner la mort. Ici on joue à deux mais comme dans la plupart des jeux il y a un gagnant et un perdant.  Donc il y a trois pôles dans lesquels une personne va passer successivement.

Le pôle du sauveur, celui du persécuteur et celui de la victime. Chacun de nous, en fonction de son histoire ( pour obtenir l’attention et donc l’amour de sa mère ou figure maternelle ) se situe dans un pôle : 

LE SAUVEUR

Si enfant on nous a laissé croire que nous pouvions « sauver »notre mère, de l’ennui, de la dépression, de l’immaturité, de la mésentente dans le couple etc.. Le sauveur, peut entretenir consciemment ou inconsciemment celui qu’il veut sauver dans sa posture de victime pour exister. Car le sauveur perd son influence lorsque la victime retrouve son autonomie. C’est pourquoi certains sont très enclins à vouloir sauver l’autre à tout prix.

LE PERSÉCUTEUR

Si enfant nous avons dû « persécuter » notre mère pour obtenir la satisfaction de nos besoins comme par exemple hurler, pleurnicher, tirer sur sa jupe, ne pas dormir etc…, bref, un petit tyran.  Dans le triangle de Karpmann, la victime de l’un devient rapidement le bourreau de l’autre. Et le sauveur de l’un prend à son tour un rôle de victime. Pour nous affranchir du triangle de Karpmann, nous devons déjà bien en comprendre le fonctionnement du trio en mouvement.

LA VICTIME

Si enfant nous avons vécu de la maltraitance quelle qu’elle soit. Une maltraitance parfois sournoise et indirecte, corporelle certes mais surtout psychologique.  Or le Sauveur et le Persécuteur ne pouvant exister que parce qu’il y a une Victime vont se mettre en devoir d’en chercher une. Et la Victime va chercher son Persécuteur – victime / bourreau – et son Sauveur pour pouvoir jouer et donc exister.  A savoir que chacun va passer dans les trois pôles afin de jouer au mieux. 

La Victime pouvant persécuter et le Persécuteur pouvant être Victime. 

Idem pour le Sauveur pouvant être Persécuteur et passer Victime. 

Les Jeux

De nombreux jeux ont été nommés par Éric Berne ( créateur de l’Analyse Transactionnelle/ AT ), dans son livre « Des jeux et des hommes », tels « pauvre de moi » victime. « Cette fois je te tiens salaud » persécuteur , « Oui mais » persécuteur.  Le « oui mais » voulant dire non et « vas te faire foutre  » . Un excellent film « Oui mais » avec Gerard Jugnot nous parle de ces jeux. 

Les victimes, qui souffrent de harcèlement, ou d’abus de pouvoir sont généralement impliquées dans ce triangle dramatique. Elles ont besoin, pour s’en sortir de comprendre et d’analyser ce triangle avant de retrouver leur autonomie.  A savoir que c’est LA VICTIME QUI A LE POUVOIR . S’il n’y a plus de Victime, il n’y a plus de jeu, et donc plus de place pour le Sauveur ni le Persécuteur. 

On ne peut sauver personne. 

Chacun est responsable de sa vie et de sa santé. 

Il y a une grande différence entre vouloir sauver et aider ! …          

Francine Baraban

Aujourd’hui, c’est ma rentrée thérapeutique !

Le blog reprend. Cette année Les Nouveaux Dossiers Thérapeutiques (LNDT) et les Hors Séries Thérapeutiques (HST) seront de retours. D’autres sujets seront traités au grès de mes découvertes, de mes lectures.

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Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @33. À murmurer…

Si votre relation avec votre enfant vous préoccupe, voici un texte qui pourrait bien participer à détendre l’atmosphère. À méditer… 

À murmurer aux oreilles des enfants: « Tu es capable, tu peux le faire, tu as les ressources en toi pour réussir, tu as le droit d’échouer, tu as le droit de faire des erreurs, tu as le droit de ne pas être parfait & JE T’AIME »

LNDT: @20. Un très joli témoignage de Marie au sujet de son désir d’enfant.

