Un podcsat de Radio FRance (3′)
Près d’une jeune femme sur cinq de 18 à 29 ans ne se dit pas hétérosexuelle, selon l’INED. Un chiffre en forte hausse, signe d’une parole libérée et d’un rapport au désir en pleine mutation.
L’hétérosexualité n’est plus la norme constate Shana dans son entourage. Que 19% des femmes ne se disent pas hétérosexuelles, cette étudiante parisienne trouve cela peu. « Au départ, on commence tous hétéro parce qu’on ne connaît pas la vie, etc”, observe Shana qui est bisexuelle. “Ça arrive de tomber amoureux et même si c’est pas un homme, dans mon cas, peu importe parce que c’est de l’amour, ça ne change pas la chose”, confie-t-elle.
Une parole plus libre, portée par les réseaux sociaux
Elle l’affirme, la parole s’est libérée ces dernières années, et c’est ce qui explique cette hausse du nombre de jeunes femmes qui revendiquent une autre identité sexuelle que l’hétérosexualité. “Il n’y avait pas de mots, on n’avait pas le droit d’en parler, on n’avait même pas le droit d’y penser. Maintenant, avec les prides, les réseaux sociaux, ça se développe vraiment de plus en plus. Et du coup, peut-être que les sondages sont plus hauts, parce qu’on ose plus prouver notre sexualité”, avance-t-elle. Mais cela reste encore parfois compliqué de l’annoncer à son entourage, à sa famille. Shana, elle, l’a dit à ses parents pendant le confinement. “Ça s’était très mal passé avec ma mère. On s’est beaucoup disputé sur ça. C’était beaucoup de pleurs, etc. Mon père n’en avait strictement rien à faire. Tant que j’étais heureuse, ça lui allait”, raconte-t-elle.