« Un enfant n’a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfants sans parents ont des parents de rêve ». Boris Cyrulnik « Un merveilleux malheur »

PARENTALITÉ & SCLÉROSE EN PLAQUES

de Marie Delenne, Patiente Experte. ©M.D-Mai 2021

Il y a quelques mois, ma fille et moi revisitions un pan de notre passé commun. Alors que je suis atteinte d’une SEP depuis 22 ans, elle m’a avoué que la petite fille qu’elle avait été avait eu peur, peur de me perdre, peur que je meure en raison de ma maladie. Puis, adolescente, elle avait eu à cœur de m’éviter quelques inquiétudes et tourments. En réalité, ma maladie avait parfois influé sur son comportement, nourrissant de l’anxiété et l’avait conduite certainement à refouler certaines envies. Je m’en doutais, cela avait été la réalité.

D’autre part, en rééducation, j’ai rencontré une jeune femme qui venait d’avoir un bébé et paraissait relativement isolée. Elle exprimait sa crainte : qu’un tiers aidant s’approprie son rôle de mère. Elle était en contact avec les AS de la MDPH et du centre de rééducation ainsi que de la psychologue du centre. Qui allait la soutenir à son retour à domicile ? Je l’ai orientée vers une AS de la CAF. Le chemin lui paraissait complexe. Occasion pour moi de constater ce qui manquait : une personne assurant le repérage des difficultés et en mesure de gérer le volet administratif des droits, les dossiers assurance maladie, MDPH, allocations familiales, de saisir les services sociaux de sa collectivité locale, d’examiner la question des transports, du logement… Je n’ignorais pas qu’en matière de prestations, la parentalité – et le surcoût qu’elle peut engendrer – n’était pas financée, même si certaines aides extra-légales pouvaient être accordées (Ex. pour certains matériels qui sont très onéreux : lit à ouverture latérale…). Il n’était donc pas encore prévu que les personnes en situation de handicap aient des enfants !

Voilà le point de départ de ma réflexion et de mon questionnement : les enfants ayant des parents handicapés ou malades sont-ils plus vulnérables ? La société soutient-elle ces parents et ces enfants ?

PEUT-ON ÊTRE PARENT AVEC UNE MALADIE CHRONIQUE OU UN HANDICAP ?

Quel parent est-on lorsqu’on est confronté à une maladie chronique évolutive, à un handicap ? Comment conserver cette place de parent lorsque les troubles moteurs, la fatigue intense viennent bouleverser la vie ? Comment parler de sa différence avec son enfant ? Comment donner à celui-ci si nécessaire les ressources appropriées pour affronter le regard des autres ? A noter que la loi du 11 février 2005 affirme la participation sociale et la citoyenneté des personnes en situation de handicap mais aucune aide à la parentalité n’y figure, ceci alors que la question du respect du projet de vie y est expressément inscrite.

La parentalité, terme du vocabulaire médico psycho social désigne la fonction d’être parent en y incluant des responsabilités juridiques (telle que la loi les a définies), des responsabilités morales, des responsabilités éducatives. Ce sont des manières de dire et de faire de la part des parents. Elle concerne les émotions, les affects, les pensées, les relations, l’accompagnement de l’enfant jusqu’à la sortie du réaménagement de l’adolescence. « Être parent, c’est une construction dont la dimension psychique est la plaque tournante ». Être parent, quel que soit son état de santé, c’est un désir, un choix, un engagement et pour tout le monde, c’est aussi un chemin jalonné d’obstacles, d’imprévus. Pour les parents en situation de handicap, c’est souvent  un  peu  plus  difficile  à  gérer  au  quotidien  et  ceci  pour  des  raisons  d’abord  pratiques.         En outre, le regard de la société n’est fréquemment pas dénué de préjugés. Question sous-jacente parfois entendue : « déjà pas simple de s’occuper de soi, alors comment vont-ils faire avec un enfant » ? Si ces remarques tendent à régresser, les clichés, représentations, préjugés qui pèsent sur les parents handicapés restent à vaincre.

Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @11. Edgar Morin, « un nouveau commencement »

Édition du Seuil

Je souhaite partager une citation qui je trouve, résume bien ce que je pourrais dire aux patients qui décident de passer le seuil de mon cabinet pour s’engager sur le chemin de leur thérapie. C’est une citation tirée du livre,  » UN NOUVEAU COMMENCEMENT «  d’Edgar Morin.

« Vous aurez à réapprendre, à voir, à concevoir, à penser, à agir. Nous ne connaissons pas le chemin, mais nous savons qu’il se fait dans la marche ». Édgar MORIN, Édition du Seuil

À bientôt.

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